2019, une autre année à regarder des films

Avatar Flaw 70 Liste de

145 films

par Flaw 70

Après une fin d'année 2018 où je me suis détourné un peu du cinéma et de l'exercice de la critique, je reviens en forme pour 2019 mais sous un nouveau format. Au lieu de me fatiguer à écrire longuement sur tout les films que je vois au cinéma (ou via Netflix) qui s'avère parfois un exercice fastidieux surtout lorsqu'on se force parfois à disserter sur des films qui nous ont peu inspirés par pur soucis de cohérence.
Cette année, je vais me lancer dans une liste répertoire, où je vais y mettre tout les films vu par ordre et où je laisserais un court avis sur tous et je critiquerais plus en détaille les films qui m'inspirent le plus, en positif ou négatif. Histoire que ceux qui veulent toujours bénéficier de mes avis ne soit pas frustrés entre des critiques qui se feront sans doute plus espacés.

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    Undercover - Une histoire vraie (2019)

    White Boy Rick

    1 h 51 min. Sortie : . Drame et policier.

    Film de Yann Demange avec Matthew McConaughey, Richie Merritt, Bel Powley

    Après son percutant '71, Yann Demange signe un crime drama solide issue d'une histoire vraie. Plus sage sur sa mise en scène, Demange arrive néanmoins à affirmer ici une patte visuelle notamment dans sa représentation froide de la violence et du milieu criminel.
    Le film vaut surtout pour son intéressante étude de personnages, une bande de losers magnifiques attachantes, notamment une relation père-fils emmenée par un poignant Matthew McConaughey. White Boy Rick renouvelle pas son genre mais s'impose comme un prétendant solide même si relativement mineur.
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    Bienvenue à Marwen (2019)

    Welcome to Marwen

    1 h 56 min. Sortie : . Biopic, drame et fantastique.

    Film de Robert Zemeckis avec Steve Carell, Leslie Mann, Diane Kruger

    Au final peu de reproches à faire à un film qui fait bien ce qu'il a décidé de faire même si il se contente d'assez peu. Claque technique où Robert Zemeckis retourne savamment à l'animation qui s'avère ici superbe mais qui sert une narration en pilotage automatique. Quelques belles idées ici et là, mais Zemeckis filme ce Welcome to Marwen comme ses films post 2010, avec un savoir-faire paresseux. Le rythme en est assez mou mais on ne peut pas nier la maîtrise experte de l'ensemble, rêvant que si le cinéaste retrouvait sa fougue d'antan il offrirait un sacré morceau de cinéma.
    Il se contente ici de faire un best of de tout ses hits, les réutilisant sans pour autant les transcender ni les égaler. Il reste une jolie sincérité et une habile réflexion sur la catharsis de la création donnant à l'ensemble un côté méta mais l’afflux de bons sentiments n'en font qu'une simple sucrerie qui sera vite digérée. Un bon casting, Steve Carell en tête, de bonnes idées mais au service un cinéma un peu ronflant qui se contente juste d'assurer la réussite sans vraiment marquer les esprits.
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    Creed II (2019)

    2 h 10 min. Sortie : . Drame et sport.

    Film de Steven Caple Jr. avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson

    Grosse déception que ce Creed II qui n'arrive jamais à la cheville de la maîtrise et de l'intelligente réappropriation qu'avait insufflé Ryan Coogler à la saga Rocky mais aussi aux films de boxe. Ici on assiste à la réutilisation sans génie d'une formule éculée et qui ne crée quasiment plus le moindre frisson. Surtout que l'ensemble n'est pas aidé par un scénario caricatural autour de la filiation, mais qui délaisse ses figures les plus intéressantes à savoir les Drago.
    Il n'y a plus rien à dire avec Rocky qui semble clairement en trop ici et qui force le récit tandis qu'Adonis et sa vie familiale ne présente que peu d'intérêt surtout qu'elle évolue assez peu faute d'enjeux. La réalisation est techniquement abouti mais peine à s'incarner faute d'une mise en scène très plate de Steven Caple Jr. Les 2 gros combats brillent par leurs efficacités et leurs brutalités mais restent qu'une succession de champ/contrechamp. Et on ne peut pas dire que l'ensemble est sauvé par un casting relativement effacé, Stallone cachetonne et Michael B. Jordan n'a rien à jouer.
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    Border (2019)

    Gräns

    1 h 48 min. Sortie : . Drame et fantastique.

    Film de Ali Abbasi avec Eva Melander, Eero Milonoff, Viktor Åkerblom

    Ali Abbasi signe une intelligente réappropriation du folklore scandinave avec ce Gräns qui s'impose comme une oeuvre envoûtante par son portrait aussi fascinant qu'étrange de ses personnages autre. Autant film fantastique que réflexion sur la différence et l'acceptation, Gräns souffre de son aspect thriller où le film force une enquête artificielle et prévisible qui vient parasiter ses plus belles réflexions.
    On regrette donc son approche trop frontale pour créer le choc et le malaise, là où un écrin plus ésotérique aurait eu plus d'impact. Surtout que le film propose une mise en scène naturaliste qui aurait fonctionné à merveille. On se retrouve donc satisfait mais un peu désappointé face à un film qui n'est jamais aussi subversif ou innovant qu'il aurait voulu l'être. Reste malgré tout la superbe performance d'Eva Melander, vraiment tétanisante.
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    Glass (2019)

    2 h 09 min. Sortie : . Thriller et fantastique.

