Nanar d'horreur de qualité

Avis sur Until Dawn sur PlayStation 4

Avatar Foulcher
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Version PlayStation 4

Le titre de ma critique pourra sonner comme un pléonasme mais pourtant c'est exactement ce qui me vient à l'esprit quand je pense à Until Dawn. A ce titre - sans recommencer ma litanie sur le faible niveau général du genre horrifique - le jeu s'avère donc être une très bonne expérience relativement au niveau d'exigence assez bas qu'on a l'habitude d'avoir dès que l'on s'attaque à ce type d'histoire.

Alors, pourquoi "nanar" ? Tout simplement parce qu'Until Dawn est un concentré de tous les clichés du film adolescent d'horreur avec des moments de surprise à la pelle pour rien (enfin surtout dans la première moitié/les deux premiers tiers), des victimes qui se jettent dans la gueule du loup en toute ingénuité, un mystère qui finit en pétard mouillé (quasi-) ridicule, la table de Ouija, les archétypes de personnage vus et revus, ... Comme Alan Wake d'ailleurs, le jeu commence par suggérer des thèmes un peu plus profonds pour finalement terminer en jeu "panpan".

Heureusement, Until Dawn profite de son statut d'oeuvre vidéoludique pour, au contraire d'Alan Wake justement, permettre au joueur d'en découvrir plus par l'exploration et le ramassage de 'indices en tous genres, indices qui donnent d'ailleurs une vraie épaisseur au jeu, qui permettant tout de même de conserver ce qu'il avait perdu lors de son évolution narrative. De fait, un des grands intérêts du jeu réside dans ce qui n'est pas montré à l'écran et qui relève d'un mélange de déductions à partir de faits plus ou moins explicites sur le passé, les personnages de fond, etc. Tout ceci contribue à une noirceur plus développée que dans le film classique où le tout est expédié en 5 minutes un peu avant la fin.
De même, les personnages et leur traits de caractère ajoutent un peu de piquant à l'aventure même si faire évoluer leurs traits de personnalité n'apporte pas grand chose. Avoir un feedback sur ses actions est toujours sympa même s'il se traduit en un tout petit changement dans le générique du fin.
Concernant les thèmes de l'histoire et l'ambiance, Until Dawn est un mélange plutôt réussi des recettes connues du genre, ce qui n'est pas spécialement un problème.

D'un point de vue ludique, l'interactivité apporte par rapport à un film de l'immersion et une tension supplémentaire. J'ai beaucoup apprécié la forme d'interaction qui demande de ne pas toucher sa manette. Les gimmicks du jeu (totems prédictifs, effet papillon, tests psychologiques ...) n'apportent rien de bien concret au jeu pris individuellement mais contribuent dans l'ensemble à motiver la progression.
Là encore, comme dans tout jeu de Cage, il s'agira grosso modo de jouer à un jeu d'aventure 3D de la ligné des point and click (i.e. des Dreamfall, Sherlock Holmes, ...), ces jeux qui ont plutôt visé la narration que les assemblages d'objets à l'ancienne. Rien de bien original donc malgré ce que peuvent dire les détracteurs ou fanatiques du personnage, juste une plastique AAA. Ce que j'apprécie tout de même c'est que Cage n'ait jamais vraiment sombré dans le pur film interactif (jusque là du moins, je n'ai jamais joué à Détroit) et ait conservé un peu d'interactions même s'il n'y a pas à proprement parler de puzzles. Les morts ne sont pas si triviales à éviter.

Enfin, la carte du jeu est très réussi, tout comme les lieux qui sont des classiques du genre (chalet, sanatorium, etc.).

Bref, Until Dawn n'est évidemment pas un chef d'oeuvre mais un jeu plutôt efficace et bien fait dans le genre. Son contenu découvrable par exploration lui permet de ne pas tomber dans la case nanar oubliable et même à marquer l'esprit le temps de quelques jours ! Vu le prix auquel on le trouve, difficile de vraiment avoir envie de l'enfoncer.

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