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Avis sur The Last of Us sur PlayStation 3

Avatar GagReathle
Test publié par le
Version PlayStation 3

Bien qu’à peu près tout ait été dit sur The Last of Us, je tenais à revenir sur la manière dont l’aventure nous raconte des histoires.

Le scénario est celui de la quête de Ellie, et plus particulièrement de l’aide que Joel lui apporte dans celle-ci. Pour l’accomplir, c’est un véritable voyage à travers les Etats-Unis qui s’engrange. Un voyage qui traversera les saisons. Plus qu’un road-trip, cette aventure est en réalité une odyssée à travers le monde apocalyptique.

Comme dans toutes odyssées, les héros vont traverser non pas une intrigue mais plusieurs, ils vont devoir s’affranchir de nombreux dangers, de nombreuses épreuves pour parvenir à leur objectif. Cette odyssée traversera l’Amérique, et à travers celle-ci les héros rencontreront un grand nombre de personnages qui les accompagneront pour une durée limitée, jusqu’à ce que leurs chemins se séparent. Tous ces personnages sont diablement bien écrits, avec tous un dessein et un vrai passé. Et si parfois on ignore le contenu de ce passé, on en ressent le poids.

C’est l’occasion pour la narration de nous offrir ainsi les histoires d’autres personnes vivantes en ce monde. C’est souvent fugace, on ne sait jamais grand-chose, mais c’est intelligemment distillé pour que l’on ressente la vie qui nous entoure, ou qui nous entourait.

Ainsi, lorsque l’on se promène dans les rues de Pittsburgh, lorsque l’on est assailli par des vagues d’ennemis, en étant observateur on sait qu’ils ne sont pas là pour rien. Partout, il y a la trace du conflit entre ces bandits et l’armée pour le contrôle de la ville, pour se débarrasser du joug des règles des Quarantine Zones. Et peu à peu, on en apprend les nouvelles règles établies par ces bandits dans le contrôle de cette ville.

Ainsi, lorsque l’on se promène dans les égouts, nous observons les restes du rêve d’Ish, un marin guidé par de bonnes intentions.

Nous sommes ici observateurs d’un conflit passé, pour le pouvoir, mais aussi pour pouvoir survivre de la manière dont on l’entend. Rien des événements suscités ne se déroule sous nos yeux, mais nous en sommes plus que jamais les témoins. Nous observons le monde, nous apprenons son histoire. C’est d’autant plus marqué pour le passage des égouts, particulièrement bouleversant.

C’est également à travers Ellie et ses questionnements que l’on est témoin de la vie qu’il y avait avant la maladie, puisqu’elle est née dans ce monde-ci. Le jeu saura nous émerveiller via de magnifiques décors post-apocalyptiques, très hauts en couleurs. La faune y est très présente, et voir ces animaux vivre normalement fait presque rêver par moment (je pense à un animal en particulier).

Dans The Last of Us, il n’y a pas de gentils, pas de méchants, juste des hommes qui survivent depuis des années et qui sont endurcis par un monde cruel. Au final, je suis simplement déçu qu'il n'y a jamais dans le jeu de femmes parmi les bandits, comme si les femmes elles ne pouvaient pas être cruelles et dures pour survivre, cela ne va pas avec le propos du jeu. Ca aurait été l'occasion de faire de l'inédit dans le monde du jeu vidéo, mais ce risque n'a pas été pris. En tout cas, nous joueurs, nous ne vivons dans ce monde que depuis quelques heures, nous ne sommes pas autant endurcis que tous ces survivants. Mais Joel, notre personnage, l’est. C’est fort agréable d’avoir un personnage qui n’est ni tout blanc ni tout noir, mais avant tout humain avec sa part de bonnes et de mauvaises intentions, de bonnes et mauvaises décisions, qu’elles soient passées ou présentes. Joel peut être touchant comme cruel, et il pourra même nous déranger tant il est violent dans son exécution.

Pour aller avec cela, nous avons un gameplay soigné aux petits oignons, présentant de vrais mécaniques de survie. J’ai pu ainsi participer aux affrontements les plus intenses de ma vie de gamer, avec un suspense grandissant plus la durée du combat se prolonge (je suis allé jusqu’à 30 minutes pour me débarrasser de tous les ennemis d’une zone). La tension est palpable, la férocité d’autant plus. Si l’IA n’est pas parfaite, elle saura tout de même donner le change. C’est toujours très réaliste, et je n’ai jamais autant cru à des affrontements que dans ce jeu. Ici, tout le monde veut survivre, et l’on ne tue pas pour le plaisir, mais par nécessité. Si l’on pourra apprécier certains de nos meurtres (car c’est bien ce de quoi il s’agit) car l’ennemi nous aura donné du fil à retordre, ce ne sera que le reflet de notre propre sadisme.

Certains ont critiqué la lenteur de la narration dans le début de l’aventure. Je peux comprendre, mais cela ne m’a pas touché. La lenteur de la narration est sa force. C’est notre odyssée qui commence doucement pour gagner en intensité au fil de l’aventure. Cette odyssée sera également un parcours initiatique, tant pour Ellie que pour Joel. Pour Joel, il s’agira d’un parcours spirituel. Et cette lente progression nous amènera vers un final d’une cruelle intelligence qui transcende toute l’œuvre. En toute simplicité, le jeu saura nous questionner sur nous-même.
Cette narration est cependant forcée, elle est celle guidée par nos personnages et non pas par nos choix personnels. Nous ne sommes pas dans The Walking Dead, nous ne sommes pas dans un jeu narratif avant tout.

The Last of Us est assurément un grand jeu. Il n’est pas sans défaut : on peut lui reprocher l’IA alliée qui casse l’immersion, quelques scènes en trop dont une qui nage en plein ridicule (le sniper), ou le fait plutôt dommage que la survie dans ce monde consiste plus à s'entretuer qu'à s'entraider (j'aurais aimé par exemple des quêtes annexes visant à aider des réfugiés, comme dans I am Alive) ; mais à part cela il sublime parfaitement tout ce qu’il fait. Il y a une maîtrise constante dans la réalisation, une écriture intelligente, le tout enveloppé dans un gameplay orienté survie très réussi.

Si l’on sent certaines influences, comme Les Fils de l’Homme ou les comics The Walking Dead, le jeu sait s’affranchir de ses références pour les compléter et ne pas seulement les reproduire. Il évolue dans le même univers, mais les traces qu’il laisse sont uniques.

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