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26 livres

par Julien Grolleau

Ma bibliothèque idéale, ou les jalons d'une errance esthétique dilettante

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  • 1

    L'Ecclésiaste : Un temps pour tout (1977)

    L'Ecclésiaste (Qôhéléth)

    Sortie : juillet 1977. Poésie.

    Livre de Anonyme

    Vanité des vanités, disait Cohélet ; vanité des vanités ; tout est vanité !

    Quel profit l’homme retire-t-il des peines qu’il se donne sous le soleil ? Une génération s’en va ; une génération lui succède ; la terre cependant reste à sa place. Le soleil se lève ; le soleil se couche ; puis il regagne en hâte le point où il doit se lever de nouveau. Tantôt soufflant vers le sud, ensuite passant au nord, le vent tourne, tourne sans cesse, et revient éternellement sur les cercles qu’il a déjà tracés. Tous les fleuves se jettent dans la mer, et la mer ne regorge pas, et les fleuves reviennent au lieu d’où ils coulent pour couler encore.

    Tout est difficile à expliquer ; l’homme ne peut rendre compte de rien ; l’œil ne se rassasie pas à force de voir ; l’oreille ne se remplit pas à force d’entendre.

    Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui est arrivé arrivera encore. Rien de nouveau sous le soleil. Quand on vous dit de quelque chose : « Venez voir, c’est du neuf », n’en croyez rien ; la chose dont il s’agit a déjà existé dans les siècles qui nous ont précédés. Les hommes d’autrefois n’ont plus chez nous de mémoire ; les hommes de l’avenir n’en laisseront pas davantage chez ceux qui viendront après eux.
  • 2

    La Sonate à Kreutzer (1889)

    Крейцерова соната

    Sortie : 1889. Nouvelle.

    Livre de Léon Tolstoï

  • 3

    Les Carnets du sous-sol (1864)

    Записки из подполья (Zapiski iz podpol'ia)

    Sortie : 1864. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Un homme repoussoir. Voilà ce que je suis. Je crois que j’ai quelque chose au foie. De toute façon, ma maladie, je n’y comprends rien, j’ignore au juste ce qui me fait mal. Je ne me soigne pas, je ne me suis jamais soigné, même si je respecte la médecine et les docteurs. En plus, je suis superstitieux comme ce n’est pas permis: enfin, assez pour respecter la médecine. (Je suis suffisamment instruit pour ne pas être superstitieux.) Oui, c’est par méchanceté que je ne me soigne pas. Ça, messieurs, je parie que c’est une chose que vous ne comprenez pas. Moi, si! Évidemment, je ne saurais vous expliquer à qui je fais une crasse quand j’obéis à ma méchanceté de cette façon-là; je sais parfaitement que ce ne sont pas les docteurs que j’emmerde en refusant de me soigner; je suis le mieux placé pour savoir que ça ne peut faire de tort qu’à moi seul et à personne d’autre. Et, malgré tout, si je ne me soigne pas, c’est par méchanceté. J’ai mal au foie. Tant mieux, qu’il me fasse encore mal!
  • 4

    Domme ou l'essai d'occupation (1982)

    Sortie : 1982. Roman.

    Livre de François Augiéras

    La porte des Combes doit son nom au fait qu'une belle arche ogivale, encore solidement étayée par de lourdes murailles, à l'extrémité d'une ruelle à forte pente, donne soudain sur des combes qui, en ancien français, signifient des ravins, des trous de verdure. Pas un chemin au-delà de la porte. Rien que la verte campagne. Un simple sentier, au plus épais de hautes herbes encore mouillées de rosée matinale, descend rapidement vers de vieux potagers, à la limite d'un total abandon. A l'ombre de la pierre grise sur laquelle Domme est bâtie, on découvre de très anciennes petites carrières froides et noires, servant présentement à serrer les outils, les barils, le fourrage.
    De très profondes combes, au coeur d'une puissante jungle, d'un vert intense sous le ciel d'un bleu royal aujourd'hui. Une jungle, avec ses figuiers centenaires, ses antiques murettes de pierre, ses taillis de bambous arrosés d'un ruisseau coulant d'un trou dans les remparts. L'endroit paraît rarement fréquenté des humains; j'y suis seul en compagnie des oiseaux, des serpents...
    ... C'est, à Domme, un paradis dont j'aurais pu découvrir depuis longtemps l'existence, loin des falaises et de la rivière qui m'attiraient sans cesse. Pourquoi donc ne suis-je jamais venu par ici ? Un jardin de l’Éden ! C'est pour moi une découverte et un ravissement, à chacun de mes pas qui me conduit toujours plus bas, de jardins en jardins oubliés, envahis par la puissante végétation du milieu de l'été.
  • 5