    Film de M. Night Shyamalan avec James McAvoy, Bruce Willis, Samuel L. Jackson

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    Green Book : Sur les routes du sud (2019)

    Green Book

    2 h 10 min. Sortie : . Drame, biopic et road movie.

    Film de Peter Farrelly avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini

    Film plein de tendresse et de bienveillance, Green Book est une jolie histoire d'amitié à travers une Amérique hostile. L'humour trouve le parfait équilibre avec la gravité dans un récit nécessaire et porté par un duo d'acteurs impeccables et charismatiques à l'alchimie évidente.
    Les deux acteurs et l'importance du message, servis par de succulents dialogues, en sont d'ailleurs les principales attractions plutôt que sa réalisation très désuète et son absence totale d'un vrai regard. Peter Farrelly offrant une mise en scène tout juste fonctionnelle et au montage très sommaire. On retient donc de Green Book un agréable moment, souvent touchant mais jamais mémorable ou renversant faute à des ambitions cinématographiques très limitées.
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    La Mule (2019)

    The Mule

    1 h 56 min. Sortie : . Drame, gangster et thriller.

    Film de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne

    Il y a une scène très évocatrice au début de The Mule, où l'on voit le personnage d'Eastwood rayonnant, au sommet de sa gloire évoquant la façon dont il n'ont avait laissé avec Gran Torino. Puis ensuite une ellipse intervient et une décennie a passé pour retrouver ce personnage amoindrit par l'âge dans une société où il ne trouve plus sa place et va donc tout faire pour encore subsister.
    Cette séquence qui ouvre le film évoque toute les motivations d'un Clint Eastwood qui part en road trip avec lui-même en se réappropriant cette histoire vraie pour en faire un étendard de son auto-introspection. On se retrouve face à une oeuvre souvent touchante, notamment dans son dernier tiers, sur la vieillesse et la mélancolie qui l'accompagne. Et le cinéaste en profit pour évoquer ses fautes sans pour autant s'excuser, admettant a demi-mot et non sans humour être devenu un has been. Un constat terrible mais au traitement aléatoire, car dans cette irrévérence Eastwood va parfois sombrer dans ses pires travers notamment dans une mise en scène parfois tapageuse, érigeant la femme en objet dans une séquence qu'on ne devrait plus voir en 2019.
    Il y a parfois un côté gâteux à ce The Mule, où Eastwood trop sûr de sa supposé sagesse tombe dans le discours de vieux con et amoindrit ses quelques très belles réflexions. Surtout que l'ensemble n'est pas vraiment bien encadré par une situation familiale pas aussi centrale qu'escompté et une partie thriller très vite superficielle par manque d'enjeux. On reste quand même encore une fois impressionné par la présence d'un Clint Eastwood impeccable et toujours aussi charismatique malgré le poids du temps.
    The Mule arrive quand même à s'imposer comme un film habité et parfois vraiment touchant. Malgré tout on reste déçu de ce retour d'Eastwood devant la caméra car il vient finalement jouer la redite, avec moins de finesse, de Gran Torino, et il invalide ce dernier qui s’avérait être un adieu bien plus maîtrisé et mémorable. Même si in fine il s'avère réussi, il reste le film de trop.
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    Polar (2019)

    1 h 58 min. Sortie : . Action, policier, drame et thriller.

    Film de Jonas Åkerlund avec Mads Mikkelsen, Vanessa Hudgens, Katheryn Winnick

    Netflix semblait sortir la tête de l'eau en fin d'année 2018, où ils ont sortis parmi leurs meilleurs productions originales en matière de films notamment grâce à l'apport de cinéastes talentueux. Malheureusement, cette hausse qualitative semble avoir été de courte durée car Polar représente ce que Netflix à pu faire de pire.
    Entre son histoire inconsistante et ses personnages ridicules aux motivations aberrantes, le film ne tient jamais debout et se contredit souvent au point qu'on a souvent l'impression d'être face aux élucubrations d'un enfant de 5 ans en guise de scénario. Surtout avec le méchant le plus catastrophique vu ces 10 dernières années dans un film d'action. Le casting est aussi à la rue, entre le surjeu névrotique des uns et le sous jeu total des autres. Comme Mads Mikkelsen qui ne semble pas non plus savoir ce qu'il fait là même si on peut compter sur son charisme naturel.
    Au niveau de la réalisation on atteint des sommets de laideurs et de mauvais goûts, entre la photographie saturée jusqu'à l’écœurement ou un montage tout droit sortie des enfers qui ferait passer un film comme Suicide Squad pour un modèle du genre. Et on parlera pas de la mise en scène tapageuse et ultra sexiste de Jonas Åkerlund qui atteint un niveau de beauferie assez alarmant. Reste qu'il emballe ses scènes d'actions avec lisibilités et que dans ses envolées nanardesques, Polar trouve certaines vertus divertissantes. Mais avoir 30 minutes assez regardable sur un film de 2h c'est maigre, surtout quand le reste est un supplice qui semble interminable. C'est juste mauvais.
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    Les Fauves (2019)

    1 h 23 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Vincent Mariette avec Lily-Rose Depp, Laurent Lafitte, Camille Cottin

    Malgré des jeux d'acteurs parfois approximatifs, en particulier venant de Lily-Rose Depp, et quelques impasses narratives Les Fauves reste une intéressante expérience sensorielle. Avec une belle réalisation et surtout un propos très mordant qui brille par un second degré non dissimulé et quelques jolies trouvailles de dialogues, le film arrive à faire valoir ses qualités et s'impose en proposition singulière de cinéma aidé par une atmosphère assez déroutante. Trop de défauts pour que Les Fauves soit une réussite mais avec suffisamment de qualités pour valoir le coup d’œil.
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    Un grand voyage vers la nuit (2019)

    Di qiu zui hou de ye wan

    2 h 18 min. Sortie : . Drame.

