L'odyssée des 4 saisons.

Avis sur The Last of Us : Remastered sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Houlà, qu'il y a des choses à écrire là-dessus. Le propos n'est pas nouveau: une pandémie (découvrir ce jeu en 2020 fait davantage réfléchir sur son contenu, forcément), une apocalypse et l'élu(e) qui va avec. Si TLOU a eu autant de louanges, ce n'est clairement pas pour son gameplay, non. On est en face d'un TPS/infiltration juste honnête avec des mécaniques de progression hélas répétitives: et vas-y qu'il faut aller chercher l'échelle, la planche, ou encore la palette parce que la petite ne sait pas nager. Le problème, c'est que ça ne se justifie pas toujours au point de péter un peu l'immersion.

Par exemple, la toute dernière grille à franchir de l'université n'est pas très haute. Mais non, Il faut quand même se trimballer le conteneur à roulette pour passer. Et certaines traversées maritimes ne sont pas longues: Joël pourrait facilement transporter Ellie sur son dos, accrochée à son cou. Aprés, on peut comprendre la volonté de garder la fillette au sec, au point d'avoir recours systématiquement à la palette.

J'ai commencé en mode normal mais vu qu'il est impossible de se défendre contre un simple claqueur (un choix idiot), j'ai vite basculé en facile vu la possibilité de planter un surin dans la tronche de ces saloperies. Ca m'a permis de garder un bon rythme de récit, sans la gâcher par de nombreux die&retry énervants. On peut certes la jouer silencieux mais j'étais pas trop décidé à passer la moitié du temps à avancer accroupi, en mode tortue. J'ai préféré souvent l'action à l'infiltration. Le changement d'arme étant un gros bordel, concevoir rapidement les double-étuis est nécessaire pour alléger un peu les manip'. Bon bref, dans l'ensemble c'est jouable mais pas de quoi crier au génie.
Du coté de la réalisation et de la narration, là on comprend mieux le succès de l'oeuvre. Les capacités de la PS4 rendent bien service à un jeu déjà si beau en 2013. L'intensité de l'introduction plonge vite le joueur dans le contexte: quartiers urbains délabrés où la nature reprend ses droits, espaces naturels sauvages ou village isolé cauchemardesque, on avance captivé par la variété des environnements et des situations. J'avoue avoir aimé inspecter le moindre recoin des décors à la recherche de ressources. Toute la zone de Pittsburgh reste ma préférée. L'audace de TLOU reste sa narration: il tente des trucs, comme un gros effort sur l'interprétation et botte en touche. Même si le rythme commence à ronronner dangereusement vers l'automne,

L'université est un endroit inutilement grand où on n'y fait pas grand-chose.

l'intrigue s'emballe ensuite pour enclencher la 4e vitesse avec la saison hivernale.

J'ai pu non seulement profiter d'un gameplay nerveux en défouraillant du pas-beau à la chaine, sans que la qualité narrative en soit impactée, vu qu'elle plonge Ellie dans un chaos intenable. Ce dernier aura d'ailleurs raison de la dernière réserve d'innocence de la pauvre gamine.

Dans ce cauchemar, les scénaristes n'ont pas zappé les moments d'émerveillement

(comme la découverte des girafes)

avant la conclusion en apothéose

de l'hopital. Le choix égoïste de Joël suscite forcément débat mais c'est le plus cohérent vu tout ce que ces deux-là ont traversé ensemble. Il est dommage que Joël doive mentir effrontément à sa jeune partenaire, au bout du rouleau, pour la garder en vie. Ca rompt le principe de confiance durement installé durant l'année écoulée.

Une fois commencé, on n'a plus envie de s'arrêter dans TLOU tant que le générique final ne pointe pas sa fraise et ce malgré les errances de son gameplay. Et ça c'est le constat d'une narration travaillée, bien écrite et réécrite comme il faut. Attendons maintenant de voir la suite.
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