Pas le dernier chef d'œuvre de Naughty Dog, espérons-le !

Avis sur The Last of Us sur PlayStation 3

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Version PlayStation 3

The Last of Us, c'est le dernier jeu vidéo que nous propose le studio américain Naughty Dog, créateur de la saga Uncharted. Autant dire qu'on s'attend quoi qu'il arrive à une réussite. Moi en tout cas, je n'ai pas été déçu.

The Last of Us, c'est avant tout un jeu de survie avec des pseudo-zombies. Je dis pseudo parce que ceux-ci sont légèrement différents de ce à quoi on s'attend habituellement. Ce qui cause la "zombification" et surtout le comportement agressif de ces êtres est à la base un champignon parasite qui se développe initialement dans le cerveau de ses hôtes. Au départ, il fait seulement pression sur certaines zones du cerveau, provoquant la perte de contrôle et l'attitude belliqueuse des "coureurs," première espèce de zombies que l'on rencontre. Mais, l'histoire se déroulant vingt ans après les débuts de l'infection, on peut aussi rencontrer des zombies à d'autres stades de développement du parasite. Après quelques années, le champignon se développe tant qu'il sort par les yeux du zombie, lui retirant la vue et créant ainsi une sorte de masque chitineux fongiforme (oufti les mots pompeux :p). Ceux-là s'appellent les "claqueurs" et ont une ouïe sur-développée. Comparés au coureur ou au simple humain, sensibles tous deux au bruit et dotés de la vue de façon normale (à l'exception près que les humains remarqueront votre lampe de poche quand les coureurs l'ignoreront) ; les claqueurs sont de loin les ennemis que j'aurai le moins aimé affronter, surtout à cause du fait que les façons de les tuer sont plutôt limitées. Enfin on peut aussi rencontrer des colosses recouverts d'une sorte d'armure intégrale faite de champignon. Prenez garde : ceux-là sont très résistants, lancent des spores explosifs et chargent à intervalles réguliers. Bref, s'ils vous voient, ne vous approchez pas trop et gardez-les toujours en vue.

The Last of Us, c'est une intrigue intéressante qui se déroule dans un monde analogue au nôtre, à la même époque. [ATTENTION ! Si vous ne voulez absolument rien savoir, ne lisez pas ce qui suit, on appelle ça du SPOIL. Même si je ne vais faire que raconter les dix première minutes de jeu…] Joël vit tranquillement avec sa fille Sarah, 14 ans, à Boston ; quand une infection fait sa brusque apparition et sème la panique et la destruction dans la ville. Poursuivi par des coureurs, Joël pénètre une zone surveillée par l'armée, sa fille blessée (pas infectée pour autant) dans les bras. Le soldat qui leur sauve la vie en abattant les coureurs tente aussi de les tuer peu après, selon les ordres d'un supérieur qu'il contacte par téléphone. Le frère de Joël abat le soldat avant qu'il ne l'achève, mais ils s'aperçoivent très vite que Sarah est touchée au ventre. Elle décède quelques instants plus tard dans les bras de son père. [Je pense qu'on peut dire que le SPOIL est officiellement terminé] Vingt ans plus tard, on retrouve un Joël aigri, qui apparemment cohabite avec une femme du nom de Tess dans une zone de quarantaine. L'armée surveille le périmètre de cette zone sans infection, périmètre que Tess et Joël sont passés maitres dans l'art de traverser alors que c'est interdit. L'intrigue tourne donc au départ autour du trafic de cartes de ration et surtout d'armes. Robert, un autre trafiquant, leur crée des problèmes à l'extérieur de la zone : il détient un important stock d'armes à eux. Ils se rendent donc dans son repaire pour les récupérer.