    Film de Bi Gan avec Huang Jue, Tang Wei, Sylvia Chang

    Bercé aux grandes heures de Wong Kar-wai, Bi Gan continue dans la lignée de sa première oeuvre pour en livrer une version plus aboutie et hallucinée. Véritable expérience sensitive, aidée par une prouesse technique lors de la deuxième partie du film où le cinéaste bascule à la 3D, en la justifiant au passage brillamment, dans un plan séquence d'une heure aux proportions hallucinantes.
    Une séquence dantesque qui brise tout les codes de la démesure sans pour autant tomber dans la gratuité et qui offre un tour de force comme on en as rarement vu tout en permettant au film de trouver son sens. Entre rêve et réalité, Un grand voyage vers la nuit est un sublime poème sur la mélancolie amoureuse, à la narration éclatée qui évoque les bribes de la mémoire dans un film qui mêle le souvenir à la réflexion du cinéma. Brillant de bout en bout, Un grand voyage vers la nuit est un songe hypnotique qui ne nous quitte plus avec sa mise en scène virtuose et son casting bourré de charisme. Un grand film.
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    Sorry to Bother You (2019)

    1 h 51 min. Sortie : . Comédie, fantastique et science-fiction.

    Film de Boots Riley avec Lakeith Stanfield, Tessa Thompson, Danny Glover

    Pour son premier film, Boots Riley s'entoure d'un casting XXL qu'il utilise toujours avec intelligence et qui sent bon le délire entre potes. Pourtant Riley ne s'enferme jamais dans cet aspect et signe une satire délirante et hilarante qui tape sur l'hypocrisie d'un univers capitaliste qui s'auto-alimente.
    Saupoudré de gags inventifs et vraiment drôle, grâce notamment à un timing comique géré à la perfection, le film raconte quelque chose de très pertinent et le fait avec bien plus de finesse et de subtilité qu'il peut le laisser supposer au premier abord. Partant très loin dans le délire avec une irrévérence totale, Sorry to Bother You possède aussi de vraies trouvailles visuelles avec un style qui s'opère entre Michel Gondry et Spike Lee et qui s'avère être un mélange détonnant.
    On regrettera une fin un peu trop facile et calibré ou encore un portrait du monde du travail qui n'a rien de bien inédit mais on embarque avec joie dans ce délirium mené par le flegme irrésistible de Lakeith Stanfield, le charme loufoque de Tessa Thompson, ou le contre-emploi brillant d'Armie Hammer. Du très bon.
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    Si Beale Street pouvait parler (2019)

    If Beale Street Could Talk

    1 h 59 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Barry Jenkins avec Kiki Layne, Stephan James, Regina King

    Déchirant plaidoyer sur les injustices faites aux noirs dans un New York des années 70 superbement restitué tout comme un poignant film d'amour où celui-ci tente de subsister dans un monde rempli de haine et de mépris. If Beale Street Could Talk est un film qui fait mal et qui émerveille en même temps. Qui donne inlassablement envie de tomber amoureux et révolte face à la dureté de la réalité. Il sait attendrir lors d'une scène d'amour à la pudeur rafraîchissante comme il sait glacer le sang quand il nous fait écouter le récit d'un de ses personnages qui nous raconte son temps en prison.
    Très finement écrit, même si dans sa volonté de beaucoup en mettre tout en restant centré sur son couple phare il cède à une démarche paradoxale, lançant diverses idées intelligentes qu'il n'exploitera pas toujours jusqu'au bout. Le film est surtout porté par l'alchimie et l'excellence du jeu de Kiki Layne, vraie révélation, et de Stephan James. Il ne fait que très peu de fauses notes et nous happe sans retenue grâce à sa sincérité et sa beauté.
    Barry Jenkins gagne ici encore du galon avec sa somptueuse réalisation, notamment grâce à une superbe photographie et une bande son inoubliable. Sa mise en scène délicate, plein de romantisme et de pudeur fait plaisir à voir arrivant à créer un sentiment de douceur et de réconfort malgré la dureté de ce qui est dépeint. If Beale Street Could Talk est donc une très belle oeuvre, faîte avec le cœur et qui confirme définitivement que Barry Jenkins à l'étoffe d'un grand.
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    Alita : Battle Angel (2019)

    2 h 02 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Robert Rodriguez avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly

