N'est pas Silent Hill qui veut...

Avis sur The Medium sur PC

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Parlons de : The Medium !

Chapitre 0 : THE MEH.. DIUM ?

The Medium est un jeu signée Blooberteam, studio connu en autre pour Observer & Layers of fear (2 walking simulator sympathique). The Medium semble être directement dans la même lignée que les autres, donc pas un bon gros triple A de fils de pute, mais un jeu avec un budget et une équipe moindre, mais avec du charme bien palpable. C'est ça The Medium, un jeu qui me semble (j'écris ceci avant la sortie) avoir une proposition intéressante avec son concept de réalité double (dual reality) sans forcément venir chambouler un genre qui existe depuis fort longtemps. Donc ouais, de base, je n'attends pas un "grand" jeu, mais j'attends surtout un jeu avec une bonne histoire et une atmosphère réussie...

Chapitre 1 : It All Starts With A Dead Girl

L'histoire débute donc en 1999 dans la ville de Cracovie en Pologne, l'introduction plonge directement le joueur dans l'ambiance du titre qui est somme toute assez énigmatique, suite a la mort de son père adoptif, Marianne retourne chez elle pour préparer le bousin puis reçoit peu de temps après un appel d'un nain connu du nom de Thomas... qui semble en savoir beaucoup trop sur nous (alors qu'on ne sait rien sur lui), une destination, des réponses ? tout commence... ! Le scénario de The Medium est quand même intéressant, mais il prend vraiment son temps avant d'offrir quelque chose de tangible au joueur. Le début énigmatique le reste au moins jusqu'à la moitié du jeu ou l'histoire décide vraiment de démarrer en profondeur. Donc il faut s'accrocher pour avoir les réponses, faut s'accrocher pour entrer dans l'ambiance, mais (a mes yeux) ça en vaut largement le détour pour peu qu'on s'intéresse a l'univers du jeu présenté au départ. L'univers est à mon sens ce qui ressort de plus intéressant de The Medium, le contexte très réaliste du titre et son coté très "fantastique" offre une ambiance qui réussie habillement a offrir quelque chose de très tangible (sans forcément "voir") tout en étant très abstraite dans sa mise en scène. Un exemple tout con, lorsqu'on explore première zone du jeu (l'hôtel) on va pouvoir en tant que Medium en apprendre énormément sur les évènements du massacre (bribe d'information sur les anciens "locataires") sans vraiment voir ou vivre le massacre et ça ajoute vraiment au coté glauque a l'aventure et aux environnements (leurs histoires).

Les thématiques abordées dans le scénario sont assez cru, assez noire, disons que ça parle de chose pas forcément joyeuse. Je ne veux pas rentrer dans le détail pour ne pas gâcher aucune surprise, mais j'ai été surpris par la profondeur de certains sujets qui font plaisir à voir (enfin "plaisir") je me comprends rire de psycho...

Nul besoin de mentionner que Bloober Team s'inspire énormément des anciens titres tel que Resident Evil ou même Silent Hill pour ne citer qu'eux. Ça se ressent autant dans la mise en scène (choix de caméra fixe) que dans l'ambiance globalement horrifique du titre. Une équipe qui avait donc envie de partager un jeu du passé qui est aujourd'hui dépassé... ?

Chapitre 2 : MAria i Maria u Maria a Mariaaaaaaaannneeeee

On contrôle donc Marianne qui est une Medium (simple) qui peut voir le monde des morts (basique). Pour Marianne, ce n'est pas tant un Don qu'une malédiction, depuis sa jeunesse elle est "atteinte" de ça et mine de rien, voir des morts dans la vie de tous les jours, ça ne doit pas être joyeux joyeux (surtout vu la gueule des limbes). Je ne dirais pas que Marianne est un personnage extrêmement bien écrit ou super attachante, elle manque un peu de profondeur, mais je dois admettre que dans l'ensemble, j'ai bien aimé sa bouille. Disons qu'elle fait très humain, malgré son don, rien ne sort d'extraordinaire au niveau du physique, au niveau des pouvoirs, elle est simple et on ressent bien la volonté des développeurs d'avoir un personnage qui ne se prend pas pour un être supérieur. Même son physique, son habit, sa tête, elle est mignonne (je l'aime bien). Marianne n'est pas seule dans cette aventure, mais c'est clairement le personnage central, sans tomber dans le spoil on va quand même rencontrer d'autres personnages assez importants, mais je vous laisse découvrir pour ceux que ça intéresse.

