L'oublié de la PS2 qui mérite vraiment, mais alors vraiment, qu'on s'y attarde

Avis sur Shadow Hearts : Covenant sur PlayStation 2

Avatar Julius
Test publié par le (modifiée le )
Version PlayStation 2

En 2001, Sacnoth décide de créer un jeu qui aurait un lien avec Koudelka, un RPG horrifique sorti sur PSX en 1998. Son nom : Shadow Hearts. Le jeu passa malheureusement inaperçu, la faute à plusieurs facteurs : une sortie dans l'ombre du géant qu'était Final Fantasy X de Squaresoft,et une réalisation technique à faire peur, faute d'un budget suffisant pour mettre en place toutes les idées. Il n'en restait pas moins que le jeu présentait un certain intérêt, notamment une histoire sombre et un système de combat dynamique. Trois ans plus tard, Sacnoth, qui deviendra entretemps Nautilus, sort sa suite, intitulée Shadow Hearts Covenant. Et accrochez-vous, je vais vous expliquer pourquoi ce jeu surpasse son aîné, mais mieux encore, comment il réussit à s'imposer comme un des grands jeux de la machine.

LA MALÉDICTION DU GUI ( ATTENTION SPOILER!)

Shadow Hearts Covenant est une suite, directe cette fois-ci, et se passe un an et demi après la fin des évènements du précédent jeu. Alice est morte, décidant de se sacrifier pour permettre à Yuri de vaincre le démon invoqué par Albert Simon au Pays de Galles. Nous sommes en 1915, et la Première Guerre mondiale a éclaté. Mais le village de Domrémy, en Lorraine, refuse de tomber aux mains des Allemands. Chaque détachement se fait balayer par un démon qui protège les habitants du lieu. C'est ce qui arrive lorsque le lieutenant Karin Koenig tente de faire de même. La bataille a lieu dans l'église, et elle reste incapable de bouger. Mieux encore, le démon semble vouloir la protéger. Sur le point de sombrer dans l'inconscience, sa dernière vision et celle du démon reprenant forme humaine... Comme il ne fait pas rester sur un échec, le général Heinmann décide cette fois ci de la renvoyer au village mais avec un prêtre exorciste, Nicolaï Conrad. Ce dernier doit d'abord récupérer un objet sacré dans la tour d'Apoina au Vatican, le Gui Sacré. Une fois ceci fait, le donjon faisant surtout office de didacticiel, les deux retournent au village. Une fois dans l'église, les masques tombent : Le démon n'est autre que Yuri, le héros du premier Shadow Hearts, qui a trouvé refuge ici. Il s'avère que Nicolaï est en réalité membre d'une secte, Sapeientes Gladio, et a utilisé Karin pour parvenir à ses fins, qu'il compte bien éliminer ensuite. Mais une bataille s'ensuit, et si l'exorciste parvient à maudire Yuri, on découvre ensuite qu'il a réussi à s'échapper du village avec Karin, Gepetto et Blanca, le loup domestique d'une petite fille, Jeanne, tuée ( du moins on suppose), par Lenny, l'homme de main de Nicolaï. Yuri, affaibli et ne pouvant plus faire appel instantanément à ses fusions, n'a qu'un but: trouver un moyen d'enlever cette malédiction. Mais il doit faire vite : Il sait que Sapientes Gladio n'a pas l'intention de le laisser vivant.

Pour ne rien vous cacher, c'est le premier jeu de la série Shadow Hearts sur lequel j'ai mis la main, le vendeur m'ayant fait remarquer que j'avais pris le dernier exemplaire du jeu, lui ne croyant pas que le jeu allait se vendre, et avouera qu'il n'en avait commandé que 4 tous en rayon...et vendus en une journée. D'un côté, chez les revendeurs, si ce n'est pas marqué « Final Fantasy » ou Square Enix, ils commandent peu d'exemplaires de RPG... Mais revenons à nos démons. J'ai mis le premier DVD tard le soir dans ma PS2. La première chose que j'ai vue, c'est une introduction qui déboîte sa maman tellement la mise en scène et la musique donnent vraiment envie de jouer. J'y ai joué une heure, histoire de voir. Lorsque je suis allé me coucher, j'en avais une bonne impression. Allait-elle se confirmer par la suite ? La réponse est oui. Je me suis éclaté, du début à la fin.

