Ah, la nouvelle année vient de commencer et... Comment ça on est en Fevrier ? Et alors personnellement je me réfère au Tonalpohualli donc c'est complètement légit.


Je disais donc avant d'être grossièrement interrompu pour les besoins de cette blague introductive que l'année 2016 avait pour ma part débuté par une rencontre des plus étranges. En effet c'est dans les tréfonds d'un site de torrent oublié que j'ai fait la connaissance d'une petite fille au destin incertain et aux dires mystérieux...


Après cette intro digne du plus mauvais pastiche de Alice au pays des merveilles je vous invite à revenir dans notre monde froid et cruel ou vous cherchez désespérément à faire vos 45 heures par semaine pour nous pencher sur des problèmes plus concrets.


Et des problèmes il y en a, un en particulier retiendra ici notre attention. En effet il est assez difficile de parler de notre oeuvre du jour sans dépasser la sacro-sainte ligne de la raison et de la morale. Je pense effectivement qu'il est impossible de parler de façon exhaustive du contenue de ce qui nous intéresse aujourd’hui sans se salir un minimum les mains.


Je vous invite donc à enfiler vos gants de chirurgien les plus propres et à arborer votre plus beau sourire sadique car le moment est venu de plonger dans le cadavre exquis, bien que répugnant,
qu'est : Saya No Uta


Boum musique d'ambiance de la critique ! Ouai, on est en 2016 on fait des trucs un petit peu dingue maintenant.


C'est bon vous êtes bien installé ? Alors allons-y.


Saya No Huta, littéralement "La chanson de Saya" est un visual novel créé par Nitroplus en 2003 avec un scénario original signé Gen Urobochi sur le quelle on reviendra un peu plus tard car cela fait un bail que j'ai envie de parler du monsieur. Pour l'histoire trop vous en dévoiler serait gâché le plus gros intérêt du jeu mais si vous voulez juste un petit aperçu vous pouvez scruter la page sens critique de l'oeuvre (je ne comprendrais jamais ces types qui se sentent obligés de mettre un résumé complet de l'histoire dans leur critique).


Enfin bref, premièrement le visuel. Bien que Saya No Uta soit sortie en 2003 elle n'a pas vraiment eu le temps de vieillir visuellement, ni particulièrement beau ni particulièrement laid l'oeuvre doit tout de même beaucoup à son chara-design très soigné qui sied tout aussi bien au scènes de vie "normale", qu'au moment de pure folie, ou qu'aux scènes de sexe. Car oui j'aurais sans doute dû le spécifier plus tôt mais Saya No Uta contient des scènes de sexe et de violence (l'un allant parfois avec l'autre) particulièrement crue. Je précise tout de même à un éventuel lecteur libidineux (si si je t'ai vu Billy lâche cette souris) qu'il ne s'agit pas du genre d'image qui va occuper vos samedis soirs fiévreux.


Le sexe est ici au même titre que le gore mis au service d'une atmosphère toujours plus oppressante qui telle un vieux piège d'Indiana Jones se referme peu à peu sur vous. Et c'est bien là qu'est toute la puissance de Saya No Uta qui arrive pendant la quasi-totalité de son récit à maintenir cet aspect anxiogène et méphitique qui pousse dans ces derniers retranchements notre santé mentale. Passant littéralement d'une imagerie de cauchemar à une normalité malsaine il passe son temps à titiller la morale de son spectateur comme guettant avec impatience la première onomatopée de dégoût que ce dernier voudra bien cracher. Ici pas besoin de Jump-Scare ou de grossier set-up cherchant à faire monter une vaine tension. Tout simplement car Saya No Uta n'a pas était pensé comme un simple jeu d'horreur et cela se sent plus qu'autre part à travers son écriture.


(Boom Jean-Paul Transition pour vous servir)


L'écriture parlons-en. Comme préciser précédemment c'est Gen Urobuchi qui s'en charge. Surnommer par la suite "The Butcher" par ces fan dû à son habitude presque maladive à éliminer sans prévenir ou avec une surprenante violence de nombreux personnages de ses œuvres parfois même principaux. Néanmoins ce qui caractérise tant l'écriture du bonhomme ce n'est pas tant les diverses morts subites qu'elles contiennent que les univers torturé et subversif dans lesquelles elles ont lieu. Révélé entre autres au grand public grâce à Puella magi madoka magica, Saya No Uta est une de ses premières créations et on constate dès le début que le monsieur a des choses à dire.


Offrant à cette dernière une narration tout en retenu bien que dotée d'une causticité à toute épreuve, à cela venant s'ajouter des descriptions précises et des métaphores recherchées. Urobochi impose sa patte plus putride que jamais. Brisant dans l’œuf un à un les espoirs qu'il fait naître il n'hésite pas à user de sarcasme bien acide quand après plusieurs heures d'atrocités il nous lance innocemment des phrases telles que "Oui. Après tout, les humains ont une morale."


On ressent également déjà à plusieurs niveaux cette méfiance mêlée d'ironie que ce dernier a envers les formes de pouvoir quelle qu'elle soit (police, média, gouvernement, dieu....).Thématique qu'il développera plus par la suite dans Psycho-Pass qui reste encore à mes yeux sa meilleure oeuvre.


En dernière ligne droite il nous reste à traiter l'ost. Assez minimaliste aussi bien dans son nombre de morceau (une quinzaine) que dans sa composition. Elle nous accompagne malgré tout à merveille durant notre périple dans ce monde polypeux, dégradé et dégradant qui semble peu à peu se faner sous nos yeux.


Un voyage dans une lande desséché ou l'espoir ne peut fleurir. Au contour indistinct ou la fin s'avère être bien pire que le commencement. C'est une des nombreuses façons imagées que j'aurais de vous décrire Saya No Uta.


On est d'accord c'est pas gai mais je vous rassure tout de suite ça n'est pas le but.


Le plus incroyable avec Saya No Uta c'est que l'on peut y interpréter un nombre formidable de choses. D'un questionnement sur la nature humaine, à notre effrayante capacité d'adaptation aux limites de la morale et du sacré voire même à une critique de certaines branches un peu extrême de la culture Otaku.


Cependant qui que vous soyez et quoi que vous y cherchiez Saya No Uta ne vous laissera pas indifférent et c'est peut-être bien ça, sa plus grande qualité au fond.


D'un enchevêtrement de mots au sens sibyllins à une ambiance poétiquo-dramatique elle n'en reste pas moins une histoire d'amour et c'est peut-être bien ça, le plus dérangeant au fond.

Dr_Stein
8
Écrit par

Le 13 février 2016

5 j'aime

1 commentaire

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muche
9

Saya no Uta.

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