En symbiose

Avis sur The Last of Us : Remastered sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Que cherchez vous dans un jeu ?
Je vous le demande, car de cette réponse dépend notre manière d’apprécier ou non un titre. Et donc Last of Us.
Plusieurs motivations nous poussent à jouer et à aimer un jeu : le fun, le challenge, la prouesse technique, la sensation de liberté, la compétition, l’originalité, l’histoire…
Pour ma part, c’est souvent l’histoire, l’atmosphère, que je recherche. J’aime ce genre de moment où l’on ne veut pas quitter la manette parce qu’on veut savoir la suite, de la même manière que l’on aligne les pages d’un roman et qu’on se dit « Aller, c’est le dernier chapitre ».

« Aller, à la prochaine sauvegarde, je vais au lit ».

Dès le départ, Last of Us m’a secoué. La fuite avec Sarah m’a tenu en haleine, m’a tendu les nerfs jusqu’à l’agonie. Combien de jeux vous ont fait ça ?
Moi, très peu. Même si je reconnais que je suis plus facile à convaincre depuis que je suis papa. Car la dernière fois que ça m’est arrivé, c’était avec Heavy Rain.

De suite, Last of Us m’a happé. J’étais dans l’histoire, j’étais l’histoire.

Last of Us est-il vraiment un jeu d’ailleurs ? Il est parfois considéré comme un film interactif.
L’art de la mise en scène y est absolu. L’ensemble bénéficie d’un scénario solide, avec ses rebondissements et son climax. Les dialogues sont ciselés et la relation entre Joel et Ellie est tout bonnement exceptionnelle. A la manière de ces « champignons » qu’ils fuient, ils sont en parfaite symbiose.
L’ensemble est linéaire, tout est dirigé dans le sens de l’histoire. Tous nos actes amènent aux mêmes conséquences.
Oui, Last of Us a tout d’un film.
Mais il n’en est absolument pas un. Car il est pensé et il est basé avant tout sur une mécanique de jeux. Ce qui constitue ses forces et ses faiblesses.
Ses faiblesses, car qui connaît le jeu vidéo sait pertinemment qu’une pièce remplie de munitions est le prélude à une attaque dès la porte ouverte. Le suspens est un peu gâché, à la manière de ces petites notes angoissantes qui préparent à l’horreur à venir dans un film.
De la même manière, quelques mouvements malheureux ou incohérences m’ont fait décrocher, pour ne pas dire râler. Exemple typique : « Je passe un ¼ heure à contourner les gardes en mode furtif. L’autre andouille qui me suit leur passe sous le nez et rien ne se passe. Je sors un bout de chaussure et je me fais canarder. »

Mais, en vérité, l’erreur serait de croire que Last of Us se résume à l’histoire de Joel et Ellie. A force de farfouiller les pièces à la recherche de matériel ou de munitions, j’ai fini par y passer de plus en plus de temps. Certes, j’étais obligé de suivre le chemin que l’on m’avait tracé, mais je prenais le temps d’en regarder les bas-côtés. Qui était les gens qui vivaient là ? Est-ce eux sur la photo ? Ce lit de bébé appartient-il toujours à quelqu’un ? Pourquoi y-a-t-il des traces de sang dans cette pièce ? Pourquoi sont-ils partis ? Comment ?
Malgré l’omniprésence de la mort et de la désolation, les décors de Last of Us sont pleins de vie. De vies disparues, de vies brisées, de vies combattives…

Et au milieu de tout ça, on est pris par des moments de poésie pure. On se retrouve de nouveau dans la peau d'Ellie quand on découvre ces girafes, beauté sauvage et improbable.

Naughty Dog a un grand souci du détail. Le diable se cache dans les détails, dit l’expression. Ici, la vie se cache dans les détails. Et pour moi, ces détails font la grandeur de ce jeu.

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