[2019]Albums sortis et écoutés durant la dernière année de cette décennie [2019]

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87 albums

par Clo Clo

Bon allez pour cette dernière de la décennie je me mets à jour.
Pas de retard autorisé.

A ajouter :
- Chris Cohen : s/t
- The Underground Youth
- Andrew Bird
- Vampire Weekend
- Eerie Wanda
- Damien Jurado
- FIDLAR

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    Why Hasn't Everything Already Disappeared? (2019)

    Sortie : . Rock et art rock. 10 morceaux.

    Album de Deerhunter

    J'ai cédé au leak d'1 mois en avance. Ayant eu un aperçu en live de quasiment toutes les chansons de l'album, ma curiosité était telle que je n'ai pas pu résister à l'écouter aussitôt sa disponibilité officieuse.
    Après le mal-aimé à tort du sombre et virulent Monomania, l'échec de Fading Frontier, Deerhunter a pris le plus long break entre 2 albums soit 3 ans. Entre temps Lotus Plaza était toujours en sommeil tout autant qu'Atlas Sound. Quelle direction va emprunter ce groupe?
    Finalement, WHEAD est une suite plus digeste et intéressante de FF avec un léger zeste d'HD pour la propreté sonore. L'ère Cryptograms/Microcastle semble définitivement faire parti du passé (en tout cas en version studio) alors qu'en se fiant aux versions lives de ces chansons on pouvait penser le contraire car il y'a un aspect décousu, alambiqué plus "brut" qu'on ne retrouve pas en version studio. L'album commence par un "Death in midsummer" propre,( titre faisant froid dans le dos sachant la disparition de Josh Fauver quelques semaines après que le groupe dévoile ce titre en guise de 1er single), la chanson est toute douce, très mélodieuse au même titre que "What happens" entrainante avec ce riff de guitare répété à l'infini. Le groupe propose des chansons beaucoup plus scolaires et classiques mais la patte DH fait qu'il y'a toujours des éléments originaux se révélant être du génie : comme un certain morceau "Détournement" sorti de nulle part.En revanche à certains moments la conformité sonore du groupe ne passe pas comme sur "Futurism" prometteur en live mais très décevant en studio où il ne se passe rien, très passe-partout et anormalement peu inspiré pour ce groupe.
    L'album finit sur une bonne note avec un "Nocturne" mélangeant un côté expérimental version Cryptograms et une clarté sonore de ces derniers albums. Globalement, cet album est extrêmement bien produit par Cate Le Bon et Ben Allen, DH poursuit dans sa nouvelle lignée "popeuse"avec des morceaux propres et aériens mais le tout manque un peu de folie et de prises de risques qu’on retrouvait dans la production de Nicolas Vernhes. De surcroit l'album est très court en fait et c'est assez frustrant car cela laisse une impression que le DH en a encore dans son sac et ne nous a pas tout dit.
    Et puis on veut plus de Lockett la prochaine fois ++++
    Sinon, cet album est un potentiel grower contrairement à FF où d'emblée cela était certain que ça ne passerait jamais. WHEAD n'est surement pas du même acabit que les 4ers albums
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    The Unseen in Between (2019)

    Sortie : . Rock, folk, rock folk, rock psychédélique et néofolk. 9 morceaux.

    Album de Steve Gunn

    Steve Gunn, ce songwriter tellement discret est un des guitaristes les plus talentueux de cette décennie et le prouve encore à travers cet album suivant le merveilleux « Eyes on the lines » sorti il y’a 2 ans et demi. Steve Gunn effectue un léger retour aux sources s’eloignant à petit pas de l’ambiance plus électrique amorcée par le précédent album afin de s’approcher des ambiances plus acoustiques et mélancoliques à la « Way out Weather » de 5 ans son aîné. Gunn offre ici un des albums les plus intimes et touchant car il parle désormais son histoire sachant qu’autrefois il préférait créer ou raconter les aventures des autres personnes réelles ou non. En effet le morceau purement acoustique « Stonehurst Cowboy » est un hommage au père du chanteur décédé il y’a 2 ans, Gunn chantant ici d’une voix anormalement plus haute et extrêmement fébrile où l’emotion est plus que palpable. Les autres morceaux abordent des thèmes favoris au chanteur qu’on retrouvait déjà dans les albums précédents : la nature, le voyage...
    « Vagabond » fait penser au « Conditions Wild » de Eyes on the Lines où la maîtrise de Gunn et sa capacité à composer des balades paraissent d’une facilité déconcertante avec un jeu de guitare à en faire rougir plus d’un, notons également la talentueuse Meg Baird dans les vocaux confortant cette touche de légèreté. Le morceau suivant « Chance » est davantage plus rêveur et d’une douceur inégalée avec un riff marquant les esprits.
    Chaque morceau est une surprise où Gunn parvient toujours à approcher la perfection alors qu’on croyait être arrivé au bout de nos surprises et émotions ... voilà qu’un splendide « Lightning Field » fait son apparition, à la fois plus électrique et voluptueux par la douce voix de Gunn, bref on reste bouche-bée devant cette magnificence surnaturelle.. La fin de l’opus se concluant sur un plus classique et plus lent mais d’ores et déjà mythique « Paranoid » où tous les ingrédients propres à Gunn sont réunis pour former un bon morceau : des accords de guitare somptueux, une lenteur apaisée...
    Gunn nous tient en haleine du début à la fin à travers des morceaux paradoxalement uniformes mais variés et éternellement inspirés. Le tout est extrêmement bien produit où on se retrouve vite littéralement absorber dans le monde si particulier de Steve qui nous transporte à travers ces flots de guitares tellement fluides proposant dès lors un de ses meilleurs albums. Même s’il est plus juste d’affirmer que chacun de ses opus est en fait le
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    Myth of a Man (2019)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de Night Beats

    1ère déception de l'année... Night Beats est un groupe qui est resté toujours fidèle à lui-même en restant cloisonné dans leur musique psyché un peu trop similaire à BRMC & co, en somme ne nous surprenant jamais mais le tout restait néanmoins bien ficelé, accessible et agréable à écouter. Et puis ce cocon crée tissait un lien avec l'auditeur qui savait exactement à quoi s'attendre quand un nouvel album des Night Beats paraissait, demeurant une valeur sur quoi se poser, ne pouvant donc jamais surprendre et par corrélation jamais décevoir non plus.

