Aux mots porteurs de mes lubies cinéphiles

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25 films

par Kalopani

Quoi de plus beau que de voir ses passions portées par les mots des autres...

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    La Parole (1955)

    Ordet

    2 h 05 min. Sortie : . Fantastique et drame.

    Film de Carl Theodor Dreyer avec Henrik Malberg, Emil Hass Christensen, Birgitte Federspiel

    " "La vie, oui, la vie", souffle-t-elle à son époux qui l’étreint, bouleversé. Dreyer a choisi de mettre en danger la poésie de son œuvre en mesurant son contenu à l'aune de la rationalité. Sur un sujet aussi "incroyable", la décision contraire aurait irrémédiablement plongé la parabole dans la mièvrerie. S'étant appuyé sur un développement sensé et concret, il peut dans sa conclusion crédibiliser le champ traditionnel de la religion, et notamment le thème de l'innocence. Celle de l'enfant qui s'offre en premier au regard de l'ignorance (terme d'ailleurs synonyme) ; celle du docteur agnostique ; celle du spectateur incroyant. L’auteur a conduit les incrédules à attendre, puis à désirer et espérer son moment de vérité. Entre un Olympe capricieux, récompensant les mortels de leur détachement, de leur silence, et un Dieu attentif aux seules paroles, à la seule foi, la distance est certes profonde. Il importe seulement que ces deux causes concourent ici comme là au même effet : le sublime."

    Thaddeus
    https://www.senscritique.com/film/La_Parole/critique/12693691
  • Bande-annonce

    Apocalypse Now (1979)

    2 h 27 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Francis Ford Coppola avec Marlon Brando, Martin Sheen, Robert Duvall

    "Sur la coquille, je dégouline, et mon périple vers le néant prend fin alors que je m’apprête à contempler les ténèbres. À les regarder droit dans les yeux.
    Rencontrer l'indicible, ce fou sanguinaire, ce mégalomane.
    Ëtre abasourdi et naître une troisième fois.

    Aujourd'hui, je suis d'ici."

    DjeeVanCleef
    https://www.senscritique.com/film/Apocalypse_Now/critique/17327675
  • Nuages flottants (1955)

    Ukigumo

    2 h 03 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Mikio Naruse avec Hideko Takamine, Masayuki Mori, Mariko Okada

    "Mais c'est peut-être surtout cette maladie du temps (qui s'immobilise, se répète, s'égare, revient), de l'action (réduite et
    souvent mise en échec), et des images, dans ce magnifique et sombre noir et blanc (sorte de long Nocturne sévère mais puissant), qui impressionne, trouble, contamine, monte aux yeux comme un parfum souffrant et capiteux à mesure que le film avance.
    C'est enfin un grand film malade, comme disait Truffaut, chef-d'oeuvre brut et presque étrange dans l'œuvre de Naruse, qui impressionna fortement Ozu, et l'ensemble des cinéphiles japonais"

    Nody
    https://www.senscritique.com/film/Nuages_flottants/critique/3795249
  • Bande-annonce

    La Foule (1928)

    The Crowd

    1 h 38 min. Sortie : . Drame, romance et muet.

    Film de King Vidor avec Eleanor Boardman, James Murray, Bert Roach

    "Et puis y a cette seconde extraordinaire. Quand arrive la dernière image.
    Soudain, t'as peur que ça finisse un peu facile, gentil, et tu redoutes que ça ternisse un tant soit peu le raz-de-marée qui était parti pour te submerger. Alors, mon con, pendant une fraction d'éternité, tu te sens capable de l'endiguer, la vague, trop content du répit inattendu ! Une espèce de jubilation débile te saisit, quand tu te dis que, ha ha, un truc aussi monumental de bout en bout ç'aurait été trop beau, ça se saurait ! … tout en réprimant une immense pointe de déception.

    Et puis non. Bien sûr."

    guyness
    https://www.senscritique.com/film/La_Foule/critique/18296589
  • Bande-annonce

    Barry Lyndon (1975)

    3 h 04 min. Sortie : . Drame, historique et aventure.