En terme de modélisation et d'animation, clairement, on sent que ce n'est pas un TRIPLE MOTHAFUCKING A, mais bien un AA (alchoolic anonyme) qui n'a pas forcément les moyens d'un gros studio. Pour être positif en premier lieu, je dirais que la modélisation est tout à fait convenable pour ce type d'aventure, aucun gros souci visuel, les personnages ont tous une tête très crédible et ça colle parfaitement avec l'ambition du titre d'offrir un jeu qui oriente tout son "contenu" sur l'histoire, sur les personnages (émotions, tout ça). Par contre, l'animation bien que je ne la trouve pas horrible comme beaucoup, souffre d'un manque clair et net de fluidité. On ressent clairement le coté robotique lors des déplacements, mais je me demande (peut-être faible connaissance de ma part du genre caméra fixe ?) j'ai beau chercher dans ma tête, je n'ai pas d'exemple de jeu avec une caméra fixe qui propose des animations complètement folle. J'ai l'impression que ce choix de caméra ajoute une rigidité supplémentaire au jeu (j'imagine par exemple la même caméra fixe pour Resident Evil 2 Remake et... j'ai l'impression que tout me semblerait moins bien animé). En tout cas, on ne tient pas une catastrophe, mais ça aurait mérité plus de peaufinages pour l'animation, clairement.

Un autre petite déception (ou du moins une incompréhension) ça vient du doublage. Alors en soit le doublage de tous les personnages est très bons, les voix collent bien a tout le monde, mais je ne sais pas pourquoi... j'ai eu un problème par moment au niveau des intonations, de la conviction d'une scène. Par exemple par moments, Marianne (à mes yeux) devrait s'exprimer d'une voix forte et pesante alors qu'elle marmonne limite son texte, ça sort un peu du truc par moment (pas toujours) de l'ambiance. Petite coquille ou manque de temps pour peaufiner le tout ? encore une fois, ça passe, mais ça aurait pu être mieux.

En terme de bestiaire, bah il y a des papillons en petit monstre. Non mais ça reste des papillons démoniaques bien vénères hein, mais ouais, le seul petit "monstre" du jeu est un groupe de papillons en mode racaille de cité. Ah oui ! il y a aussi THE MAW une sorte de démon géant version bébé terrifiant qui veut ta peau (littéralement) mais qui passe la majorité de son temps a pleurer et dire des choses pas toujours compréhensibles. Pour le coup, THE MAW fait flipper, surtout que l'idée de le voir visuellement dans le monde des limbes, mais uniquement voir une version translucide de lui dans le mode réel ajoute une tension assez palpable. Comme on dit, le danger, on ne le voit pas, mais on sait qu'il est pas loin. Par contre, je dirais qu'il est trop facilement esquivable lors des sessions d'infiltrations ce qui rend la rencontre parfois un peu triste, j'aurais aimé avoir plus de séquences avec lui et plus terrifiante aussi !

Chapitre 3 : WELCOME TO HELL

The Medium est donc un simulateur de marche (littéralement) qui devrait provoquer une crise de sommeil intense a ceux qui n'aiment pas le genre. Parce que dans ce jeu, on fait plus ou moins suivre le mouvement, suivre le chemin créé par les développeurs pour nous raconter une histoire et basta (plus ou moins). N'attendez donc pas une sorte de Silent Hill dans l'âme voir même un Resident Evil 1, parce que le jeu n'aime jamais ouvert et n'offre que la possibilité de suivre son récit, rien de plus. En soit, je ne peux pas déconseiller cette aventure a ceux qui aiment le genre, moi-même, j'ai vraiment apprécié le récit et de temps en temps un Walking Simulator ne fait pas de mal (surtout que Bloober Team pour l'instant ne font que ça). Par contre a tous ceux qui n'aiment pas ça... bah forcément, ce jeu est d'un ennui mortel (vraiment) et vous sortirez déçu du jeu en ayant eu l'impression de jouer a du vide. On marche, on "explore" vite fait pour trouver des éléments qui ajoutent un peu au lore du titre (documents, etc...) mais globalement, on fait que suivre une ligne. Pas de backtracking (ou TRÈS PEU), des énigmes toujours linéaire et trop simple... ça aurait pu être un peu mieux overall même si ça va. Le jeu vous demandera donc environs 9-10h pour être terminé, pas plus. Dans l'idée pour faire une comparaison, je préfère largement la vision de Silent Hill qui réussi à offrir un récit (certes moins prenant) intéressant, mais aussi un jeu vraiment solide derrière en terme de mécanique et de progression...

