"Tekken 7: Way of the Toshinden."

Avis sur Tekken 7 sur PC

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Version PC

J'me suis toujours demandé à partir de quel moment l'on peut considérer qu'une série est officiellement devenue une franchise.

Il est évident que les produits dérivés sont un indicateur majeur, ceci dit, et participent bien entendu de cette vaste idée où l'on fait rentrer de l'argent dans les caisses de la compagnie sur le prestige d'une licence – souvent surévaluée de manière illusoire par des salary-men dépourvus de tout type de sens des réalités – plutôt que sur les qualités intrinsèques des forces du projet dont il est question. Tekken, dans ce genre d'exercice analytique, est un cas très étrange : la série cherche depuis ses débuts à émuler le succès de Street Fighter jusqu'à singer ses moindres détails. Tous. Jusqu'aux plus embarrassants. Le premier jeu de ce que vous espérez voir un jour éclore en une série célèbre vient de rencontrer un succès d'estime sur la fraîcheur du concept de proposer un jeu de baston pataud mais polygonal sur cette nouvelle machine futuriste qu'est la première PlayStation ? Shbam, le moment est visiblement venu de lancer un dessin-animé d'une qualité catastrophique pour commémorer l'événement. Votre second opus se vend comme des petits pains grâce à un gameplay fluide rendu possible par une représentation graphique novatrice et anguleuse ? Fwomsh, il est temps de lancer des jouets de qualité discutable dotés d'un style visuel aux antipodes de ce qui est proposé dans le jeu. Après tout, comme l'OAV l'aura souligné... le public de Tekken n'est pas trop regardant en ce qui concerne la qualité des produits dérivés tirés de la série. Maintenant, pour des raisons de place, imaginez les effets désastreux que ce type de logique peut avoir si on décide de l'appliquer sans répit pendant près de vingt-trois ans.

  1. Une ruelle quelconque s'illumine de ces fameux arcs électriques que les fans de Terminator ont rapidement appris à associer avec une baisse générale de la qualité de leur série favorite. Nous sommes arrivés. Tekken est en ruines. Son scénario, autrefois aisé à comprendre, inclut une multitude de trahisons prenant place dans le monde de l'industrie, des combats de succession dignes de Dynasty issus de deux adaptations cinématographiques post-apocalyptiques à bas-budget et même quelques guerres motivées par les intérêts personnels des divers Zaibatsus qui peuplent cet étrange univers qui comporte – autant le mentionner en passant – des démons aztèques, catholiques et l'un ou l'autre pouvoir angélique activé par le pouvoir de la génétique cellulaire. Elle est bien loin, tiens, cette logique interne qui nous apprenait dans le premier opus qu'un jeune homme voulait défoncer la tronche à son maléfique papounet doté d'une coupe de cheveux ridicule car celui-ci l'avait laissé pour mort en la balançant dans un volcan. Oh, n'imaginez pas que cette portion du récit ait été soudain annulée, d'ailleurs, elle aura au contraire été étoffée. Maintenant, dans Tekken 7, Heihachi vous balance du haut d'une montagne quand vous avez sept ans pour des raisons qui m'échappent et doivent sans-doute tenir d'une forme de fétichisme étrange où les chefs d'entreprise japonais dotés d'une solide formation dans le domaine des arts-martiaux aiment passer leur temps à balancer leur gamin du haut d'une source volcanique active. Sans-doute est-ce une forme de rituel du genre : « fils, tu n'auras pas mon Zaibatsu articulé autour de l'activation du code génétique démoniaque qui se trouve dans ton corps tant que tu ne sauras pas me jarreter du haut d'une montagne et quand tu y arriveras, hein, je serai quand même de retour dans chaque opus supplémentaire pour tenter de regagner le contrôle de mon business. » Enfin, j'imagine, hein, ce type de détails n'est paradoxalement pas couvert dans les heures de cinématiques contenues dans le titre.

Remarquez, tout ceci n'a pas une importance primordiale. Celles et ceux qui prennent le temps de jouer à ces titres n'ont généralement pas une folle envie de disserter sur la longue chute aux enfers que constitue le scénario de la série. Non, ils sont plus intéressés par les t-shirts Bullet Club et autres petites customizations soi-disant esthétiques qu'ils peuvent utiliser pour transformer leurs guerriers en sapins de noël hideux dans les modes en ligne. Le gameplay, dites-vous ? Les nouvelles furies tirées directement de Street Fighter pour permettre aux deux univers d'interagir? Non, faut pas rêver. Ce n'est pas non plus une priorité majeure des aficionados de la série. Si c'était le cas... ils n'auraient pas laissé l'efficacité fluide de son code génétique être filtrée à travers un casting contenant tant de doublons et autres cas spéciaux que l'on ne peut considérer son line-up que comme celui d'une parodie de jeu de baston. Ce qui expliquerait, d'ailleurs, avec aisance la présence de cyborgs cute dotés de tronçonneuses dans un jeu qui était – du moins, à la base – bâti autour de l'idée de décerner le titre de King of the Iron Fist au meilleur artiste martial.

J'veux dire, à ce rythme, je serais pas surpris que le boss de fin de Tekken 8 soit doté d'un gun dans un hommage probablement involontaire à la série Toshinden.

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