    3 ans déjà après le limpide et ce calme virulent "Who sold my generation" ... Night Beats rempile avec ce Myth of a Man... à l'annonce de Dan Auerbach des Black Keys à la production, on sent effectivement que le vent va tourner et on ne s'y trompe pas. Dès le 1er morceau "Her cold cold heart", sorte de balade pop-rock plate quasi-insipide, on se retrouve déconcerté... l'influence de Dan est beaucoup trop présente étouffant toute liberté de création au groupe et distiller ses propres racines... Night Beats se retrouve ainsi presque aliéner et devient totalement méconnaissable sur le plan musical. La suite de l'opus ne s'avère guère mieux. "One thing" et son riff à la U2, le morceau se voulant être accessible voire FM-isé regorge de défauts irritants avec des gimmicks complètement délétères... jamais Night Beats ne nous avait habitué à cela. Malheureusement plus on avance vers l'opus plus on se rend compte qu'aucun morceau ne sauvera l'opus du naufrage... Le tout forme un bloc totalement homogène, répétitif, insipide, aliéné, excessivement avec cette volonté d'être "FM-isé" et accessible. Le groupe a surement eu envie d'explorer d'autres contrées car cela faisait depuis 2011 qu'il surfait sur un unique terrain connu (mais il le faisait bien!) mais hélas ici Night Beats se retrouve prisonnier par les tentacules de Auerbach et ne s'exprime pas, un autre groupe semble avoir pris le contrôle. Night Beats a perdu toute identité et le clivage avec les albums précédents est vraiment trop sévère et brutal.
    Non. C'est un échec. Je préfère les groupes faisant toujours la même chose tant que c'est bien fait qu'une tentative forcée d'explorations d'autres territoires semblant perdu d'avance. Et je pense que Night Beats n'était pas prêt à cela. Ou du moins, le groupe était prêt mais s'y est très mal pris.
    Edit: effectivement je viens de voir que tout le monde est parti du groupe, reste seul le chanteur. Tout s'explique
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    Remind Me Tomorrow (2019)

    Sortie : . Pop indé et synthpop. 10 morceaux.

    Album de Sharon Van Etten

    Avec quelques années de retard, c'est la 1ère fois que j'écoute un album en entier de Sharon Van Etten, curiosité attisée à son paroxysme de par les louanges auréolant l'album à peine sorti en ce début d'année.
    Fort est de constater que cet opus est à la hauteur des bonnes critiques.... Il contient quasiment que des pépites d'or à l'instar d'un solennel et envoûtant "Memorial Day" où le rythme, les envolées vocaux célestes font penser à une marche funèbre sans tomber dans un désespoir complet. D'autres morceaux sont beaucoup plus énergiques comme le classique "Comeback Kid" où par ailleurs la transition avec le "Memorial Day" est déconcertant passant d'un moment intime à une extériorisation des sentiments. Le morceau final "Stay" est excellent et fait penser à du Perfume Genius de par cette fraîcheur et ce côté pop enrichi qui est le reflet de toute la beauté de l'opus. Alors que "You Shadow" semble déjà mythique, ressemblant à du Courtney Barnett des bons vieux temps, le tout très bien ficelé, limpide et rafraichissant. En somme, Sharon a pris le temps de produire cet opus, et ce temps lui a permis de créer un album frôlant les recoins de la perfection. Il est vraiment très varié mêlant des morceaux mystérieux et calmes comme "Memorial Day" ou "Malibu" à des bombes énérgiques indie comme "Comeback kid" ou "You shadow"... bref on ne s'ennuie vraiment pas dès lors qu'on comprend dès le 1er morceau que cet opus est solide.
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    Outer Peace (2019)

    Sortie : . Chillwave. 10 morceaux.

    Album de Toro y Moi

  • Highway Hypnosis

    13 morceaux.

    Album de Sneaks

    Sneaks aka la plus cool des Eva revient pour un nouvel album qui contre toute attente n'est pas une redite des précédents sur le fond, mais l'est toujours sur la forme avec un opus n'excédant pas les 30 minutes.
    Highway Hypnosis troque les basses rondes, les synthés et l'aspect groovy post-punk contre des sonorités plus diverses variant électro, le hip-hop, parfois lo-fi, parfois punk.
    Le 1er morceau éponyme annonce d'emblée le ton de l'opus qui ne sera effectivement pas facile à décortiquer, un "Highway hypnosis" susurré et murmuré tout le long de la chanson accompagné d'un arrière-fond musical alambiqué. D'autres morceaux sont plus accessibles tels que le lo-fi "And We're off" où 1 nouvel instrument s'ajoute dans le combo légendaire basse + boîtes à rythmes (non binaire), qui est une ligne de guitare électrique à l'arrière-plan. Ce genre de morceau est une aventure pour Sneaks qui s'extirpe petit à petit de son terrain de prédilection afin de tâter d'autres horizons. Le morceau suivant "A Lil close" est tout aussi intéressant voire attachant, non commun pour du Sneaks où toute lourdeur est ôtée restant des sons légers et aériens. Certains morceaux sont beaucoup plus accessibles lors d'un 1er contact comme "Ectasy" sans véritable ligne directrice ou des morceaux trop courts empêchant toute accroche ou un peu trop précocement avorté comme ""Addis" ou "Saiditzoneza"...
    En somme, Sneaks sort finalement de sa zone de concert pour tâter ici ou là divers autres territoires, souvent avec brio même si quelques échecs se dispersent parmi la très bonne majorité de l'album. Highway Hypnosis est pour sûr un album qui DOIT s'écouter plusieurs fois pour saisir toutes les subtilités et adhérer à certaines chansons quasi-inacessibles. La diversité qualitative extrinsèque et intrinsèque est une force de l'album obstruant tout ennui. Contrairement à ses autres albums déjà fort intéressants, cet opus semble être finalement le plus abouti.
  • I Have to Feed Larry's Hawk (2019)

    Sortie : . 14 morceaux.

