Canines, chandeliers et SFX

Avis sur Super Castlevania IV sur Super Nintendo

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Version Super Nintendo

Les débuts de la SNES ont été tonitruant. Entre les jeux de lancement que sont Mario World et Zelda 3 déjà bien tranchant par rapport aux épisodes NES on trouvait Castlevania IV. Coincé entre les 2 supers stars de chez Nintendo, un shoot de qualité qu'est R-Type, le titre de Capcom : Final, Fight il avait de quoi passer inaperçu ; même quand on porte le nom de Castlevania. Toutefois les gens de chez Konami connaissent très bien leur métier. La série Castlevania allait prendre un tournant apporté par cet épisode unique et charnière entre les 2 générations que sont l'avant et l'après Super Castlevania IV. Avec ce jeu, Konami a décidé de monter d'un cran et même de plusieurs. Déjà que Castlevania III était d'une qualité exceptionnelle, le 4 apporte moins de profondeur de jeu mais bien plus de poudre aux yeux.

Ce qu'il faut comprendre c'est que "la poudre aux yeux" dans le jeu vidéo de l'époque ca coute cher, et ce n'est absolument pas péjoratif. Il faut que les consoles soient un minimum "puissante" pour pouvoir en en mettre plein les mirettes. Les scrolling différentiels et les myriades de sprite commencent à devenir le standard et n'étonnent plus le joueur. Dans ce domaine, la SNES tombe pile au bon moment pour renouveler l'aspect purement visuel du jeu vidéo. C'est ainsi que les jeux des débuts que sont F-Zero, Mario Kart et Castlevania IV ont apporté ce renouveau. Castlevania IV est sans doute le meilleur représentant de cette génération qui laisse la part belle au visuel et à la musique. Par rapport au 3, Caltlevania IV est moins bon. Il abandonne le système de quête instauré dans l'épisode précédent laissant de coté les multiples personnages et leur différences de gameplay apparues dans le 3. En fait, on peut considérer Castlevania IV comme un remake du premier épisode. Un seul personnage, pas de quête, et une progression linéaire. Néanmoins c'est loin d'être le même jeu.

D'une part, ce titre apporte un grand changement dans la série : une vraie jouabilité. Au revoir rigidité et bienvenue souplesse. Simon Belmont s'est enfin décidé à retirer le balais qui encombrait son postérieur. Résultat, les sauts du monsieur sont plus souples et il se décide enfin à jouer du fouet dans toutes les directions. C'est peut être dérisoire comme ça, mais pour ceux qui ont joué aux épisodes précédent, c'était une vraie plaie de ne pas pouvoir fouetté là ou l'on veut. Du coup, les ennemis de type Gorgones, auparavant bien pénibles, se trouvent être relégué au rang de simple... sprite. Ces contrôles revus et corrigés apportent un plaisir de jeu inégalé. On a l'impression d'être enfin libre. Toutefois, le jeu s'appuie encore sur les concepts des premiers épisodes. Ce qui faisait la difficulté du titre c'était justement sa jouabilité rigide. Non pas que c'était incontrôlable, mais disons que squelette, zombies et autres créatures avaient parfois plus de marge de manœuvre que vous. Eh bien dans Castlevania IV, tout est facile et l'on prend plaisir à trucider du monstre là ou dans les épisodes précédent c'était un calvaire. Ce Castlevania s'en retrouve donc facilité, car il apporte une meilleure jouabilité dans un système de jeu qui lui n'a pas changé. Qu'a cela ne tiennent, Konami a tout prévu et s'il ne s'est pas renouvelé dans sont gameplay, il a su exploiter les capacités le la SNES c'est ce qui fait tout le charme de cet épisode.

D'autre part Castlevania IV collectionne les moments d'anthologies ludiques. Pour un plateforme 2D on se demande bien comment on pourrait mettre tout ca en scène directement dans le ingame. Eh bien Konami lui, a été inspiré à l'instar de Super Metroïd qui en reprend les mêmes ingrédients. Quels sont-ils ? Cela va du subtil au plus basiquement spectaculaire. Chaque décor, chaque boss est prétexte à tout un tas d'effets graphiques inédits à l'époque. Dès le début vous êtes plongé dans une ambiance des plus réussie. Le château de Dracula vous accueil en ouvrant son pont levis, et en hissant les grilles de sa coure lugubre. Les squelettes volent en éclat sous votre fouet, les tritons vous balancent un jet d'acide du plus bel effet et les décors du jeux fourmillent de petits détails animés qui donnent vie et crédibilité à l'ensemble. Oui, de la crédibilité dans un jeu de vampire ou le héros fouette des squelettes, ca peut paraitre étrange mais le tout est vraiment cohérent et inspiré. Chaque niveau est ponctué d'un effet graphique plus ou moins visible. Les distorsions du niveau 4 sont évidentes. Mais le pont levis, les lustres qui se balancent, les cycles de couleur sur certains boss et les effets de transparence sont moins spectaculaires. Toutefois ils n'en restent pas moins inédits pour l'époque, la mise en scène graphique à réellement fait l'objet d'un effort. A l'image de ce couloir aux chandeliers s'illuminant sur votre passage pour vous menez à votre dernier combat. Mais s'il n'y avait que cela...

Il y a un élément majeur dans ce jeu qui fait passer tout ces effets pour de la broutille, c'est la bande son. Il n'y avait, pour ainsi dire, aucun jeu en 1991 capable de rivaliser avec la les BGM de Castlevania IV. Véritable démonstration technique des capacités sonore de la SNES, Konami ne s'est pas gêné pour les mettre en avant. Les thèmes des versions NES étaient déjà fantastiques, imaginez alors ces mêmes thèmes repris pour la SNES. A l'poque l'écart de qualité était tel, qu'il était indéniable qu'il y avait eu évolution. Aujourd'hui, avec le recul des années, cette évolution s'est effacée au profit d'un genre nommé chiptune, et les bipbip devenu obsolètes sont redevenu à la mode sans critères d'évolutions technologiques. Néanmoins, en 1991 ces musiques ont marqué les joueurs ayant pratiqué le titre. Reste en mémoire une mise en scène sonore qui donne toute son épaisseur au jeu. Du début avec ses nappes d'orgue, en passant par les cordes pincées du niveau 3, les percutions des geôles, la clock tower et bien sur les reprises de thèmes issues des précédent épisodes. Ce n'est pas comme si la musique n'était là que pour meubler, non. Elle est en parfait accord avec l'ambiance et l'univers du jeu, cette alliance semble parfaitement naturelle et fonctionne bien.

Depuis, la série Castlevania a fait du chemin et a donnée naissance à de multiples épisodes pas toujours inspirés. Mais avec celui-ci on a l'un des meilleurs, proposant une cohérence rare : une alliance parfaite entre graphismes, musique et gameplay. Sous cette bande son réussie et ces effets graphiques ensorcelants, on visite ce château de fond en comble. Des diverses salles et donjons, aux souterrains contenants des trésors et des prisons remplies de zombies. Castlevania IV est le digne représentant des origines plate-forme et action de la série. Une sorte d'hommage au premier qui ne sera jamais réitéré ensuite. Il est unique et tire partie des capacités du support sur lequel il a été commercialisé. C'est tout le charme des jeux de cette époque où la console marquait l'aspect graphique et musical d'un jeu. Même le titre de cet épisode en a été marqué. On peut largement dire que dans Super Castlevania IV, le "super" n'est absolument pas usurpé et fait honneur au support sur lequel il a été développé.

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