    Lettre d'une inconnue (1922)

    Brief einer Unbekannten

    Sortie : 1922. Nouvelle.

    Livre de Stefan Zweig

    C'est à toi seul que je veux parler, c'est à toi que je dirai tout pour la première fois ; tu sauras tout de ma vie qui n'appartenait qu'à toi et dont tu n'as jamais rien su. Mais tu ne connaîtras mon secret que lorsque je serai morte, quand tu ne me devras plus de réponse ; et encore faut-il que ce mal, qui à cette heure souffle le chaud et le froid dans mes membres, annonce vraiment la fin. Si je devais survivre, je déchirerais cette lettre et continuerais à me taire comme je l'ai toujours fait. En revanche, si cette lettre te parvient, tu sauras que c'est une morte qui te raconte sa vie, sa vie qui t'aura appartenu dès l'éveil de sa conscience et jusqu'à sa dernière heure. Tu n'as rien à craindre de mes paroles ; une morte ne désire plus rien, elle ne veut ni amour, ni pitié, ni consolation. Je ne te demande qu'une chose : je veux que tu croies tout ce que ma douleur, qui s'évade vers toi, va te révéler. Crois-moi sur parole, c'est tout ce que je te demande : on ne saurait mentir juste après la mort de son seul enfant.
  • 6

    La Femme et le Pantin (1898)

    Sortie : 1898. Roman.

    Livre de Pierre Louÿs

  • 7

    Le Bateau ivre (1871)

    Sortie : 1871. Poésie.

    Livre de Arthur Rimbaud

    Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
    Toute lune est atroce et tout soleil amer :
    L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
    Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

    Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
    Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
    Un enfant accroupi, plein de tristesse, lâche
    Un bateau frêle comme un papillon de mai.

    Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
    Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
    Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
    Ni nager sous les yeux horribles des pontons !
  • 8

    Un diable au paradis (1956)

    A Devil in Paradise

    Sortie : 1956. Récit.

    Livre de Henry Miller

    Mon exemplaire est en France, je ne peux donc pas présenter d'extrait. Mon appréciation de ce livre est surévaluée, je le sais. Je l'ai pourtant relu plusieurs fois, telle une relique de jeunesse.
  • 9

    Poésies (1929)

    Sortie : 1929. Poésie.

    Livre de Paul Valéry

    Mais que ta bouche est belle en ce muet blasphème !

    Ô semblable !… Et pourtant plus parfait que moi-même,
    Éphémère immortel, si clair devant mes yeux,
    Pâles membres de perle, et ces cheveux soyeux,
    Faut-il qu’à peine aimés, l’ombre les obscurcisse,
    Et que la nuit déjà nous divise, ô Narcisse,
    Et glisse entre nous deux le fer qui coupe un fruit !
    Qu’as-tu ?
    Ma plainte même est funeste ?…
    Le bruit
    Du souffle que j’enseigne à tes lèvres, mon double,
    Sur la limpide lame a fait courir un trouble !…
    Tu trembles !... Mais ces mots que j’expire à genoux
    Ne sont pourtant qu’une âme hésitante entre nous,
    Entre ce front si pur et ma lourde mémoire...
    Je suis si près de toi que je pourrais te boire,
    Ô visage !... Ma soif est un esclave nu...
  • 10

    La Nausée (1938)

    Sortie : 1938. Philosophie et roman.

