Je t'aime moi non plus.

Avis sur Xenoblade Chronicles sur Wii

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Version Wii

Jouer à Xenoblade, c'est comme recevoir son premier coup de foudre. Coup de foudre qui laisse place à une engueulade particulièrement frustrante pour finir en réconciliation et rester en bon termes. Oui, nous pourrions presque faire une analogie directe avec une rencontre amoureuse, pourquoi pas...

Car effectivement, Xenoblade part sur les chapeaux de roues. Pas scénaristiquement parlant, même si cela se laisse agréablement suivre, mais plutôt par la présence d'un gameplay qui nous laisse presque sans voix. Les cinq premières heures sont complétement folles. On ne cesse de s'émerveiller devant l'intelligence des développeurs tant ceux-ci se sont creusés la tête pour nous fournir une expérience libre de toute contraintes habituelles, propres aux j-rpg. On pousse ainsi un gros "AH !" en découvrant la possibilité de modifier l'heure du jour à n'importe quel moment, sans temps de chargement. Puis un énorme "OH !" en remerciant les développeurs d'avoir pensé à laisser les quêtes annexes se terminer une fois l'objet demandé attrapé sans avoir à retourner voir le npc (mais cela change bien vite par la suite, malheureusement.)... On s'extasie sur la vitesse de déplacement complétement folle du perso, puis que chaque action rapporte de l'expérience (découvrir un nouveau lieu de la map, prendre un ascenseur, parler à un npc, etc)... Et ainsi de suite. Beaucoup beaucoup de qualités allant dans ce sens, procurant alors une sensation particulièrement grisante de liberté couplée à un plaisir énorme d'exploration.

Et puis on avance...

Et là, le jeu commence à montrer des facettes de plus en plus déplaisantes. Les quêtes s'enchaînent sans jamais sembler se terminer mais toujours en se répétant. On ne cesse d'effectuer toujours et toujours les mêmes actions auprès des npc. Certes, cela reste de l'annexe, seulement quand on s'y intéresse de plus près, on se rend compte que les niveaux des ennemis évoluent dans le même sens que l'exp globale (quêtes annexes comprises) accumulée. Du coup, difficile de les zapper complétement. On croule rapidement sous la masse. Mais bon, au fond, c'est une bonne chose non ?
Oui, mais....
Avec toutes ces chasses aux monstres, il manque un bestiaire, et puis... dans le sociogramme, pourquoi ne pas avoir inclu le lieu exact des npc ? Et ce menu d'équipement... Qui a pensé à l'ergonomie, franchement ? Très fastidieuse comme interface. Et on enchaîne surtout avec les rares cut-scenes sensées nous donner envie d'en savoir plus sur le scénario.

Seulement, c'est peine perdue. Les 60 premières heures croulent sous les bons sentiments, les clichés de l'univers manga/jeux vidéo japoniais, et les personnages manichéens au possible. On se surprend même à rigoler lors de scènes tragiques tant les répliques dégoulinent de bons sentiments évidents que l'on voit et revoit depuis des dizaines d'années dans ce type de jeu. Sans compter que les twists scénaristiques se calculent des heures en amont...
Et puis on traverse des zones... Des zones magnifiques certes, mais vides. Vides par leur histoire (on ne sait pas pourquoi on doit réellement les traverser, mais on y va, puisque c'est la suite du couloir. « C'est la jambe de Bionis ici. Ah ? Ouep, mais pourquoi il y a tout une colonie et un lac ici ? Ah ben, euuuuh.... Je ne sais pas »). Alors couplé aux quêtes annexes aussi intéressantes que le néant scénaristique, on commence dangereusement à se lasser....

Et puis heureusement, le jeu reprend un soudain intérêt avec un rythme narratif plus élevé, des dialogues moins nianians et quelques révélations surprenantes bienvenues (à partir de la centrale de Mekonis à vrai dire. A la fin donc...). On oublie alors très vite tous les clichés que l'on a subit au préalable pour se fondre complétement dans cette fin pour le moins.... épique !
Et là, le fan de Takahashi ne pourra s'empêcher d'esquisser un sourire tant les thèmes et le traitement lui rappelleront un certain Xenogears (et pourquoi pas Xenosaga sur la mise en images).

Et... C'est fini. Après 84 h de jeu, dont 60 h de quêtes annexes.
Xenoblade me fait alors cet effet du jeu qui est sorti au bon moment. Celui qui arrive au milieu d'une génération de console ultra pauvre en titres de qualités et qui, du coup, détonne sur l'ensemble. On crie au génie, mais qu'aurait-on dit s'il était sorti en plein boom de la ps2 (2005-2006) ?

On lui reprochera alors ces deux quarts centraux du jeu manquant cruellement de rythme et de consistance pour ne rester que sur la note finale positive de ces dernières heures de jeu, couplé à un contenu plutôt conséquent basé sur un excellent système d'exploration.

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