UN MONDE UCHRONIQUE ET EN GUERRE

Shadow Hearts Covenant, tout comme son aîné, se passe dans un monde qui ressemble au nôtre : c'est à dire que les lieux dans lesquels vous voyagerez existent vraiment pour l'immense majorité d'entre eux, notamment pour les villes, mais il servent de base pour créer une histoire qui n'a pas été celle que nous connaissons. Ceci dit la toile de fond reste le contexte géopolitique de la Première Guerre Mondiale, nous sommes en plein conflit. Mais les programmeurs n'ont pas oublié ce qui caractérise la série : un univers emprunt de mysticisme, de magie noire, de démons le tout dans un univers assez sombre.
Le jeu reste aussi linéaire que le premier : vous choisissez les lieux sur la carte pour vous y rendre et avoir parfois droit à une avancée dans l'histoire. Inutile de dire que si un nouveau lieu se pointe, vous devrez y aller, mais il n'est pas interdit d'aller explorer de nouveau des endroits déjà apparus si vous avez manqué des trésors, par exemple. Il faut noter que les donjons sont généralement plus vastes que dans le premier SH, mais surtout, mieux construits. Le jeu est également scindé en deux parties, chacune correspond à chaque DVD, le premier se passant en Europe et le second, au Japon, même si vous pourrez revenir sur le Vieux Continent pour les quêtes annexes. Il faut le dire, cela nous change des mondes imaginés de toutes pièces qu'on trouve habituellement dans ce genre de productions.

SYSTÈME DE COMBAT : ON REPREND LES MÊMES ?

Ce qui avait marqué les joueurs de SH, c'était son système de combat, dynamique grâce au système de la roue du jugement. Bonne nouvelle, ce système a été conservé ici, et même amélioré. Je me dois avant de préciser que les combats sont aléatoires bien entendu, même si la fréquence est plus élevée qu'avant, et que la transition a été changée : ce n'est plus un écran qui tourne, dont l'effet était un peu raté, mais un écran qui se brise (avec le bruit qui va bien) qui nous signales que nous entrons en combat. Rares sont les ennemis qui vous attaqueront seuls. Il seront en général aussi nombreux que votre groupe, et ils ne se laisseront pas faire. Certaines situations de combats particulières pourront survenir, comme le fait d'encercler l'ennemi, qui vous offrira un avantage, ou votre groupe qui sera à son tour encerclé.
Pour ceux qui n'auraient pas suivi, je vais rappeler les bases de la roue du jugement : pour chaque action déclenchée, vous verrez apparaître un cercle avec une ou plusieurs zones colorées. Une aiguille en fera le tour dans le sens horaire et vous devrez appuyer sur la touche de validation lorsqu'elle se trouvera dans les zones colorées, faute de quoi soit vous n'attaquerez pas ou votre nombre d'attaques sera réduit. Si vous appuyez sur les bordures rouges, la frappe sera plus puissante, et si vous validez tous les coups dans ces zones, la roue sera une roue « parfaite ». Le nombre d'attaques physiques a été augmenté, et vous pouvez en choisir parmi quatre types : l'attaque standard, l'attaque puissante ( « hard hit ») , la projection (« High angle ») et l'attaque assommante ( « knock down»). Chacune de ses attaques aura plus ou moins d'efficacité sur les ennemis, mais cela ne serait rien si les programmeurs n'avaient pas eu l'idée de mettre en place un système de combo, permettant à deux, trois ou quatre personnages d'intervenir , pour peu que vous les placiez correctement en fonction des tours de jeu et appuyiez dans les temps sur le bouton demandé pour que le jeu prenne en compte, sinon, vous interromprez le combo, et pareil si vous faites la moindre erreur de roue. Ce qui est valable pour vous l'est aussi pour les ennemis. De plus, certains peuvent infliger non seulement des anomalies de statut, mais aussi, des anomalies de roue. Il faut aussi signaler que la défense combo est de deux types : vous pouvez soit rester en défense standard, soit résister. Dans le deuxième cas les dégâts seront atténués et vous ne serez pas séparé de vous partenaires mais en contrepartie, les SP s'envoleront...
Le principe diffère un peu pour les magies, qui ont des zones de palier vertes, qui doivent être validées pour que sort fonctionne, et bien entendu plus le sort est puissant, plus il faudra valider de zones , et je peux vous dire que les magies combo de niveau 4, réalisables par le quatrième et dernier personnage d'un combo, vont mettre vraiment vos réflexes à l'épreuve! Mais le résultat vaut clairement le coup, et les boss n'apprécieront que très modérément de telles attaques. Pour les magies, elles s'obtiennent à l'aide de symboles de démons que vous trouverez tout le long du jeu. Vous devrez ensuite les attribuer aux personnages pour pouvoir utiliser les pouvoirs. Mieux encore, vous aurez tôt dans le jeu une carte appelée « Table de Salomon » découpée en plusieurs régions, où vous devrez placer ces symboles dans un certain ordre. Si vous placez tous les symboles d'une région aux bons endroits, les pouvoirs deviennent plus puissants. Il n'en reste pas moins que ce sera assez casse-tête, étant donné que les indices ne seront pas forcément des plus clairs...
Il faut aussi noter l'effort des programmeurs pour l'exécution des actions : les combats sont bien plus rapides qu'avant, les animations ont été retravaillées, et le temps de latence n'existe plus. Cette fois, vous n'avez vraiment pas le droit de vous endormir.
Bien entendu on retrouve les Points de vie, et les points de magie. Ceux qui voulaient que les points de santé mentale ( SP, Sanity Points) disparaissent vont être déçus : ils sont toujours là, et toujours à surveiller comme le lait sur le feu, d'autant qu'avec la multiplication des actions, ils peuvent vite diminuer. S'ils arrivent à zéro, le personnage de vient «  berserk », c'est à dire fou et incontrôlable : il fera n'importe quoi, comme frapper un allié, ou soigner l'ennemi. Heureusement les objets de « pure » sont là pour prévenir ces incidents.

