Avis sur

Shadow Hearts : Covenant sur PlayStation 2 par Alex D. Wolf

Avatar Alex D. Wolf
Test publié par le
Version PlayStation 2

La série des Shadow Hearts a bercé bon nombre de mes années comme le jeu réservé aux gros richards, inaccessible aux étudiants mangeurs de pâtes. Inutile de dire que je n'ai pas réfléchi longtemps en voyant les deux premiers épisodes au détour d'un magasin de Bruxelles pour une trentaine d'euros chacun.

Le premier épisode s'était avéré correct mais bien trop en-dessous de mes attentes pour que j'ai la matière à en écrire la critique. Je me concentrerai donc sur le deuxième épisode.

L'histoire prend place quelques temps après la fin du premier épisode ; il est conseillé d'y avoir joué. La Première Guerre Mondiale est désormais une réalité. L'Harmonixeur Yuri, désormais intitulé "Godslayer", fait régner la paix et le calme dans un petit village français en exterminant tous les soldats qui s'en approche. Une section spéciale de l'armée vient alors lui infliger la "malédiction du Mistletoe", un sortilège qui réduit ses pouvoirs à néant et son espérance de vie à quelques mois. Yuri part alors en quête d'une façon de sauver sa peau, mais aussi de protéger le monde des agissements de l'armée...

Côté évidences, c'est infiniment mieux réalisé que le 1, même si une fois encore ça manque d'une ambiance vraiment percutante ; je retiens en particulier Florence qui m'évoque plutôt Istanbul. La partie musicale est toujours aussi peu digne d'attention avec toutefois une mention toute particulière pour le donjon final. OK, c'est quoi le deal, vous aviez plus de pognon, vous aviez la flemme ?... Vous avez une excuse ?

Mais il serait difficile de bouder l'énorme plaisir que j'ai eu à y jouer du début à la fin. Mention spéciale pour l'excellente première partie de l'histoire, marrante et emplie de découverte avec un rythme soutenu... contrairement à la seconde moitié, qui brandit le Mistletoe chaque fois qu'elle sait pas où elle va (c'est-à-dire presque tout le temps) sans jamais rien en faire de concret. De plus, l'histoire se prend alors mortellement au sérieux pour finalement tomber dans des larmoiements à la con "l'amour et la mort", des relations qui tournent en rond, des décisions complètement iniques de l'équipe parce qu'on savait pas comment les aborder autrement... En fait à ce niveau, seul le gameplay me tenait en éveil, sans ça le jeu serait passé à la trappe ; j'avais plus envie d'aider le boss final que nos héros. Un exemple de décision inique :

Yuri et Roger décident de rez Alice. OK, alors est-ce qu'on parle bien du plus vieux et érudit sage du monde, celui qui sait pertinemment que toutes les tentatives de tous les plus puissants sorciers de tous les temps ont échoué ? Est-ce qu'on parle du Godslayer qui a vu de ses yeux les résultats des erreurs ? On peut m'expliquer à quel moment ils se sont dit que c'était une bonne idée de réitérer ce désastre qui n'a jamais abouti, sans la moindre garantie supplémentaire par rapport à leurs prédécesseurs ?

Le gameplay, pour développer, réussit le même tour de force que King Abaddon : à partir d'un système pétri de bonnes intentions mais finalement bancal et redondant, il parvient à mettre en place quelque chose de vraiment bon, sans renoncer au squelette. Le système de Combo, les magies à choisir, les spécificités des personnages, les éléments des ennemis... Tout est vraiment cool. J'ai joué essentiellement avec Yuri-Karin-Blanca, le quatrième personnage a varié de Joachim à Anastasia (son appareil photo et sa puissance raisonnable la rendent très pratique pour les combats ordinaires) même si, sur le boss final, j'ai switché sur Kurando et sa deuxième forme au nom imprononçable.

Juste dommage que le challenge soit aux abonnés absents du début à la fin, excepté le vaisseau de guerre où l'on est forcés d'utiliser les "déchets" de notre équipe, Lucia et Gepetto. C'est le seul moment du jeu où j'ai vraiment serré les dents, même le boss final je l'ai fumé d'une traite (à sa décharge, j'avais nettement plus de sidequests à mon actif contre lui que contre celui du 1).

Shadow Hearts 2 s'annonçait comme mon meilleur RPG 2016 et l'une de mes meilleures expériences depuis Chrono Cross, un jeu que j'ai eu toutes les peines du monde à finir car je souffrais à l'idée que cette aventure puisse se terminer. Mais à mesure que j'approchais de la fin, mon ressenti a gagné en amertume, parce que je lui ai découvert de plus en plus de défauts qu'il n'avait pas avant. Le jeu s'essouffle terriblement et ça ne m'étonne pas que plusieurs de mes connaissances aient, partiellement ou totalement, jeté l'éponge face à son histoire peu palpitante et son absence de challenge digne de ce nom. A cause de ça, je le recommande "tièdement" ; c'est sans aucun doute une très bonne expérience à bien des égards, mais ce n'est pas un indispensable.

Et pourtant, je n'arriverai jamais à me résoudre à lui mettre une note plus basse que 8, car descendre davantage serait insultant envers le fun qu'il m'a procuré, que ce soit sur ses combats ou l'humour de son début. Cela dit, il aurait aussi pu prétendre à une meilleure note, et une meilleure place dans mes divers Top. Ce n'est pas un désir surréaliste ou un fantasme : de par son contexte, son contenu et sa portée, il en avait clairement les moyens.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 362 fois
5 apprécient

Alex D. Wolf a ajouté ce jeu à 6 listes Shadow Hearts : Covenant

Autres actions de Alex D. Wolf Shadow Hearts : Covenant