    Mettant à sac tout ce qui a déjà été fait en terme d'univers cyberpunk tout en offrant une relecture assez fade, même si pas totalement irrespectueuse du manga d'origine Gunnm, Alita: Battle Angel est une succession de sous-intrigues qui ne décolle jamais habité par des personnages totalement creux dans le seul but de servir de bande annonce à une possible franchise.
    Il hérite des pires tics des blockbusters actuels et se rêve dans la continuité du cinéma des Wachowski si leur cinéma avec été conçu par des neuneu.
    C'est mal écrit, déjà visible lors d'une exposition calamiteuse mais surtout confirmé par des développements de personnages stériles et qui aboutissent à un final invraisemblable de ridicule. Désincarné, mal joué par des acteurs jamais impliqués, mention spéciale à un Mahershala Ali qui fait juste acte de présence, et surtout parfois emprunt de mauvais goût notamment dans le traitement du visage d'Alita qui est purement dans l'uncanny valley.
    Il est impossible de se sentir impliqué par cette poupée numérique, traité comme une enfant mais bien trop souvent sexualisé par le regard beauf de Robert Rodriguez. Pourtant ce dernier arrive à correctement emballé ses scènes d'actions, souvent lisibles et parfois spectaculaire notamment une séquence de course poursuite vers la fin du film qui est pour le coup vraiment grisante. Surtout qu'il dispose d'effets spéciaux plutôt bien fichus. Mais Alita: Battle Angel reste un film sans enjeux et qui ne se suffit jamais à lui-même, et le fait qu'il se montre par instant divertissant ne vient jamais sauver cela. Surtout quand on flirte autant avec le nanardesque.
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    Velvet Buzzsaw (2019)

    1 h 53 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Dan Gilroy avec Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Zawe Ashton

    Netflix, après avoir un peu cassé son image en fin 2018, semble confirmer en ce début d'année son statut de rouleau compresseur à cinéastes. Arrivant à attirer des grands noms du cinéma ou des jeunes talents prometteurs mais arrivant par on ne sait quelle malédiction à en tirer leurs films les plus insipides. Il y a certes des exceptions, mais même si la réussite est parfois au rendez-vous jamais on ne s'est encore trouvé devant un grand film.
    Et Velvet Buzzsaw ne fait pas exception, pire il se situe même dans les films les plus fades et irritants du catalogue. Dan Gilroy, pourtant un cinéaste prometteur qui s'est imposé en scénariste intelligent et vraiment intéressant dans ses portraits de personnages signe ici une caricature de son propre style.
    Se rêvant en satire grinçante sur le milieu de l'art et de sa critique, le film s'impose avec un scénario caricatural qui pointe constamment ses propres dérives sans pourtant parvenir à les justifier sur son approche méta. Reste une oeuvre complaisante et superficielle.qui essaye maladroitement de surfer sur l'horreur mais qui échoue faute à une forme sans inventivité et qui accumule les effets de style tapageur. Pas aidé non plus par une réalisation technique insipide avec sa photographie beaucoup trop lisse.
    On passera sur un casting en roue libre où Jake Gyllenhaal cabotine comme jamais mais on sera surtout déçu des personnages stéréotypés loin des portraits saisissants dont nous avait habitué Dan Gilroy. Reste malgré tout un second degré réjouissant qui sauve Velvet Buzzsaw de l'ennui et arrive ici et là à offrir quelques passages bien senties.
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    My Beautiful Boy (2019)

    Beautiful Boy

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Felix van Groeningen avec Steve Carell, Timothée Chalamet, Maura Tierney

    Loin de la puissance de son Alabama Monroe, Felix van Groeningen ne se perd pourtant pas dans ce premier film américain où il arrive à distiller ici et là quelques fulgurances purement issues de son cinéma. Beautiful Boy reste quand même un drame plus classique, notamment dans sa première partie peu surprenante centré sur le père, mais le film décollera dans un second temps lorsque l'on s'intéressera plus au fils.
    Subtil et raffiné dans le portrait de ses personnages, on se voit souvent pris à la gorge et bouleversé de suivre ces êtres bloqués dans une boucle d'autodestruction qu'ils ne parviennent pas à briser. Ne forçant jamais le trait ni le pathos, Beautiful Boy marque par sa sincérité et même si il ne surprend jamais par son histoire au final déjà racontée, il touche par son regard sur une paternité fragile. Porté par deux acteurs sidérants, Steve Carell qui confirme définitivement être un grand acteur tragique et Timothée Chalamet qui n'a clairement pas volé son statut d'acteur du moment. Un poignant drame, joliment mis en scène par Felix van Groeningen.
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    La Favorite (2019)

    The Favourite

    1 h 59 min. Sortie : . Historique, drame, comédie, biopic et thriller.

    Film de Yórgos Lánthimos avec Olivia Colman, Emma Stone, Rachel Weisz

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    Arctic (2019)

    1 h 37 min. Sortie : . Drame et aventure.