DANS LES RÔLES PRINCIPAUX :

J'ai parlé du système de combat, mais je ne vous ai pas encore présenté le casting qui aura l'honneur de manier la roue du jugement dans ce jeu. Sachez que de 6 personnages jouables, on passe à 8 une fois l'équipe au complet.

Yuri Bort Hyuga :
C'est le même que dans le premier épisode. Enfin, pas totalement. Maudit par le gui sacré, éprouvé par la mort de celle qu'il aimait, Yuri est devenu cynique et blasé. Bref, encore plus anti-héros qu'avant, n'hésitant pas à balancer des vannes moqueuses aux autres membres. Malgré tout, on finit par s'attacher à lui, d'autant que c'est un combattant valable en combat.
Mais attention, il ne pourra utiliser la magie que s'il est transformé en monstre fusionnel. Pour cela, il faudra aller dans le « cimetière », aux points de sauvegarde ou sur la carte, et transférer aux différents autels de l'énergie des âmes récoltée en combat. Une fois un seuil atteint, il récupèrera la créature pour se transformer, lui conférant ainsi ses pouvoir. Yuri dispose du plus grand nombre de SP, mais attention, une fois transformé, ces derniers ont tendance à vite diminuer...

Karin Koenig :
Ancien lieutenant de l'armée allemande chargée de prendre Domrémy, elle rejoint la cause de Yuri, découvrant qu'elle avait été utilisée, mais aussi parce qu'elle est fascinée par la dualité qui l'habite, à tel point qu'elle en deviendra amoureuse. Malheureusement, cela ne sera pas réciproque. Karin est une femme déterminée : ses cheveux roux représentent son élément de prédilection, le feu, ce qui contraste grandement avec son teint de porcelaine et ses yeux bleus. Elle a également d'autres atouts physiques mais qui ne servent pas dans le jeu, cependant c'est une des plus jolies héroïnes qu'il m'ait été donné de voir dans un RPG japonais, même de nos jours.
En combat, elle se bat avec des épées, et dispose d'une bonne puissance de frappe. Ses pouvoirs spéciaux, sont des chorégraphies d'escrime faites sur les partition de l'Anneau du Nibelung de Wagner. Si vous les trouvez toutes, vous aurez droit à l'invocation surpuissante du Phénix...