    Film de Stanley Kubrick avec Ryan O'Neal, Marisa Berenson, Patrick Magee

    "Le dézoom a valeur de donner plus de profondeur de champ à
    l’image, lui offrant également ce côté propre au cinéma, du mouvement (l’histoire) à l’intérieur même de l’imobile (l’image), en quelque sorte, les deux s’unissant en une image en mouvement. Au contraire, dans ce dernier plan sur Redmond, il s’agit d’une image qui se réduit en profondeur, jusqu’à s’imobiliser, se figer dans un cadre minuscule où la temporalité n’existe plus. Borné à se trouver une image fixe pendant tout le film, ce dernier photogramme de la pellicule de sa vie concrétise enfin sa quête, tragiquement : la peinture, fixe et autosuffisante, à laquelle il tentait de s’associer métaphoriquement n’étant pas possible d’atteindre au cinéma, il se trouve finalement piégé dans un ridicule coin de pellicule, désolidarisé du reste du film"

    PamphileRobert
    https://www.senscritique.com/film/Barry_Lyndon/critique/67788615
  • Bande-annonce

    Il était une fois dans l'Ouest (1968)

    C'era una volta il West

    2 h 55 min. Sortie : . Western.

    Film de Sergio Leone avec Charles Bronson, Claudia Cardinale, Henry Fonda

    "Dans cette sublimation de la sauvagerie et de la confrontation qui a pré-existé à l'Etat de droit, qui s'est implanté dans le lieu le plus aride et sans pitié qui soit, on ne peut être qu'admiratif de la profonde animalité de cette humanité, de la puissance des grands prédateurs et leur beauté sauvage qui laisse sans voix.
    De plus la forme même nous amène à les approcher, les ressentir de près très près, lentement, comme on peut voir des rapaces ou des félins dont la lenteur exquise camoufle une violence inouïe et qu'on regarde, scrute avec fascination comme si on pouvait mieux les comprendre, les aborder, et rationaliser leur brutalité... Sans parler de la musique qui immortalise cette approche si intime..."

    Ochazuke
    https://www.senscritique.com/film/Il_etait_une_fois_dans_l_Ouest/critique/11513319

    "Mais la grande singularité de ce film dans l’œuvre de Leone, c’est le rôle donné à la femme. Claudia Cardinale concentre à elle seule l’essence même de la figure féminine : la prostituée, la veuve, la propriétaire. Autour d’elle, l’espace se structure, la civilisation se crée : la gare, la ville environnante : d’abord fuyarde, puis victime, elle devient la mère d’une nouvelle ère que les protagonistes masculins ne peuvent assumer, contraints à la mort ou au départ. La scène finale voit ainsi, dans un plan d’ensemble épique, la femme abreuver les ouvrier travaillant à la construction urbaine tandis que le loner reprend la route vers des espaces encore en friche et à la mesure de son mutisme."

    Sergent Pepper
    https://www.senscritique.com/film/Il_etait_une_fois_dans_l_Ouest/critique/23451669
  • Bande-annonce

    Andreï Roublev (1966)

    Andrey Rublyov

    3 h 03 min. Sortie : décembre 1966. Drame, biopic, historique et guerre.

    Film de Andreï Tarkovski avec Anatoli Solonitsyne, Ivan Lapikov, Nikolai Grinko

    "Permettre à l'âme de passer du visible à l'invisible" : Andréi
    "Roublev, c'est le film d'un cheminement, d'une initiation à la création. Le film qui montre un passage. La transformation de la chenille en papillon. Roublev ne cherche pas seulement à savoir si le peuple mérite son art (même si c'est une question essentielle). Il acquiert progressivement les qualités de l'artiste. Et Tarkovski, avec son génie unique, nous montre le processus qui permet de voir la splendeur au milieu de la fange. Ainsi, la scène de l'histrion, au début, est littéralement touchée par la grâce alors qu'elle raconte, au premier degré, une véritable horreur. Mais le regard de l'artiste sait transfigurer la réalité, transcender les bas-fonds médiévaux en une œuvre incandescence, irradiante, une véritable apothéose."

    SanFelice
    https://www.senscritique.com/film/Andrei_Roublev/critique/7876119
  • Bande-annonce

    La Nuit du chasseur (1955)

    The Night of the Hunter

    1 h 32 min. Sortie : . Drame, thriller et film noir.

    Film de Charles Laughton avec Robert Mitchum, Shelley Winters, Lillian Gish

    "Le résultat appelle aux mythes éternels et forme une œuvre à la fois déchiffrable et ineffable, authentiquement américaine et d'un substrat universel. Il agit telle une légende racontée au coin du feu, dont la douceur vénéneuse et la simplicité biblique garantiraient le pouvoir d’ensorcellement. Aucun autre film n’en possède la force expressionniste, n'en convoque avec une telle évidence le temps paradoxal ni cette atmosphère surréelle qui plonge au plus profond du fantastique quotidien : tout à la fois parabole, peinture sociale, ballade, fantasmagorie, La Nuit du Chasseur est un poème immémorial qui semble filer à travers la nuit des temps."

