Un champion de la demi-mesure

Avis sur The Elder Scrolls V: Skyrim sur PlayStation 3

Avatar Max Dalla-Longa
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Version PlayStation 3

N'importe quel adepte des jeux vidéos a entendu parler de Skyrim, très souvent en bien. Lorsque j'y ai joué pour la première fois (oui oui, 5 ans après sa sortie) je m'attendais donc à vivre une aventure épique, avant de découvrir un RPG fade, dénué de toute direction artistique, ennuyeux et répétitif au possible.

Pour expédier la question de la technique qui ne m'intéresse pas, le jeu reste très graphiquement très correct pas assez beau pour que l'on profite des panoramas, pas assez moche pour que l'on puisse pester, avec un moteur réaliste. Pour rester sur l'aspect technique cependant, c'est au niveau de la direction artistique que le mât blesse. En effet, on constatera assez vite les couleurs très ternes, des villes qui se ressemblent toutes, selon deux modèles: petites bourgades ou châteaux. Cela ne serait pas grave, si ce manque d'inspiration ne se ressentait pas aussi cruellement dans les étendues sauvages, dans lesquelles nous passerons la plupart de notre temps. Ainsi, notre brave héros se baladera soit dans des forêts qui oscillent du vert pâle au jaune, forêts complètements vides (ah si en fait on peut croiser deux ou trois loups), ou bien des montagnes enneigées, toutes aussi vides. Les trajets vers les objectifs seront donc d'un ennui mortel.

Mais alors, l'univers n'est-il pas riche? Même si le jeu n'est pas beau, ce qui prime dans un RPG c'est l'univers, l'aventure! Et bien non, mais il fait semblant. En effet, le héros croisera très rapidement des centaines de livres, livres qu'il devra lire s'il veut en apprendre plus sur l'univers, beaucoup, beaucoup de livres (qui ressemblent tous à des manuels d'histoire du coup, ennuyeux au possible). Il fait semblant d'être vaste également grâce à toutes les "possibilités" de vies qui sont offertes au joueur. à savoir rejoindre une guide de guerriers, de mages, d'assassins ou de voleurs. Toutes sont très semblables en réalités puisque cela consistera uniquement à faire les quêtes que l"on nous propose jusqu'à devenir le chef de la dite guilde. Mouais. Ce n'est pas les dialogues interminables qui nous en apprendront plus sur l'univers d'ailleurs, les rares références qui y sont faites sont incompréhensibles et nous encouragent donc à lire les livres. Ainsi, l'univers ne se développe que lors de rares références à des événements ou lieux que nous ne connaissons ou ne comprenont pas. Les PNJ d'ailleurs sont inintéressants au possibles, le joueur ne s'attache à personne et rien ne lui semble important, si bien que lorsque le jeu nous oblige à les tuer ou tue ceux qui étaient censés nous êtres proches, on restera complètement indifférent.

Quand au gameplay, même si il propose de nombreuses possibilités appréciables: l'alchimie, le forgeage, l'enchantement, l'infiltration et bien d'autres, le système de combat lui reste passable, on se contentera bien souvent de marteler les ennemis jusqu'à ce qu'ils meurent, et de battre en retraite lorsqu'on est difficulté. Cependant, pour les combats le joueur a le choix de lancer des sorts, de jouer à l'arc ou à l'épée, il sera intéressant de varier les styles durant les combats les plus ardus.
Au niveau du gameplay, le gros problème à mon sens c'est le leveling. Quand on gagne en niveau, on peut choisir d'augmenter une de nos nombreuses compétences, initiative très appréciable et qui présente un enjeu réel, seulement les ennemis eux aussi gagne un niveau (sauf pour les loups et les crabes, faut pas abuser non plus). Par exemple, vous aurez autant de difficulté à tuer un bandit lorsque vous êtes niveau 3 que lorsque vous êtes niveau 3, le fait de monter en niveau perd alors tout son sens. On parle ici bien du même ennemi, avec un équipement ridicule qui peut cependant montrer de l'opposition au joueur même lorsque celui-ci l'affronte de nouveau après 40 heures de jeu en plus. L'autre problème que le joueur rencontrera avec les ennemis c'est qu'ils respawn sans arrêt. En effet, un donjon complété ne sera jamais vide, et ce même après que vous y ayez massacré tous les ennemis, si vous y retournez quelques heures après, ils seront de nouveau là, ôtant ainsi tout sentiment d'accomplissement au joueur.

Skyrim est donc un jeu qui laissera indifférent le joueur de tout point de vue, on ne s'attache pas aux personnages, l'univers est vide et on a jamais l'impression d'accomplir quoi que ce soit, ou d'avoir le choix. Il présente néanmoins des possibilités de gameplay intéressantes, et on ne peut qu'espérer que le prochain opus réglera les (nombreux) défauts de son prédécesseur.

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