    Album de Tim Presley

    L'un des compositeurs favoris revient pour un nouvel album solo 3 ans plus tard sous un nouveau nom. Après White Fence, Tim Presley voici tout simplement le Tim Presley's White Fence. Cet opus est bien entendu chapeauté par son acolyte Cate Le Bon mais le tout reste différent d'un Drinks. TPWF comme le disait dans plusieurs interview souhaitait abandonner ce côté un peu trop lo-fi qu'il explorait de fond en comble depuis ses débuts, et effectivement force est de constater que cet opus est l'un des mieux produits de toute sa discographie. Il y'a beaucoup de morceaux faisant office d'une douce balade comme l'excellent mélancolique "Phone" et son piano accrocheur, le single "Lorelei" l'un des morceaux les plus accessibles de Tim Presley avec cette ambiance sous-jacente rêveur/psyché ou encore l'ouverture "I have to feed" à la fois triste, inquiétant et paisible (par ailleurs le clip vidéo est à regarder). Tim Presley a plusieurs facettes et a cette faculté de changer de registre d'une certaine facilité et d'ailleurs chassez le naturel il revient au galop comme l'indique le morceau "Until you walk" typique d'un TPWF avec cet aspect faussement décousu, la voix caractéristique faussement fausse et négligée, ce morceau pourrait parfaitement bien figurer sur le précédent album solo de Tim Presley de 2016. Il en est de même pour le sautillant "Neighborhood light" faisant songer au White Fence des débuts en moins psyché et plus terre à terre. Bref globalement cet opus est excellent (chut : on tait les quelques longueurs sur les 2 derniers morceaux), Tim Presley est un vrai caméléon doué capable de jouer sur plusieurs tableaux et ambiances produisant là l'un de ses meilleurs albums avec des morceaux tous intéressants, variés et aboutis. Tim Presley version hi-fi, on prend sans broncher.
  • Goes West (2019)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de William Tyler

    William Tyler n'avait plus rien à prouver de son talent. Or cet opus pousse la perfection dans ses retranchements alors qu'on croyait ses limites atteintes.
    Goes West est un album sans faute formant un tout cohérent, l'écoute de l'album de façon linéaire est une réelle expérience sonore avec une immersion entière. William Tyler et ses nombreux invités (dont Meg Duffy) démontrent sans prétention aucune la dextérité inouïe d'un jeu de guitare époustouflant, un jeu limpide, des accords dantesques. L'ambiance est champêtre et paisible, William Tyler sans jamais nous ennuyer sur les 10 morceaux a l'art de raconter des histoires sans des mots. Comme un Steve Gunn (son grand ami) ôté de paroles. Cet opus est captivant où chaque écoute est en permanence une vraie découverte. Ce virtuose de guitariste nous surprendra toujours!
  • Phoenix (2019)

    Sortie : . 13 morceaux.

    Album de Pedro the Lion

    David Bazan est de retour 15 ans après le dernier album de Pedro The Lion qui était à l'époque une nouvelle source sûre du Slowcore nouvelle génération. David Bazan d'après ses dires a traversé des périodes de péripéties mais sort maintenant la tête hors de l'eau mais hélas ce nouvel album est une déception qui n'apporte rien de plus au sein de cette décennie touchant à sa fin.
    Phoenix fait penser à du Death Cab mélangé à des échos de Pedro The Lion des débuts des années 2000 et le tout est malheureusement pas novateur du tout. Y règne toujours une ambiance globalement triste, lente, mélancolique (le Slowcore donc) et lourde, lourde dans le sens où les 13 morceaux sont très difficiles à distinguer étant trop homogène ajouté à cela des longueurs à gogo généralement inutiles. La majorité des morceaux ne sont pas intrinsèquement désagréables mais le point noir réside dans le fait où le tout est tellement prévisible ôtant toute envie de poursuivre l'opus jusqu'au point d'orgue. L'impression que le groupe essaie de changer mais le reflet n'est alors qu'une copie moins bonne des anciens temps. Et le temps est long, très long à l'écoute de l'opus provoquant un ennui irréversible. Quel dommage.
  • Rat’s Spit (2019)

    Sortie : . 9 morceaux.

    Album de Julian Lynch

    Entre 2 répétitions avec Real Estate pour un nouvel album qui ne va plus tarder à venir, Julian Lynch s'offre une petite interlude en solo pour son énième album sous son propre nom. Rat's Spit est un opus fort intéressant et agréable poussant le psyché à la croisée du shoegaze dans ses retranchements. Fan de reverb, vous voilà servis et ce, copieusement. Julian Lynch allie avec brio une voix quasi neutre mais paradoxalement envoutante à des lignes de guitares célestes s'étalant à n'en jamais finir, sans jamais nous lasser. Cet opus est un voyage immédiat à travers la voie galactée, et le tout nous donne envie d'y rester presqu'éternellement. En somme, très bon album de Julian Lynch à écouter sous un tout afin de profiter davantage de tous les bénéfices sonores et au-delà des expériences que celui-ci nous offre.
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    It Won/T Be Like This All the Time (2019)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de The Twilight Sad

