New York servi sur un plateau

Avis sur The Division sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Trois ans, de nombreux trailers et une hype culminant à de rares hauteurs. Voilà de quoi aura été fait le développement de The Division, le nouveau pari d'Ubisoft. Un pari plutôt bien accueilli par les joueurs : le jeu s'érige en meilleur démarrage de l'histoire de l'éditeur français. Et manette en main, est-ce aussi convaincant ?

Dire que The Division était attendu est un euphémisme. De pied ferme par les uns, au tournant pour les autres. Que l'on y adhère ou pas, chaque joueur aura un avis à donner sur la dernière folie d'Ubisoft.

Il faut dire que les inconnues étant nombreuses. Basé sur un fond assez convenu (une attaque bioterroriste qui laisse place à un paysage post-apocalyptique), c'est bien la forme qui avait la lourde tâche de sortir des sentiers battus. Et Ubi ne manque pas d'ambition. Proposer un Third Person Shooter (TPS) en monde ouvert à forte composante MMO (jeu en ligne massivement multijoueur). Un modèle dont seul Destiny a l'apanage. The Division a-t-il ce qu'il faut pour échapper aux démarches comparatives et s'imposer dans le paysage fort compétitif des shooters en ligne ?

Agents dormants

Et si. Et si le jour du Black Friday, un agent pathogène était libéré à New York, causant des centaines de milliers de morts des suites aux maladies contractées ? La ville mise sous quarantaine se retrouverait à la merci des gangs, des factions armées. C'est ce que se proposer d'imaginer The Division, un futur peu enviable. Par chance, une organisation connue sous le nom de la Division s'est assurée de former des agents dormants. Agents qui se sont réveillés, un soir de novembre 2015.

Un contexte, plus qu'un réel scénario. Car si The Division possède effectivement une trame principale, la forme du jeu laisse assez peu l'occasion à celle-ci de se développer. Heureusement, le titre jouit d'une immersion aux petits oignons. Difficile de se tenir là, au pied des immeubles de Manhattan, dans une ville qui ne dort jamais, et qui pourtant semble bien fatiguée, sans ressentir ce petit frisson. Il faut mettre au crédit d'Ubisoft et de Massive (qui codéveloppe le titre) une formidable propension à nous faire incarner notre avatar, plus qu'à simplement le jouer.

Pour ce faire, les équipes ont planché sur un système de personnalisation assez bien fichu, qui différencie votre matériel de votre apparence. En clair, vous récolterez durant vos missions de nouvelles pièces d'équipement, comme des gilets pare-balles, des genouillères ou des holsters. En parallèle, des vêtements vous permettent de modifier votre apparence sans impacter vos statistiques. Une bonne façon d'arborer un style convenable peu importe votre niveau d'équipement. Mais également l'une des rares opportunités de vous différencier des autres joueurs. En effet l'éditeur de personnages est plutôt maigre, et ne permet guère de créer un avatar très travaillé.

L'union fait la force

Comme nous vous en chantions les louanges dans notre preview, le monde ouvert de The Division est une petite merveille. S'il ne se limite en réalité qu'à la portion congrue de Manhattan, le jeu accuse le même souci du détail que la série des Assassin's Creed quant à la représentation de l'environnement. À proprement parler, aucun jeu vidéo n'a proposé un New York aussi convaincant. Reste que, en bonne ville post-apocalyptique, on s'y sent un petit peu seul.

En effet les quelques passants qui luttent pour survivre ne sauront vous extraire de la sensation d'isolement qui se dégage de ces ruelles enneigées. Par chance, le titre d'Ubisoft prône haut et fort son appétence pour le jeu en coopération. À chaque instant de vos pérégrinations, vous pouvez lancer le matchmaking afin de trouver jusqu'à trois autres compères pour explorer les lieux et remplir les différentes missions. Voilà qui est tout de suite plus agréable, et qui vous permet de vous attaquer à de plus gros poissons. On regrettera néanmoins la présence - presque évidente - du mal du siècle vidéoludique : la redondance des objectifs. Peu de missions sauront vous proposer autre chose que de libérer des otages, remettre en état de marche un générateur, ou venir en aide à une escouade de militaires.

