50 ans de cinéma, des hauts et des bas : Brian De Palma

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21 films

par Docteur_Jivago

Portrait de Brian De Palma : http://www.lejournalinternational.fr/Brian-de-Palma-portrait-d-un-cineaste-du-Nouvel-Hollywood_a480.html

Al Pacino, Robert De Niro, Kirk Douglas, Tom Cruise, Kevin Costner... nombreux sont les acteurs réputés ayant tournés avec Brian De Palma, qui baroude dans le cinéma depuis une petite cinquante d'années, capable de haut (mais très haut) notamment entre 1975 et 1995 et de bas (mais parfois vraiment très bas), notamment depuis les années 1990. Aujourd'hui il reste surtout dans la culture populaire le réalisateur de Scarface et des Incorruptibles.

Il aura pleinement participé à mes premiers pas dans le vrai cinéma, étant un des noms qui m'a permis de découvrir et approfondir le cinéma de genre, ainsi que celui des années 1970 et 1980.

Retour chronologique sur mes expériences avec son cinéma.

Par préférence : https://www.senscritique.com/top/Les_meilleurs_films_de_Brian_de_Palma/963235

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    Greetings (1968)

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Brian De Palma avec Jonathan Warden, Robert De Niro, Gerrit Graham

    De Palma nous fait suivre une bande de jeunes qui essaie par tous les moyens de se faire réformer pour ne pas partir combattre au Vietnam et qui, dans l'attente des résultats, vont se livrer à divers occupations ou fantasmes. Alors bien évidemment, on est loin d'assister à un grand film où même une œuvre importante du réalisateur (ainsi que dans la carrière de Robert De Niro d'ailleurs), néanmoins le film est plutôt intéressant et original.

    Il va aborder divers thématiques plutôt intéressantes tels que la liberté sexuelle, le refus de faire la guerre ou encore une jeunesse américaine qui croit de moins en moins en ses institutions et le tout d'une manière plutôt légère, fine et marrante. Il capte parfaitement l'esprit des années 1960 à travers ces sujets, et notamment lorsqu'il va évoquer le doute sur l'assassinat de JFK. Certaines séquences restent d'ailleurs plutôt mémorables tandis que les jeunes acteurs remplissent bien leurs rôles.
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    Sœurs de sang (1973)

    Sisters

    1 h 33 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Brian De Palma avec Margot Kidder, Jennifer Salt, Charles Durning

    Comme dans ses meilleurs films des années 1970, Brian De Palma parvient à instaurer un climat peu à peu mystérieux, angoissant, et surtout prenant, maintenant un suspense de bout en bout avec un scénario comprenant plusieurs péripéties souvent inattendus. Il arrive à créer un parfum de suspicion et de créer le doute tout le long du film, notamment sur les deux sœurs, leurs rôles, le coupable ou encore les intentions.

    On ressent particulièrement l’influence Hitchcockienne qui sera encore plus forte sur ses films suivants, que ce soit dans les thèmes abordés (toujours de manières plus explicites que le maître) tels que la dualité (rappelant Psycho) ou le voyeurisme (à l'image de Fenêtre sur cours) ou encore dans la bande-originale où il fait appel à Bernard Hermann, ancien compositeur attitré du cinéaste britannique.

    Il n’hésite pas à user (et d’exagérer) de certains artifices tels que le sang, la violence ou quelques effets kitsch et il est techniquement intéressant, proposant plusieurs bonnes idées. La photographie donne un certains effet rétro assez angoissant qui est clairement le bienvenue. C’est dans l’ensemble bien interprété et notamment un inquiétant William Finley que l’on retrouvera peu de temps après dans Phantom of Paradise.
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    Phantom of the Paradise (1974)

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie musicale, drame, fantastique, romance et Épouvante-horreur.