    Voilà un groupe écossais dont je ne connaissais pas l'existence. La plupart des critiques de ce début d'année semble être relativement favorable envers cet opus alors pourquoi ne pas l'écouter?
    Au final, bof. Ce groupe surfe sur une vague post-punk avec cette ambiance caractéristique pré-apocalyptique, nostalgique et mélancolique où un très bon morceau est mis en valeur "The Arbor" faisant penser à du Eagulls ou du Smiths. Si tous les autres morceaux pouvaient s'inspirer de celui-ci, l'album serait très satisfaisant mais hélas le reste de l'opus est un peu trop cliché ou alors contient de bonnes idées sous-jacentes que le groupe ne parvient pas à convertir comme 'Sunday day 13" où règne une tension permanente tout le long du morceau menant finalement nulle part. La dernière partie de l'opus n'est que cris de désespoir inutile ou forcés composé de morceaux totalement non distinguables car basés sur exactement un même schéma. Au final, cet opus a atteint bien trop vite ses limites, y existe une frustration dans la mesure où celui-ci a vraiment un potentiel très important mais vite gaspillé par des mauvais choix du groupe restant un peu trop dans la sécurité accompagné bien souvent de morceaux "types" du genre sans creuser au-delà.
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    Quiet Signs (2019)

    Sortie : . 9 morceaux.

    Album de Jessica Pratt

    Serait-ce précoce de proclamer la mention "AOTY" alors qu'il reste encore 11 mois? Sans réponse. Mais en fait surement pas.
    Jessica Pratt délivre ici une bombe dont on n'était pas assez préparé pour prendre les dispositions émotionnelles requises au préalable afin de la recevoir.
    Quiet Signs comme indique le nom de l'album est un petit bijou d'une candeur et d'une douceur difficilement égalables liant à la fois interrogation, désespoir, mélancolie et des onces de bonheur distillées ici et là. Un opus à écouter en silence au coin du feu. Jessica Pratt dotée de sa voix touchante et céleste accompagné d'une guitare et de quelques claviers offrent 9 morceaux concentrés en émotion et fraîcheur sans tombés dans les travers de ces cordes-là. Tout commence par le duo "Opening night" et "As the world turns" offrant là l'une des plus belles transitions entre 2 morceaux... Un motif d'une simple guitare répété tout le long de la chanson, une voix provoquant des frissons... il en faut peu parfois pour produire des emblèmes et ceci en est une preuve irréfutable. "Here my love" plutôt anormalement joyeux rempli d'espoir est une démonstration d'arrangements subtiles bien ficelés sans prétention aucune, quel dommage qu'il se finit de manière précipitée. Arrive enfin le morceau clé "Crossing" suivant le single religieux 'This time around" ; Jessica Pratt nous envoie directement dans le cosmos avec ce Crossing qui atteint la perfection croyant étant naïvement arrivée au bout de nos surprises, ces guitares circulaires, des échos de voix, des murmures, aucune agression sonore. Que dire de plus? Cet opus acoustique est l'un des meilleurs de la décennie, unique en son genre, où divers états d'âme s'entremêlent sans jamais tomber dans le piège facile du full-pathos, ici se croisent des zestes de chagrins, des lueurs d'espoir, la paix intérieure.Tantôt solennel, tantôt religieux, on ne peut que être spectateur attentif bouche bée d'un trésor composé pour nous en toute humilité, un trésor d'une production hors-norme valant de l'or, c'est certain. Jessica Pratt est indéniablement l'une des songwriteuses les plus talentueuses de cette génération. Discrète mais puissante.
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    What Chaos Is Imaginary (2019)

    Sortie : . Rock et pop. 14 morceaux.

    Album de Girlpool

    Le 3ème de Girlpool, à peine 2 ans après le très bon Powerplant. Entre temps, le duo a subi beaucoup de bouleversements : tout d'abord Cleo qui a réalisé sa transition et a du faire face à sa nouvelle voix et d'autre part Harmony qui a traversé une phase de "nervous breakdown".
    Le titre de l'opus est d'ailleurs évocateur, et effectivement l'opus est le plus sombre des 3, exit le côté rêveur et "enfantin" (pas dans le mauvais sens du terme), place ici musicalement à des guitares plus lourdes, la diminution drastique des harmonies entre les 2 participant autrefois à cet aspect de candeur. Harmony et Cleo n'étaient pas tout à fait ensemble pour la réalisation de cet opus, ainsi chaque morceau possède désormais un lead vocal, chanson composée par Harmony ou Cleo.
    Dès le 1er morceau "Lucy", le ton est donné où l'on découvre un nouveau Cleo, sa nouvelle voix plus profonde mise en avant et avec discrètement la voix fluette d'Harmonie derrière. Et c'est ainsi que se conçoit l'opus avec des morceaux plus bruts de Cleo et sa "new life' comme il chante sur "Hire" alternant avec des chansons davantage mélancoliques d'Harmony tels que "Where you sink" ou l'excellent "Pretty" faisant songer à "She goes by". Autre point qui diffère de Powerplant est le rythme qui s'avère plus ralenti, si bien que subsiste cette nouvelle direction entreprise avec le précédent opus via une formation plus conventionnelle avec l'ajout d'un batteur, sur cet opus tout semble plus chaotique, lent et moins précipité, l'engouement laisse place à un temps de réflexion et de maturation avec des tonalités plus inquiétantes même sur le dernier morceau "Roses" quasi vaporeux et instrumental mais avec des échos d'angoisse sous-jacent. Globalement c'est un très bon album mais effectivement à titre personnel, le côté jovial et innocent propre au duo depuis 2014 manque cruellement mais bon il faut bien grandir un jour ou l'autre, ajouté à cela un léger manque de cohérence entre les chansons ancrées désormais sur un mode dichotomique. Hormis ces petites remarques, cet opus signe un nouveau départ pour le duo, et départ réussi avec brio. La façon de se voir à travers ce duo évoluant en même temps que moi (ayant le même age qu'eux) est à la fois angoissant et rassurant. Bref très bon album encore une fois.
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    Tip of the Sphere (2019)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de Cass McCombs

