Haters gonna hate

Avis sur Star Wars : Battlefront II sur PC

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Un contexte apocalyptique

Une chose est sûre, EA Games se rappellera longtemps des semaines qui ont précédé la sortie de son nouveau titre: Star Wars Battlefront 2. Et pour cause, le bashing subit par ce jeu a été monumental, et au final plutôt injustifié. En effet, depuis des semaines on en entendait parler partout: Battlefront 2 a été pris pour cible par nombre de critiques reprochant au jeu d’être un « pay to win », une « arnaque » uniquement conçue pour faire dépenser l’argent des joueurs.

Moi qui, en bon fan de Star Wars, avait précommandé le jeu, bonjour la déception: j’aurais dépensé 45€ dans une escroquerie ? L’affaire a pris une telle ampleur… Si on en croit les détracteurs, impossible de débloquer quoi que ce soit dans le jeu à part en jouant des dizaines d’heures non-stop, incitation permanente à dépenser de l’argent, parties déséquilibrées et pourries par les « riches » qui achètent tout en euro…

Et puis j’ai commencé à avoir des doutes: comment autant de gens peuvent à ce point trasher un jeu qui n’est pas sorti, disponibles pour une poignée au stade de bêta, que la plupart ont au mieux pu voir dans des stream ou autres vidéos ? Simple: pas besoin d’avoir testé un jeu pour lui cracher dessus ! Il suffit de répéter ce que son voisin a dit, ce qu’on a lu dans tel article ou sur Reddit, de s’en laisser convaincre, et hop, on peut partager avec tout le monde la satisfaction d’avoir déversé sa rage, et tout ça gratuitement ! Dieu que c’est bon Internet !

Car SWB2 n’est ni un mauvais jeu, ni une escroquerie. Il aurait pu l’être, mais il ne l’est pas et je vais vous dire pourquoi.

Du spectacle en entrée

J’ai commencé Battlefront 2 en attaquant son mode solo. Première bonne surprise: le jeu offre une campagne intense même si assez courte (6h à peu près). Le scénario est digne d’un bon jeu Star Wars, intégrant de nouveaux personnages très sympas et proposant une suite directe à la bataille d’Endor et la chute de l’Étoile Noire. Tout est bien rythmé par une mise scène énergique, de nombreuses cinématiques et la musique de John Williams bien intégrée.

Cette campagne est l’occasion de découvrir les différents aspects du jeu et gameplays en profitant d’une histoire inédite. On alterne donc phases de combat terrestres et batailles spatiales, en profitant des différents personnages proposés, assez nombreux.

Personnellement j’ai été bien emballé par cette entrée en matière: séduit par les graphismes, l’ambiance spectaculaire et la diversité des phases de gameplay proposées, j’ai terminé cette campagne rapidement, un peu trop d’ailleurs, et me suis ensuite tourné vers le multijoueur.

Du multijoueur en plat principal

Le multijoueur de Battlefront 2 s’axe autours de deux modes de jeux principaux: les assauts galactiques et les batailles spatiales. D’autres modes de jeu plus classiques sont également disponibles comme des deathmatchs ou des combats entre héros, mais l’intérêt du multijoueur repose principalement sur les deux premiers.

Les assauts galactiques sont des grandes batailles se déroulant sur plusieurs cartes, assez nombreuses au lancement pour qu’on ne se retrouve pas rapidement à tourner en rond. Chaque carte a son charme: la cantina de Mos Eisley, les vagues titanesques de Kamino, les forêts d’Endor, le chaos urbain de Naboo, et j’en passe, les environnements sont variés et nombreux. Chaque map propose ses propres objectifs. Prendre d’assaut une base impériale, escorter un gros véhicule d’artillerie, faire sauter des générateurs… C’est appréciable et permet de ne pas tourner en rond et de ne pas avoir l’impression de faire tout le temps la même chose.