    Film de Brian De Palma avec William Finley, Paul Williams, Jessica Harper

    Aujourd'hui, Phantom of Paradise peut paraître totalement kitsch (déjà à l'époque de sa sortie d'ailleurs), mais De Palma s'en sort plutôt bien, il ne cherche pas à être réaliste et il brasse différents genres (horreur, fantastique, parodie ou encore musical...). C'est surtout par son portrait de Swan que l'oeuvre est intéressante, inquiétant et effrayant patron du Paradise et sans aucun scrupule pour arriver à ses fins, avec plusieurs séquences qui sont à la fois effrayante et représentative de sa folie.

    Brian De Palma se fend aussi d'une pique envers le monde du show-biz et de son fonctionnement. Via une mise en scène gothique et grandiloquente, il n'hésite pas à en faire des caisses, que ce soit dans les décors, les costumes, les looks, les musiques (sans que ce soit déplaisant, bien au contraire même) ou même les multiples références dont celles envers Hitchcock, et il ne brille pas forcément par sa subtilité.

    Néanmoins il arrive à doter son film d'une véritable atmosphère, sombre, parfois gothique ou même colorée (!) et surtout malsaine alors qu'elle s'avère plutôt prenante. On notera aussi la belle maîtrise technique du futur metteur en scène de Scarface, souvent audacieux et impeccable. Les interprétations sont réussies, parfois délibérément exagérées, et on retiendra surtout Paul William (à qui l'on doit aussi les musiques) dans le rôle de Swan, William Finley en artiste maudit ou encore la très charmante Jessica Harper.
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    Obsession (1976)

    1 h 38 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Brian De Palma avec Cliff Robertson, Geneviève Bujold, John Lithgow

    Hommage au Vertigo d'Hitchcock, Obsession évite de tomber dans la case remake caché, mais De Palma propose une oeuvre particulièrement réussie, arrivant à être aussi originale que captivante.

    On entre bien dans l'histoire et surtout Brian De Palma arrive à insuffler une ambiance mystérieuse et angoissante. Sa mise en scène est excellente, sublimer par une remarquable bande-originale tout aussi envoûtante et mystérieuse.

    Les acteurs sont tous excellents et la fin est particulièrement réussie et brillante. Réduire ce film à un simple hommage à Hitchcock serait réduire tout le travail (réussi) de De Palma, qui propose un film captivant, intriguant et mystérieux.
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    Carrie au bal du diable (1976)

    Carrie

    1 h 38 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, thriller, fantastique et drame.

    Film de Brian De Palma avec Sissy Spacek, Piper Laurie, Amy Irving

    Force est de constater que le film est à la hauteur de sa réputation, De Palma brasse divers genres allant de l’horreur au drame en passant par le surnaturel, et ce avec brio. Il s’éloigne des influences d'Hitchcock (malgré quelques clins d’œil à l'image du nom de l'école, la Bates High School) qui l'ont suivi jusque-là tandis que sa mise en scène est brillante, capable de créer une vraie atmosphère angoissante et oppressante ainsi que de la tension dans les moments adéquats.

    On admirera aussi sa maîtrise technique que ce soit dans les divers effets de styles ou certains plans, ce qui lui permet d'arriver à ses fins et de provoquer l'intensité et l'angoisse voulu. L’apothéose viendra lors de la scène du bal où le futur metteur en scène de L'Impasse démontre, à nouveau, tout son savoir-faire. L’écriture est aussi remarquable, notamment vis-à-vis de l’étude psychologique de Carrie ainsi que ses relations avec sa mère et ses camarades.

    Il montre de belles manières ses contradictions et les éléments qui la poussent à la folie et notamment les lynchages, parfois aussi effrayants que ses colères surréalistes. Le cadre scolaire et adolescent est assez bien exploité, De Palma nous y immergeant avec grand brio tandis que les interprétations, emmené par une très grande Sissi Spacek, sont excellentes et notamment Piper Laurie dans le rôle secondaire de la mère.
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    Furie (1978)

    The Fury

    1 h 58 min. Sortie : . Fantastique, thriller, science-fiction et Épouvante-horreur.

