"War. War never changes."

La phrase d'intro non plus. Je t'aime, Pearlman.

Après le relativement moyen Fallout 3, j'étais sur les chapeaux de roue avec New Vegas. Le retour sur la côte Ouest et le passage à Obsidian me donnaient de grands espoirs mais également une terrible angoisse vis-à-vis de ce nouveau volet. C'était donc quitte ou double.

Je voulais en avoir le cœur net. Il n'a pas fallu longtemps pour que je craque.

La scène d'intro était un bon présage. On n'est plus un petit bébé dans les bras du gentil papa parfait, on est un(e) pauvre couillon(e) dans une belle merde qui se retrouve à flirter avec un canon de pistolet parce qu'il/elle a accepté le mauvais job.

Et puis j'ai joué. Créé ma cow-girl solitaire et entamé mon périple dans le Mojave Wasteland.

Conclusion : ce jeu est un miracle. New Vegas, tu es moche et tu bégaies ; mais tu as des tas de choses à dire. Et c'est avec un immense plaisir que je me suis assise pour t'écouter me replonger dans ce ô combien chéri rétro futur post-apocalyptique, les yeux aussi brillants qu'une cuve de goo, et avec un sourire immense que je te rebaptise Fallout 3 dans mon panthéon de puriste de Black Isle.

Je ne lui mets pas 10 car il n'est pas au niveau des premiers opus (quoiqu'il s'en rapproche fortement) et que le moteur graphique reste à vomir, même si je n'ai pas subi trop de bugs jusque-là contrairement à certains joueurs. (Installez vos patchs et arrêtez de vous plaindre !)

L'esprit, en tout cas, est de retour et prouve sans complexe que la "nostalgie" des anciens joueurs de Fallout n'était pas si mal placée que ça dans leur aversion généralisée envers le 3 : ça a beau être un FPS, ça a beau être un truc complètement différent des deux premiers question gameplay, etc, ce jeu est un Fallout. Qui plus est, c'est un vrai jeu de rôle. Ce que n'était pas Fallout 3 (qui reste un bon jeu).

Fallout New Vegas est extrêmement riche : quêtes à choix souvent amoraux, univers d'une hallucinante cohérence, et même chouettes PNJ, et Dieu sait qu'avec leurs tronches, c'était pas gagné. Ils ont quasiment tous des trucs à dire, les compagnons ont enfin une histoire, ils ne se contentent pas de vous suivre bêtement sans raison apparente et sans commenter la moindre de vos actions.

Aussi, vous ne passerez pas 300 ans à marcher sur une plaine vide ou à courir dans le métro. La carte est plus petite mais beaucoup plus remplie et rien n'est placé au hasard pour faire joli. Encore une fois : tout est cohérent. Forcément, comme ils ont pas bossé la technique, ils ont pu se concentrer sur ces aspects-là.

La difficulté a été revue à la hausse même si le système de V.A.T.S reste présent : il est possible, en début de jeu, d'activer le mode hardcore qui vous imposera de nouvelles difficultés comme celles de devoir manger, boire et dormir pour survivre, mais aussi et SURTOUT à mon sens le fait de ne pas récupérer tous ses points de vie après une simple heure de sommeil. Activez-le. Je ne comprends pas qu'ils n'aient pas mis ce mode par défaut.

Ouf, on en a fini avec le manichéisme Enclave = méchants/Confrérie de l'Acier = gentils du 3. Le système de karma par ville est de retour. Aucune faction, que ce soit la NCR ou même la Légion, ne tombe totalement d'un côté ou de l'autre de la balance. Pas moyen de prendre une décision totalement morale/immorale pour la résolution d'une quête. A vous de voir ce qui vous paraît le plus à même de réaliser vos objectifs. Faudra assumer les conséquences de ses actes, et après tout, c'est bien ce qui fait d'un RPG un RPG, non ?

Pour ma part, j'étais ravie d'enfin pouvoir endosser à nouveau le rôle d'une garce opportuniste avec un soupçon d'humanité tant que les caps sont derrière, chose impossible dans Fallout 3 ne serait-ce qu'à cause de la quête finale et ses choix binaires.

Côté bande-son, difficile de se plaindre : du Sinatra (quand même !) et le retour des musiques de Mark Morgan de temps à autre, histoire d'arracher un sourire béat, un cri hystérique (dans le cas d'un joueur féminin) ou une petite larme au joueur assidu des deux premiers volets.

Je ne peux rien dire sur le doublage en français, vu que j'ai installé la version originale : le doublage est très appréciable, pas au niveau des premiers (encore) mais appréciable.

En bref, pour les puristes qui ont été déçus par Fallout 3, je pense que vous pouvez vous réconcilier avec la série en jouant à New Vegas. L'humour noir est là, l'analyse corrosive de l'Amérique aussi, l'ambiance asphyxiante aussi. Les graphismes, non, mais Fallout n'a jamais brillé sur ce terrain-là de toute manière.

EDIT : ne vous attendez pas cependant à une espèce de bouillie nostalgique de ce que vous aimé dans Fallout 1 et 2. Obsidian, et c'est là qu'on doit leur tirer notre chapeau, a fait évoluer New Vegas vers une direction toute nouvelle. Non, New Vegas (la ville) n'est pas un remix de New Reno, je dirais même que les deux villes sont à l'opposé l'une de l'autre. Oui, vous aurez des références à nos pépites adorées mais New Vegas a son ambiance bien à lui (le héros n'a pas d'attachement familial ou tribal pour une fois), tout comme le premier avait la sienne, sombre et pessimiste, alors que le 2 avait évolué vers plus de... loufoquerie. New Vegas est plus proche du 1 que du 2 à cet égard... mais il y a beaucoup moins de pessimisme. Le monde s'est reconstruit et cherche à savoir ce qu'il va bien pouvoir foutre à présent. Et puis les gens décident de faire ce qu'ils savent le mieux faire : se foutre sur la gueule. Avec vous au milieu.

Mention spéciale, les geckos sont de retour, ils m'avaient beaucoup manqué.

Et BON SANG, Matthew Perry m'a tiré dessus, merde.
Karrie
9
Écrit par

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