The Last of Us, c'est l'histoire secondaire d'un groupement de rebelles qui combat l'armée. C'est le dernier à chercher un remède à l'infection, et il se fait appeler "Les Lucioles" (ça me fait vraiment du mal de vous dire tous ces noms en français…). À l'extérieur de la zone, Tess et Joël rencontrent vite leur chef, Marlène. Robert lui a en fait vendu les armes, et elle refuse de les céder car si Robert n'avait pas le droit de les vendre, elle les a tout de même payées de manière régulière. Pour les récupérer, Tess et Joël doivent alors lui rendre un service et passer une jeune fille de l'intérieur à l'extérieur de la zone.

The Last of Us, pour moi, ça peut presque se résumer à cette jeune fille. Ellie, 14 ans (comme par hasard), est le pilier de l'intrigue car, mordue, elle ne développe pas l'infection. Je n'essaierai pas de vos décrire sa personnalité avec des mots. C'est le personnage féminin le plus intéressant et le plus amusant à jouer que j'aie jamais vu (vous aurez compris qu'on joue Joël pendant la majorité du jeu, mais jouer Ellie pendant une partie s'est révélé l'expérience la plus sympa du jeu, pour moi).

The Last of Us, ce sont de graphismes intéressants, presque aussi beaux in-game que dans les cinématiques ; une animation fluide et innovante par rapport à la saga Uncharted, un réalisme plus présent autant dans les mouvements et capacités des personnages que dans l'environnement. La nature a repris ses droits sur le béton et l'acier, en vingt ans, et ça donne un ensemble très esthétique de couleurs, de formes ainsi que d'ambiance sonore. La musique est composée de main de maître par Gustavo Santoalalla, mettant en valeur un instrument semblable à une guitare sèche que je n'ai pas la prétention de connaitre.

Tout cela, ça fait de The Last of Us un paquet d'émotions qui s'étalent sur l'entièreté du jeu. De la mort de Sarah, superbement mise en scène, au final perturbant, tant le choix que fait Joël n'est pas ce que l'on a l'habitude de voir dans un blockbuster américain ; tout est fait pour que vous vous immergiez dans l'univers parfois inquiétant, effrayant voire glauque mais surtout profondément perturbant, en ce sens que le pire n'est pas la présence épisodique d'ennemis de tous types mais bien le silence, la solitude, qui laissent place à la remise en question constante. Pas évident de se retrouver face à soi-même pour des personnages livrés à eux-mêmes dans cet univers ou survie et meurtre sont parfois synonymes.

Enfin, The Last of Us, c'est un ensemble d'objets qui vous permettront de fabriquer des armes, kits de soin ou autres, et de "collectibles" à trouver un peu partout, tradition chez Naughty Dog. Cependant, loin des trésors d'Uncharted, ces collectibles peuvent vous être utiles. Si vous cherchez un peu, vous trouverez des médaillons de Lucioles, uniquement décoratifs ; mais également des cartes, plans, codes de coffres forts et surtout des lettres ou notes laissées par des gens qui sont passés par ou on vécu dans les endroits que vous visiterez. Ces lettres peuvent donc vous en apprendre sur l'histoire du lieu, sur le chemin à prendre, sur des recoins à visiter,… et sont donc bel et bien UTILES. Le jeu propose un gameplay nouveau pour les habitués d'Uncharted, et ceci en fait partie.

Le reste je vous le laisse découvrir, j'en ai peut-être même déjà trop dit pour certains. Bref, pour moi, The Last of Us, c'est un nouveau chef d'œuvre que j'ai attendu longtemps et qui ne m'a pas déçu. C'est une histoire passionnante, d'une bien meilleure qualité que celle de certains films de zombies récents (OUI, je parle de cette semi-bouse qu'est World War Z — critique à venir). Ce sont des personnages profondément et intelligemment exploités ainsi que des zombies d'un genre plutôt nouveau. C'est un environnement magnifique et des graphismes qui le mettent efficacement en valeur, le tout pour vous en mettre plein les yeux. Et c'est aussi un jeu avec une longévité plutôt bonne par rapport à la courte vie qui est devenue monnaie courante. En explorant pas mal mais sans me tuer à la tâche, j'ai mis seize heures à le terminer. Seize heures de bonheur. Parfait. 10 !

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