La vie appelle la mort

Avis sur Shin Megami Tensei : Persona 3 FES sur PlayStation 2

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Version PlayStation 2

Cela va faire maintenant quelque mois que j'ai pris connaissance de la saga des Shin Megami Tensei. Tout d'abord intéressé par les univers sombres qu'elle dépeignait et les thématiques fort intéressantes qu'elle abordait j'ai commencé à me renseigner sur les diverses œuvres qui la composaient. Mais vu la diversité et l'ancienneté de la saga je me suis vite perdue dans les différents titres qui la composent ne sachant pas vraiment par ou commencer. Quand soudain un 5 février le trailer hypnotisant d'un certain Persona 5 est sortie. Mon choix était fait il ne me rester plus qu'à décider par quel épisode débuter. La suite est assez évidente.

Mais arrêtons-nous là pour l'exposition et entrons dans le vif du sujet au plus vite car on s'attaque ici à quelque chose de très très TRÈS touffue.

Pour moi la saga Persona est un peu aux jeux vidéo ce que la saga Monogatari est à l'animation. Des oeuvre unique, à l'ambiance particulière, bourré de symbolisme qui laisseront sans doute le joueur/spectateur lambda sur la touche s'il ne fait pas l'effort de se creuser les méninges et s'il n'est pas sensible à ce genre d'univers. Je sais que cette phrase peut sonner un peu élitiste sur les bords mais force est de constater que de par sa traduction française inexistante, ses nombreuse références au dieu ou créature de différents folklores et son approche philosophique Persona 3 n'est pas à mettre entre toutes les mains.

Donc l'aventure de Persona 3 est découpé en deux parties la "principale" prénommer The Journey et un épilogue du nom de The Answer sur lequel je dirais quelques mots à la fin.

Ceci étant dit posons le décor (que je tacherais de simplifier au maximum) :

Persona 3 est tout aussi atypique dans son gameplay que dans son histoire. Nous allons donc vivre la vie d'un lycéen fraîchement transféré en alternant entre deux phases de jeux la première étant un Donjon RPG aux mécaniques bien huilées et la seconde une phase de dating.

Les combats sont du tour par tour classique mais avec un système de faiblesse bien pensé qui va donner une dimension bien plus stratégique aux affrontements. Jusque-là rien de spectaculaire si ce n'est le mélange de deux genres que tout oppose. Mais c'est justement cette fusion étrange qui va être un des plus gros points forts du jeu. Se complétant parfaitement ces deux moments offriront une immersion grandiose ainsi qu'un système de combat très attrayant. Les personnes avec qui nous allons pouvoir interagir sont diverses et varié nous forçant souvent à faire des choix entre notre stratégie et notre envie de tisser des liens plus étroits. La plupart sont d'ailleurs très sympathiques abordant chacun des thèmes plus ou moins sérieux mais toujours avec une approche des plus intelligentes.

En plus des Social link nous avons avec nous des compagnons qui se battront à nos côtés et seront donc vous vous en doutez les personnages "principaux". Je ne compte pas trop m'étendre sur eux premièrement car cela serait beaucoup trop long et deuxièmement pour vous laisser le plaisir de la découverte.

Après cette introduction (très) sommaire de l'univers passons au scénario.

Les influences les plus évidentes sont bien évidemment le travail de Descartes sur le passage du temps ainsi que sur le moi avec la fameuse phrase "Cogito ergo sum". Puis les théories de Carl Gustav Jung sur le Persona et l'ombre qui sont au centre de l'histoire. On pourrait également rajouter Freud et son idée du "ça, du moi et du surmoi". Dans le cas de Descartes des passages entiers de ses ouvrages seront d'ailleurs visibles dans le second opening. Le premier extrait appartenant au Discours de la méthode passage dans lequel Descartes précise que nul ne pourra mieux interpréter une théorie que le créateur de cette dernière. Serait-ce une façon de nous inviter à faire notre propre interprétation de l'histoire ? Bon on va se calmer sur les hypothèses dans ce genre sinon cette critique va vite devenir indigeste.

Bref je ne vais pas y aller par quatre chemins le scénario est une vraie merveille remplie d'idées brillante qui fusionnent à la perfection les mécaniques du RPG avec une histoire profonde et passionnante qui ne ménagera pas le joueur, centrer sur le thème de la mort et de tout ce qui gravite autour. Questionnant de nombreuses fois au cours du récit notre rapport à cette dernière en n'oubliant pas d'y incorporer les idées de l'ami Jung comme l’imperfection permettant l’amélioration ou l'acceptation de sa part d'ombre.

L'histoire nous offre donc une vision plutôt pessimiste de l'être humain, faible et soumis à ses bas instincts attendant, appelant la mort comme une bénédiction. Cette vision trans paré à travers l'histoire générale ainsi que certains personnages tels que Takaya (ce mec à juste tellement de charisme que ça en devient insolent). Cette facette sombre étant contrebalancé par les résolutions prises par vos compagnons et les actions qui en découlent.

