Definition de « surestimation »

Avis sur The Elder Scrolls V : Skyrim sur Xbox 360

Avatar Uldryn
Test publié par le (modifiée le )
Version Xbox 360

« The Elder Scrolls », série qui aura su faire ses preuves dans le milieu du RPG. Et pourtant, je ne comprends toujours pas l'engouement et l'estime si élevée de nombreux joueurs pour cette dernière. Alors certes, je n'ai jamais été très RPG occidentale, mais tout de même, ce jeu possède des défauts évidents qu'on ne peut se permettre d'occulter.

À vrai dire, il devient fatiguant, et ce depuis sa sortie, de voir certains désigner Skyrim comme l'un des meilleurs RPG, si ce n'est le meilleur. Que ces gens aiment Skyrim, soit, et je serai le dernier à remettre en cause les goûts de ces gens. Non, ce qui me dérange en revanche, c'est quand ces avis se prennent pour des vérités générales, en bref, quand ces gens ne daignent pas prendre de recul vis-à-vis de leurs ressentis. Et puis, « reconnaitre qu'on puisse aimer de la merde, c'est faire un pas vers le bon goût », comme on dit. Ce qui me sidère le plus, c'est voir des sites ««««« prestigieux »»»»» tels que jeuxvideo.com ériger, et ce quelques jours à peine après la sortie du titre (vive le recul et l'objectivité) comme LE meilleur RPG de tous les temps. Rien que ça ! Juste : sur quels critères ? Je vais tenter d'expliquer pourquoi selon moi, Skyrim, n'est pas un si bon RPG que ça.

Déjà, je tiens à commencer par la facette scénaristique du jeu. C'est simple, Skyrim ne possède pas de scénario. Si vous avez eu l'occasion de zieuter mon profil ainsi que mes autres critiques, vous aurez pu remarquer que le storytelling est pour moi quelque chose d'important dans un RPG. Surtout, dans un RPG. Sur ce point, Skyrim ne daigne même pas proposer le minimum, mais d'un côté, je le comprends. Il n'est pas le seul, loin de là, la plupart, pour ne pas dire la très grande majorité des RPG occidentaux n'ont pas réussis à proposer des trames soignées, reléguant cette tâche à ses homologues japonais. La principale raison de ce choix (car il s'agit bien là de choix), c'est que les W-RPG (RPG occidentaux, donc) s'inspirent des jeux de drôles papier tels que Donjons et Dragons. Dans ces derniers, il n'est pas question de scénario. L'histoire, tu te la construis toi-même. On retrouve ce même principe dans les jeux tels que Skyrim : le jeu est bien évidemment en monde ouvert, et le principe sera d'arpenter les différents lieux du jeu afin de... de... bah ouais quoi en fait ? Parce que oui, le jeu est certes mon ouvert, mais il est aussi terriblement austère, vide, sans vie. En clair, nous nous retrouvons à parcourir des plaines -buguées- sans aucun objectif. Et là j'en vois déjà venir : « eh, mais les quêtes secondaires, c'est pas un objectif, ça, connard ? ». D'accord, mais quel est l'intérêt de ces quêtes secondaires ? Soyons clair, une quête secondaire est là pour proposer un à-côté au joueur qui lui permet de mieux supporter la (ou les parfois) quête principale : augmentation des statistiques du personnage, principalement. Parfois, elles offrent un intérêt scénaristique : elles le complémente, l'approfondi, l'enrichit. Et c'est justement ça le problème avec Skyrim, il n'y a rien à enrichir, rien à approfondir. Le jeu n'a pas d'histoire, que voulez-vous. Par ailleurs, si je parlais de l'immersion dans ma critique de Final Fantasy X, incontestablement réussie, ici, c'est tout l'inverse. Les enjeux, déjà pauvres, sont si peu ressentis qu'on les oublierait presque. Je rappel que dans l'histoire du jeu, le monde est menacé par un dragon j'sais-pas-quoi. Quelles sont les répercussions ? Aucune. Certes, il n'y a pas de trame approfondie, mais l'immersion, elle, aurait méritée à être ne serait-ce qu'un minimum posée dans Skyrim. Bien sûr nous ne parlerons pas de l'anti-crédibilité inhérente à la quasi totalité des RPG avec des situations risibles comme rentrer en tenue d'assassin dans une maison sans que le propriétaire fasse quoi que ce soit, ce n'est pas vraiment un problème (no ironie), encore que Skyrim s'en sort un peu mieux que ses aînés puisque le meurtre d'un coq nous permet d'être l'ennemi public numéro 1 du monde entier (bon là, léger sarcasme je l'accorde).