    Cass McCombs remet le couvert 2 ans et demi après l'excellent "Mangry Love" suivie de la longue tournée mondiale.
    Tip of the Sphere est un opus continuant sur la même lancée en version davantage folk et plus lent sans morceau pêchu à l'instar du "Chinese Alley" de Mangry Love. Cass Mccombs n'a plus rien à démontrer de son génie, de son talent et conforte sa place de l'un des plus grands songwriters de la décennie. "Sleeping Volcanoes" (qu'il jouait déjà en live 2 ans plus tôt) est un pilier de l'album avec toujours cette même formule efficace paraissant faussement si facile à exécuter, la voix de Cass toujours d'un calme religieux, la mélodie jonglant entre douce balade champêtre et mélancolie. Il en de même pour l'autre merveilleux single "Estrella" et sa quiétude remarquable où l'impression de voyager dans les hautes sphères est réelle. Ces 2 géants morceaux sont dotés d'une telle force qu'ils semblent malheureusement presque annihiler et décentrer le reste de l'opus alors qu'il y'a des chansons remarquables tels que l'acoustique "Prayer for another day" où Cass n'hésite plus à grimper dans les aigus tout en harmonie avec cette ligne de guitare à la fois chaleureuse, étincelante et froide. Sublime. Et puis parfois Cass se lâche notamment à la fin de l'opus avec ce morceau ovni qu'est l'étrange "American Canyon Sutra", inquiétant au premier abord avec le "Where are you?" répété de façon robotique, morceau en net rupture avec le reste de l'opus que ce soit sur le plan émotionnel que structurel... Pas désagréable mais pas non plus attachant ni mémorable. On ne pourra pas blâmer Cass d'être resté dans son terrain de confort !
    Pour conclure, sans surprise, excellent opus de Cass.. le petit souci réside dans le fait que Cass place tellement la barre haute de façon perpétuelle que cet opus est presque trop prévisible où l'on se doute très bien que pratiquement tous les morceaux sont magiques.
  • Sunshine Rock (2019)

    Sortie : . Rock alternatif et powerpop. 12 morceaux.

    Album de Bob Mould

    L'ancien membre des Husker Du revient avec cet album "Sunshine Rock" proposant du rock dans son sens le plus basique et brut, un peu à la J Mascis avec des guitares lourdes et fortes. Globalement pas mauvais mais les chansons sont quasi toutes "passe-partout" sans once d'originalité. L'album se révèle être trop homogène obstruant la capacité d'attention diminuant drastiquement au fur et à mesure des morceaux. Ne connaissant pas la carrière solo de Bob Mould, cet album s'avérerait comme un retour aux sources avec un opus plus lumineux et plus rock comparé aux escapades électroniques des albums précédents. D'accord donc !
    Album sympa sans plus non mémorable mais rien de nouveau sous le soleil.
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    Helium (2019)

    Sortie : . 13 morceaux.

    Album de Homeshake

    Un album sans prise de tête ni de risques surfant en terrain connu, l'ancien membre du live band de Mac Demarco revient 2 ans après son dernier album pour proposer cet opus portant bien son nom "Helium" qui fait étrangement penser au dernier Porches. Homeshake poursuit de manière plus concrète ce nouveau virage synthé entrepris depuis Fresh Air. Ici, inutile de tergiverser, de réfléchir, de chercher un sens caché, l'écoute est ici simpliste où le but étant de se laisser transporter par cette musique à la cool et vaporeuse concoctée par Peter Sagar. L'ensemble forme un tout fortement linéaire, sans contestation très relaxant commencent par le 2nd titre "Anything at all" au tempo lent, aux reverbs célestes appuyé par la voix apaisante de Peter. Le reste de l'opus alterne entre transitions courtes tantôt bien placées tantôt faisant malheureusement office de remplissage avec des morceaux qui globalement restent sur une seule et même structure à la fois sur la forme et le fond parfois trop artificiel: des vocodeurs, des synthés, des boîtes à rythmes, des reverbs. Le tout est tellement trop homogène qu'inévitablement l'ennui s'installe de façon exponentielle, l'effet détente-relaxant escompté laisse place à des moments d'absence puis d'inattention. Par ailleurs, les morceaux ont du mal à bien conclure notamment sur "Nothing could be better" ou "Anything" avec une fin abrupte et surprenante. Globalement c'est un opus passable avec son lot de défauts et qualités où Peter semble dépasser même son camarade Mac dans le domaine de la musique "chill", cependant ici tout semble tellement plat, amorphe, sans rythme et répétitif contrairement aux opus précédents que s'instaure malheureusement un ennui précoce! De fait, faut-il surement écouter des morceaux par-ci par-là et non l'album en un tout pour mieux en apprécier le contenu. Malheureusement l'ensemble demeure vide et cet opus semble un trop "flemmard" voire facile quant on compare aux excellent 2 premiers albums de Homeshake
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    placeholder (2019)

    Sortie : . 12 morceaux.

    Album de Hand Habits

    La talentueuse Meg Duffy est de retour 2 ans après son 1er opus qui liait douceur, mélancolie et rêve. Placeholder suit globalement cette même lignée avec des reverbs devenant moins prépondérant permettant à Meg d'être davantage propulsée sur le devant de la scène que ce soit sur le plan "vocal" où sa voix est désormais plus puissante et moins camouflée, que sur le plan instrumental où les guitares sont plus claires. Des titres comme "Pacify" et sa quiétude déjà légendaire ou l'excellent tout en acoustique "Wildfire" constituent la plaque tournante de la magnificence de l'opus où le pic de sensibilité atteint son paroxysme. La fin de "Jessica" est incroyable où on a enfin le talent de guitare de Meg qui est exposé au grand jour à travers ce joli solo électrique comme on l'attendait tant depuis le 1er opus. Des échos à son prédécesseur sont distillés ici et là comme la reprise de "Yr Heart" ou la 2ème partie de "The book on how to change" toujours autant sublimés. Contrastant avec cet atmosphère paisible, Meg s'amuse un peu avec le court ovni "Heat" où ça bidouille de manière aléatoire et le tout est fort intéressant mine de rien !
    Tout ça pour dire que Placeholder est du même (voire un chouïa meilleur ) acabit que Wildly Idle. Meg confirme encore plus son statut de songwriteuse et guitariste d'un talent inestimé. Cet album est encore une fois un bijou en grower à consommer sans modération.
  • True North (2019)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de Michael Chapman

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    Eton Alive (2019)

    Sortie : . 12 morceaux.