    Film de Brian De Palma avec Kirk Douglas, John Cassavetes, Carrie Snodgress

    Si ce n’est pas un grand De Palma (de plus sortie durant ses années les plus fastes, après Carrie et peu de temps avant Pulsions, Blow Out puis Scarface), loin de là même, ça reste tout de même un film intéressant. Le metteur en scène d'Obsession arrive à instaurer un climat, sans être transcendant, plutôt paranoïaque et mystérieux, tout en maintenant le suspense jusqu'au bout tandis que l’histoire reste intéressante, tout comme les personnages.

    Malgré une dernière demi-heure plutôt palpitante, on peut regretter quelques petites longueurs pour en arriver là, ainsi que quelques fautes de goûts que ce soit techniquement, dans les effets de style ou dans les personnages. De Palma n'est pas vraiment en forme et ça se voit, il peine à vraiment nous immerger au cœur de l'oeuvre et au plus près des personnages, alors que le scénario en était propice.

    Néanmoins, il propose aussi quelques scènes réussies à l’image de celle du manège ou de l’évasion, de plus, bien que par intermittence, il montre tout de même des bribes de son talent derrière la caméra, notamment lors de quelques travellings. Côté interprétation, Kirk Douglas est impeccable dans le rôle du père qui cherche à tout prix à retrouver son fils, tout comme John Cassavetes ou Carrie Snodgress.
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    Pulsions (1980)

    Dressed to Kill

    1 h 45 min. Sortie : . Thriller, Épouvante-horreur et film noir.

    Film de Brian De Palma avec Michael Caine, Angie Dickinson, Nancy Allen

    Pour son entré dans les années 1980, Brian De Palma nous livre Pulsions, un thriller dans la veine Hitchcockienne, notamment sa période Psycho, sans jamais tomber dans la caricature ou la parodie tout en étant un peu plus explicite, notamment comme l'indique le titre Français sur les pulsions et l'érotisme.

    La force du film c'est l’atmosphère que lui insuffle De Palma, à la fois envoûtante, sensuelle, malsaine et angoissante, à travers un scénario sombre et bien construit et nous proposant un vrai suspense et de la tension. Les personnages sont intéressants à suivre et bien écrits, montrant leur complexité et ambiguïté. Sa mise en scène est efficace et surtout immersive.

    Les interprétations sont excellentes, que ce soit la belle Nancy Allen, Angie Dickinson ou Michael Caine. C'est un vrai bon film, bien rythmé, bien foutu, angoissant, sous tension et particulièrement immersif.

    Et même si dans l'absolue l'élève ne dépasse pas le maître, on aurait tort de se priver de ce film.
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    Blow Out (1981)

    1 h 47 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Brian De Palma avec John Travolta, Nancy Allen, John Lithgow

    Blow Out est représentatif de cette belle époque où De Palma faisait du vrai cinéma et des bons films. Il s'inspire ouvertement d’Hitchcock et Antonioni, et alors ? Il vaut mieux s'inspirer d'eux que d'autres et surtout il ne tombe jamais dans la caricature ou la parodie.

    Il propose un thriller angoissant où un preneur de son assiste à un "accident" de voiture qui tombe dans une rivière, puis il va recueillir une jeune femme qui était dans cette voiture. Au fur et à mesure du film et de rebondissements en rebondissements on va suivre cette énigme, souvent bien écrite, sachant garder brillamment une part de mystère jusqu'au final.

    La mise en scène est impeccable, il insuffle une véritable ambiance sombre et mystérieuse, et le film est tout le long captivant. Le duo Travolta/Nancy Allen marche à merveille. Une belle surprise et un petit bijou dans la filmographie De Palma.
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    Scarface (1983)

    2 h 50 min. Sortie : . Drame et gangster.