Bien que le rapport à la mort reste le thème principal il ne sera pas rare au détour d'un dialogue que l'on se permette de jeter quelque pic à la société de consommation, les médias ou encore la religion.

Bon il y aurait encore BEAUCOUP à dire mais on va s’arrêter là pour le scénario histoire de pouvoir dire quelque mot sur l'ost pour ENFIN conclure avec The Answer.

Shoji Meguro est visiblement un compositeur qui divise les foules et il y a de quoi. C'est vrai qu'en entendant certaines de ses compositions comme

Mass Destruction : https://www.youtube.com/watch?v=wqIJ3xiBvqY

ou Deep Breath : https://www.youtube.com/watch?v=CiP9Bhha0-4

on serait en droit d'être dubitatif sur leur capacité à coller à l'ambiance d'un RPG. Et il faut avouer que la première fois j'ai était plutôt surpris mais ce fut une agréable surprise. Car en fin de compte l'ost participe grandement à l'ambiance formant un tout avec le reste appuyant encore une fois la singularité de l'oeuvre.
De plus il ne faut pas résumer Meguro à de l'éléctro et des musiques J-pop le monsieur sait aussi faire de très belle musique classique comme la très connue

The Poem for Everyone's Souls qui est vraiment sublime : https://www.youtube.com/watch?v=8Zz1r1WCHvw

ou des musique plus épique quand c'est nécessaire comme

The Battle For Everyone's Soul : https://www.youtube.com/watch?v=UT2AAfBPtoQ

Bien il est maintenant temps de parler de :

The Answer !

Franchement s'il était possible de mettre des petites animations sur les critiques c'est ici que j'aurai placé les éclairs.

The Answer donc épilogue à l'histoire principale qui va nous plonger dans une nouvelle quête avec toujours plus de donjon, de boss et de social link génial ! Non je plaisante en fait tu vires le dernier élément cité et tu multiplies la difficulté des deux précédents par dix !

Vous aurez remarqué que je n'ai pas parlé de la difficulté jusqu’à maintenant tout simplement car elle ne m'avait pas posé de réel problème avant The Answer certain boss étaient certes vraiment durs mais rien d'insurmontable avec une bonne stratégie. Le gros problème que j'ai avec cet épilogue c'est que bon nombre de combat de boss (soyons honnête 90 %) sont en grande partie basé sur la chance. Ce qui va nous obliger à crever encore et encore et encore et encore jusqu’à tomber sur la bonne disposition ou alors avoir de bon gros coup de cul.

D'autant plus que la difficulté étant automatiquement en hard la propension des ennemis à nous caler des gros coups critiques sortis de nulle part ou à esquiver nos attaques est fortement augmentée. Rajoutez à ça une absence de Social link et de Compendium et vous avez l'équivalent d'un bon gros coup de poing dans les sachets de thé à chaque défaite.

Donc faut-il faire The Answer ?

La réponse dépend entièrement de votre motivation.

Si vous cherchez du challenge et que vous n'avez pas peur pour votre descendance alors allez y et vous serez récompensé par du background intéressant ainsi qu'un scénario toujours aussi excellent bien qu'il ne prenne vraiment son envol que durant les dernières heures.

En revanche si seul l'histoire vous intéresse vous la trouverez aisément sur internet. Ce n'est certes pas la meilleure manière de la découvrir mais cela vous permettra de garder votre santé mentale tout en ayant une idée de quoi parle The Answer. De plus je tiens à préciser que notre rôle dans le récit à la différence de The Journey est plus celui d'un spectateur que d'un acteur. Le fait de contrôler Aigis rendant la chose plus impersonnelle. Donc à vous de voir.

CONCLUSION :

Cette critique est longue, oui. Et encore croyez le ou non je me suis énormément retenue. J'ai beaucoup hésité avant de faire une critique sur Persona 3 car il y avait énormément de chose que je voulais dire à son sujet mais je savais que je devrais forcément faire des concessions au risque de rendre cette critique indigeste.

Peut-être l'est-elle déjà ? Peut-être ai-je échoué ?

J'étais bien conscient que je n'arriverais pas à cristalliser mon avis sur Persona 3 en une seule fois. J'aurais aimé parler de plein d'autres choses : l'affrontement dantesque contre Nyx, Strega, le statut de Ryoji, la quête d'identité d'Aigis, la fameuse Answer to life ainsi que pousser plus l'analyse de certains aspects du scénario etc.... Je pourrais presque faire une thèse entière dessus.

Le fait est que Persona 3 m'a fait vivre une expérience qui va bien au-delà d'une simple expérience de jeu. Je me suis pris une claque comme rarement je m'en suis prise.

Donc si vous ne l'aviez pas encore compris et si vous ne deviez retenir qu'une seule chose de cette critique :

Oui, Persona 3 est un chef-d'oeuvre.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
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