    Album de Sleaford Mods

    Après le English Tapas d'il y'a 2 ans, Sleaford Mods continue sur le champ lexical de l'alimentation avec ce titre symbolique de "Eton Alive". Un album sorti en même temps que la discorde d'étiologie indéterminée entre des groupes de proximité qui montent en flèche : j'appelle IDLES et Fat White Family.
    Bref, Eton Alive est leur opus le plus "bizarre" et traçant une rupture sur le plan musical avec tous les autres albums. Andrew, le compositeur musical, troque ses beats punk et agressifs contre des sonorités électroniques, des expérimentations de bidouillages de machines comme on le note d'emblée sur le 1er morceau "Into the payzone" qui peut paraître de prime abord assez déstabilisant musicalement parlant pour les habitués du duo, une boîte à rythme moins agressive, une tendance électronique - techno accrue qui se poursuit avec le 2nd morceau "Kebab Spider", cette fois-ci plus rythmée mais avec un clivage davantage renforcée avec le Sleaford Mods d'antan, beaucoup moins post-punk et groovy. Plus artificiel. Une rage quasi complètement tapie au profit d'un profil faussement plus enjoué corrélé à cette musique de club. Suivant cette phase de surprise, l'album ou moi-même subit un passage à vide durant le milieu de l'opus où les morceaux s'enlisent dans une spirale de répétition amorphe induisant le fait que peu de choses sont mémorisées ; les morceaux paraissent davantage vidés de leur contenu comme "OBCT" trop doux, seul le "Flipside" réveille de la torpeur même avec un autre type de vivacité électronique assez anxiogène...
    Sleaford Mods n'a ici mis que très peu de puissance et de rage contrairement aux précédents albums, c'est presque le jour et la nuit. Le tout est très vide, avec la plupart des chansons étant anecdotique ajoutée à un manque de dynamisme notable si bien que les paroles restent toutes aussi vindicatives. Globalement c'est l'album le moins pertinent du groupe et hélas très décevant et en 1/2 teinte.
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    Crushing (2019)

    Sortie : . Indie Folk. 10 morceaux.

    Album de Julia Jacklin

    2ème album pour Julia Jacklin. Et ce 2ème est une réelle pépite. Julia Jacklin démontre encore une fois son talent tout court et son don pour la polyvalence où elle s'approprie aisément toutes les émotions pour les projeter de manière fidèle à l'auditeur, surfant sur différents tableaux musicaux d'une façon aisée, passant de moments plus calmes jouxtant la mélancolie à des moments plus bruts que ce soit entre les chansons ou encore plus fort intra-chansons comme l'excellentissime "Turn me down" débutant calmement avec une pause silencieuse pour partir en crescendo associée à une colère grimpant à petit pas en même temps que la batterie millimétrée, jusqu'à un pic où toute la pression redescend pour rejoindre le même schème que la 1ère partie du morceau. Le tout paraît si faussement aisé à réaliser. Cet opus comprend des chansons assez classiques et énergiques comme Head Alone ou You were Right mais se distinguant par la voix si caractéristique de Julia frôlant parfois la timidité, pas totalement transparente mais pas pleinement mise en avance non plus. Des chansons plus intrigantes, lentes et calmes comme "Good guy" ou "Don't know" sont dotées d'une magnificence intrinsèque et d'une beauté céleste sans tomber dans ce côté pathos trop facile qu'on retrouve chez d'autres. Bref, Julia est une songwritrice qui mérite une plus grande reconnaissance et ce 2nd opus est un perfectionnement de son très bon 1er album, Julia telle un caméléon a le don de s'adapter facilement à tous les tableaux et en le faisant bien. Ainsi cet opus est riche, varié et original. Bravo.
  • Mystery Hour (2019)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de Pavo Pavo

    Pavo Pavo c'est un groupe de 5 personnes articulé autour d'un ex-couple Oliver et Eliza dont le 1er album est sorti il y'a 3 ans (et que je vais m'empresser de l'écouter), et là apparaît Mystery Hour leur 2nd opus. Le contexte particulier régnant autour de celui-ci est la rupture de ce couple imagée d'emblée par la cover avec la distance des 2 membres contrairement au 1er opus qui montrait alors un couple main dans la main. Néanmoins cet album s'avère paradoxalement joyeux, -comme si cette séparation est en fait un atout et non pas un drame- et si vite attachant au point où tous les défauts mineurs errant de part et d'autre sont très vite gommés par la musique chaleureuse, rêveuse à la limite de l'innocence formant un tout d'une sincérité déconcertante. Le groupe touche-à-tout ne se cantonnant pas à un seul style de musique prédéfini, on y trouve bien de façon prédominante de l'indie/dream-pop, un aspect musique de chambre mais aussi de très légères touches électroniques. L'opus est bon du début à la fin et les morceaux s'enchaînent d'une manière très fluide, sans aucune redondance. Bref c'est un album qui réchauffera les coeurs durant cette période hivernale mais ce sera à coup sûr l'album de l'été de par cet atmosphère paisible et ensoleillée à la Beach Boys.
  • Post Earth (2019)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de Feels

