Le dernier cadeau de Naughty Dog à la PS3.

Avis sur The Last of Us sur PlayStation 3

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Version PlayStation 3

Avec The Last of Us, Naughty Dog s’essaye sur un nouveau genre, le survival-horror. A priori, c’est ce que l’on pourrait penser, mais en y jouant, on se rend vite compte que c’est plutôt un jeu d’action/aventure/horreur. Ce n’est pas pour me déplaire, si tenté que ce soit bien fait. Est-ce le cas avec l’une des dernières grosses productions de la PS3 ?

Dans ce jeu, l’humanité s’est pratiquement éteinte. Il reste pas mal de survivants, retranchés dans des zones de quarantaine surveillées par des militaires et ou le libre-arbitre n’existe plus vraiment, mais le reste du monde s’est transformé en champignon sur pattes. Le Cordyceps est le résultat de cette transformation, faisant devenir les Hommes fou, plus violent que d’habitude, cannibales, jusqu’à devenir complètement monstrueux.

Joel, notre héros, va devoir emmener Ellie, une fille de 14 ans, née après la fin du monde, chez les Lucioles, un groupe de rebelle qui cherche à renverser ce nouveau gouvernement. Cela peut paraître assez classique, mais je tairais tous les détails du scénario, sur le pourquoi du comment Joel doit emmener Ellie. Parce que le scénario se veut intéressant, avec quelques rebondissements, et que ce serait dommage de spoiler.

Après une introduction nous mettant directement dans le feu de l’action, et qui se trouve être touchante, difficile, le jeu commence réellement. Après quelques minutes à apprendre comment se la jouer infiltration, et action, c’est la douche froide. Le level-design est prévisible, hyper simple à jouer, le crafting est limité, bref, j’en étais déjà à me demander si ce n’était pas un overhype. D’autant que l’Intelligence Artificielle des ennemis était facile à contourner, et assez aveugle.

Mais très vite, la plupart des doutes se sont envolés. Le level-design est finalement inspiré, carrément génial, que ce soit dans les approches pour vaincre les ennemis, les cachettes, ou tout simplement pour explorer les différents lieux, tout est bien pensé. Le début pouvait rebuter donc, mais ce n’était qu’une petite mise en bouche, même si ça reste assez décevant du coup. Le jeu comporte ensuite deux approches, bourrine ou infiltration.

On apprendra très vite que la première approche n’est pas forcément recommandée, que ce soit contre les infectés ou les hommes. C’est simple, le deuxième stade des infectés nous one-shot. Du coup, on va tout faire pour le prendre à revers. Quant aux hommes, ils sont assez réactifs, et n’attendent par exemple pas bêtement qu’on tue l’un des leurs pour nous tirer dessus, non non, même quand on en étrangle un, ils se foutent derrière nous pour nous tirer dessus comme des lâches, ou même nous pousser pour sauver leurs alliés.

D’ailleurs, avant de parler plus en profondeur du gameplay, j’aimerais m’attarder sur les graphismes, qui sont sublimes. Je pourrais pleurer sur quelques textures moins sympa que d’autres, ou le fait que les reflets des vitres des voitures ne soient pas ceux que l’on a derrière soi et qu’ils sont tous pareils, que l’aliasing est assez prononcé sur les ombres, mais bon. Le reste est tellement parfait que ça ne vaut pas le coup. Les cinématiques sont encore plus magnifique que le jeu, les visages, les expressions, les animations sont somptueuses, portées par un éclairage magnifique.

Et c’est pareil in game, que ce soit les environnements, les panoramas qu’on nous offre, les particules… Je n’ai pas souvenir d’avoir vu un jeu sur cette génération de console aussi beau et aussi bien animé. The Last of Us fourmille de petits détails, que ce soit pour les animations ou la modélisation des appartements, par exemple. J’ai quand même noté quelques bugs graphiques, ou quelques petites chutes de framerate. Mais globalement, le jeu est une vitrine technologique.

Pour en revenir donc au gameplay, voici ce que l’on peut faire dans le jeu. L’aspect infiltration est fichtrement bien fichu, le jeu de chat et de la souris prend tout son sens. Nous sommes le chasseur, et tout ce qui est bon pour tuer les ennemis servira. Une bouteille par terre ? Je prends, et si jamais un homme se ramène trop près de moi, je balance la bouteille, soit sur sa gueule et je le finis à coup de poing ou de batte, ou alors je jette cette bouteille plus loin, pour que le son l’attire, et je le prends à revers pour l’étrangler.

Il y a aussi le fait que lorsqu’on est vu, que les ennemis deviennent les chasseurs et qu’ils nous recherchent leur trajet n’est pas réellement déterminé, ils pourront aller partout, même si certains ennemis ont un trajet plus scripté. Finalement, on redeviendra le chasseur quand on arrivera à les semer et se planquer à nouveau. Et dieu que c’est bon ! La tension est énorme lors de ces moments, quelques soit les ennemis, parce que les humains sont aussi dangereux que les infectés finalement, même plus intelligents car ils n’hésiteront pas à vous prendre à revers aussi, c’est un vrai plaisir de se la jouer infiltration du coup.

L’action est aussi au rendez-vous, et avec la trilogie des Uncharted, Naughty Dog a une certaine expérience là-dessus. Pourtant, ne vous attendez pas à quelque chose de très similaire, car ici, Joel n’est pas Nathan, que ce soit pour les mouvements ou le talent pour les flingues. Alors que Nate était souple, rapide, faisait des bonds de 10 mètres, Joel n’est qu’un simple humain, et en plus, assez âgé. Du coup, le gameplay est « lourd », Joel ne peut pas sauter n’importe où, il n’est pas aussi à l’aise avec les armes à feu, et au moindre mouvement, la caméra tremble, la visée devient moins précise.