    Film de Brian De Palma avec Al Pacino, Steven Bauer, Michelle Pfeiffer

    Autant le dire tout de suite je suis plutôt déçu par cette nouvelle vision, pas qu'il soit mauvais mais j'en gardais une telle estime, que de toute façon je craignais forcément une relecture. Mais là, le kitsch, la musique, l'excès... à un moment trop c'est trop et même si c'est le but, ça devient vite lassant.

    Pourtant j'adore le concept de base, on ressent la patte d'Oliver Stone avec la vision politique et l'immigration de Cuba, l'opposition entre le régime de Castro considéré comme "communiste" que Montana égratigne à chaque occasion (évoquant l'appauvrissement, la privation de toute liberté etc) et celui américain, soit deux excès. D'ailleurs pour Montana, le seul moyen de s'en sortir sera dans le crime et via l'ultra-capitalisme yankee, ce qui va lui monter à la tête (déjà qu'elle n'était pas nette à la base) pour qu'il finisse renfermé sur lui-même, parano et plus capable d'avoir des amis ou quelconques relations normales.

    De Palma lui s'intéresse beaucoup à l'ego, la démesure et les jeux de pouvoirs. Il met en scène un Montana à la candeur aussi grande que sa folie et en fait le modèle du gangster moderne, tout droit sorti du ghetto et dont les codes d'honneurs établis par Brando dans le Parrain semblent bien loin et dépassés. Pour lui, tout n'est que conquête, il n'y a pas d'amour, pas d'amitié, pas de plaisir, juste des conquêtes visant à assouvir sa soif de pouvoir. L'ascension foudroyante se fera dans la violence et De Palma conclut impitoyablement en perpétuant ce cycle où un lion en tuera toujours un autre lorsque le règne de celui-ci déclinera.

    De Palma fait clairement dans le grandiloquent, le baroque, la violence et dans l'excès et si parfois, comme dit plus haut, ça devient un peu lassant, surtout pour 2h50 de film, ça n'en reste pas moins admirablement fait. Il y inclut tension lors de certains moments propices, livrant quelques scènes d'anthologies à l'image du face à face entre Montana et les colombiens, quand d'autres deviennent presque risibles justement à cause de la démesure et l'excès, tel le final, voire celle trop insistante sur les relations, limite incestueuses, entre Tony et sa soeur. On est en plein années 1980 et ça se ressent à tout point de vue (musique, certains effets de mode, cadre de l'histoire). Quant à Pacino, il est juste fabuleux en gangster violent, mégalo, parano, jouant avec un excès totalement justifié tandis que la magnifique Michelle Pfeiffer lui rend bien la réplique.
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    Body Double (1984)

    1 h 54 min. Sortie : . Thriller et film noir.

    Film de Brian De Palma avec Craig Wasson, Melanie Griffith, Gregg Henry

    Il nous fait suivre l'histoire de Jack Scully, acteur de séries B, viré du tournage de son dernier film à cause de sa claustrophobie et quittant sa femme après que cette dernière l'ait trompé alors qu'il va devenir peu à peu intrigué par sa sensuelle nouvelle voisine. De Palma n'hésite pas à utiliser tous les artifices du kitsch, de la sensualité ou même du mauvais gout (quitte à en faire trop et à être très ancré dans son époque) pour nous raconter son histoire.

    Il fait preuve d'une brillante maîtrise pour manipuler le spectateur et il captive durant tout le film avec comme point d'orgue quelques scènes magistrales à l'image de cette filature ou du Relax (Don't Do It). Il propose une atmosphère parfois oppressante et d'autres fois sensuelles, utilisant bien la musique (quitte à parfois être excessif là aussi) et finalement cela fonctionne. Melanie Griffith est parfaite et sensuelle à souhait tandis que Deborah Shelton est mystérieuse comme il faut.

    Si on peut trouver de tout dans la filmographie de De Palma, Body Double s'avère être une très bonne pioche, sensuel, intriguant, parfois fascinant et captivant à souhait et où le réalisateur se révèle brillant et manipulateur.
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    Les Incorruptibles (1987)

    The Untouchables

    1 h 59 min. Sortie : . Policier, drame, historique et thriller.