    Décidément ce début d'année est riche en surprises. Feels est un groupe qui m'est totalement inconnue et cet album ayant reçu de bonnes critiques de façon unanime, c'était de mon devoir d'émettre un jugement, curiosité oblige.
    Post Earth est en fait leur 2nd album qui est une véritable bombe énergique rafraichissante. On a affaire à du punk féminin comme au bon jour des Sleater Kinney ou des Vivian Girls par exemple. Mais attention, les oreilles ne se retrouvent pas agressées bien au contraire, dès le 1er titre "Car" le groupe instaure son vif climat rempli de détermination via ces riffs de guitare puissants mais le tout est atténué sans réelle explosion, y persiste une intuition que le groupe a l'intention de réserver au début ! Le morceau qui suit "Awful need" joue également sur ce tableau de faux calme ou d'un dynamisme modéré où le tout est très limpide voire doux, se terminant sur une fin abrupte. Arrive enfin l'explosion tant attendue avec le "Deconstructed" où le groupe ne pouvait plus longtemps se retenir avec ce morceau typiquement punk ne dépassant pas 1m30 où tout semble chaotique, les riffs rapides de guitare, la batterie se lâchant, les voix beaucoup plus criardes mais toujours retenues. Le groupe réalise là une belle performance avec brio sans tomber dans les travers et clichés de ce genre musical. Par la suite, les autres morceaux oscillent entre ces différents d'états d'âme : modéré ou non ; du scintillant et cool "WFL" au groovy et mystérieux "Toolbooth" en passant par le tendu et pesant (au niveau de l'ambiance) "Last Chance" pour finir par un doux apocalyptique "Flowers". Bref cet opus est une réelle pépite avec une 1ère partie plus captivante et catchy pour progressivement acheminer vers des douces contrées sous forme de catharsis. Feels est un groupe très talentueux et prometteur, Post-Earth est une vraie claque et réussite !
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    Careful (2019)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de Boy Harsher

    Boy Harsher est un duo composé d'un couple Jae et Augustus qui publie ici leur 2nd long effort Careful. A la manière d'un The KVB en plus dark et électronique, le duo propose ici un ensemble ancré dans la coldwave à synthés où les chansons ne laissent pas indifférent de par en 1er lieu -et de façon évidente- cette ambiance ténébreuse et glaçante traversant toutes les couches de l'atmosphère sans une once de lueurs associée représentée de façon fiable par la cover rouge sanguine. Les morceaux qualitativement sont intéressants, certes basés sur un schéma univoque, mais ont le mérite d'avoir une puissance très captivante comme notamment le rythmé "Come Closer" avec sa boîte à rythmes et ce synthé entêtant dont on ne peut se défaire ou l'hypnotisant "LA" aux motifs dansants répétés à l'infini en passant par l'intriguant "Crush" où Jae balance des murmures de désespoir en parallèle aux cris stridents des synthés. Bref globalement quelques mots peuvent résumer l'opus consistant en : sombre, glaçant, dansant, captivant. Au final c'est une vraie réussite mais le ton très pesant peut être un obstacle primitif pour les non-habitués.
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    Happy in the Hollow (2019)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de TOY

    4ème album pour ce groupe anglais. Ici malgré un titre d'opus faussement annonciateur de son contenu atmosphérique, celui-ci croise à la fois la principalement mélancolie mêlé à semblant de plénitude. Cet album est le plus abouti du groupe et le plus complet, chose qui paraît évidente en se rappelant des débuts un peu trop formel du groupe, désormais Toy a clairement une identité à part entière. L'opus jongle entre des terrains davantage psyché lumineux très bien maîtrisé comme "Mistake a stranger" ou le lent vaporeux et paisible "You make me Forget myself", en cohabitation avec des élans krautrock aux ambiances plus sombres et inquiétantes sans toutefois être pesant comme le morceau entêtant "Energy" qui délivre un sentiment d'urgence appuyé par cette batterie répétitive, des cordes aigus et stridentes ici et là ou encore le meilleur morceau de l'album à mon goût "Jolt Awake" distillant krautrock et électro avec une excellente ligne de basse typiquement "krautrockien" très hypnotisante se répétant à l'infini, le tout dans un climat obscur presque sans issue. TOY joue également avec cet excellent court morceau instrumental tout en acoustique "Charlie's House" en totale opposition avec l'atmosphère général de l'opus où les claviers cristallins participent ici à la constitution d'un cadre idyllique, brillant et frais. Bref cet opus de TOY est une excellente surprise à cheval sur différents terrains à la fois si différent et proche mais donnant un ensemble bien cadré, homogène et cohérent. Le groupe réussit même le pari de rendre une ambiance sombre très plaisant à l'écoute.
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    Tasmania (2019)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de Pond

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    Sasami (2019)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de Sasami

    Voici enfin le 1er album de Sasami Ashworth. Nom de famille sonnant familier car effectivementi elle est bien la soeur de Joo-Joo, le leader du très bon groupe "Froth". Et décidément, les Ashworth ne déçoivent pas musicalement parlant et se révèlent être très doués dans leur domaine. Bref.
    Sasami propose un 1er opus excellemment bien ficelé avec des guests de taille à savoir Dustin Payseur de Beach Fossils et Devendra Banhart entre autres. L'opus démarre en douceur et de façon classique avec le très Beach Fossilien "I was window" qui pourtant sembler démarrer sur un faux pas avec les quelques secondes de synthés assez irritantes mais le tout s'apaise très rapidement grâce à l'ambleuse chaleureuse et pacifique renforcée par le duo vocal Payseur/Sasami. La suite se révèle être très positivement surprenante où l'on aurait cette forte impression d'écouter un album de Broadcast : Tender Buttons version 2 avec les synthés en moindre abondance car Sasami et la regrettée Trish ont une voix quasi identique : les excellents morceaux "Not the time" et "Morning Comes" en sont la preuve vivante : le dynamisme, les voix intriguantes en canons, l'ambiance claire/obscure qui y règne... bref... cela est criant de ressemblance sans toutefois être dans un copier-coller. D'autres morceaux tels que "At Hollywood" ou le duo avec Soko "Adult contemporary" jouent davantage dans les cordes d'une mélancolie sincère sans hyperbole où les dernières paroles sont déchirantes concernant "At Hollywood", Sasami a le don d'ubiquité des émotions finement bien retranscrites chez l'auditeur. Le morceau à synthés suivant "Jealousy" paraît étrange de prime abord mais à la fin du morceau, il se révèle être totalement cohérent où les "Jealousy jealousy jealousy' ne font qu'hanter nos esprits via cette mystérieuse force puissante.
    En somme, ce 1er opus est une réelle baffe où Sasami ex Cherry Glazer démontre l'étendue de son talent en à peine 10 morceaux tous intéressants et divers. Bref on ne s'ennuie pas et la suite parait tellement prometteur.
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    Nick Waterhouse (2019)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de Nick Waterhouse