Gepetto:
Le doyen de l'équipe : c'est un ancien marionnettiste à la retraite. Il est l'oncle d'Alice, qui était l'héroïne de l'épisode précédent. Il vit à Domrémy au début du jeu, et a un penchant pour l'alcool. Il ne se sépare jamais de sa petite Cornélia, marionnette d'une petite fille. C'est d'ailleurs son arme en combat. Il est d'ailleurs hautement recommandé de mettre une nouvelle zone de frappe dès le départ étant donné qu'il n'en possède qu'une. Ceci dit, il n'est pas très fort, ni très résistant, et il vaut mieux le spécialiser en magie. Il acquiert les sorts spéciaux grâce aux robes élémentaires que Pierre Magimel fera pour Cornélia, en échange d'une carte d'Apollon.

Blanca :
Le loup domestique de Jeanne, qui rejoint l'équipe. Oui, vous incarnerez un animal dans ce jeu, et comment dire, pour un loup, il se défend plutôt bien. Il se bat essentiellement avec ses griffes et ses crocs, et vous aurez certaines missions à faire avec lui seul. Il dispose d'une bonne résistance, tape bien, c'est un bon perso de complément dans un équipe. Il est doué d'intelligence et comprend les humains, même s'il ne « parle » réellement qu'avec ses congénères qu'il croisera au cours de l'aventure. En effet, il gagne ses pouvoirs psychiques en participant au « Tournoi des Loups » (« Wolf Bout » en anglais), où il affrontera seul d'autres loups. Le fait de gagner un combat lui permettra de gagner une nouvelle compétence parmi 6, ou d'en améliorer une.

Joachim Valentine :
Joachim n'est autre que le frère de Keith, qui était jouable dans le premier épisode. Vous le rencontrerez au Havre, où il défend les opprimés, sous le nom de Grand Papillon. Physiquement, c'est une brute. Sa force est inversement proportionnelle à son intelligence, ce qui donnera des moments d'humour, et il se bat avec des objets massifs qu'il trouvera dans le décor, comme une boîte aux lettres britannique, un thon congelé,(si,si), ou même un sous-marin ( son arme ultime)... Mais du fait de sa force colossale, il assurera le côté grosbill dans l'équipe... Il connait le catch et ses prises seront enseignées par le Grand Gamma, son maitre, sur un ring, s'il arrive à le battre. Joachim a une autre particularité, ils e transforme selon les cycles : il peut soit devenir invisible, soit se transformer en chauve-souris dorée. Dans cette dernière forme, il frappe fort, mais peut être tué en deux coups, donc évitez de l'aligner ainsi contre un boss. On ne peut pas gérer les phases de transformations de Joachim, il faudra donc faire avec...

Lucia :
Vous rencontrez cette diseuse de bonne aventure à Florence. Elle se bat avec des éventails, mais n'est pas vraiment très forte. On dirait qu'elle n'a que ses atouts physiques à faire valoir, il est vrai qu'elle a un joli corps, mais semble complètement à l'ouest dans pas mal de situations, en gros elle est aussi stupide que Joachim, sans les bons côtés. A ne prendre dans une équipe que si le jeu vous y oblige. Elle dispose de deux compétences, comme le mélange d'huiles essentielles, qui apporteront un bonus de statistiques pour le combat à ses partenaires. En revanche la compétence tarot est vraiment aléatoire : soit vous tirez une carte qui avantage l'équipe, soit une qui par exemple, peut réduire vos points de magie à moitié. Essayez donc d'avoir un handicap face à certains boss...

Anastasia Romanov :
Personnage ayant vraiment existé, elle est la princesse de l'empire russe,et fille du Tsar Nicolas II ( je ne vous apprends rien). L'équipe la rencontre à Pétrograd ( aujourd'hui Saint-Petersbourg) alors qu'elle a surpris un complot visant à renverser son père. Malgré son jeune âge, c'est un personnage assez fort, qui dispose d'un appareil photo pour capter l'essence des ennemis, ce qui permet non seulement de voir les points de vie adverses, mais également d'acquérir les pouvoir de certains d'entre eux. Elle dispose de bonnes statistiques générales, n'hésitez pas à l'alterner avec Blanca.

Kurando :
Le cousin de Yuri sera le dernier personnage à rejoindre votre équipe. Il est japonais et se bat au katana, vêtu d'un kimono de samouraï. C'est un bon personnage, qui acquiert lui aussi des fusions, souvent liées à la lune ou au soleil. Il a sa place dans une équipe.