    Thaddeus
    https://www.senscritique.com/film/La_Nuit_du_chasseur/critique/12687674
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    Les Fraises sauvages (1957)

    Smultronstället

    1 h 31 min. Sortie : . Drame, romance et road movie.

    Film de Ingmar Bergman avec Victor Sjöström, Bibi Andersson, Ingrid Thulin

    "Passé et présent se mêlent, monde et rêve se colorent l’un l’autre. Loin de les faire simplement se côtoyer, Bergman travaille l’interpénétration mutuelle des deux régimes : un homme rencontré au hasard du trajet vient hanter les cauchemars d’Isak, mais un amour de jeunesse du vieil homme prête aussi ses traits à une auto-stoppeuse rencontrée en chemin. Si le fantasme et le souvenir se donnent en miroir du réel, l’inverse est également vrai : le présent est une projection du passé et, de fait, un redoublement qui autorise le pardon des fautes jadis commises. L’une des grandeurs du film est là, dans cette manière de faire ressentir qu’une vie, fût-elle déplorable en soi, fût-elle destructrice pour les autres, peut se rejouer à tout instant et trouver, sinon le pardon, du moins un certain apaisement en ce monde."

    CableHogue
    https://www.senscritique.com/film/Les_Fraises_sauvages/critique/26760419
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    In the Mood for Love (2000)

    Fa yeung nin wa

    1 h 38 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Wong Kar-wai avec Maggie Cheung, Tony Leung Chiu-wai, Siu Ping-lam

    "Peut-être aussi parce qu’ici plus que jamais, la réalité des pensées transformées en sons serait trop douloureuse pour franchir le seuil de l’audible, et que les personnages s’effondreraient comme des châteaux de cartes en les prononçant. Un écho du cœur déchirant dans ce qu’il tait, un regret mêlé de gratitude, car même si jamais le rêve ne s’est cristallisé, au moins aura-t-il agité l’âme d’un soubresaut salvateur. Et dans cette contemplation frustrée d’un passé inatteignable, les personnages rejoignent entièrement les spectateurs, suspendus dans leur fascination de ce songe qu’ils peuvent voir mais non toucher. Une invitation au voyage, dont la beauté n’est préservée intacte que parce qu’inassouvie."

    Shania Wolf
    https://www.senscritique.com/film/In_the_Mood_for_Love/critique/30256066
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    Fleurs d'équinoxe (1958)

    Higanbana

    1 h 55 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Yasujirō Ozu avec Shin Saburi, Fujiko Yamamoto, Kinuyo Tanaka

    "Ozu rencontre cette mutation selon son oeil singulier, dans des nuances et des contradictions semblables à celles de son protagoniste, Hirayama. Ozu a relativement tardé à aborder le passage au cinéma colorisé. On peut supposer qu'il y eut quelques contraintes budgétaires, mais il fallu également au réalisateur évaluer et accepter cette modernité, avant de la prendre en compte. Ozu questionne ce vers quoi il avance. Une mélancolie automnale s’instaure avec Fleurs d’équinoxe. C’est une lenteur certaine, un bonheur fuyant, mais avant tout, une sérénité crépusculaire.

    La poésie du glissement sociétal

    Avec Fleurs d’équinoxe, Ozu nous livre un poème visuel et passionnel, posant un regard interrogateur et nuancé de mélancolie sur cette automnale modernité. C’est autant la fin d’une époque que le début d’une autre. C’est un lent flot transitoire vers le lendemain"

    Simexplore
    https://www.senscritique.com/film/Fleurs_d_equinoxe/critique/89909847
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    Ran (1985)

    2 h 42 min. Sortie : . Drame et historique.

    Film de Akira Kurosawa avec Tatsuya Nakadai, Jinpachi Nezu, Masayuki Yui

    "Alors que les cendres prennent le pas sur la flamme et que le sang se fige, le final sacrificiel très proche de Kagemusha quitte le sol pour la ligne d’horizon des montagnes. L’aveugle, seul rescapé, se déplace au bord du gouffre, sous le ciel où les dieux pèsent par leur absence, dans un plan en contre plongée qui rappelle fortement celui qui concluait les 7 samouraïs. Leçon amère portée à notre enthousiaste d’esthète : du faste et du chaos, il ne reste rien."

    Sergent Pepper
    https://www.senscritique.com/film/Ran/critique/27045924
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    Le Miroir (1975)

    Zerkalo

    1 h 45 min. Sortie : . Drame et biopic.