    Livre de Jean-Paul Sartre

    Ma pensée, c'est moi: voilà pourquoi je ne peux pas m'arrêter. J'existe par ce que je pense... et je ne peux pas m'empêcher de penser. En ce moment même - c'est affreux - si j'existe, c'est parce que j'ai horreur d'exister. C'est moi, c'est moi qui me tire du néant auquel j'aspire: la haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister, de m'enfoncer dans l'existence. Les pensées naissent par derrière moi comme un vertige, je les sens naître derrière ma tête... si je cède, elles vont venir la devant, entre mes yeux - et je cède toujours, la pensée grossit, grossit, et la voilà, l'immense, qui me remplit tout entier et renouvelle mon existence.
  • 11

    Les Plaisirs et les Jours (1896)

    Sortie : 1896. Recueil de nouvelles et poésie.

    Livre de Marcel Proust

    La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l'attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l'insuffisance de la réalité à les satisfaire. Ceux-là qui ont besoin de repos avant d'avoir éprouvé encore aucune fatigue, la mer les consolera, les exaltera vaguement. Elle ne porte pas comme la terre les traces des travaux des hommes et de la vie humaine. Rien n'y demeure, rien n'y passe qu'en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui! De là cette grande pureté de la mer que n'ont pas les choses terrestres. Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie qu'il faut une pioche pour entamer. Le pas d'un enfant sur l'eau y creuse un sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l'eau en sont un moment brisées; puis tout vestige s'efface, et la mer est redevenue calme comme aux premiers jours du monde. Celui qui est las des chemins de la terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et plus douces, incertaines et désertes. Tout y est plus mystérieux, jusqu'à ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus de la mer, sans maisons et sans ombrages, et qu'y étendent les nuages, ces hameaux célestes, ces vagues ramures. [...]
  • 12

    Adolphe (1816)

    Sortie : 1816. Roman.

    Livre de Benjamin Constant

  • 13
  • 14

    L'Ombilic des limbes (1925)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Antonin Artaud

    Chacune de tes lettres renchérit sur l’incompréhension et la fermeture d’esprit des précédentes, comme toutes les femmes tu juges avec ton sexe, non avec ta pensée. Moi, me troubler devant tes raisons, tu veux rire ! Mais ce qui m’exaspérait c’était, quand l’un de mes raisonnements t’avait amenée à l’évidence, de te voir, toi, te rejeter sur des raisons qui faisaient table rase de mes raisonnements.
    Tous tes raisonnements et des discussions infinies ne feront pas que tu ne saches rien de ma vie et que tu me juges sur une toute (petite) partie d’elle-même. Je ne devrais même pas avoir besoin de me justifier devant toi si seulement tu étais, toi-même, une femme raisonnable et équilibrée, mais tu es affolée pat ton imagination, par une sensibilité suraiguë qui t’empêche de considérer en face la vérité. Toute discussion est impossible avec toi. Je n’ai plus qu’une chose à te dire : c’est que j’ai toujours eu ce désarroi de l’esprit, cet écrasement du corps et de l’âme, cette espèce de resserrement de tous mes nerfs, à des périodes plus ou moins rapprochées ; et si tu m’avais vu il y a quelques années, avant que je puisse être même suspecté de l’usage de ce que tu me reproches, tu ne t’étonnerais plus, maintenant, de la réapparition de ces phénomènes. D’ailleurs, si tu es convaincue, si tu sens que leur retour est dû à cela, il n’y a évidemment rien à te dire, on ne lutte pas contre un sentiment.
    Quoi qu’il en soit, je ne puis plus compter sur toi dans ma détresse, puisque tu refuses de te préoccuper de la partie la plus atteinte en moi : mon âme. D’ailleurs, tu ne m’as jamais que sur mon apparence extérieure, comme font toutes les femmes, comme font tous les idiots, alors que c’est mon âme intérieure qui est la plus détruite, la plus ruinée ; et cela je ne puis te le pardonner, car les deux, malheureusement pour moi, ne coïncident pas toujours. Et pour le surplus, je te défends de revenir là-dessus.
  • 15

    Rester vivant : méthode (1991)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Michel Houellebecq

  • 16

    Le Vieillard et l'enfant (1954)

    Sortie : 1954.

