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Street Fighter II sur Super Nintendo par Red13

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Version Super Nintendo

Il fait partie de ces jeux qui ont défini un avant et un après. Il est d'ailleurs selon moi le jeu emblématique de cette catégorie. Plus que tout autre, Street Fighter 2 est le jeu qui a défini une catégorie, celle du jeu de combat 2D. Initialement sorti en arcade, Street Fighter 2 devint ensuite un phénomène sur console et plus particulièrement sur Super Nintendo, dont il contribua largement au succès commercial. Alors pourquoi un tel succès ? Round 1 ! Fight !

Avant Street Fighter 2, qu'y avait-il ? Effectivement il y avait eu Street Fighter premier du nom, sorti sur plusieures plate-formes à l'époque de l'Atari, de l'Amiga et de l'Amstrad CPC. Tous les jeux de combat d'alors - et SF1 en faisait partie - étaient le balbutiement du genre. Un concept encore en gestation et donc pas du tout abouti, à la maniabilité souvent douteuse et pas agréable à jouer pour deux sous. Certains titres avaient su montrer quelques innovations et évolutions intéressantes, tel que Yie Are Kung Fu auquel j'avais pu jouer sur mon Amstrad CPC 6128. Bref ! La vraie définition du jeu de combat 2D, du Versus Fighting, est intervenu avec Street Fighter 2.

Rendez vous compte. Pour l'époque. Le jeu nous permettait de choisir notre combattant parmi 8 personnages (avec nos critères d'aujourd'hui, ça fait un peu marrer) au style graphique bien propre et possédant, pour presque tous, un style de combat différent. Du charisme se dégageait de ces petits sprites. Mais plus que tout, c'était le gameplay qui était au petit oignons.

De la précision, de l'efficacité, un gameplay qui laissait la part belle au talent des joueurs pour remporter leurs combats. Des coups qui portent intelligemment, une sensation - pour l'époque - de réalisme calqué sur un plaisir de jeu arcade. En un mot, la sensation de participer à autre chose qu'un nouveau foutoir dont on ressort vainqueur sur la base de la chance ou d'un matraquage en règle de la manette.

Street Fighter 2 bénéficiait pour l'époque de graphismes plutôt travaillés, agréables à regarder, avec même des petits bonshommes qui bougeaient à l'intérieur des décors. Les coups spéciaux étaient réussis et s'intégraient parfaitement à la fois dans le système de jeu et dans l'animation des personnages.

Comble de la classe ou aberration - c'est selon - le jeu nous mettait aux prises, après un combat contre les sept autres combattants disponibles, avec quatre personnages aussi travaillés que le précédents, débordant de charisme, mais non jouables !!! Les quatre boss de Street Fighter 2, Balrog, Vega, Sagat et M. Bison, participaient avec force au mythe de SF2.

Il est néanmoins difficile d'apprécier pleinement ce jeu avec nos critères actuels. Au final, le nombre de combattants jouables n'était pas si exceptionnel. Il l'était d'autant moins si l'on comptait comme un seul les jumeaux (et le terme n'est pas exagéré pour l'époque) : Ryu et Ken. L'esthétisme des personnages a pas mal vieilli et l'on se surprend à revoir aujourd'hui la ganache de Guile ou de Zanguief avec nos yeux d'aujourd'hui. Le système de jeu, certes révolutionnaire, fait pale figure face aux productions les plus récentes. Trois ou quatre coups spéciaux par personnages, certes une multitude de coups normaux, et c'est tout ! Pas de barre de fury, pas de cancel, pas de fioritures. Du basique qui fonctionne et rien de plus.

Au surplus, on ne passait pas à côté de quelques perles révélatrice de l'époque où est sorti SF2. Quelques lieux communs pour commencer. E.Honda, le sumo qui passe son temps à bouffer du riz. Zanguief, le catcheur russe dont on suppose que le cerveau a laissé la place aux muscles et qui nous gratifiera à la fin de son parcours d'une polka surréaliste en compagnie d'un Gorbatchev venu spécialement pour l'occasion.

Le joueur averti n'ignore pas, également, la prise de tête des noms des boss dont on parle encore aujourd'hui. En effet, Balrog, le boxeur, était dans la version originale - et donc japonaise du jeu - dénommé M. Bison et fortement inspiré d'un autre "M.", Mike Tyson. M. Tyson ... M. Bison ... Le risque de contentieux fut si grand lors du portage du jeu aux Etats-Unis puis en Europe que les p'tits gars de la section juridique de Capcom ont décidé d'un grand chambardement qui marqua à tout jamais la série. C'est ainsi que le boxeur noir fut baptisé Balrog aux Etats-Unis en lieu et place de M. Bison. Balrog devenait alors Vega. Et Vega se transformait en M. Bison, dont tous les jeunes joueurs n'ont jamais su décider de l'interprétation du M. Monsieur ou initiale d'un prénom ? C'est cela également, le mythe de Street Fighter 2.

La Révolution. Voila ce qu'a été Street Fighter 2. Les révolution sont-elles parfaites ? Non. Avec le recul, celle-ci nous semble d'ailleurs archaïque. Mais quel bel archaïsme. Quelle grandeur ! Aussi imparfait qu'il était pour l'époque, voici pourquoi Street Fighter 2 restera très très haut placé dans les annales du jeu vidéo.

You Wins !

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