    Film de Joe Penna avec Mads Mikkelsen, Maria Thelma Smáradóttir et Tintrinai Thikhasuk

    Venu tout droit de YouTube, Joe Penna signe son premier film avec ce survival minimaliste qui impressionne par sa prouesse technique et sa minutie. Malheureusement Arctic perdra un peu de sa grâce dans une deuxième partie un peu hésitante où Penna cède à l'appel du suspense et de la tension avec un classicisme certain qui enchaîne les péripéties un peu attendues. Tout le spectaculaire du film est là, notamment à travers une réalisation impeccable et une mise en scène qui brille par son efficacité, mais cela vient parfois tranché avec le réalisme si chèrement défendu par le film.
    On retiendra donc surtout une première partie épurée et prenante nous enfermant dans la routine de survie de son personnage, que Arctic à toujours l'intelligence de voiler son passé et d'éviter tout pathos le réduisant à un corps qui subsiste en milieu hostile. Cela empêche le film d'atteindre toute forme d'émotions, surtout que lorsqu'il s'y essaye vers la fin cela manque d'impact, et le réduit un peu à son pur concept technique froid mais habile. Mais l'intérêt de ce Arctic est autre et c'est dans cette rigueur programmatique qu'il impose sa différence face aux autres survivals du genre. Surtout que l'ensemble est tenu par le sidérant charisme de Mads Mikkelsen qui livre une performance monolithique et physique assez impressionnante. Malgré ses errances et ses quelques imperfections, Arctic parvient à rester un survival tout ce qu'il y a de plus solide.
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    Dragons 3 : Le Monde caché (2019)

    How to Train Your Dragon: The Hidden World

    1 h 44 min. Sortie : . Animation, action, aventure, fantasy et jeunesse.

    Long-métrage d'animation de Dean Deblois avec Jay Baruchel, America Ferrera, Gerard Butler

    Dreamworks aura toujours été plus ou moins à la traîne face aux ténors de l'animation, mais il faut admettre que le studio aura su offrir une grande saga avec ces How to Train Your Dragon. Une trilogie qui se voit clôturée ici avec ce troisième épisode sous-titré The Hidden World. Malgré les 5 ans qui nous sépares du 2e opus, il faudra que quelques secondes pour retrouver nos marques dans cet univers si particulier et attachant, distillant un agréable sentiment d'être de retour à la maison.
    Un sentiment de familiarité bienvenu, mais qui fera la limite de cet épisode 3 qui ne parvient jamais à recréer l'inventivité dramaturgique et la grâce de ses prédécesseurs. On restera bouche bée face à la splendeur de l'animation qui est en plus servi par une mise en scène spectaculaire qui accumule les morceaux de bravoures avec une dextérité assez impressionnante. Faisant de cette conclusion un spectacle bien plus complet que le premier film sans jamais pour autant frôler l'intensité du second. La faute surtout à un scénario qui sent le réchauffé et qui fait passer les protagonistes par les mêmes développements encore et encore.
    L'ensemble marche encore grâce à un humour bien senti et surtout une intrigue globale suffisamment bien rodée pour ne pas ennuyer mais on se retrouve finalement face à un opus bien plus sage et calibré. Notamment au niveau de l'émotion, qui même si elle marche lors d'un épilogue plein de tendresse et de mélancolie, reste bien moins risquée par rapport à une saga qui a brillé par la dureté de ses sujets abordés.
    On retrouve pourtant un constat alerte sur l'état du monde actuel, notamment l'Amérique Trump avec un antagoniste embourbé dans sa haine et en plaçant les dragons comme métaphore des minorités. Mais le méchant en devient vite caricatural gâchant légèrement son potentiel. How to Train Your Dragon: The Hidden World n'en reste pas moins un divertissement total et réussi, arrivant à offrir un mélange attachant d'humour et d'émotions avec un fond un brin plus intelligent que la moyenne. Mais on sent aussi une équipe créative un peu moins inspiré que par le passé et qui rentre dans le rang et n'évite pas la redite. Visuellement somptueux mais un peu trop sage, The Hidden World reste une belle et tendre conclusion même si la déception est de mise.
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    The Hate U Give – La Haine qu’on donne (2019)

    The Hate U Give

    2 h 13 min. Sortie : . Drame.

    Film de George Tillman Jr. avec Amandla Stenberg, Regina Hall, Russell Hornsby

    Pur film militant, The Hate U Give vaut surtout pour ses valeurs éducatives qui touchent très souvent dans le mile et arrive à offrir des scènes aux réalismes saisissants et dépeint parfois avec justesse une dure réalité. Pourtant il possède trop souvent la subtilité d'un éléphant dans un magasin de porcelaine et bascule régulièrement dans les discours pompeux mais ceux-ci se voit adoucit par des personnages attachants qui jongle parfois avec un humour salvateur.
    Mais malgré la dureté de son propos, The Hate U Give reste un film qui se destine à un public de young adult et se donne pour ça trop souvent des airs cools et tombent dans des contours trop romancés. Devenant même un peu problématique avec sa fin pleine de guimauve en mode happy ending alors que rien n'est réglé ou encore dans sa présentation très idéalisée de ses personnages. George Tillman Jr. cédant systématiquement à la présentation au ralenti sur une musique tendance pour présenter les beaux gosses du film. Il y a quelque chose de beaucoup trop mielleux et inoffensif dans The Hate U Give pour que celui-ci puisse toujours être pris au sérieux, pas aidé par une absence quasi totale de mise en scène. Pour autant on ne peut pas fermer les yeux sur ses qualités car le film sait prendre à la gorge et accouche ici et là de beaux moments transcendés par la formidable performance d'Amandla Stenberg.
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    Vice (2019)

    2 h 12 min. Sortie : . Biopic, comédie et drame.

