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"Bayek veut venger son fils". Le scénario de ce Assassin's creed Origins pourrait globalement tenir sur ce postulat et à raison puisque la vengeance est le véritable crédo de l'assassin du moins dans cette série ultra médiatisée qu'est Assassin's Creed. ce nouvel opus sobrement intitulé Origins a un rôle certain dans le rabattage médiatique engendré par nos influenceurs les plus boute en train de la sphère vidéoludique. "le renouveau de la série !", "la darksoulisation de la saga !" , "The Witcher en Égypte !" et j'en passe. La réalité malheureuse de cet Assassin's Creed Origins c'est qu'il ne fait que recopier une formule que l'on connaissait suranné en choisissant spontanément de mettre de côté ses propres origines (cocasse) pour des mécaniques RPG déjà complétement caduques en 2017...

Assassin's Creed premier du nom est un jeu essentiel. Parce qu'il est le reflet du savoir-faire d'Ubisoft. Réemployé une licence (Prince of Persia) en la transformant efficacement pour convenir aux nouveaux besoins ludiques des nouvelles générations de jeu vidéo. Résultat sans appel. Le jeu est un open-world grisant, relativement fidèle à son contexte historique avec un game-design basé sur des mécaniques de Parkour et de foule très cohérentes envers le taf d'assassin. Le tout dans un délire un peu méta et assez sympa. Alors bon c'était redondant, très casual, mais c'était chouette et ludique. Mais plus encore: c'était nouveau et ça a influencé tout un pan du jeu vidéo pour les dix années suivantes. Le résultat est une sur-enchère fantasmagorique de grands open-world rempli de trucs inutiles , toujours plus grands, toujours plus beaux, toujours plus forts et donc toujours plus chiants. Chez la concurrence et chez Ubisoft aussi ! (Far Cry 3 et Watch Dogs pour ne citer qu'eux).

Alors évidement quand on nous dit que le jeu va complétement réinterpréter sa formule, c'est un soulagement, parce que Assassin's Creed était littéralement devenu un véritable nid à merde, reprenant bêtement les mécaniques de son premier opus en les répétant, chaque putain d'année, avec simplement un habillage historique différent (et malgré tout quelques tentatives "originales" : batailles navales, co-op, craft, chasse...). Quel est le résultat ? Hé bien... Un jeu qui de toute évidence pensé comme un nouvel opus annuel et qui n'a été reporté que pour y imbriquer des mécaniques d'open-world RPG que l'on voyait déjà dans la série (de manière moins présente) ou ailleurs. Que ce soit la boussole et les quêtes , l'arbre de compétence ou le loot à gogo ça ne va en rien révolutionner la série. ça ne fait que la complaire dans un effet de mode : celui de l'open-world RPG toujours plus grand, avec un gameplay pas terrible mais plein de points d’intérêt nuls à chier. Mais là ou the Witcher a au moins la décence de proposer un univers original et une narration plutôt réussie, Assasin's Creed Origins se vautre lamentablement sur les artifices un tant soit peu originaux auquel il aurait pu se raccrocher.

Il ne faut pas blâmer les développeurs. Entre le coup de "Alors bon votre Origins vous allez me le changer suffisamment pour que ça ai l'air nouveau ! Étirez l'histoire à la FFXII, on n'y verra que du feu" et le "Ha au fait les gars le jeu doit sortir dans six mois et Nintendo vient de restructurer le modèle open-world qu'on traine depuis dix ans. C'est con hein ?" ; ben il faut dire que c'était pas gagné. Et pourtant ça a marché, les critiques sont bonnes et les joueurs sont contents. Parce que ça fonctionne. J'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir dans un premier temps cet univers, déjà parce qu'il s'inspire directement de l’Égypte ptolémaïque mais aussi parce qu'il parvient à nous maintenir dans cet état léthargico-robotique ,d'aller toujours faire un petit truc en plus avant d’arrêter. C'est une drogue. Mais c'est un leurre. Les mécaniques de jeu sont vieillottes, le craft est limité, le level-scalling aux fraises, l'IA aussi, et la nouveau gameplay trop top Dark Souls montre ses limites extrêmement vite. Quelle déception.

C'est trop grand, c'est inutile et ça n'a pas de sens. Et que dire du semblant d'Action-infiltration qui reste dans le jeu ? L'infiltration n'a pas évolué et abandonne certains éléments intelligents incorporés à la série (se glisser dans la foule par exemple) et vous ne pouvez pas assassiner un ennemi trop haut level (mais vous le pourrez après avoir récolter quelques points d'expérience en tuant trois crocodiles pour Jacky le frite). Ha. Vous savez ce que c'est ça ? Une incohérence de game-design. Les mécaniques RPG sabotent le matériau infiltration/assassinat propre à la série. C'est d’autant plus ridicule lorsqu'on nous parle (enfin) du crédo des assassins. Et l'"origine" de la ptite tribu de Altaïr est bien mal amenée (mais j'ai quand même bien ris à l'origine du logo. Très astucieux). Et franchement parler d'Assassin's Creed quand on voit le futur Valhalla c'est à se tordre de rire. Vous imaginez un viking tapi dans l'ombre à attendre avec sa lame secrète dans un buisson de pouvoir dégommer un soldat anglais ? Drôle de façon d'entrer au Valhalla. Sans parler de l'animus, dans lequel Ubisoft ne semble plus accorder de crédit.

La question que je me pose dès lors est : A quoi sert Assassin's Creed Origins ? Hé bha à pas grand chose si ce n'est à proposer un Assassin's creed sans sensation d'assassinats mais tout de même qualitativement supérieur à ses quelques prédecesseurs mais aussi, et c'est finalement la seule chose qui reste essentielle à la série, un univers cohérent et incroyablement bien rendu. Tout l'ambiance, visuelle, sonore (le coup des mirages dans le désert égyptien : très bon), culturelle aussi (la dichotomie entre l’Égypte ancienne traditionnelle et ses rites et la présence moderno-antique des colons grecs et romains). On aime parcourir Assassin's Creed Origins. Mais c'est malheureusement tout ce que l'on aime y faire et ça ce n'est pas un modèle ludique très pertinent et très passionnant...

Prêts pour dix nouvelles années de jeu copié-collé ?

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