Chapitre 4 : MOTEL

Avant de parler des environnements et tout le bordel, j'aimerais vite fait parler de la notion de peur. Est-ce que The Medium fait peur ? la réponse est non, jamais. Il angoisse au mieux, mais ne fait jamais vraiment peur et je me pose la question, pourquoi ? Ce n'est pas la direction artistique qui manque au niveau de l'ambiance horrifique, ce n'est pas la bande sonore qui arrive à poser une atmosphère morbide palpable, mais pourtant, au mieux il angoisse seulement (vite fait). Pour moi, The Medium n'est qu'une bonne expérience malsaine qui lorgne sur l'horreur sans jamais vraiment tomber dedans, le point qui me fait plaisir est qu'il ne rentre jamais dans les travers du genre (screamer en tout genre) doit y en avoir 2 dans l'aventure. Pourtant, une balade de santé est vraiment la façon la plus simple de décrire The Medium est c'est (je pense) que la peur de perdre n'est pas présente. Bien sûr, je n'étais pas joyeux lors de l'aventure, tout est fait pour être glauque et très rarement accueillant, mais pourtant ça fait pas peur. Parce que j'ai rapidement compris que le jeu n'allait jamais vraiment me faire jouer, tout se fait "automatiquement", perdre ne fait pas partie du gamedesign de ce jeu. Je n'ai jamais eu peur pour la vie de Marianne lors de l'aventure, je n'ai jamais eu peur d'une rencontre ou d'un ennemi spécifique, je n'ai jamais eu peur de manquer de munitions (pas de combat) je n'ai jamais eu peur d'être bloqué dans une pièce avec un monstre qui rôde, vous comprenez le principe ? Silent Hill arrive un minimum à me faire flipper par exemple, plus que The Medium car il comprend mieux comment le faire (Alien Isolation est un autre TRÈS bon jeu d'horreur qui fait vraiment peur).

En ce qui concerne les environnements, le jeu nous fait évoluer en grande partie dans un hôtel délabré du nom de Niwa et son extérieur (pas que). Disons que, en terme de direction artistique le jeu arrive a proposer quelque chose qui lorgne vraiment sur l'horreur avec une ambiance malsaine de tout instant et une zone (l'hôtel) qui respire le vécu macabre. J'adore aussi (comme c'était le cas pour Silent Hill) d'avoir deux visions d'une même zone, la vision réelle (le monde) et la version des limbes (le monde des morts) qui ajoute un cachet artistique très sympa au jeu. Malheureusement, on ne s'imprègne jamais vraiment de l'ambiance d'un lieu comme tout avance assez rapidement et qu'on ne revient jamais sur ses pas pour découvrir de nouveaux embranchements bloqués, aventure très linéaire oblige.

Graphiquement, le jeu n'est pas une claque "next fucking generation mothefucker", mais offre un visuel vraiment digne d'un triple A et ce en tout temps. Mon plus gros problème avec ce jeu est sa gestion du post-process complètement niqué. Je veux dire, l'équipe de Bloober Team s'est dit, pourquoi pas TOUT mettre les éléments de post-process dans l'anti-aliasing tient ! comme ça, pas de choix pour le joueur. T'active l'AA ? t'active aussi plein de merde comme la profondeur de champ qui ajoute un flou artistique de mes couilles en arrière-plan. JE PORTE DES LUNETTES BANDE DE FILS DE PUTE POUR VOIR CLAIR, un peu de respect, je pense que je pourrais porter plainte pour agression et non soutient à ma cause :P.

