The first and the last

Avis sur Xenogears sur PlayStation

Avatar Brume_Ondeblois
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Version PlayStation

Après une cinématique d'introduction fascinante présentant le crash d'un vaisseau spatial nommé l'elbridge s'ouvre devant nos yeux ébahis l'une des pierres angulaires de l'âge d'or du rpg japonais, j'ai nommé xenogears.

Ce jeu représente la quintessence d'une époque ou le jrpg était roi et ou les équipes de square se tuaient à la tâche pour nous pondre des œuvres toujours plus profondes et riches. Malgré son apparence simple, xenogears recèle une richesse scénaristique rare, tant en termes de personnages de thématiques que de situation et c'est un jeu qui sera capable de vous plonger dans son univers d'une manière très habile, en effet son commencement et on ne peut plus classique : un jeune héros amnésique dans son village reculé et tranquille caché dans une vallée perdue, mais voilà que la guerre arrive avec ses grand sabots sous les traits d'une escouades de mechas en pourchassant une autre, notre héros défendant vaillamment son village contre l’envahisseur finit par... anéantir celui-ci, la première interrogation est posée bien d'autres suivront. Car la richesse de xenogears sers de fils directeurs à l'histoire. Avec un background aussi riche, l'on se demande à tout instant qui fait quoi, comment et dans quel but. Car loin de nous opposer à un ennemi terrible et manichéen ( quoique ) , l'on se retrouve le plus souvent à jouer le jeu de divers antagonistes aux rôles et aux motivations différentes qui font chacun avancer l'histoire. Notre équipe n'est pas en reste avec des chapitres entiers dédié uniquement à l'approfondissement du background de chacun de personnage, augmentant d'autant son capital sympathie envers le joueur.

Mais un jeu ce n'est pas qu'un scénario, sinon ce serait un livre. Xenogears possède aussi un système de combat simple et efficace, basé sur une jauge atb et des coups faible moyen et puissant qui permettent de déclencher des combos. De plus, chaque personnage possède son propre panel de sorts, et si la magie n'a pas de réelle puissance avant la fin de l'histoire, l'équilibre du jeu fait que vous pouvez jouer au gré de vos envies... ou de ce que le scénario permet, car celui force souvent la séparation des différents protagonistes, et c'est souvent la marque des grandes histoires, celles qui ne font pas la concession d'une aventure linéaire marqué par un groupe très soudé souvent au détriment de la richesse de la narration.

Ici le jeu vous force la main, passages en solitaires ou en duo sont légions et permettent de donner ce caractère plus intimiste et plus humain aux personnages qui finit de nous attacher à eux. Car xenogears c'est avant tout un tas de personnages marquant, Grahf, Citan, Miang voilà des noms que vous n'oublierez pas de sitôt car ils réapparaîtront à de nombreuses le long des innombrables cut scène que renferme le scénario, en effet la légende ne mens pas, vous allez parfois passer plusieurs dizaines de minutes à lire et observer plutôt qu'à jouer quitte à bouder certain joueurs en mal d'action, xenogears repose en grande partie sur le charme de sa narration omniprésente plutôt que sur des phases de jeux trépidantes. Néanmoins quelques ajout vis à vis de la norme des jrpg viennent y faire leur apparition.

Tout d'abord un côté plateforme il faut l'avouer assez maladroit, avec des personnages capables de sauter, divers donjons proposeront quelques passages d'adresse assez dispensable dans le sens ou la caméra fausse souvent les distances nous amenant assez souvent à nous casser la figure... et à recommencer la séquence ce qui avouons le peut s'avouer assez lourd.

Le second ajout est un second système de combat pour le moins particulier, en effet loin de proposer une majorité de combat à pied Xenogears nous permet de disposer d'une arme bien plus radicale et efficace pour occire tout ce qui barrera notre progression. Et oui dans Xenogears, l'on se bat à coup de Mechas !