    Livre de François Augiéras

    https://www.youtube.com/watch?v=xCjzBV6OxX8

    La flamme éteinte au chandelier de cuivre posé sur un créneau, je l'entends soupirer près de moi, se retourner, faisant grincer les ressorts. Mes lèvres mouillées et dures s'ouvrent et il y mange un goût de sel. Ses mains m'enlacent sous ma chemise bleue, pâlie par les nuits. Puisqu'il a l'habitude de m'avoir ainsi, le soir, je m'y accoutume, et, malgré la peur, ma tête contre les barres de fer, je parle avec mon âme éternelle. Il est comme le dernier homme que je verrais avant de mourir, au-dessus de moi, haletant, le souffle rapide, comme s'il voulait me tuer, masquant toute une région du ciel. Il regarde mes yeux, où dansent les reflets de la nuit; il cherche mes lèvres; dès qu'il les connaît, il est secoué de spasmes, surpris jusqu'à hurler de l'abondance et de la violence du flot qu'il arrache à lui-même, qu'il déverse sur moi. Et le sang de cet homme est le mien, et je n'ose dire à quel point c'est mon sang. Après qu'il a crié, je pose une main sur son visage; il accepte mon geste et que je touche à lui; ma main légère et sombre où la terre sèche et rose colle encore alentour de mes ongles.
    - Comme toi, lui dis-je, ne suis-je pas seul au monde? [...]

    De nuits en nuits le vent sèche mes larmes. Quand je m'éveille, par quel heureux hasard et bien avant le jour, debout sur les toits, sur l'admirable géométrie de la cour, je ne sais pas si ma douleur n'est pas le plus délirant cri de victoire inventé sous le ciel étoilé. A l'écart des hommes et du monde, quelle enfance au service des formes éternelles. De quel silence suis-je né dans cette région des oasis, avec l'accord des astres de la nuit. Pour ce vieillard, ainsi, dans ce désert, ne suis-je qu'un rêve venu du plus lointain passé. Accepté l'horreur de ma condition, tout m'apparaît ici comme étant admirable : la cruauté de cet homme. Et la mienne. Moi, ne désirant rien tant que d'être accoudé ainsi au bord de mon sommeil, à proximité de la mort, que de parler avec mon âme, que d'écrire sous les dernières étoiles, devant l'Eternel, mon seul seigneur et mon Juge. [...]
  • 17

    Une saison en enfer (1873)

    Sortie : 1873. Poésie.

    Livre de Arthur Rimbaud

    Je parvins à faire s’évanouir dans mon esprit toute l’espérance humaine. Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce.

    J’ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J’ai appelé les fléaux, pour m’étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.

    Et le printemps m’a apporté l’affreux rire de l’idiot.
  • 18

    La Barbe bleue (1697)

    Sortie : 1697. Conte.

    Livre de Charles Perrault

    MORALITÉ
    La curiosité malgré tous ses attraits, coûte souvent bien des regrets ;
    On en voit tous les jours mille exemples paraître.
    C’est, n’en déplaise au sexe, un plaisir bien léger ;
    Dès qu’on le prend il cesse d’être,
    Et toujours il coûte trop cher.
  • 19

    La Machine à explorer le temps (1895)

    The Time Machine

    Sortie : 1895. Science-fiction et roman.

    Livre de H. G. Wells

  • 20

    Monsieur Teste (1896)

    Sortie : 1896. Récit.

    Livre de Paul Valéry

  • 21

    Novembre (1842)

    Sortie : 1842. Nouvelle.

    Livre de Gustave Flaubert

  • 22

    L'Étranger (1942)

    Sortie : 1942. Roman.

    Livre de Albert Camus

  • 23

    Les Chimères (1854)

    Sortie : 1854. Poésie.

    Livre de Gérard de Nerval

  • 24

    Les Fleurs du mal (1857)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Charles Baudelaire

  • 25
  • 26

    Vies imaginaires (1896)

    Sortie : juin 1896. Conte et recueil de nouvelles.

    Livre de Marcel Schwob