    Film de Adam McKay avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell

    D'abord un des artisans solides de la comédie US, notamment avec ses nombreuses collaborations avec Will Ferrell, Adam McKay à opéré en 2015 avec The Big Short un virage bien plus agressif vers le film politique mais se perdait avec un film simpliste qui souffrait en plus d'un ton suffisant et pompeux. La démarche ne fonctionnait pas et voir Vice prendre ce chemin aurait pu se montrer inquiétant.
    Pourtant McKay semble bien plus inspiré pour parler de la politique de Cheney et livre un film incisif, acerbe aussi que doté d'une ironie cinglante et vraiment drôle. Un humour noir qui nous fait souvent jongler avec l'effroi de ce qui nous est dépeint. La narration du cinéaste se fait donc plus intéressante, et son amour de la voix off explicative se fait plus pertinente et mieux amené surtout quand elle s'avère capable d'aboutir à de vrais chocs narratifs. Comme dans une conclusion particulièrement intelligente.
    Tout ce qui faisait la faiblesse de son précédent film, devient ici une force car elle alimente et construit le parcours de sa figure principale en étant totalement en adéquation avec son exubérance. C'est pas toujours subtil mais c'est géré avec beaucoup de ludisme et d'intelligence permettant à McKay de transcender le format du simple biopic politique. Et de le voir vraiment inspiré derrière la caméra avec une mise en scène ingénieuse, bourrée d'idées et au montage acéré et brillant.
    Le tout est en plus porté par un très bon casting, surtout Christian Bale qui offre une performance nuancée et tétanisante qui ne se contente pas d'un simple mimétisme ou de la transformation physique mais d'étudier vraiment la psyché d'un être carnassier au complexe de supériorité assez terrifiant. Où il sert de miroir à une Amérique névrosée qui tente par tout les moyens de trouver sa place et sa légitimité dans une quête de pouvoir insensée qui baigne dans le rejet et la tyrannie avec une suffisance vertigineuse. Vice en devient donc un film fascinant et lucide, un peu trop didactique pour son propre bien, mais qui s'avère assurément comme le meilleur film d'Adam McKay.
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    Ralph 2.0 (2019)

    Ralph Breaks The Internet

    1 h 53 min. Sortie : . Action, comédie, science-fiction et animation.

    Long-métrage d'animation de Rich Moore et Phil Johnston avec John C. Reilly, Sarah Silverman, Gal Gadot

    En dehors de quelques blagues bien senties et une personnification vraiment bien trouvé d'internet, il ne reste plus grand chose à ce Ralph Breaks the Internet qui s'avère être une amère déception. Surtout après un premier film généreux et attachant qui est bien trop sous-estimé. Mais cette suite cède à une réappropriation douteuse de la pop culture et de tout ce qui a marché au cinéma depuis sa création et plagie sans vergogne tout ce qui lui tombe sous la main. On est donc face à un film facile, au récit qui cumule les sous-intrigues de remplissages pour mener à une auto-citation maladive de Disney sous fond de réflexion sur l'amitié et les relations toxiques pas inintéressante mais trop noyé pour avoir un vrai impact.
    Il y a assez peu d'émotions au final dans ce Ralph Breaks the Internet, on perd les meilleurs personnages de cet univers pour ici les voir remplacer par des seconds rôles peu marquants dans un film beaucoup trop long et à l'animation peu séduisante. La suite de trop.
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    High Flying Bird (2019)

    1 h 30 min. Sortie : . Drame et sport.

    Film de Steven Soderbergh avec Andre Holland, Zazie Beetz, Melvin Gregg

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    At Eternity’s Gate (2019)

    1 h 51 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Julian Schnabel avec Willem Dafoe, Rupert Friend, Oscar Isaac

    Continuant son exploration du destin des artistes maudits, Julian Schnabel signe encore une fois un biopic intriguant et atypique. Fasciné par l'incompréhension et de l'individu bloqué dans son propre esprit et qui tente de s'évader par l'expression de son art, il offre avec At Eternity's Gate une oeuvre dans la continuité de son mémorable Le Scaphandre et le Papillon. Mais ici il n'en atteint jamais la force.
    La faute à un regard trop déstructuré sur son personnage, qui se justifie par le fait de vouloir nous plonger dans sa psyché, mais qui entraîne surtout une certaine redondance et une contemplation beaucoup trop froide. On se sent étrangement distant de Van Gogh alors que le film fait tout les efforts pour nous mettre dans sa peau. En résulte une mise en scène inventive qui multiplie les scènes à la première personne en jouant habilement sur les éclairages, les jeux de lumières et la perspective pour montrer la manière dont l'artiste voyait le monde.
    Le film est donc d'une beauté sidérante et possède une multitude d'idées dans sa façon de rendre ses troubles et sa détresse tangible. Merveilleusement bien fait, le film reste pourtant beaucoup trop long pour son propre bien et finit par lasser pour son abstraction et son manque d’interaction surtout qu'il ne sait jamais choisir entre pur réinvention du personnage ou de rester fidèle aux événements. At Eternity's Gate est donc un film imparfait et maladroit mais qui reste transcendé par de réelles qualités visuelles mais est aussi habité par un excellent casting, en tête un Willem Dafoe parfait en Vincent Van Gogh.
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    Le Chant du loup (2019)

    1 h 55 min. Sortie : . Action, drame, thriller et guerre.