    Nick Waterhouse poursuit sa route avec cet album éponyme incontestablement bien raffiné et ficelé centré sur son terrain de prédilection à savoir de la soul très dynamique à l'instar de la chanson "Song for Winners". Cependant 2 défauts inhérents à cet album:
    - En premier lieu, le côté assez dépersonnalisé où Nick calque un peu trop les gimmicks de la soul jusqu'aux vocaux , bien qu'il essaie de concocter quelque chose de davantage moderne, il y subsiste de façon prédominante un air de "déjà-entendu" ou il y'a un manque de naturel et d'originalité
    - En second lieu : hélas, le côté redondant aboutissant inévitablement à un ennui majeur. Les morceaux se calquent les uns sur les autres et sont trop homogènes. Peut être est-ce ma non accoutumance à ce genre de musique induisant un défaut de tolérance? En tout cas, ça tourne un peu rond.
    Mais pour être honnête, l'album sur le plan musical est vraiment excellent, les instruments sont en osmose parfaite, le tout est très bien recherché et émergent de très bons morceaux comme "Man leaves town"cassant un peu la routine de l'opus.
    En somme, bon album mais légèrement plus ennuyeux et cliché que le précédent.
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    II / III (2019)

    Sortie : . 17 morceaux.

    Album de Bruit Noir

    Noir et (auto) dérision. C'est un peu comme cela qu'on peut résumer ce 2ème album de cette super collaboration entre Bouaziz qu'on ne présente plus et Jean-Michel Pirès. Transpirant par toutes les glandes sudoripares un désespoir irrécupérable transmis sous un ton tout aussi las et rempli de jeux de mots de Bouaziz. Ici tout le monde en prend pour son grade, le duo lui-même qui pose déjà d'emblée et ce dès les 1ères secondes de l'opus, la vacuité et l'inutile de son oeuvre ''encore un album pour que dalle". A travers un oeil aiguisé , Bouaziz dépeint tel un peintre dans le métro la société actuelle sans arrondir les angles. Si ce n'est pas le duo lui-même qui est raillé, les politiciens sont les premiers sur la liste suivi des acteurs connus français qui vieillissent tout autant que ce pays et ses idées obsolètes. Et puis nous aussi habitants sommes robotisés et tout aussi responsables voire partisans de ce désastre "nous sommes des collabos". Bref, Bouaziz et Pirès de façon presque désinvoltes font constat d'une société éteinte quasi irrécupérable, sans tomber des cris inutiles ou une agitation puérile, Bouaziz ici comme à l'accoutumée use des bons mots avec sa verve caractéristique qui pique, autant battre le fer quand il est chaud. Et puis bien entendu, l'illustration en musique est tout aussi formidable, les notes sombres et grisonnantes, les interludes captant des bruits du monde, du métro, des gens, des paysages où on se retrouve à la fois spectateur et acteur de notre propre chute.
    Bref encore un album parfait.
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    Titanic Rising (2019)

    Sortie : . 10 morceaux.

    Album de Weyes Blood

    Nathalie propose là un 3ème opus qui est un masterpiece inconstetable. Déjà 3 ans après l'excellent "Front Row Seat to Earth", Weyes pousse la perfection dans ses retranchements avec ce bijou intitulé "Titanic Rising" sans aucun défauts. Tout d'abord l'un des plus pochettes de tous les temps, un authentique monde sous-marin orchestré de toute pièce par Natalie.
    Les arrangements plongeant le monde sous l'eau sont excellemment bien ficelés, la sérénité inquiétante d'Andromeda, l'entraînant et orchestral "Everyday", le majestueux "Mirror Forever"... Bref tous les morceaux n'ont aucune fausse note et bien entendu la somptuosité de l'opus réside au sein de la voix de Natalie qui pourrait quasiment porter les morceaux à eux-tout seuls, cette voix céleste d'une justesse époustouflante à en dompter les flots agités et à hypnotiser telle une sirène. Les interludes sont également bien ancrées ne faisant pas office de remplissage mais renforçant cette ambiance sous-marine dans laquelle on n'est loin d'émerger. En somme, un album quasi-irréel palpant la perfection dotée d'une puissance déconcertante et d'une beauté linéaire rayonnante.
  • M for Empathy (2019)

    Sortie : . 11 morceaux.

    Album de Lomelda

    16 mn seulement pour que Lomelda puisse nous convaincre avec son nouvel album intitulé « M for empathy ». Challenge relevé et challenge réussi avec brio.
    Ce court album se révèle être d’emblée mélancolique avec une ambiance assez morose à la Clear Moon d’un certain Mount Eerie croisant un terrain proche d’un slowcore. Des morceaux purement instrumentaux comme  « M for magic » s’allient à des compositions avec vocaux où le chant de Hannah aka Lomelda est touchant, sans rentrer dans des gimmicks de pathos inutiles. Le tout est totalement attachant et malgré la brièveté de l’opus, on en ressort satisfait et comblé car les morceaux sont franchement aboutis. Certes ici, il n’y a pas de grands arrangements notables ou d’instrumentations complexes, non, tout repose sur la simplicité quasi candide et celle-ci est responsable d’une grand part à la beauté de l’opus qui devient instantanément un ami.