    Film de Brian De Palma avec Kevin Costner, Sean Connery, Charles Martin Smith

    Brian De Palma adapte merveilleusement bien la série Les Incorruptibles où, dans le Chicago de la prohibition, quelqu'un doit nettoyer la ville de tous ses gangsters, et cet homme est Eliot Ness, envoyé par le ministère et qui formera une unité spéciale pour s'en occuper et plus particulièrement Al Capone.

    Le scénario est vraiment bien écrit, nous offrant des rebondissements bien pensés, des personnages réussis et attachants et de très bon dialogues. Le Chicago rongé par le crime de De Palma est sanglant et fascinant. Sa mise en scène est efficace et nous offre quelques séquences d'anthologie, à l'image de la scène de la gare ou la réunion s'achevant à coup de batte de base-ball.

    Tension et suspense sont à leurs combles ! Les interprétations sont géniales, De Niro qui a grossi est impeccable et jouissif en Al Capone, le jeune Kevin Costner et le vieillard Sean Connery sont parfaits en incorruptibles, il est aussi impossible d'oublier la superbe bande-originale composée par Ennio Morricone.

    Un très bon film de gangster qui nous offre une version sanglante d'une période fascinante de l'histoire Américaine.
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    Outrages (1989)

    Casualties of War

    1 h 53 min. Sortie : . Drame, historique et guerre.

    Film de Brian De Palma avec Michael J. Fox, Sean Penn, Don Harvey

    Assez vite De Palma rentre dans le vif du sujet et nous immerge au coeur de cette satanée guerre du Vietnam via un long flash-back où une troupe, en pleine nuit, se retrouve au coeur d'un bombardement. Peu à peu, le metteur en scène de Scarface va mettre en place un affrontement psychologique entre un jeune soldat et son supérieur, ce dernier étant suivi par le reste de la troupe, que ce soit par adhésion ou par la poigne. Il se rend assez vite compte que tenir tête à son supérieur peut lui couter cher, malgré les actes atroces de celui-ci, et c'est notamment cela qui va intéresser De Palma, la façon, que ce soit sur le terrain ou en coulisses, qu'à cette jeune recrue pour protester et s'opposer à ce sergent.

    Alors, Outrages n'est pas exempt de tout reproche, à commencer par quelques maladresses dans certains effets de style, notamment ceux de la dramatisation ou du suspense. De Palma tombe dans certains excès et en fait parfois trop, surtout lorsqu'il s'agit de mettre en avant un aspect émotionnel. De plus, certains messages semblent parfois un peu trop appuyés, notamment ce qui tourne autour du racisme, tout comme le final qui sonne assez faux. Si c'est dommage, ça n'en devient pas non plus préjudiciable pour apprécier l'oeuvre qui fait office de film coup de poing et arrive tout de même à prendre aux tripes lorsqu'il le faut, notamment lorsque le metteur en scène de Mission : Impossible propose une vraie immersion au coeur de cette jungle aussi chaude que violente, ainsi que toute la première partie où l'opposition entre les deux soldats va commencer et s'accentuer, où les tourments psychologiques de l'un vont devoir faire face à la violence de l'autre.

    Comme Elia Kazan avec Les Visiteurs, De Palma aborde la question du crime en temps de guerre, mais à travers cela c'est surtout l'horreur de la guerre qu'il met en place, et comment elle peut, petit à petit, anéantir psychologiquement des hommes. Sa mise en scène est immersive et il arrive bien à rendre tous ses personnages intéressants, tout comme leur évolution au fur et à mesure de l'histoire. La tension est souvent au rendez-vous lors des moments propices tandis que Sean Penn se révèle parfait en sergent violent dont la folie se fait de plus en plus forte, tout comme Don Harvey alors que Michael J. Fox montre lui quelques limites dans ce rôle plus dramatique. Et enfin, et c'est bizarrement un point plus décevant, la partition d'Ennio Morricone montre quelques failles...
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    Le Bûcher des vanités (1990)

    The Bonfire of the Vanities

    2 h 05 min. Sortie : . Comédie et comédie dramatique.

