Backlog #37

Avis sur The Last of Us : Remastered sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Forcément, lorsqu'on insère un jeu dont la pochette clame haut et fort : « Élu jeu de l'année plus de 200 fois ! », ça fout un peu la pression. On en viendrait presque à espérer d'aimer, histoire de ne pas passer pour le dernier des parias. Mais prendre en compte la hype ambiante et l'avis général pour en forger sa propre opinion est un piège manipulatoire qu'Internet a tendance à nous tendre un peu trop souvent. Le temps estompe ce genre d'effets pervers, c'est d'ailleurs l'un des rares atouts du backlog, cela permet de repartir depuis un terrain presque neutre.

The Last of Us débute avec une introduction qui met immédiatement dans l'ambiance. Une catastrophe vient de se produire, il faut donc évacuer au plus vite, car il semblerait que l'infection ne soit pas le seul danger. Alors que de leur côté, les forces militaires, complètement désemparées, tentent de gérer les évènements d'une manière parfois bien singulière.

Je ne dévoilerais pas plus l'intrigue, car l'intérêt du jeu repose avant tout dans ce que Naughty Dog a voulu raconter à son joueur : l'histoire de deux personnages dont le sang froid et le courage vont être mis à rude épreuve, avec d'un côté un homme, Joel, quarantenaire aux traits fatigués et Ellie, une ado insouciante au caractère marqué.

La relation des deux personnages, élément central du jeu, évolue au fil de leur progression et vient émouvoir son spectateur. C'est d'ailleurs ce lien entre les protagonistes qui a dû titiller la fibre paternelle de nombreux joueur dont je ne fais pas partie, hélas. Mais qu'importe, la construction de leur relation est suffisamment convaincante et touchante pour ne jamais nous faire décrocher.

Même si The Last of Us est un jeu des plus dirigistes qu'il soit, le level design relève d'une qualité sans égal. Le joueur peut avoir le sentiment d'être perdu, un détail va toujours lui indiquer la marche à suivre de façon naturelle.

C'est rassurant de voir que Naughty Dog ne s'est pas contenté d'appliquer le moule du level design classique, le genre de facilités qui pourrait par exemple nous laisser deviner d'évidentes zones de Bosses.

Les placements de caméras sont eux aussi particulièrement bien soignés, laissant souvent apparaitre une patrouille au travers d'une fenêtre poussiéreuse, ou d'un couloir à peine éclairé. Le joueur n'est jamais pris par surprise par un ennemi mal placé qui viendrait subitement lui marcher sur les pieds.

L'intelligence artificielle me pousse quant à elle à émettre ma première réserve. Il m'est arrivé de voir des ennemis passer d'une position à l'autre en boucle, sans explication. Il en va de même pour les IA des NPC qui nous accompagnent. J'ai vu Ellie s'amuser à passer de gauche à droite de façon répétée devant une porte ouverte, sous les yeux d'un ennemi sans que cela éveille le moindre soupçon. Étrange…

D'ailleurs, les personnages qui accompagnent parfois Joel sont complètement invisibles des radars ennemis. À mes yeux, c'est clairement un choix de game design, au détriment de l'immersion, en particulier en pleine phase d'infiltration derrière des dizaines d'infectés. Évidemment, on a du mal à imaginer se faire repérer à cause d'une IA maladroite qui viendrait à bousculer un ennemi par erreur. Ce choix se comprend.

J'ai également été légèrement rebuté par l'aspect loot omniprésent. Le contexte post-apocalyptique justifie le ramassage de pièces en tout genre afin de pouvoir créer armes et trousses de soins, mais j'en suis parfois venu à espérer de ne rien trouver, tellement cela peut devenir pénible et mal venu.

Mais je dois dire que ce Remaster est plutôt convaincant. Le joueur évolue dans des paysages urbains recouverts par une flore qui semble s'être installée depuis des décennies. Même si la beauté graphique du jeu peut sembler inégale à de rares occasions (des jeux de lumières extérieures maladroits), elle reste très plaisante pour les yeux. On assiste même à des moments de poésie inattendue et bouleversante qui viennent redonner un peu de souffle à un monde dont tout espoir semble perdu.

Dans l'ensemble, j'ai assisté à une aventure plutôt classique, mais extrêmement juste tant dans le développement des personnages que dans son gameplay d'infiltration, bien trop rare à mon goût.

Alors non, The Last of Us n'est pas le chef-d’œuvre suprême qu'annonce son insolente myriade de récompenses, mais il n'en reste pas moins l'un des meilleurs duos du jeu vidéo, ever. J'en veux encore.

Terminé le 7 juillet 2016.

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