Ces assauts galactiques donnent vraiment l’impression de prendre part à une grande bataille: 40 joueurs se foutent simultanément sur la gueule, avec l’infanterie mais aussi les vaisseaux qui s’écharpent dans le ciel et viennent parfois vous gratifier d’une rafale de canons en rase motte. Tout est fait pour vous maintenir dans le rythme: la musique omniprésente, les coms radios… Et ça fonctionne plutôt bien, on ne s’ennuie pas, sauf peut-être parfois pendant les temps de chargements plutôt longs entre les parties, et même pour... revenir au menu principal!

Quand aux batailles spatiales, ils sont une des meilleures surprises de ce nouveau Battlefront. Intuitif, nerveux, ces combats de vaisseau sont un vrai plaisir à jouer et profitent d'une mise en scène de qualité et d'une sensation de vitesse saisissante.

Plusieurs classes sont disponibles pour l’infanterie, assez classiques à ce niveau-là: soldat, soutien, officier et sniper. Chaque classe possède une liste d’arme à débloquer assez importante, ainsi que des « cartes », qui sont des compétences actives ou passives à rajouter sur le personnage pour lui donner plus de puissance en combat. Ce système de carte se répète sur les vaisseaux (chasseur, intercepteur et bombardier) et les héros.

Tout cela mit bout à bout (cartes, classes d’infanterie, classes de vaisseau, héros), on se retrouve avec beaucoup de contenu, ce qui est appréciable surtout quand on connait la pauvreté en contenu du premier opus d’EA Games

Du loot en dessert

Vous l’aurez compris, dans SWBF2 il y a beaucoup de choses à débloquer. Mais qu’est-ce-que ça veut dire exactement, « débloquer » ? Si on en croit les détracteurs du jeu, ça veut dire se faire enfler… Sauf que pas du tout ! C’est simple: en faisant la campagne solo, quelques défis arcade et quelques parties multijoueur, soit à peu près 10h de jeu, j’ai déjà débloqué la plupart des héros, et possède des cartes pour presque toutes mes classes. Seules les armes ont l’air plus longues à déverrouiller, nécessitant de remplir des conditions telles que « 50 kills avec la classe commando », « 100 headshots avec le sniper, etc. Où est donc le « 40 heures de jeu pour débloquer un héros » spammé partout sur le Net dans le but de décrédibiliser le jeu ?

Il n’est pas pour l’instant possible de dépenser de l’argent (du vrai) dans Battlefront 2, EA Games ayant pour l’instant désactivé la fonctionnalité. Elle sera sans doute bientôt remise en fonction, mais personnellement cela ne me pose pas de soucis pour deux raisons: déjà parce que ça ne m’intéresse pas, personnellement j’ai payé le jeu et je compte bien débloquer le contenu sans débourser un centime de plus (ce qui est tout à fait possible), et ensuite parce que je ne me sens pas « harcelé » pour dépenser quoique ce soit, que ça soit in-game ou dans les menus.

Un bon repas

Bref, Star Wars Battlefront 2, malgré un contexte éprouvant est parvenu à me convaincre, proposant un contenu conséquent et une expérience de jeu très plaisante. Bien meilleur que le premier du nom, qui était tombé dans le piège du jeu à DLC, ce nouvel opus m’a ravi en tant que grand amateur de Star Wars. J’ai encore de belles heures devant moi à batailler entre potes, sur terre ou dans l’espace, d’autant plus que du contenu supplémentaire (gratuit) arrive déjà pour la fin de l’année à l’occasion de la sortie du nouveau film.

Finalement, Battlefront 2 est pour moi l’occasion de profiter d’un bon jeu Star Wars (ça faisait longtemps) mais également de réfléchir sur ce déferlement de rage qu’on a vu naître sur un jeu que la plupart des gens n’avaient pas pu tester et qui était déjà enterré avant même d’avoir vu jour. Il est vraiment fascinant de regarder comment les rumeurs, les on-dit se propagent si rapidement et en si grand nombre, quand dans la réalité il n’y ni « pay to win », ni « 40 heures de jeu pour débloquer un personnage », rien de tout cela. A croire que cracher sur quelqu’un ou quelque chose est devenu une sorte de sport national sur Internet, sans qu’on prenne la peine de se demander pourquoi.

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