Voilà pour les personnages que vous pourrez jouer. Bien entendu ce ne serait pas drôle, si en face, certains ne tentaient pas de vous barrer la route, à commencer par les membres de Sapientes Gladio :

Nicolai Conrad :
Même si vous jouez avec lui dans les premières minutes du jeu, il se révèle en réalité être un méchant. Ce prêtre exorciste est chargé de mission par ses supérieurs, et dispose d'hommes de main tels que Lenny pour arriver à ses fins. C'est lui qui maudit Yuri avec le gui.

Lenny Curtis :
Homme de main de Nicolai, ce grand costaud a une force colossale, et lancera ses troupes à la poursuite de nos héros pendant une bonne partie du premier disque. C'est lui qui a fait enlever Roger Bacon, mais son intelligence étant inverse à sa force, certaines phases de dialogues donneront de bons moments de rigolade. Ceci dit, il causera bien des soucis lorsque vous l'affronterez avec sa Main de Dieu...

Veronica Vera :
Cette femme qui a un penchant pour le cuir et le latex sera elle aussi contre vous. J'en veux pour preuve la séance de torture qu'elle fera subir à un de vos personnages, empreinte d'une sexualité latente, et elle manie le fouet. Pour vous barrer la route, elle n'hésitera pas à invoquer de bien vilaines créatures qui feront office de boss... L'affrontement sur le toit du Palais d'Hiver mettra définitivement fin aux embêtements de cette sadique.

Gregori Raspoutine:
Autre personnage important du jeu ayant réellement existé, ce prêtre exorciste qui a réussi à séduire par ses dons l'impératrice Alexandra, car il aurait guéri le fils du Tsar, Alexei, de son hémophilie, est le véritable chef de Sapientes Gladio. Cet homme cache une âme bien noire et tente de renverser le pouvoir royal russe. Pour se rendre plus fort encore, il passé un pacte avec le démon Asmodeus, tant et si bien que Yuri ne pourra le vaincre que si lui aussi se lie avec un autre démon. L'affrontement sur le pont de Saint-Petersbourg fait surement partie des cinématiques les plus épiques dans un RPG. Mais vous devrez aller le chercher dans son palais si vous désirez vous débarrasser de lui,et le combat sera sans pitié.

Agent Spécial Kato:
Kato apparaît déjà dans l'épisode précédent, avec Yoshiko Kawashima, dont il était amoureux. Malheureusement celle-ci décède en cours de jeu. Il croisera Yuri tout le long du jeu, et cet homme a créé, avec l'aide du gouvernement japonais, un laboratoire d'expérience secrète, et son plus cher désir sera de ressusciter celle qu'il aimait. Il est également le chef de trois créatures appelées les singes mutants, qui sont Hien, Rayden, et Ouka, et cette dernière sera crée avec l'ADN de Yoshiko. Vous les incarnerez dans certaines phases de jeu.

Garan l'Oracle :
Il n’apparaît que lorsque le jeu se déroule au Japon. Sous les ordres du ministre des affaires étrangères Ishimura, maquillé comme une Geisha, se déplaçant sur un coussin, ce qui lui vaudra une vanne de la part de Yuri, il fera tout pour barrer la route à l'équipe et n'hésitera pas, en tant que mage, à utiliser ses pouvoirs ( les MP pompés en un seul coup... le genre de fourberie que j'adore), ce qui lui permet de compenser sa frêle constitution.

D'autres personnages non jouables interviendront tout au long de l'histoire.
Alice Eliott :
On la voit dans les flashbacks et dans l'esprit de Yuri essentiellement, même si ce dernier voudra essayer de la ramener à la vie.

Roger Bacon :
Ce très vieux magicien de plus de 600 ans est de retour dans cet épisode. C'est grâce à lui que l'équipe pourra aller à Petrograd, entre autres. C'est un inventeur de génie, qui semble en savoir beaucoup sur le Manuscrit de l'émigré. Il est enlevé par Lenny au début du jeu.

Albert Simon :
l'ennemi du jeu précédent revient ici dans l'esprit de Yuri... en tant qu'allié! Albert lui expliquera alors quelle était sa véritable mission, et que maintenant, c'est à notre anti-héros de prendre le relais.