La progression dans The Division s'effectue à la manière d'un action-RPG classique. Vous pouvez suivre la trame et boucler les missions principales, ou vous atteler à remplir différents contrats qui vous octroient des ressources afin d'améliorer votre base d'opérations et déverrouiller des talents associés au Soin, à la Défense ou à la Reconnaissance. Enfin, et c'est là que la coopération devient vraiment nécessaire, des missions, qui prennent la forme de véritables donjons pour les amateurs de RPG, parsèment votre route. Ceux-ci représentent des défis plus ou moins corsés selon la cohésion de votre équipe et la difficulté choisie. Mais d'alléchantes récompenses sauront motiver les troupes à faire un effort.

Les lieux sombres

Est-ce là tout ce que The Division a à offrir ? Un succédané "réaliste" de Destiny à la troisième personne ? Loin s'en faut. Nous avons abordé là que 50% du jeu. L'autre partie est réservée à la composante PvPvE du titre (comprendre : joueur contre joueur contre environnement) : la Dark Zone. D'abord énigmatique lorsqu'Ubisoft l'évoquait dans sa communication, les joueurs ont tout de suite décrypté cette partie du jeu, grossièrement résumée en : sacrée bonne idée.

Le PvP, avec un twist. En effet, la Dark Zone se révèle être bien plus subtile qu'on pourrait le croire. D'abord présentée comme une banale zone de combat pour les joueurs désireux de s'écharper, la zone la plus contaminée de la grosse pomme nous offre en réalité un gameplay alternatif, qui dispose de ses propres règles. Dans la Dark Zone, tout le monde vous entendra crier. Une fois pénétré sur son toxique territoire, vous êtes confrontés à des ennemis plus puissants, mais qui disposent d'équipement supérieur. Vous récoltez également de la monnaie spécifique, et découvrez même une seconde barre de niveau, réservée à votre grade au sein de la Dark Zone. Là où les choses se compliquent, c'est que pour bénéficier réellement de l'équipement que vous avez amassé durant votre incursion, il vous faut l'extraire par hélicoptère.

Si vous ne voyez toujours pas le problème, attendez la suite. Appeler un hélico d'extraction notifiera tous les autres joueurs dans la Dark Zone. Certains profiteront de l'occasion pour attendre à vos côtés afin de vider leur besace. Mais d'autres, plus cupides, profiteront de cet attroupement pour vous occire et vous dérober votre équipement dûment gagné. La contrepartie étant que ces parjures seront marqués du statut de Renégat, et verront donc leur position inscrite sur la carte du jeu. En prime, mettre un terme aux agissements des renégats vous octroie de juteux bonus d'expérience et d'argent. Vous l'aurez compris, la Dark Zone est un no man's land sans foi ni loi, où la tension est omniprésente, et où chaque rencontre avec un autre joueur vous fait perler le front. Va-t-il m'attaquer, va-t-il m'aider à accomplir mon objectif ? Le meilleur moyen de s'assurer la victoire est sans doute de créer une escouade, et de partir à l'aventure dans cette zone qui cristallise finalement l'essentiel des bonnes idées de The Division.

L'attente aura valu la peine. The Division n'innove finalement que dans sa Dark Zone, mais voilà une nouveauté qui fait la différence. Les joueurs désireux d'une expérience en marge des shooters habituels trouveront là un excellent exutoire. Si l'on déplore malgré tout des quêtes qui ont la fâcheuse tendance à se copier coller, on reste admiratif devant le sentiment d'immersion qui nous submerge en jouant à The Division. Reste à traiter la question du contenu à long terme. En l'état, difficile de se prononcer tant que la majorité des joueurs n'ont pas atteint le niveau maximum. Reste qu'il est difficile de s'ennuyer sur The Division. Et si le jeu se pose, certes, en ersatz de Destiny, il en évite merveilleusement bien les écueils. Une bonne pioche.

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