Notons aussi la violence de Joel envers les ennemis, et même ses alliés. Que ce soit lors du gameplay ou les cinématiques, on a affaire ici à un héros sans pitié, qui se bat pour sa survie, et le fait véritablement bien. Les effusions de sang pleuvent lors des fights au corps à corps, qui sont passionnants, très bien fait. Puis les mises à mort sont souvent violentes, il suffit de voir Joel qui prend les jambes de son ennemi se trouvant sur une caisse pour le faire tomber sur cette même caisse, le ramener ensuite vers lui, le faire tomber par terre, et lui éclater à coup de genoux la tête contre la caisse. C’est limite si on peut ressentir la rage du personnage en nous. Immersion parfaite.

Le gameplay « lourd » du personnage, c’est quelque chose que j’ai beaucoup apprécié, ayant été un peu déçu d’Uncharted 3 et de son héros « invincible ». D’ailleurs, en parlant de ça, ici pas question de se planquer pour regagner de la vie automatiquement, il va falloir des trousses de soins. On en trouvera quelques fois, un peu placer n’importe comment je dois dire, mais plus on avancera dans l’aventure, plus ce sera rare. Mais on trouvera des petits objets servant à créer d’autres objets. Et c’est là qu’intervient le crafting.

Assez limité au départ, ce dernier devient plus important au fil de l’aventure, même si je le trouve quand même incomplet, et on ne pourra pas finalement faire des mélanges pour créer des choses uniques. On va donc pouvoir trouver des objets qui nous serviront à créer des surins (efficace contre les cliqueurs surtout, ou pour ouvrir des portes), des trousses de soins, des cocktails Molotov, mettre des clous sur une batte, et deux trois trucs en plus.

On pourra aussi trouver des espèces de pilules qui nous permettront d’améliorer notre vie, ou le temps de confection du craft, ou le temps que l’on met à se remettre de la vie. Il y aura aussi des établis, qui nous serviront à améliorer notre équipement, rajoutez une poche pour transporter deux armes, augmenter le chargeur etc. Pour cet aspect amélioration, j’ai plutôt été satisfait, c’est vraiment au niveau du craft que j’ai été un peu déçu.

Mais en général, le gameplay m’a totalement convaincu, j’y ai pris un immense plaisir à être discret, j’ai bien flippé durant certaines phases, durant les rencontres avec les infectés. Le jeu n’est pas aussi scripté qu’on pourrait le croire, et l’IA des alliés est quand même bien pensée. J’ai lu ici et là que comme les alliés ne peuvent pas être repérés par les ennemis, l’immersion en prenait un coup, mais je ne suis pas d’accord, ça aurait été complètement raté si ça avait été le cas parce qu’ils ne sont pas aussi discrets que nous d’une part, et qu’ils se feraient sans doute voir tous le temps. Du coup, notre approche discrète aurait été foutue, et on aurait vite gueulé.

Et ce n’est pas pour autant qu’ils sont invincibles ou qu’ils ne branlent rien, au contraire. Bien souvent, Ellie m’a sauvé la vie, en jetant des briques sur la gueule des ennemis, ou en leur enfonçant son surin dans leur dos quand ils m’attaquaient. Et inversement, il a fallu que je la sauve de temps à autres, car les ennemis ne s’intéressent pas qu’à nous.

Concernant l’ambiance sonore, pas grand-chose à dire. Les bruitages sont superbes, infectés ou bruit des armes, bruits de pas, frottement du jean de Joel, voix (en VO je précise, je n’ai pas fait le jeu en VF), et musiques. Ces dernières participent d’ailleurs activement à l’ambiance, elles se trouvent être superbes, limite à en pleurer lors de quelques scènes tellement elles collent bien et se veulent représentative du monde dans lequel Joel et les autres vivent. Le compositeur a parfaitement su comment nous le faire ressentir, bravo.

Je retiens quand même quelques points faibles. J’ai déjà parlé de l’IA ennemi facile à niquer quand même, quelques bugs graphiques, mais le plus gros point noir pour moi vient de l’action. Pas du gameplay, mais de l’action dans le jeu. Il y en a un peu trop pour moi, mais c’est surtout le fait que deux-trois fois, je trouve qu’elle est relativement mal placée, et abusive, un peu comme elle l’avait pu l’être dans le dernier Uncharted. Beaucoup moins dans ce jeu, je vous rassure, mais chiante à certains moment.

Enfin, la relation Joel/Ellie n’est pas vraiment ceux à quoi je m’attendais pour être honnête. Je m’attendais à partir sur un cliché, mais pas du tout, la relation qu’ils entretiennent est beaucoup plus que ça, et surprenante. Elle évolue au fur et à mesure de l’aventure, pas forcément encore comme on l’attend, et des surprises sont au rendez-vous. Cette relation est sans doute une des plus belles que j’ai pu voir dans ce genre de jeu.

Je pense avoir fait le tour du jeu, m’être attardé sur les points les plus importants. Ce que je pourrais en retenir du coup, c’est qu’en plus d’être d’une qualité visuelle pratiquement irréprochable, The Last of Us est un jeu d’action/aventure/horreur passionnant, doté d’un gameplay fun à jouer et complet, d’un aspect survie bel et bien présent (les munitions sont effectivement rare, le monde est très dangereux, une seule erreur peut être fatale),d’une ambiance sonore fabuleuse, et d’un scénario intéressant, non prévisible. Clairement, The Last of Us est un jeu à posséder, un magnifique cadeau d’adieu de Naughty Dog à la PS3… Pour mieux briller sur PS4 !

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