Maman, j'ai raté l'Albiore

Avis sur Tales of the Abyss sur Nintendo 3DS

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Version Nintendo 3DS

"Vous en avez fait un, vous les avez tous faits", qu'il disait.
"Eh bien, faites-en un autre", ajouterai-je.
Et j'ai bien conscience que ce conseil est tout à fait personnel. Car j'en ai lu, des amateurs de la série, balancer qu'il s'agissait d'un de ses meilleurs épisodes. Vous allez me dire, on entend ça pour quasiment chaque volet, mais j'ai l'impression qu'Abyss a tout de même une place particulière.
Et d'ailleurs, pour moi aussi, il a une place un peu spéciale. Au fond de la classe. Je ne le fous pas dehors hein, non, il ne le mérite pas. Il est bien gentil, il veut bien faire, mais il parle, il parle, il parle, et quand est-ce qu'il éveille l'intérêt ?

C'est là le plus gros problème de cet épisode. On connaît tous des débuts de rpg un peu laborieux, où pendant 5, 10 heures, on est abreuvé d'informations, de dialogues sans grand intérêt, où la liberté est fortement restreinte et qui nous donnent l'envie de hurler "LAISSEZ-MOI JOUER !". Je n'exagère pas en disant que j'ai ressenti ça devant Tales of the Abyss pendant une quarantaine d'heure. Je me souviens m'être dit plusieurs fois "Ce jeu est un prologue qui n'en finit pas". Paradoxalement, l'histoire décolle assez tôt, et il n'y a pas de creux notable à ce niveau. J'irais même jusqu'à dire que nous allons de surprise en surprise. Mais le rythme est flingué par ces dialogues qui n'en finissent pas, ces cutscenes tous les trois pas, ces saynètes multiples entre chaque cutscene...

Des saynètes qui, si elles apportent un plus et viennent épaissir les personnages, sont surtout très redondantes et trop peu souvent drôles. Alors oui, tout ça est facultatif, mais fait pour moi partie intégrante de la série. J'ai tenu une quarantaine d'heures avant d'arrêter totalement de les lire, chose que je n'ai jamais faite dans aucun épisode (celui-ci est mon septième).
J'ai d'ailleurs tenu une quarantaine d'heures avant d'arrêter de lire tout court. J'ai fini par passer des dialogues entiers, pourtant liés au scénario. Alors, ça n'a duré que quelques heures, les enjeux étaient posés, les conséquences attendues, les tenants et les aboutissants bien intégrés, et je pense pouvoir dire que je n'ai pas loupé grand chose. Mais quand même. Je ne crois pas avoir déjà fait ça par le passé.

Et pour le reste ? Eh bien, rien de catastrophique, mais rien non plus qui ait permis mon implication.
J'aime la recette Tales of, pourtant. J'aime ses héros stéréotypés mais attachants, j'aime son univers coloré, son cel shading, ses combats jouissifs, ses quêtes annexes... Tout. Je pardonne ses défauts, ses quelques personnages crispants, ses dialogues parfois naïfs. Je suis le bon client, celui qui ne se plaint pas, celui qui reprendra la même chose la prochaine fois, parce que j'ai beau connaître ces saveurs par cœur, elles fonctionnent toujours. Mais là, non, ça ne prend pas.

Je ne sais pas. Ce n'est pas comme d'habitude.
Ces personnages, tiens, j'ai essayé, pourtant. Non, rien à faire. Les salauds sont partis sans moi. La faute aux dialogues fatigants ou au chara-design qui m'a laissé de marbre ? Je ne sais pas, un peu des deux peut-être, mais la certitude est que ce fut une raison de plus de rester sur le pas de la porte de cet univers qui, lui non plus, n'a pas su me séduire.
Alors les combats, peut-être, c'est toujours bien les combats. Oui et non. Si la base reste la même que dans tous les épisodes, la spécificité majeure de celui-ci (des cercles élémentaires qui apparaissent au sol et permettent de modifier les artes) est une bonne idée sur le papier, mais assez peu motivante console en mains.
Et la musique, tiens, voilà une chose qui ne peut pas être moins bien que d'habitude, la musique. On a l'habitude de naviguer entre insipide et agréable, sans jamais aller beaucoup plus loin. Je me suis même dit au début du jeu que ça pouvait être mieux que d'habitude, en entendant dès les premières heures un thème qui avait su éveiller mon attention. Que reste-t-il 50 heures plus tard ? Rien. À l'exception d'un ou deux thèmes, on a finalement navigué entre insipide et insipide, en se prenant quelques petites vagues de crispation au passage.
Quant aux quêtes annexes, je m'y suis intéressé très tard dans le jeu, mais ayant peu d'intérêt à explorer ce monde et voyant que la plupart étaient mortes (points of no return, mes amis), j'ai vite abandonné pour me diriger enfin vers le bout du tunnel. La fin de 50 heures pas désagréables, mais rarement prenantes. La fin d'une aventure qu'il m'a semblé survoler, entre un peu de plaisir et beaucoup de lassitude.

Et je ne comprends toujours pas totalement pourquoi Tales of the Abyss m'a laissé à l'entrée de son univers. Il avait l'air comme les autres, pourtant.
Pourquoi, moi qui d'habitude partage vos vies de héros, suis-je contraint de vous regarder par la fenêtre d'un air détaché ? Je vous observe vous agiter et vous me laissez froid. C'est vrai qu'on se les gèle, ici. La prochaine fois, laissez-moi la clé sous le tapis.

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