    Film de Brian De Palma avec Tom Hanks, Bruce Willis, Melanie Griffith

    Ce fut un retentissant échec à sa sortie, tant commercial que critique, ce qui n'est guère difficile à comprendre. De Palma a la lourde tâche d'adapter le vaste et riche roman de Tom Wolfe et, au lieu de se concentrer sur certains points, il préfère tout aborder, ce qui est impossible en un peu moins de deux heures de film. Du coup, on se retrouve avec une oeuvre intéressante mais qui paraît totalement inachevée, tant au niveau des thématiques que des personnages et des relations qu'ils vont entretenir.

    C'est dommage car le film ne manque pas d'idées, notamment celui de prendre le point de vue de Bruce Willis (Peter Fallow, le journaliste alcoolique) pour raconter l'affaire. Néanmoins, De Palma enchaine les maladresses dont la plus grosse me semble toute la dernière partie, où il modifie le roman pour mettre en place un happy-end aussi mal amené que de mauvais gouts. À défaut de vraiment donner une consistance à ses personnages, il dirige ses acteurs vers la caricature, beaucoup de choses sonnent fausses notamment chez le révérend ou le jeu de Hanks, bien trop tendre pour le personnage de Sherman McCoy, bien qu'il ne soit pas du tout aidé par l'adaptation scénaristique de son personnage.

    C'est aussi là l'un des problèmes du film, dans le livre de Wolfe, on ressentait totalement le sommet de McCoy, la bulle qu'il s'était construit puis enfin sa descente aux enfers, ici il n'y a pas cette sensation, ce grand huit émotionnel et social qu'il devrait connaitre. De plus, son traitement trop caricatural (j'en reviens encore au procès final, entre autres) n'apporte que de lourdeur à l'oeuvre, surtout qu'il semble prendre ça sur le ton de la farce. Il n'y a que trop peu de dramaturgie, on a du mal à y croire tant tout semble faux et trop rapide et on ne ressent rien pour les personnages.

    Pourtant tout n'est pas non plus à jeter, et s'il y a bien un point que le metteur en scène de Body Double traite avec réussite, c'est celui de l'hypocrisie générale et d'une société totalement individualiste où chacun pense à sa gueule et porte-monnaie, quitte à faire du mal à autrui. C'est à travers la vision des politiques, des hommes d'église, des proches de McCoy ou encore des communautés qu'il dresse ce portrait cynique et dégueulasse de la "poubelle New-yorkaise". Seul Bruce Willis semble avoir un peu de lucidité, bien qu'il soit totalement dans le système, et le traitement de ce personnage, bien que peu présent, est l'un des points forts de cette adaptation.
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    L'Impasse (1993)

    Carlito's Way

    2 h 24 min. Sortie : . Gangster et drame.

    Film de Brian De Palma avec Al Pacino, Sean Penn, Penelope Ann Miller

    En signant Carlito's Way, Brian De Palma sublime un immense Al Pacino et propose une œuvre teintée de mélancolie et de tragédie, évoquant l'humain, le temps qui passe ou les regrets, et rarement il n'aura été aussi brillant derrière la camera, que ce soit pour mettre en scène une longue course-poursuite ou observer de nombreux sentiments traversant un homme sous une pluie diluvienne.
    On y suit Carlito Brigante, un ancien trafiquant de drogue, tout juste libéré de prison avec l'aide de David Kleinfeld, son avocat juif. Pourtant décidé à rentrer dans le droit chemin, le destin en aura décidé autrement. Le scénario en plus d'être intéressant et même passionnant, tant il est utilisé à merveille par De Palma, est vraiment bien construit et écrit, nous offrant rebondissement, suspense et tension tout le long du film.

