Je suis Link, je suis un héros et je suis mort...

Avis sur The Legend of Zelda : Majora's Mask sur Nintendo 64

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C'est une sensation étrange. Je me suis enfui. J'ai marché dans les Bois Perdus. Je savais qu'un Hylien qui se promène dans les Bois Perdus est un Hylien de moins (proverbe). Mais quand même.
Sans ma fée, je ne pouvais pas y arriver. Je ne pouvais pas traverser. Alors, je suis tombé dans un puits sans fin. Comme Alice. J'ai plongé à travers les images de ma vie, je les ai vu défiler. Je ne pouvais m'accrocher à aucune parois. J'ai atterri dans le noir.
Je croyais que c'était une quête identitaire, mais non. Je suis mort, c'est tout.

J'ai mis du temps à le comprendre. A l'accepter. Alors j'ai revécu sans cesse, encore et encore les mêmes sombres journées. Jusqu'à ce que je l'accepte. Ses journées furent longues et tourmentées. Peuplées des gens du passé. Différents, mais toujours les mêmes malgré tout. Avant de partir, d'en finir, j'ai sauvé un mariage maudit, chassé les spectres des prairies de Romani, ressuscité un mort-vivant à Ikana, prolongé l’œuvre d'un danseur disparu, offert le repos éternel à un roi... J'ai aussi croisé le fils de Dumoria. Il porte le même nom que moi.
C'est tout du moins ce que je croyais, avant de réaliser que j'étais déjà mort. Que tout ceci n'a jamais eu lieu. Qu'il s'agissait du fruit de ma fertile imagination.

J'ai emprunté les masques des morts. Trois masques maudits qui ont guidés mes pas. Qui m'ont aidé à comprendre mon état. J'ai apaisé les âmes des défunts avant de porter leurs propres fardeaux.
Termina fut mon purgatoire, le point final de l'épopée du grand Héros du Temps. Termina, qui porte si bien son nom.

Je n'y ai pas cru. Quand je suis arrivé, les habitants de Bourg-Clocher m'ont aidé dans mon déni. Cette lune allait tomber, mais on s'en sortirait. Il y a toujours une échappatoire. Imaginer qu'on ne s'en sorte pas est impensable. J'en veux pour preuve leur implacable et indicible envie de faire, coûte que coûte, résonner les cloches du Carnaval du Temps. Le Carnaval du Temps... que je fus naïf ! C'était mon Carnaval, mon Temps, ma Procession.

C'est ensuite la colère qui m'a envahi. Ainsi que ce roi Mojo dans les marais du Sud. J'étais enragé comme ce père de famille qui voulut venger sa fille disparue. Un sacrifice, il fallait un sacrifice pour apaiser sa colère !

En arpentant le Pic des Neiges, j'ai croisé le fantôme de Darmani. Je l'ai apaisé. Il a voulu marchander son retour à la vie. Je ne suis qu'un héros de passage. Je n'ai pas marchandé. J'ai gardé ce que je croyais être encore ma vie et je suis parti. Je l'ai laissé reposer en paix.

Puis j'ai croisé une Zora à la Grande Baie. Ses enfants avaient disparu. Elle fixait l'horizon, sans émettre un son. Les mots n'étaient pas assez fort pour traduire son chagrin. Pas assez fort pour que ses larmes cessent. La déprime qui l'avait envahi semblait plus haute que le Pic Enneigé et plus profonde que la mer qu'elle contemplait.

Et puis c'est en gravissant les falaises d'Ikana que j'ai accepté mon sort. Je suis monté tout en haut des plus hautes roches et j'y ai trouvé la lumière. La lumière tant attendu qui me permettrait de mettre un terme à cette histoire. Tout comme Dièze, j'ai accepté mon sort. Je suis mort...

La marchand de masques n'était qu'une illusion. J'ai suivi un pantin désarticulé qui n'était finalement que l'ombre de moi même. Je lui avais offert un Masque de Mort lors de mes aventures précédentes, mais j'ignorais alors que c'était à moi même que j'offrais le trépas. Je le réalise maintenant. Ce que j'ai vécu n'existe pas.

Alors j'ai chevauché Epona à la toute fin de mon périple spirituel et je suis parti vers la lumière. On a gravé mon image sur le tronc d'un arbre. Et celui de mon ami. Lui qui m'a aidé à comprendre. Mon double. Skull Kid.

Mais j' apporterais mon aide au prochain héros. Dans un monde entre chien et loup, entre ténèbres et clarté, j'apporterais sous la forme d'un Staflos mon savoir à l'élu des Dieux. Je reconnaîtrais les notes du chant de l'apaisement. C'est mon chant. Le chant de ma mort, de ma fin.

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