Il n'y a pas de fumée sans feu

Avis sur inFamous : Second Son sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Il est difficile pour ceux qui n’ont pas eu en leur possession la PlayStation 3 de pleinement apprécier à sa juste valeur la sortie de InFamous : Second Son sur la console next-gen de chez Sony. Exclusivité signée Sucker Punch, les développeurs de Sly, la saga InFamous se débarrasse avec ce troisième opus de son héros électrique Cole McGrath au profit du sulfureux Delsin. Notre nouveau héros saura-t-il faire oublier l’ancien ?

Cela fait déjà 5 ans que la série InFamous s’est invitée dans nos salons. 5 ans durant lesquels le bébé de Sucker Punch aura accouché de trois opus, deux sur PS3, puis ce Second Son qui sert de proclamation : oui, inFamous est destiné à devenir une saga, si ce n’est la saga exclusive sur PS4, en attendant un God Of War qui se fait encore discret au sein des annonces next-gen. Le joueur a toutes les cartes en main pour avoir face à lui un jeu à succès. De l’open world, de l’action éblouissante, un scénario à deux facettes et une base acquise grâce aux excellents deux premiers opus. Voyons s’il peut les abattre correctement.

FEU COLE MCGRATH

Exit l’électricité, place au feu, donc. Pour ceux qui auraient zappé les épisodes précédents, petite piqûre de rappel. Dans ce monde parallèle, certains individus se voient offerts le don ou la malédiction, c’est selon, d’être des « porteurs ». Autrement dits, des sujets de pouvoirs divers et variés dont il faudra chercher les causes du côté des précédents opus. Avec leur multiplication, ils deviennent rapidement une menace pour le gouvernement qui érige, au nom de la protection nationale, une unité d’élite spécialisée dans la traque, la capture et la détention de ce qu’ils qualifient de « bioterroristes ». Un terme évidemment exécré par ceux qui en sont affublés, et par les petits rebelles en tous genres, dont fait bien évidemment partie notre héros.

Qui dit nouveau personnage, dit volonté des développeurs et des scénaristes de nous le faire accepter. A la vue de la popularité affichée par Cole McGrath, la tâche était ardue. Nous trouvons ainsi Delsin en tant que graffeur amateur dans une petite ville de banlieue de l’Etat de Washington, affublé de son perpétuel bonnet, au goût prononcé pour le rock indé (qui fera d’ailleurs l’objet de l’inspiration des thèmes in-game). Un rebelle qui n’a rien contre quoi se rebeller, en somme, et qui va rapidement trouver une raison de le faire. Rapidement est cependant un bien grand mot. La phase d’introduction au jeu et aux déplacements est particulièrement longue et frustrante, d’autant plus lorsque nous nous voyons contentés de faire de vulgaires petits bonds pour s’échapper difficilement d’un hangar en bois.

Vient enfin le moment tant attendu de la découverte du pouvoir. Le petit Delsin a en effet la capacité d’absorber les pouvoirs des porteurs – et leur mémoire entière par la même occasion. S’en suit donc de longues séquences face auxquelles vous ne pourrez – littéralement – pas couper, puisqu’il n’y a aucun moyen de les passer. On ajoute à cette frustration celle de se sentir bridé, dans ces premières minutes de jeu, par une succession de présentation d’environnements en couloir relativement longs dont on sait pertinemment que l’on ne reverra jamais la couleur. Il aurait été plus judicieux de capter ces premiers pouvoirs élémentaires (double saut, dash, envoi de projectiles de feu) d’un coup, d’un seul, plutôt que de distribuer au compte-goutte ce que l’on sait, par expérience, déjà acquis de base.

DELSIN CITY

Enfin, nous entrons dans Seattle. Au sein de la cité émeraude, la ville est découpée à la manière de ce qu’on pouvait trouver dans le New Marais de InFamous 2. Chaque quartier possède son lot d’ennemis : il advient au joueur de décider s’il se contente de foncer à travers les missions principales, ou de libérer la population du joug des forces de la DUP, la police anti-bioterroriste locale. Ces actions n’auront pas d’effet immédiat sur le scénario, sinon que d’arpenter un peu plus tranquillement les rues de Seattle lors des missions d’exploration comme d’action. Pour cela, une poignée de missions sont à réaliser. Elles sont en règle générale peu inspirées, assez répétitives, et surtout, exploitent au minimum les pouvoirs pourtant très nombreux mis à notre disposition.

Côté surpuissance et exploitation du potentiel qu’apporte le feu et la fumée comme arsenal de Delsin, nous sommes servis. Même les plus fines bouches seront obligées de reconnaître l’éventail assez impressionnant donné au joueur. Pour exploiter à fond tous les pouvoirs, il faudra se forcer à aller chercher tous les « fragments » disséminés à Seattle. Cependant, il ne faudra pas beaucoup d’efforts pour les dénicher : en nombre relativement restreints, ils sont indiqués en permanence sur la carte.

JEUX DE DUP

Clairement, malgré ses quelques répétitions, on prend du plaisir à voltiger entre les immeubles. Evidemment, rester clouer au sol serait rater 75 % du fun d’un inFamous. Pourtant, passées les joies de faire des missiles de cendres de plus de 100 mètres de hauteur et d’exploser toutes les forces du DUP qui sont sur votre chemin, le joueur cherche autre chose. D’autant plus que se mettre en hauteur, avec ces pouvoirs de feu, est parfois un véritable chemin de croix qui peut nous faire mieux apprécier la marche à pied.

Heureusement, le scénario, plutôt bien ficelé, nous offre tout au long de l’histoire deux nouveaux pouvoirs. Le premier, le néon, mélange vitesse et jets de lumières, dans une optique particulièrement adaptée au combat : deux-trois petits headshots en ralentissant le temps (un des plus du pouvoir), on fuit rapidement vers une enseigne lumineuse, et on recommence. Pour ceux qui préféreront l’exploration et qui aiment arpenter la ville depuis les airs, le pouvoir de vidéo est plutôt adapté : plutôt faiblard au corps à corps, les ailes numériques sont un bonheur pour pulvériser vos ennemis depuis le ciel.

Au final, l’utilisation de ces trois pouvoirs, interchangeables presque à volonté (il suffit « d’aspirer » une des sources de régénération plutôt bien disséminées) donne une réelle dynamique aux missions répétitives qui nous étaient servies. De plus, le choix de diviser l’affrontement contre l’antagoniste final en plusieurs parties, chacune avec un pouvoir spécifique, force à savoir maîtriser l’ensemble des dons surnaturels de Delsin. En bonus track, si vous ne l’avez pas déjà fait, vous aurez la possibilité une fois l’histoire terminée de découvrir les joies du pouvoir de béton. Qui, comme son nom l’indique, sert surtout à démolir tout ce qui passe à grands fracas. Après tout, c’est aussi un des buts de InFamous.

Certes, InFamous Second Son est répétitif. Certes, pour un open-world, son contenu est relativement pauvre et son scénario, malgré une narration intéressante, est plutôt court . Pourtant, force est de constater qu’on exploite à fond les différents pouvoirs (heureusement qu’ils sont multiples) et qu’on y prend un plaisir fou. Un petit conseil : recommencer avec la difficulté la plus élevée, et avec un karma opposé à la première partie. On ne rechigne pas à de nouvelles manières de tout faire exploser.

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