Jeanne :
Petite fille de Domrémy ( tiens donc...), elle est présente dans l'esprit de Yuri, pour « le guider ». Elle apparaitra régulièrement, et vous posera une question assez tard dans la partie, qui déterminera la fin du jeu à laquelle vous aurez droit. Parce que oui, dans ce jeu, vous aurez également deux fins différentes...

Pierre et Gérard Magimel :
Ces deux frères « gay friendly » seront les marchands du jeu. Vous les croiserez dans les villes, mais parfois, également dans des donjons. Pierre est couturier, et c'est à lui qu'il faudra donner les cartes d'Apollon pour les robes de Cornélia. Gérard se chargera de vous vendre des objets, armes et armures, et si vous réussissez la roue, vous octroiera une réduction, pouvant aller de 10 à 50%. Bien entendu cela dépend de votre rang et plus la réduction est importante, plus il sera difficile de l'obtenir...

Voilà pour les plus importants, mais sachez que le jeu recense tous les personnages ayant une ligne de dialogue, écrite ou parlée, dans l'option « bibliothèque », ainsi que les monstres que vous aurez rencontrés.

SHADOW ARTS

La première chose que l'on remarque lorsqu'on joue à Shadow Hearts Covenant, c'est que techniquement, il y a carrément un gouffre entre le premier et celui-ci. D'accord, question graphismes, on n'atteint pas ce qu'un Square-Enix sait faire, mais mettez les deux jeux tourner sur deux télés et comparez, ça sautera aux yeux. Les personnages sont bien mieux modélisés, les filles sont jolies, les décors ressemblent à quelque chose, les ennemis sont mieux faits, bien que certains aient un design qui pourra sembler vraiment étrange, les boss énormes la plupart du temps. Les cinématiques, à défaut d'être magnifiques côté réalisation, se rattrapent sur la mise en scène. Et là, les proportions semblent respectées. On appréciera aussi les teintes dominantes que sont le sépia, le rose/orangé, symbole d'un monde en guerre et sur le déclin. Mais l'ambiance horrifique, même si elle est moins macabre que dans le premier est toujours aussi présente. Cela donne un aspect « gothique » au jeu, et force est d'avouer que cela lui va bien. En revanche, il scintille pas mal et il y a de l'aliasing. Mais qu'importe, la différence avec son prédécesseur est telle qu'on lui pardonnera ces défauts. On notera que les programmeurs ont opté pour une police d'écriture des messages qui passe bien mieux à l'écran et les artworks ont été mieux faits.

Au niveau des animations, le jeu est plus rapide que son ainé, les temps de latence entre les actions en combats ayant disparu, pour notre plus grand bonheur. Les scènes cinématiques ne sont pas statiques, et il faut saluer l'effort de la recherche de narration et de mise en scène. Les temps de chargement ne se sentent absolument pas, et la transition vers les combats se fait par une brisure d'écran, effet bien plus réussi que précédemment. Si on devait trouver un défaut, je dirai que les personnages un peu raides, ça fait un peu mal. Mais difficile de ne pas constater la encore de grandes améliorations.

Les musiques sont toujours faites par le duo Hirota/Kikuta, mais il ont été rejoints par Mitsuda pour certaines d'entre elles. Là encore, il y a un fossé qualitatif certain. Elles sont mieux orchestrées, plus vivantes, et certains thèmes marquants vous resteront dans la tête après avoir éteint votre console. Cela n'empêche pas des erreurs, comme la musique des boss en Europe, trop répétitive, mais pour le reste, c'est d'excellente facture, je prendrai en exemple le thème de l'introduction, qui arrache et donne envie de jouer, ou encore celui de la carte de l'Europe (Old smudged map), absolument divin.

Les bruitages sont assez nombreux, on entend les personnages marcher, et les villes regorgent de petits bruits. Les voix du doublage US sont bonnes. Karin est doublée par Kari Wahlgren, sous le pseudo de Jennifer Jean. Et elle a su rendre son personnage authentique... D'une façon générale, les voix ajoutent un plus au caractère de chaque personnage.