    Les personnages sont eux aussi bien écrits, leurs complexités et dilemmes sont bien étudiés. La mise en scène de De Palma est impeccable, l'atmosphère sombre et angoissante est prenante. L'Impasse doit aussi sa grande réussite à son acteur principal, Al Pacino est en très grande forme et Sean Penn lui rend bien la réplique.

    Fascinant et puissant film de gangsters, L'Impasse permet à De Palma de continuer d'approfondir ce genre, proposant ici une oeuvre à la fois intrigante, sous tension ou encore mélancolique, avec de passionnants et attachants personnages, un scénario intelligent ainsi que de grands comédiens, Al Pacino en tête.
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    Mission: Impossible (1996)

    1 h 50 min. Sortie : . Action et thriller.

    Film de Brian De Palma avec Tom Cruise, Jon Voight, Emmanuelle Béart

    Avec Mission Impossible, Brian De Palma met en scène l'agent Ethan Hunt qui va vite se retrouver seul et traqué par les siens, ne pouvant plus faire confiance à personne et qui va devoir retrouver ceux qui l'ont trahi. Partant d'un scénario très bien écrit, De Palma orchestre son récit de fort belle manière, il met en place un suspense tenant de bout en bout, que ce soit sur les enjeux ou les intentions des personnages et rend son film tout le long haletant et tendu. Braquant sa caméra sur le personnage d'Hunt, il le rend très vite intéressant de par la manière dont il va se retrouver traqué et ce qu'il va devoir faire pour s'en sortir, mais c'est toute la galerie de personnages gravitants autour qui l'est, où l'on va se demander qui est qui et qui travaille pour qui, le tout bien maîtrisé par De Palma.

    Entre manipulation, image et faux-semblant, il nous emmène dans le monde ambigu de la CIA qui n'est pas non plus sans rappeler ses premières influences venant d'Hitchcock (surtout La mort aux trousses ici). Car si De Palma était déjà sur une pente descendante lorsqu'il réalise Mission Impossible il n'avait pas encore perdu son talent, ni son efficacité. Il instaure tension, suspense et intensité, notamment à travers des scènes clés et mémorables telles que la première mission ou encore la prise de la disquette.

    C'est néanmoins dommage que De Palma n'ait pas su finir son film (lui ou les producteurs) et qu'il termine sur une scène aussi invraisemblable que loupée. Quant à l'acteur/producteur Tom Cruise, il est ici presque sur tous les plans et c'est tant mieux tant il maîtrise à merveille ce genre de rôles. À lui seul il fait oublier la prestation totalement insipide de Jean Reno. En plus de l'inoubliable générique d'intro et des quelques (peu nombreuses ici) variations autour, la bande originale de Danny Elfman est impeccable et bien utilisée.
  • Snake Eyes (1998)

    1 h 38 min. Sortie : . Policier, thriller et drame.

    Film de Brian De Palma avec Nicolas Cage, Gary Sinise, Carla Gugino

    En signant Snake Eyes, Brian De Palma revient au thriller et en propose un dynamique, intriguant par ses questionnements et obsessionnel, jouant avec le temps, le lieu, les images et les humains pour créer une œuvre bien menée et brillamment orchestrée.
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    Mission to Mars (2000)

    1 h 53 min. Sortie : . Drame, science-fiction, aventure et thriller.

    Film de Brian De Palma avec Gary Sinise, Tim Robbins, Don Cheadle

    C'est la première incursion dans le domaine de la science - fiction pour Brian De Palma et ce n'est pas franchement une réussite. Si il y a bien quelques petites choses à sauver, tels que le côté visuel, très travaillé (notamment avec la Nasa elle-même, tout comme le scénario) et réussi, ainsi que quelques bonnes idées mais bien trop inégal.

