Avis sur

Resident Evil 7 sur PlayStation 4 par JipéF

Avatar JipéF
Test publié par le
Version PlayStation 4

Critique sans spoiler.

Regarder un film d'horreur quand on est petit, c'est super parce qu'on a vraiment peur. Parce qu'on est à un âge où un simple écran de télévision possède une puissance évocatrice suffisante pour donner des frissons. Ainsi, j'ai un souvenir mémorable de ma vision des films d'horreur gothique de la Hammer comme La chute de la maison Usher ou Le puit et le pendule, alors qu'a travers des yeux d'adultes c'est plutôt un sentiment persistant de ridicule qui surnage.

Dans le jeu vidéo, c'est un peu pareil. Passées les premières frayeurs de jeunesse, on est blasé, habitué aux horreurs indicibles qui sont vainement exhibées à la face du joueur. Oh bien sur, on est parfois captivés, aidés par des directeurs artistiques talentueux qui savent installer une ambiance morbide ou angoissante. Il y avait bien eu PT, le trailer interactif cryptique de l'ex-futur Silent Hills, qui intriguait et inquiétait à la fois. Mais j'ai beau réfléchir, je ne me rappelle pas avoir récemment hurlé devant ma console. Jusqu'à Resident Evil 7 (RE7).

Bon, d'accord, il triche un peu : RE7 est jouable en VR, "from start to finish" comme l'avait fièrement annoncé Capcom à l'E3 2016 où il fut dévoilé. En VR, on est moins habitué à être coursé par des personnages peu avenants ou à voir un monstre mycomorphe nous sauter à la gorge, donc forcément le jumpscare fait son petit effet. Cela a d'ailleurs une incidence non négligeable sur le gameplay : il faut maitriser sa panique pour viser juste et s'en sortir, ce qui est rarement le cas la première fois.

Mais il serait injuste d'attribuer l'efficacité de RE 7 à quelques irruptions incongrues et bien placées. Dans sa globalité, le jeu est formidablement bien construit et installe, sans précipitation, ses codes, son ambiance pesante et son gameplay, pour ensuite amener progressivement le joueur dans un état de tension rarement atteint dans un jeu vidéo. Donc oui, on a peur. On appréhende la moindre ouverture de porte, on cherche avec angoisse la prochaine salle de sauvegarde, surtout quand les munitions se font rares et que la santé devient précaire. Comme dans n'importe quel survival horror me direz-vous. Oui, mais avec la VR en plus, l'implication physique est impressionnante : on peut jeter un coup d'oeil dans l'entrebâillement d'une porte, on peut s'accroupir et se planquer derrière une table ou un muret, et on peut même faire volte-face avec un fusil à pompe pour se défendre d'une monstruosité qui arrive dans le dos. Autant de situations qui mettent les nerfs à rude épreuve. Et malgré tout ça, on s'accroche, car même tétanisé par la peur on veut savoir ce qui s'est passé dans ce foutu manoir. Une narration remarquable et adaptée, vraiment.

Alors certes, tout n'est pas parfait. Par exemple, contrairement aux attentes et à ce que pourrait laisser croire la vue FPS, le gameplay n'a finalement pas vraiment évolué par rapport aux opus précédents. De plus, les scènes cinématiques ne sont pas en VR mais en 2D, comme si on les regardait au cinéma. Dans le même ordre d'idée, la caméra peut se perdre un peu lors des actions précalculées (monter une échelle, traverser un passage étroit...) et, quand on joue debout en tout cas, le re-calibrage de la caméra toute les cinq minutes est à peu près obligatoire. Mais ne perdons pas de vue l'essentiel : en plus d'être une expérience aussi éprouvante que mémorable, RE7 est, à l'heure actuelle, le seul "grand" jeu qui vaille le coup d'être joué en VR, le seul qui ne se limite pas à une micro-expérience à l'interaction très limitée. Un des rares qui soit un "vrai" jeu, en fait.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 160 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de JipéF Resident Evil 7