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Mostra de Venise 2026 : Primetime, l’Oscar de Robert Pattinson ?

Le 5 septembre, Primetime, le film très attendu avec Robert Pattinson et Phoebe Bridgers, a été présenté à la Mostra de Venise. Nous avons vu ce film de true crime et vous expliquons pourquoi il mérite qu’on attende sa sortie en salles le 23 septembre.

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Publié le 11 sept. 2026, modifié le 11 sept. 2026

Temps de lecture : 4 minutes

Les mèmes de Robert Pattinson tirés du film circulent partout sur Internet, mais tout le monde ne connaît pas l’histoire glaçante qui se cache derrière.



Dans Primetime, Robert Pattinson incarne Chris Hansen, un véritable journaliste devenu célèbre en tant que présentateur de l’émission To Catch a Predator. Diffusée de 2004 à 2007, l’émission traquait des hommes soupçonnés de pédophilie à l’aide de faux appâts : des acteurs majeurs qui se faisaient passer pour des victimes mineures. Les arrestations étaient bien réelles, puisque l’émission collaborait directement avec la police.



Parmi les hommes arrêtés dans le cadre de l’émission figuraient un policier, un rabbin, un professeur de lycée ou encore un livreur de pizza — des hommes qui, en apparence, menaient une vie tout à fait ordinaire. Beaucoup étaient mariés et avaient des enfants.


L’émission à succès a commencé à dérailler en 2006. Cette année-là, l’équipe de To Catch a Predator a soupçonné le procureur adjoint du comté de Travis, au Texas, Louis Conradt Jr., de pédophilie. Au cours de l’enquête, Conradt Jr. s’est suicidé juste avant que la police ne tente de l’arrêter. À la suite de sa mort, l’émission est arrêtée.



Primetime est le premier long métrage de fiction du réalisateur Lance Oppenheim qui se concentre sur la période de gloire de Hansen et son émission. Lance Oppenheim s’est fait connaître en tant que documentariste — il prépare actuellement un projet documentaire avec l’humoriste Nathan Fielder. Oppenheim a raconté qu’il regardait To Catch a Predator depuis son enfance et qu’il était fasciné par ce qui se déroulait dans l’émission.


La voix de Chris Hansen, son talent hypnotique pour guider le spectateur dans les recoins les plus sombres de l’esprit des accusés, les accents voyeuristes de l’émission et cette sensation de satisfaction morale, presque héroïque, véhiculée par le présentateur : tout cela poussait Oppenheim à revenir encore et encore vers l’émission.



Le film consacré à cette émission a été produit par le studio A24. Parmi les producteurs exécutifs figurent le réalisateur Ari Aster (Midsommar, Beau is Afraid) et Robert Pattinson lui-même, qui tient également le rôle principal.

Il faut également souligner la performance de Pattinson et sa maîtrise de la voix : son imitation du personnage principal est presque indissociable de l’originale. Chris Hansen lui-même a reconnu une ressemblance indéniable, bien que légèrement théâtralisée. Les critiques prédisent déjà à Pattinson, qui connaît une année particulièrement chargée (Dune - Troisième Partie, Die, My Love, L’Odyssée, The Batman Part II), un Oscar bien mérité.


Le film a reçu des critiques particulièrement élogieuses : sa note sur Rotten Tomatoes s’élève actuellement à 94 %. Il est pourtant loin d’être parfait. Le récit, qui démarre sur les chapeaux de roue avec une esthétique inspirée de la télévision des années 2000 — le film a été tourné en 70 mm — finit par se désagréger pour devenir un flux de conscience symbolique proche du film d’horreur. Et, à la fin, le spectateur est conduit vers une conclusion plutôt classique : il ne faut pas voir les êtres humains uniquement comme des monstres.


Lors de la conférence de presse, Robert Pattinson a souligné qu’au moment de créer le film, l’équipe et lui avaient voulu éviter tout discours moralisateur et montrer un dilemme : comment naviguer dans l’industrie du divertissement lorsque le public en demande toujours plus, comment maîtriser les risques et ne pas mettre en danger la vie des gens sous la pression de l’industrie. L’acteur a également exprimé l’espoir que Chris Hansen apprécierait le film.



Hansen, malgré les compliments de Pattinson, a toutefois accueilli très négativement cette adaptation de sa vie, qualifiant le film d’« exploitant » et d’« insultant ». À tel point qu’il aurait acheté tous les espaces publicitaires disponibles dans les salles où Primetime sera projeté afin de promouvoir sa nouvelle émission (un coup marketing hilarant quand même). Il a également menacé A24 de poursuites judiciaires.


Le film mérite néanmoins d’être vu, ne serait-ce que pour les questions morales intéressantes qu’il soulève sur les frontières entre l’industrie du divertissement et la justice.


Anna Strelchuk


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