A la recherche de la compassion.

Avis sur Resident Evil Zero sur GameCube

Avatar Billy de Châtillon
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Version GameCube

En plein milieu d'une forêt épaisse et profonde, un train sombre bringuebalant fonce à toute vitesse en pleine nuit. La poussière s'entasse sur les étagères noircies par la saleté et par le temps. Les vitres frappées de rafales de vent et de jets de pluie chevrotent frénétiquement avant de supporter de plein fouet l'arrivée de vagues de sangsues spongieuses appelées par le chant d'un mystérieux individu vêtu d'un imperméable blanc crème. A côté les sièges des cabines toutes de premières classes vacillent terriblement. Dehors les orages grondent, et le froid arrive à pénétrer par les interstices rongées par l'humidité des portes de l'Ecliptic Express. Dans cette ambiance obscure et glaciale, deux personnes, Rebecca Chambers et Billy Coen dont les destins divergeaient radicalement jusqu'à leur rencontre dans le wagon restaurant, se demandent par quels moyens ils vont devoir s'entre éliminer ; l'une, courant à sa recherche pour le supprimer pensant avoir affaire à un terroriste qui a assassiné des dizaines de personnes en Afrique, l'autre, fugitif, essayant d'échapper à la Police est prêt à TOUT pour disparaître et se faire oublier. Pourtant, la nécessité de faire équipe va se faire sentir surtout face à la propagation du virus-T. Or rien ne les prédestinait à collaborer bien au contraire. Les différences de caractère et de comportement, voire d'éducation se remarquent dès les premières heures de jeu. Entre une jeune femme sensible et émotive mais néanmoins courageuse fraîchement recrutée par l'équipe d'intervention des S.T.A.R.S, et un ancien militaire hargneux, cynique et arrogant, la coopération s'annonçait délicate même quasi impossible. Au cours de l'aventure qui ne manque pas de suspense, et de rebondissements, les difficultés du terrain (centre d'entraînement lugubre, laboratoire mystérieux plein de moisissures, usine de traitement désaffectée,...) et les situations extrêmement tristes vont se faire rapprocher les deux protagonistes tant et si bien qu'au fur et à mesure des embranchements scénaristiques, Rebecca aura du mal à se passer de l'aide de Billy et vice versa. Ainsi, plus l'exploration se poursuit et plus la sensibilité et la compassion joueront un rôle capital dans l'histoire. Sans vous dévoiler les péripéties passionnantes qui ponctuent l'aventure -sans être excessivement effrayantes non plus- la relation attachante qui caractérise le lien noué entre Billy et Rebecca, va se resserrer davantage au point qu'ils auront des difficultés à se passer l'un de l'autre, jusqu'à la scène finale qui -sans en dire plus- est l'une des plus tristes du scénario. Alors qu'à l'extérieur le Monde réelle continue de plonger dans sa banalité, les horreurs les plus abjectes ne cessent de se poursuivre à l'intérieur des complexes d'Umbrella Corps entravant la progression des deux personnages par une intrigue exemplaire -mais qui ne manque pas d'incohérence par rapport au scénario du premier resident evil- venant compléter les zones d'ombres de la série. Curieusement, alors que le scénario s'avère être une des principales tares de cette saga, elle constitue avec ce jeu un vrai point fort donnant toujours envie de s'attarder sur ces deux protagonistes attachants et de connaître la suite des événements. C'est ce qui donne une certaine dimension romanesque dans l'histoire complétée par une musique pertinente qui correspond assez bien à l'atmosphère des lieux traversés. Une oeuvre d'art.

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