Des méchas dans un jrpg me diront les plus sceptique d'entre vous ? A cela je répondrai que ces machines typiquement nippones s'intègrent très très bien à l'histoire et qu'elles y servent même de figure de proue, mais revenons en au sujet. Activables sur la worldmap par pression des boutons L2 et R2 les Gears comme on les appelles dans ce jeu vous permettront d'explorer certains donjons mais aussi et surtout à vous battre, sauf que le système de combats s'avère assez différents du précédents . Loin de systèmes de combos les gears doivent sa charger en effectuant des coups faible, moyen, ou puissant à loisir ou pas, car contrairement à a vitalité sans limite de nos héros les méchas eux consomment de l'énergie, du fuel pour être précis et chaque action leur en coutera donc un certain montant, savoir gérer cette donnée est donc une nécessité primordiale sachant qu'un réservoir vidé équivaut bien souvent, sinon toujours à une mort. A cela viens s'ajouter le fait que les gears possèdent aussi des points de vies, avoir à l'oeil deux jauges à la fois rend tout de suite les combats nettement plus intéressants, et sachant qu'il est impossible de soigner ces tas de ferrailles sans dépenser son précieux or noir font que les combats de méchas demanderont un peu de vigilance. Surtout que le jeu nous offre une option terriblement alléchante, le principe du booster qui double la vitesse d'action de nos machines en consommant du fuel à chaque tour et si l'on compte le fait que certains gears posséderont des actions spéciales qui requièrent elles aussi de l'énergie vous aurez compris toute l'importance de bien user de son pétrole. De plus comme si le jeu possède un système d'équipement tout ce qu'il y a de plus classique à savoir une arme une armure un casque et un accessoire, il faut savoir que les stats de vos personnages n'influe quà 50% sur les statistiques de vos machines, qu'il faudra alors tuner dans des magasins dédiés, histoire d'augmenter les réserves de carburants maximales, l'armure et le dps afin de rendre vos engins aussi redoutables que les mégazords de votre enfance.

Il est maintenant grand temps de partir explorer la carte du monde, mais attendez revoilà une cut scène, en effet ne vous leurrez pas, le jeu ne vous laissera jamais libre de vos actions bien longtemps, et même si son design n'est en rien couloirdesque il n'en reste pas moins dirigiste et le mot est faible.

Oui mais c'est au détour de ce dirigisme que vous apprendrez à aimer Xenogears, l'ampleur de certains passages étant proprement à couper le souffle, pour son époque xenogears en mettait plein la vue avec un art léché de la mise en scène qui n'oubliais pas impliquer le joueur dans la trame implacable des événements.

Mais ce qui a fait sa légende, c'est aussi l'ensemble de thématiques que le jeu apportait avec lui, impeccable sur la forme xenogears est aussi riche sur le fond, entre les états d'âmes d'un jeune homme en quête de mémoire et de repentir et la souffrance d'une jeune fille victime des codes rigides d'une société dystopique basé sur l'esclavage et la drogue Xenogears nous amène à visiter une époque ou tout n'est que faux semblant et ou l'obscurantisme règne en maître tout comme la technologie de ces fameux méchas dont personne ne semble comprendre le fonctionnement.

Ainsi, à mi chemin entre une déchirure psychologique que n'aurait pas reniée Jung et Freud et le cynisme d'un monde au bord du déclin, envoûté par les musiques tantôt calme et tranquille tantôt obscure et sinistres d'un Yasunori Mitsuda au sommet de son art on oublie vite les contraintes du jeu pour se poser la grande question, celle qui reviendra en boucle tout au long de l'aventure, la question... du divin.

Du divin au sens occidental du terme, en effet les croix et les églises de cet univers ne sont pas là par hasard et nous questionnent tout au long du jeu pour savoir ce qu'est le divin.

Théisme, foi, réincarnation, et panthéisme sont les maîtres mots de cette intrigue qui distille avec maestria tous ses éléments tout au long des 45 heures qu'il va durer. N'ayez crainte cependant malgré cette durée de vie conséquente car le jeu se parcoure sans aucun soucis, car les combats même s'ils sont aléatoire ont la chance de nous laisser respirer entre chacun d'eux et que le level design est finalement la majorité du temps assez linéaire quand il ne tente pas de s'attarder sur les plateformes.

Les graphismes quand à eux ont beaucoup mieux vieilli que ceux d'un FF VII, alors certes ça reste polygoné et assez peu seyant lors des vue panoramiques imposée par certaines salles mais c'est dans la grande lignée des jrpg de la ps1, on aime ou l'on n'aime pas donc surtout que le jeu se fend de quelques cinématiques magnifiques lorsque qu'il le veut et que son esthétique très animé japonais donne un cachet graphique très particulier à l'histoire.

Pour en revenir à l'ost, Mitsuda déploie dans ce jeu tout son génie des musiques d'ambiances, en effet si le bonhomme nous gratifie d'un thème de combat assez passable ( le boss thème à quand à lui certaines qualités même s'il est un peu mou. ), chaque musique d'ambiance retranscrit à merveille le ton profondément mélancolique de l'histoire. Car en dernier lieu Xenogears c'est aussi une histoire d'amour aussi simple que belle, loin des canons standards de la plupart des jeux.

Cette critique ne retranscrit pas le quart de l'amour que je porte à ce jeu, riche, bien pensé, lourd de symbolisme et doté d'une ambiance magique il est définitivement le premier et le dernier jrpg que tout joueur se doit de faire, s'il ne devait en rester qu'un seul, ce serait lui.

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