    Film de Abel Lanzac (Antonin Baudry) avec François Civil, Omar Sy, Mathieu Kassovitz

    Thriller nerveux et expérience sensorielle remarquable et immersive, Le Chant du loup est un film de genre français ambitieux et généreux qui brille par sa construction narrative prodigieuse. Jamais Antonin Baudry ne limite l'aspect spectaculaire de son film, d'autant plus étonnant qu'il arrive à se hisser au niveau des productions hollywoodiennes pour son premier film, mais il aura toujours l'intelligence de lui préféré le facteur humain.Tout ne sera pas parfait car on dispose ici d'un personnage féminin rajouté au forceps et qui ne sert que de plot device de façon bien maladroite.
    Mais en ce qui concerne l'implication émotionnelle et la caractérisation du quatuor principal, on frise la perfection. Ce qui en plus réussi brillamment à alimenter un dernier tiers au retournement de situation audacieux et jamais vu dans le genre et qui entraîne un climax insoutenable émotionnellement parlant et d'un génie bien trop rare. On évite pas quelques facilités en milieu de parcours pour justifier sa fin, mais cette dernière ainsi qu'une séquence introductive à l'exposition millimétrée sont parmi ce qu'on a vu de mieux depuis longtemps, tout pays ou toute type de productions confondus. Du grand art.
    L'ensemble est en plus tenu par un casting irréprochable notamment Reda Kateb qui prouve encore être un des meilleurs acteurs français en activité mais aussi François Civil qui film après film devient la figure du héros au grand cœur du film de genre français. Avec sa jolie sensibilité et son charisme naturel, il emporte l'adhésion. On sera peut-être un peu plus réservé sur une mise en scène maîtrisée mais assez classique, qui en dehors de quelques plans encombrés ne prend jamais vraiment le parti de nous immerger totalement avec ses personnages. La réalisation est cela dit impeccable avec son sens du spectacle convaincant, son montage acéré ou encore son travail sur le son assez ébouriffant. Le Chant du loup impressionne en tout point et excelle dans ce qu'il entreprend. Pas parfait mais un vrai tour de force pour un premier film qui en plus arrive à s'imposer par un scénario et une qualité d'écriture remarquable qui tente le jamais vu. On l'attendait bon, mais ce Chant du loup s'avère être un grand film.
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    Destroyer (2019)

    2 h 02 min. Sortie : . Policier, thriller et drame.

    Film de Karyn Kusama avec Sebastian Stan, Nicole Kidman, Bradley Whitford

    D'une longueur insoutenable, Destroyer est un ratage sur toute la ligne. Menée par Karyn Kusama, qui s'est surtout imposée par le mauvais goût de sa filmographie ayant déjà à son actif le médiocre Aeon Flux et le nanar Jennifer's Body, elle confirme l'inconsistance de son travail avec ce thriller mou et qui fait bien trop souvent du hors piste. Pour la défense de la réalisatrice, personne n'aurait vraiment pu sauver ce scénario indigent aux enjeux mal exposés, qui se perd entre ses différentes temporalités et qui malgré sa densité multiplie les sous-intrigues inutiles qui plombent le récit. Surtout pour aboutir à un twist attendu et qui au lieu de se montrer malin confirme l'indigence de l'ensemble et son inutile complexité.
    Les personnages ne sont pas intéressants, très caricaturaux et il évolue dans une intrigue anémique sans jamais être sauvé par un casting peu investi. Entre un Sebastian Stan qui fait acte de présence, un Toby Kebbell ridicule ou encore une Nicole Kidman totalement miscast, on est gêné devant un tel manque d'implication. Surtout que Kidman n'est jamais crédible dû à son âge, elle fait bien trop âgé dans les flashbacks où elle devrait n'avoir que la vingtaine et dénote avec les autres acteurs tandis qu'elle s'impose avec une performance trop calculée et froide. Elle en fait au final beaucoup trop pour ce qu'elle a à jouer. Ensuite la réalisation en elle-même n'est pas honteuse, la photographie sait même parfois se faire très inspirée mais le montage manque de vigueur tandis que la B.O. même si très bonne, est souvent utilisée de façon hors sujet. La mise en scène de Kusama est propre, même franchement impeccable lors de la séquence de fusillade très réaliste du film mais donne trop d'emphase à un récit faiblard. Créant un décalage assommant où s'installe l'ennui et le pathos et vient achever Destroyer comme un film terriblement raté. Il tente des choses certes, mais jamais il ne les réussit.
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    Marie Stuart, reine d'Écosse (2019)

    Mary Queen of Scots

    2 h 04 min. Sortie : . Biopic, drame et historique.

    Film de Josie Rourke avec Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden

    Ambitieux mais trop scolaire, Mary Queen of Scots est un film qui ne sait pas où donner de la tête. Bien plus passionnant lorsqu'il symbolise le pouvoir par l'appropriation des corps, mettant en son centre deux femmes qui se battent pour garder possession du leur, plutôt que par sa façon archaïque de raconter l'Histoire. C'est par son point de vue féministe et pertinent, notamment sur l’oppression du pouvoir monopolisé par la toxicité masculine, que le film se montre le plus inspiré. Surtout qu'il dresse des portraits saisissants de ses deux Reines, opposées par les manigances d'autrui, qui sont toutes deux incarnées par des actrices en état de grâce. Saoirse Ronan est égal à elle-même, toujours d'une justesse confondante, tandis que Margot Robbie fait vraiment office de révélation de par sa transformation bluffante mais aussi sa prestation puissante et tragique.
    Dommage que les ellipses mal gérées du récit ou de sa profusion d'intrigues l'empêche de pleinement respirer le rendant par moments assez lourd voire redondant quand il ne tombe pas dans l'incohérence narrative pure. Les scènes se répondent parfois de façon bien trop appuyées sans véritable logique et l'Histoire se retrouvent souvent bien plus fantasmée que véritablement dépeinte. Le tout n'est pas vraiment aidé par une réalisation pas toujours maîtrisée. Techniquement le film est solide notamment dans sa reconstitution d'époque bluffante mais souffre d'un montage un peu trop didactique ou d'une photographie un peu terne. Tandis que la mise en scène de Josie Rourke jongle entre une élégance bienvenue et une rigidité théâtrale parfois un peu trop présente.
    C'est dans son rapport aux corps féminins et ce à quoi il le raccroche au pouvoir que Mary Queen of Scots devient une oeuvre diablement intéressante et habile. Malheureusement tout cela est embourbé dans un récit historique peu maîtrisé et à la réalisation parfois hésitante. On reste donc face à un premier film fragile mais prometteur pour Josie Rourke, qui brille plus par la représentation et la banalisation de ses petits détails que par ses passages obligés sur l'Histoire. Pourtant, dans la finesse de son regard, entre une scène qui dépeint les règles de son personnage de façon anodine ou encore une naissance compliquée, il touche du doigt le pouvoir vertigineux que détient le corps. Et en ça, l'insoutenable position des femmes face à l'avidité des hommes. Là est la plus grande force du film, même si elle s'y retrouve ironiquement étouffée.
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    Les Enquêtes du département V : Dossier 64 (2019)

    Journal 64

    1 h 59 min. Sortie : . Thriller et drame.

    Film de Christoffer Boe avec Fares Fares, Nikolaj Lie Kaas, Nicolas Bro

    Les choses ne changent pas avec les Enquêtes du département V, qui pour sa quatrième et dernière enquête reste sur sa même constante qualitative. On reste sur un format très télévisuelle et qui s'impose donc avec une forme un peu ronflante, une formule éculée et un manque de surprise certain. Pourtant visuellement Journal 64 se montre plus inspiré et abouti que ses prédécesseurs, même si l'action reste trop rigide et que cette fois-ci elle prend un peu trop de place sur l'enquête notamment dans la résolution, on note ici des intentions de mise en scène plus poussées. Les transitions entre les scènes se font plus fluides et les plans mieux composés même si l'alternance entre le présent et le passé semble parfois un peu brut et que cela influe sur le twist de l'histoire.
    L'intrigue est majoritairement prévisible, mais se montre plus engageante que celle du précédent film. Cela permet d'impliquer un peu plus émotionnellement son duo principal et de leurs offrir des adieux satisfaisants même si ils sont aussi un peu étouffés par la densité du récit. On suit l'ensemble sans déplaisir mais sans être totalement investi non plus. Le casting est bon mais les personnages n'ont que très peu évolués depuis le début et ce Journal 64 ne réinvente pas la formule. Ni meilleur, ni moins bon que ces prédécesseurs il prouve que la saga à brillé par sa constance même si celle-ci a fait qu'aucun film n'a su vraiment briller. Convaincant mais oubliable.
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    The Highwaymen (2019)

    2 h 12 min. Sortie : . Policier, drame, thriller et road movie.

    Film de John Lee Hancock avec Kevin Costner, Woody Harrelson, Kim Dickens

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    Captain Marvel (2019)

    2 h 04 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Anna Boden et Ryan Fleck avec Brie Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law

    Sans révolutionner la formule du MCU, ce Captain Marvel s'impose néanmoins comme une origin story plus originale que la moyenne dans sa construction. Grâce à une écriture qui garde la patte indépendante du duo Anna Boden et Ryan Fleck, le film possède des personnages plus nuancés qu'à l'accoutumé et s'intéresse avant tout à eux, en faisant d'eux les moteurs du récit. L'histoire apporte quelques surprises bienvenues notamment dans son antagoniste vraiment bon et hors de tout manichéisme qui s'impose comme un des personnages les plus intéressants et attachants du MCU. Il est en plus joué par un Ben Mendelsohn comme toujours impeccable de justesse.
    Brie Larson sera par contre elle un peu plus effacé, aussi dû à l'écriture fragile de son personnage et son manque d'iconisation visuelle mais son duo formé avec Samuel L. Jackson fonctionne bien et offre un aspect buddy movie appréciable. Surtout qu'ici l'humour n'est jamais lourd et fonctionne plutôt bien. L'ensemble peut par moments manquer d'enjeux ou de finesse mais la surpuissance du personnage apparaît surtout rafraîchissante permettant un film plus décomplexé.
    Captain Marvel s'avère donc vraiment convaincant, surtout qu'il sait proposé quelques idées de mise en scène intéressantes allant de paire avec une narration bien menée. Néanmoins il souffre d'effets spéciaux par moments criards et surtout d'un montage assez catastrophique qui amoindrit l'impact et la lisibilité des scènes d'actions. Cela dit Captain Marvel est un divertissement agréable et efficace qui ne mérite pas sa mauvaise réputation (le film à souffert de son féminisme) et qui s'impose parmi les films les plus appréciables du MCU.
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    Serenity (2019)

    1 h 46 min. Sortie : . Drame, thriller et science-fiction.

    Film de Steven Knight avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Diane Lane

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