Chapitre 5 : DUAL REALITY

L'idée derrière The Medium vient d'une mécanique qui m'avait franchement vendu du "rêve" lors de l'annonce, la dual reality. Pour faire simple, le jeu proposait donc de jouer sur deux tableaux en même temps (imaginer un écran splitté) avec le monde réel et le monde des limbes. Je me suis réservé de trop me spoil sur cette mécanique de gameplay, pour garder le plus de surprise possible lors de mon aventure. Dans ma tête donc, le jeu allait offrir toute une mécanique intéressante autour de ce principe (mais non). Parce que bon, The Medium propose un gameplay vraiment très Medium et ne sort jamais vraiment de cette phase, un esprit très critique pourrait dire que ça vaut rien, mais je ne suis pas ici pour cracher sur le jeu (que j'ai bien aimé) mais expliqué pourquoi il aurait pu proposer mieux. Donc, de base, si vous attendiez un Silent Hill like, bah vous l'aurez uniquement dans l'ambiance morbide du titre et dans sa bande sonore, parce que le jeu est un Walking Simulator dans la "même" lignée que les autres titres du studio. On contrôle donc un personnage qui ne peut que bouger avec le stick gauche (+ trottiner) dans des endroits fixes (caméra fixe) et interagir avec une touche pour en apprendre plus avec des objets en tout genre. C'est ça la boucle de gameplay de The Medium, marcher, inspecter, cinématique, phase d'infiltration, marcher, inspecter, etc... L'aventure est très linéaire et le gameplay l'est tout autant et c'est ici que le problème survient à mes yeux. Est-ce que le gameplay du jeu est vraiment mauvais ? non... basique au possible très certainement (walking simulator) mais tout fonctionne manette en mains, mais le jeu ne pousse jamais vraiment son idée plus loin que la gimmick facile qui fonctionne visuellement mais sonne creuse en jeu. Toutes les énigmes du jeu sont linéaires (sauf en dernier) et ne tirent jamais vraiment parti du système de la dual reality. Certes, j'ai adoré le délire visuel autour du shit tant ça impressionne par moment (vraiment) mais outre ça, bah ça reste très surfait, très linéaire et jamais vraiment surprenant. Ce que j'aurais aimé ? une structure plus ouverte comme le premier Silent Hill et pouvoir (dans l'idée) shift de réalité QUAND je le veux et non pas quand le jeu le veut. Ça aurait pu ouvrir un pan de gameplay plus intéressant et des énigmes plus coriaces. Ce ne sont pas les idées qui manquent, par moments, je me suis dit ! oh, tiens l'idée de changer de monde avec les miroirs est vraiment sympa, bah... oui mais encore une fois... c'est tout. Je ne peux pas dire que c'est un gâchis, car j'ai aimé mon expérience globalement, mais nul doute que ça aurait pu proposer plus profond, plus intéressant qu'un simple Walking Simulator qui se sert d'une idée uniquement pour en mettre plein la vue et jamais vraiment l'exploitée. De toute façon... Bloober Team semble friand de ce genre de connerie.

Sinon des combats ? euh non, aucun "vrai" système d'inventaire, aucun système de combat, aucune "profondeur" de gameplay en somme. Tout reste très basique, ce n'est PAS un survival horror.

Vraiment, mon plus gros regret de ce Medium est qu'il ne propose aucune résistance au joueur et aucune énigme digne de ce nom. Alors, pour ceux qui veulent suivre une aventure sans temps mort, bah vous ne serez jamais bloqué une seule seconde, mais pour ceux qui aiment bien dans ce genre avoir des séquences parfois assez difficiles où il faut réfléchir avec une énigme assez coriace, bah vous allez être déçu. Je ne demandais pas non plus la lune comme un Silent Hill (ou vraiment, on peut VRAIMENT être bloqué) mais quelque chose qui ressemble a l'énigme des bassins d'eau vers la fin, qui demande de bien s'organiser (bien regarder l'environnement, bien analyser les éléments, etc...).

Chapitre 6 : WELCOME TO SILENT CHILL

Le plus important dans un jeu d'horreur est d'avoir une ambiance sonore réussie, angoissante et qui réussit à insuffler la "peur" juste par sa présence sans non plus devenir trop présente au risque de détruire une situation. Pour moi, The Medium fait très fort sur ce point avec une atmosphère sonore complètement glauque qui réussit a bien différencier les deux mondes. Le monde réel sera beaucoup lourd, mais sans forcément entendre de "bruit de fond", juste une lourdeur palpable (https://www.youtube.com/watch?v=eU6O9ZhV5UI) tandis ce que le monde des limbes aura une ambiance sonore beaucoup plus glauque avec des cris en fond, des lamentations par moments... de quoi faire une coupure entre les deux visions.

Chapitre finale : You Can't Save Everyone Butterfly...

The Medium est donc une expérience narrative qui va forcément diviser. Le jeu en tant que tel n'est pas tant intéressant, on fait rien de bien palpitant, le rythme dans la première partie est d'une lenteur assez extrême, mais The Medium offre plus que ça. Comme la plupart des Walking Simulator, ce n'est pas un jeu avant d'être une histoire interactive et ça, faut le comprendre. Je recommande vraiment a tous ceux qui aiment suivre le temps d'un 10h une histoire narrative complexe qui apporte des propos intéressants en terme de profondeur, les autres passer votre chemin au risque de trouver l'aventure chiante au possible.

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