La jouabilité est excellente : le système de combat innovant oblige le joueur à rester vigilant et à faire les bons choix, car il est exigeant, notamment si vous voulez le maitriser à la perfection et ne rater aucune roue. Il n'a pas à rougir par rapport à d'autres de son époque, bien au contraire, même! Le menu de jeu est archi-complet, et compte notamment une feuille de score, selon vos performances, mais sachez toutefois que vous ne pourrez aucunement atteindre le rang 1 en une seule partie. De plus, le jeu compte un bibliothèque qui recense tous les monstres, personnages dans votre équipe et PNJ que vous avez rencontrés. Un détail, certes, mais les grands jeux se reconnaissent aux petits détails...
Attention toutefois: le jeu est incompatible avec la PS3 ( pour celles qui ont la rétro-compatibilité), et posera souvent des problèmes de jouabilité lors de vos déplacements...

La durée de vie explose largement celle de son ainé. Déjà, le jeu tient sur 2 DVD, ce qui garantit une durée de vie énorme, c'est d'ailleurs l'un des rares RPG tenant sur plusieurs DVD de la console, et comptez 45 à 50 heures pour pouvoir le terminer, ajoutez-en 10 à 15 de plus si vous voulez faire toutes les quêtes annexes pour retourner le jeu. Je l'ai terminé en 68 heures en prenant le temps de tout voir. De plus le jeu comporte un mode New Game+ une fois l'aventure achevée, ce qui permet non seulement de débloquer un mode théâtre pour revoir les différentes scènes cinématiques, mais aussi de conserver certains acquis, comme les fusions, ou les magies. Un regret toutefois : le jeu est assez linéaire et pas vraiment difficile dans sa quête principale. Et tout comme son aîné, je me dois de dire que le jeu comporte deux fins différentes.

Au niveau du scénario, il faut bien le dire, les concepteurs se sont fait plaisir : partir d'un contexte historique pour faire une histoire fictive, on savait déjà que le premier SH était basé sur le même critère, mais ici, c'est encore plus poussé. C'est bien écrit, et les deux DVD ne sont pas là pour rien. On voit en effet une véritable demi-fin à la fin du premier, à tel point qu'on prend un nouveau départ lorsqu'on lance le second. Ceci dit, l'objet central du jeu reste, comme Koudelka et le premier Shadow Hearts, le fameux Manuscrit de l'émigré, et ses pouvoirs supposés. On voit bien que les concepteurs connaissaient non seulement l'histoire du Japon, mais aussi l'histoire de l'Europe et de la Russie pour pouvoir créer une histoire qui réussit vraiment à faire passer des émotions chez celui qui joue. Oui, Shadow Hearts: Covenant réussit ce tour de force, et moi, je reste admiratif devant tant de virtuosité. Il faut aussi saluer l'effort d'avoir enfin une version française compréhensible et bien écrite, bien qu'un peu sous-traduite.

VERDICT :

Shadow Hearts: Covenant est plus qu'une suite réussie : il transcende littéralement son aîné, mais pas seulement : il s'impose comme l'un des RPG majeurs de la PS2. Disposant enfin d'un vrai budget, Nautilus en a profité pour peaufiner non seulement l'aspect artistique et technique, mais aussi le système de combat, qui devient vraiment jouissif. Ajoutez à cela une histoire extraordinaire et des personnages forts, le tout marquant la fin d'un cycle,et vous obtenez une pièce de choix, qui malheureusement ne s'est pas vendue, éclipsée qu'elle a été par d'autre bénéficiant d'une plus grande force de communication, à tel point que le troisième Shadow Hearts sortira avec les textes uniquement en anglais. Mais je ne saurais que trop vous conseiller (euphémisme) de le prendre, si vous le voyez en occasion à pas cher... Votre bonne vieille PS2 vous remerciera !

COEUR BATTANT :

Une histoire passionnante et uchronique
L'humour
L'ambiance
Le système de combat amélioré
La durée de vie, énorme
Les musiques
Réussi sur le plan artistique

INFARCTUS DU MYOCARDE:

Les villes de taille réduite
Certains personnages
Ne passe pas sur PS3 (problèmes de jouabilité).

NDJUL : ceci est la version " révisée " de la critique d'origine datant de 2007.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1523 fois
9 apprécient

Julius a ajouté ce jeu à 16 listes Shadow Hearts : Covenant

Autres actions de Julius Shadow Hearts : Covenant