Bon, sur quoi peut se reposer l'intérêt de Skyrim, donc, le gameplay ? Too bad, le gameplay de Skyrim est l'un des plus limités que j'ai pu voir dans un RPG : bourrinage de RT (ou R2), et terminé. Je n'abuse pas. Un tel gameplay rend soporifique et insipide des combats déjà pas très glorieux (même les combats de dragons sont absolument pitoyables). Sans réussir le fond, la forme n'a même pas été sujet à quelconque soin de la part des développeurs, puisque peu importe la puissance ou le type de sort que vous lancerez, elles aura exactement la même animation. Ainsi on ne peut même pas apprécier les mouvements des personnages aussi raides que des piquets pour compenser le manque de fond évident.
La difficulté mal dosée, qui rend l'ordinateur débile et aveugle ou trop puissant sans aucune justification fout en l'air le peu de subtilités de gameplay qu'il pouvait rester, comme l'approche furtive. On se retrouvera ainsi à adopter une approche brutale à l'arc...

Le jeu, graphiquement laid (et je ne suis pas un kikoo graphisme, à vrai dire je m'en fiche un peu si ce qui m'est proposé à côté est de bonne facture) se permet en plus d'être bugué de façon intolérable : bugs de collision, retards d'affichage... D'autant que comme je l'ai dis, les environnements sont sans vie, mais carrément, hein. Vous ne rencontrerez strictement personne sur votre chemin (ah si, 3 bandits que vous prendrez peut-être la peine, si vous êtes courageux et résistant à l'ennui de défoncer à couts de RT, RT, RT, RT, RT...). Le système d'évolution est, en plus d'être incroyablement plus complexe qu'il ne le devrait, à l'image du jeu : sans queue ni tête. Un +1 par là, un autre par ci... on ne sait pas où on va ni pour faire quoi exactement. En bref, un système anti-jouissif et ergonomique, à l'instar des menus du jeu. Bordel, c'est quoi cette idée de merde de foutre TOUS les objets dans une seule partie du menu ? Peu importe le type de l'objet, ils se retrouvera au même endroit. En somme, vous vous retrouvez à prendre 4 ans pour trouver l'objet recherché, si vous ne l'avez pas oublié en chemin...

La soit disante « exploration » tant vantée est soporifique et inutile, puisque nous sommes portés par :

-des quêtes inintéressantes.
-des environnements austères et moches que ce soit artistiquement ou graphiquement.
-des combats ridicules et pour rien au monde spectaculaires.

Il faut avouer que le background possède du potentiel. Mais du « potentiel », pour le soit disant « meilleur RPG de tous les temps » est-il suffisant ? Non, et de plus, il est mal exploité. Comme évoqué plus haut, un défaut inhérent au RPG occidental est son absence de scénario et de structure narrative, pourtant si importante, en tout cas à mes yeux. 15 lignes me contant l'aventure soporique de Galdur l'archimage trépassant avec courage et honneur devant le dragon mordmoilfion ne m'intéresse pas vraiment. Ce qui nous pousse à continuer, c'est aussi et surtout l'intérêt que l'on porte à l'histoire. Beaucoup vantent la grande liberté dans les jeux de rôles occidentaux, notamment par le monde ouvert et par les choix du joueurs qui « influent sur la trame ».
Un jeu n'a nullement besoin d'être en monde ouvert pour être bon, d'ailleurs au contraire, ce sont les jeux les plus immersion scénaristiquement parlant qui sont les plus linéaires, hasard ? Pour ce point, je vous invite à vous référer à ma critique de FFX, ou j'aborde ce point sur la linéarité. La linéarité permet de contenir le joueur et de mieux maitriser sa trame, pour mieux l'emporter et lui faire oublier ce manque de liberté au final si peu important. De plus, quels choix ? Un réel choix influe sur une trame, or il n'y a pas de trame dans Skyrim (à moins que vous considériez « tuer dragon » comme une trame), alors ces choix sont de la poudre aux yeux. On vous fait croire que vous contrôlez quelque chose alors qu'en réalité, vous avancez sans but. Trame et scénario veulent dire enjeux, si il n'y a pas d'enjeux, alors les choix ne servent à rien et sont superficiels.
De ce fait, le background tant vanté du jeu n'est même pas convaincant, et même si il l'était, il n'aurait servi à rien, à part étoffer la mythologie, puisqu'il n'y a pas d'histoire.

En bref, le joueur ne ressent donc aucun enjeu, aucune jouissance, ce qui rend la progression presque soporifique. Oui, clairement, on peut dire qu'il ne se passe rien dans ce jeu.

En conclusion, voici ce que nous propose Skyrim :

-Une trame tellement inintéressante que dire qu'elle est absente revient au même.
-Des quêtes censées être un rempart au manque d'intérêt suscité par la trame totalement ridicules et elles aussi inintéressantes.
-Une progression que ce soit dans le fond comme dans la forme presque misérable (terme fort oui...) puisqu'avec un gameplay au rat des pâquerettes et des environnements austères et sans âmes.
-Des combats en rien spectaculaires et sans subtilités.
-Aucun background digne de ce nom.
-Aucune exploration satisfaisante puisqu'il n'y a rien à explorer qui soit réellement intéressant.

Ce jeu ne mérite objectivement en rien sa réputation. Il est surestimé de bout en bout. Je peux totalement comprendre qu'il plaise, seulement, il faut comprendre que ce que l'on aime n'est pas forcément bon.

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