    Il peine à nous passionner pour cette histoire et ses personnages, on ressent d'ailleurs une certaines lourdeurs dans le scénario. Si il arrive à regagner notre intention durant quelques moments et notamment le milieu, la fin vient tout gâcher tombant par moment dans le ridicule. On notera aussi la bonne bande-originale signé Ennio Morricone.
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    Le Dahlia Noir (2006)

    The Black Dahlia

    2 h. Sortie : . Policier, drame, thriller et film noir.

    Film de Brian De Palma avec Josh Hartnett, Scarlett Johansson, Aaron Eckhart

    Adaptant le roman de James Ellroy, Brian De Palma retrouve l'univers du polar avec Le Dahlia Noir, lui permettant ainsi nous emmener dans les années 1940 entre Hollywood, la police, la boxe ou encore les crimes. Malheureusement, tout cela est un peu maladroit et jamais transcendant, s'éparpillant trop sur divers chemins scénaristiques, et finalement l'ambiance est absente. C'est dommage, car le projet est intriguant, et il y a tout de même quelques aspects qui marchent, notamment le duo principal, mais rien pour vraiment faire oublier les failles d'un film pour lequel il y avait de grands espoirs.
  • Bande-annonce

    Redacted (2007)

    1 h 30 min. Sortie : . Policier, drame et guerre.

    Film de Brian De Palma avec Izzy Diaz, Rob Devaney, Ty Jones

    En signant Redacted, Brian de Palma propose une oeuvre audacieuse, sorte d'actualisation d'Outrages, montrant notamment que les Etats-Unis ne savent pas retenir les leçons de sa propre histoire en ce qui concerne les Guerres. S'appuyant sur des propos forts qu'il met parfaitement en scène, il n'hésite pas à créer des séquences dures et cruelles, non sans de rares maladresses, difficile de faire autrement avec le style si particulier du faux documentaire. De nombreuses bonnes idées traversent Redacted, comme les discours des dirigeants US avec les images adéquates, et De Palma parvient à se montrer plutôt sobre derrière la caméra, collant ainsi avec un tel et douloureux sujet.
  • Bande-annonce

    Passion (2013)

    1 h 42 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Brian De Palma avec Rachel McAdams, Noomi Rapace, Karoline Herfurth

    Semblant revenir en forme, Brian De Palma échoue à nouveau avec Passion, où il peine à proposer un portrait ambigu, sensuel et surtout fascinant et prenant de ces femmes et de leurs relations.

    Pourtant l'oeuvre contient quelques bonnes idées mais qui tombent très vite à plat, et on assiste presque à une caricature de ses premiers films. C'est dommage car le scénario est plutôt intéressant, tout comme les personnages ainsi que la mise en place de l'histoire.

    Si De Palma a beaucoup de talents, il commence tout de même à avoir de moins en moins de crédits...
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    Domino - La Guerre silencieuse (2019)

    Domino

    1 h 29 min. Sortie : . Policier et thriller.

    Film de Brian De Palma avec Nikolaj Coster-Waldau, Carice van Houten, Guy Pearce

    Ce n'est guère réjouissant de voir De Palma galérer à faire un film, avec une multiplication de boîtes de productions se greffant au projet, n'ayant pas accès au montage ni aux salles de Cinéma. Avant même sa sortie, Domino souffre d'importants symptômes que le visionnage ne fait que confirmer.

    Ce qui n'est pas bon signe, c'est qu'une fois terminée, on a l'impression d'avoir visionné un film d'action EuropaCorp. Tout est trop rapide, notamment dans le montage et s'il n'y avait pas quelques références (pas forcément très subtiles) difficile de croire que l'on est chez De Palma. On n'a pas le temps de vraiment s'intéresser aux personnages et enjeux, quand ceux-ci sont, en plus, parfois mal écrits.
    Il reste bien quelques petits aspects qui fonctionnent, des séquences comme celle de la corrida, mais c'est insuffisant pour une oeuvre qui sera oubliée aussi vite qu'elle est vue.