Une aventure de laquelle je ne suis pas ressorti mort

Avis sur The Walking Dead : Saison 1 sur PC

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Je m'attaque aujourd'hui à l'un des succès les plus surprenants de l'année dernière, The Waking Dead. En tant que jeu d'Aventure 3D héritier des point & click, le jeu suit les traces de ses congénères comme Dreamfall et autres en délaissant les énigmes et la recherche au profit d'une narration plus fluide et moins statique. Parfait ! C'est plutôt cela que je recherche à mon âge. Cependant, tout n'a pas été si rose pour moi au pays des macchabées bien que l'expérience a su me divertir grâce à ses qualités évidentes.
Pardonnez moi dans la suite le flou de ma critique, ne souhaitant pas révéler des éléments de l'intrigue.

La peinture réussie d'une société dans une contexte de survie

Ce qui constitue le plus grand succès de The Walking Dead pour moi est, comme le titre de ce paragraphe l'indique, la peinture des rapports sociaux dans un monde en ruines où la survie devient (ou pas ?) la valeur numéro un. A cet égard, l'écriture de qualité du titre permet de créer un tissu social animé par des personnages réalistes à la personnalité ambivalente et souvent attachants. Constamment, notre vision des personnages peut être bouleversée et les choix proposés par le jeu font bien intervenir dans la pensée du joueur le contexte de survie, l'attachement social constamment bouleversé aux personnages et les intérêts de chacun. Dans cet univers trouble, seule les rapports presque paternels du héros avec Clementine semblent vraiment globalement stables et sincères.

Ensuite, les situations rencontrées font honneur au thème du jeu avec la peinture de lieux, de sociétés (épisode 2 et 4 en tête) qui soulignent de façon, peut-être un peu caricaturale mais c'est le but, les grands types de groupes qui peuvent se former. Dans un monde où tout le monde repart de zéro, des marchands opportunistes, des sociétés du plus fort ou bien même des groupes de migrants à la recherche d'une terre promise peuvent se former dans un but commun : la survie.

Enfin, le monde dépeint est bel et bien un monde dur et réaliste. Dans The Walking Dead, il n'y a pas de Deus Ex Machina, ce qui doit arriver arrive, notamment les morts inévitables qui ne trouvent pas de remède miracle et qui écrasent les protagonistes sous le poids de la fatalité. Il est vrai que beaucoup de médias nous ont habitué à sauver ceux que nous ne voulions pas voir mourir.

Un rythme réussi mais des ratés

Si le rythme du jeu est globalement assez maîtrisé, notamment grâce à des actions contextuelles dynamiques et des surprises de tous les moment, malgré des passages à vide (comme une partie de l'épisode 3 ou certaines déambulations), The Walking Dead souffre pour moi de défauts qui m'empêchent de le considérer comme un jeu inoubliable.

D'abord, j'ai été déçu de l'impact des choix pourtant bien présentés et mettant en jeu des dilemmes moraux dont j'ai évoqué la teneur plus en amont. En effet, ces derniers influencent peu le déroulement du jeu et ont un impact pas assez piquant ou important sur les dialogues et les rapports humains (sauf peut-être avec Kenny où ce n'est pas non plus flagrant). Et quand bien même ils en auraient, ils ne sont pas assez durables, trop diffus et aux impacts trop vite oubliés. Il est assez frustrant notamment de voir apparaître à maintes reprises "le personnage x ne l'oubliera pas" en constatant finalement que seuls 10 % de ces choix de dialogue seront retenus. Dans l'épisode 2, c'est assez flagrant ainsi que dans l'épisode 5, conclusion du jeu.

Deuxièmement, je suis resté complètement ahuri de la tournure des évènements depuis la dernière partie de l'épisode 3 jusqu'à la fin du jeu. Je parle ici du fameux Talkie-Walkie qui introduit un élément très fade, en décalage avec l'esprit du jeu, grotesque et n'apportant finalement rien à l'intrigue. De fait, arrivé à la croisée des chemins, nous découvrons une pauvre chose fade qui est censée nous mettre face à nos choix mais qui n'arrive même pas à remplir cet office, ce qui renvoie d'ailleurs au point précédent. Même le lieu à forte symbolique pour un personnage n'est pas exploité par l'intéressé... Alors quand on arrive à cette partie du court épisode 5, on se dit "Tout ça pour ça ?...". Un gâchis pour moi, il y avait plein de manières d'amener le final qui lui est vraiment réussi toujours dans sa simplicité et son réalisme cru.

Enfin, j'ai un reproche assez général sur la direction artistique qui manque globalement d'éclat. Si l'aventure est globalement bien menée, The Walking Dead a un goût un peu scolaire et manque ainsi de piquant, de lyrisme, d'une touche un peu plus subtile, bref, d'un artiste fort derrière. Je parle de cette flamme qu'on sent derrière des jeux narratifs comme Dreamfall, Shenmue, Deadly Premonition, MGS 4, ...

En somme, The Walking Dead est une aventure agréable que j'ai traversé d'un trait mais que j'ai tout de suite rangé au placard, un peu comme Heavy Rain en son temps. S'il réussit à dépeindre une société et un monde en ruines dans lequel le quotidien est synonyme de survie, le jeu manque un peu de carrure artistique globale et finit par s'égarer dans une intrigue hors de propos voire grotesque, ce qui l'empêche (de mon point de vue) de rejoindre le groupe fermé des grands jeux.

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