    Film de Andreï Tarkovski avec Margarita Terekhova, Oleg Yankovsky, Anatoli Solonitsyne

    "Chaque rappel du passé est propice à ajouter une nouvelle couleur à la palette du peintre, cependant, il appartient uniquement à son public de faire les mélanges qui donneront leur teinte aux sentiments réfléchis par le Miroir. Zerkalo est un film à ressentir avant de le penser, à vivre pleinement avant de le catégoriser tel un quelconque autre souvenir dans une petite case de notre esprit. Quoi de plus subjectif qu’une maïeutique autobiographique ? Face au reflet qui exprime l’ineffable somme des émotions d’un homme, la stratégie la plus sûre reste d’ouvrir ses sens et d’ignorer l’illusion de l’objectivité sous risque d’oublier que le cinéma est avant tout une question de sensibilité."

    Kaneda
    https://www.senscritique.com/film/Le_Miroir/critique/12399233
  • Bande-annonce

    Yi Yi (2000)

    2 h 53 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Edward Yang avec Wu Nien-jen, Elaine Jin, Issei Ogata

    "Yi Yi, c'est enfin une quête d'identité perpétuelle, dont les termes sont continuellement renouvelés, comme toujours chez Edward Yang. Un adulte qui cherche le sens de sa vie et l'adéquation à ses principes, une adolescente qui peine à trouver sa place au milieu du vacarme de Taipei, et un enfant qui expérimente sans relâche dans un monde aux contours encore incertains. Une famille allégorique, capturée dans leurs élans comme dans leurs failles. On peut y voir trois identités de trois personnages tout autant que la déclinaison d'une même identité à trois étapes marquantes de la vie, mais dans les deux cas de figure, toutes les histoires communiquent par échos. Échos qui trouvent leur résonance la plus forte dans le personnage de (Edward) Yang Yang, irréductible curieux sur lequel se projette le réalisateur, qui sera l'auteur du discours final, empreint de mélancolie, à l'image du film dans son ensemble et de la Sonate au clair de lune de Beethoven "

    Morrinson
    https://www.senscritique.com/film/Yi_Yi/critique/19171521
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    La Dolce Vita (1960)

    La dolce vita

    2 h 54 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Federico Fellini avec Marcello Mastroianni, Anita Ekberg, Anouk Aimée

    "Les femmes, toutes ou presque, sont d'une beauté effarante, pourvues de chutes de reins affolantes, et cela rend la vie encore plus incertaine, indécise, compliquée. Comment choisir lorsqu'on a le choix entre Anouck Aimée, Anita Eckberg ou Yvonne Furneaux ?

    Marcello est incapable de savourer l'essentiel, une femme qui l'aime et qui l'étouffe, il est condamné comme nous le sommes " tous à vivre à tout jamais seul.

    Avec le talent de Fellini et les images de Martelli, le désespoir devient sublime."

    guyness
    https://www.senscritique.com/film/La_Dolce_Vita/critique/15545282
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    Aguirre - La Colère de Dieu (1972)

    Aguirre, der Zorn Gottes

    1 h 33 min. Sortie : . Aventure, drame et historique.

    Film de Werner Herzog avec Klaus Kinski, Helena Rojo, Del Negro

    Et, avec une ironie mordante, la nature est de plus en plus belle : "les hommes s’y diluent, les forces telluriques reprennent leurs droits : le bateau accroché dans les arbres (un motif qu’on retrouvera dans les carcasses d’hélico sur les rives du fleuve dans Apocalypse Now) dit avec une poésie saisissante ce relâchement de toutes les amarres : le bestiaire envahit le rafiot, coquille de noix envahie d’une vie nouvelle, mausolée des conquérants qui dérive sur une eau jaunâtre.

    Aguirre ne cesse jamais de parler, dans une logorrhée incantatoire qui nie l’évidence : le voilà à la tête d’un royaume où la mort prolifère : papillons, singes et rats sont les sémillants sujets du plus grand roi que la terre ne connaîtra jamais."

    Sergent Pepper
    https://www.senscritique.com/film/Aguirre_la_colere_de_Dieu/critique/24373417
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    Amarcord (1973)

    2 h 03 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Federico Fellini avec Bruno Zanin, Pupella Maggio, Armando Brancia

    "Fellini trouve toujours le bon équilibre, sachant bien évoquer la galerie de personnages tout en peignant le fascisme en Italie, tant
    les actes que les moeurs, avec tout de même une ambiance magique et mélancolique qui traverse toute l'oeuvre. Il porte un regard d'adolescent sur les évènements qui chamboulent alors l'Italie, à l'aube d'une vie politique et sentimentale où il va évoquer l'éveil de sa sexualité et ses rêves de femmes inaccessibles. Plastiquement irréprochable (avec en plus une magnifique reconstitution), cette suite de tableaux représentant des tranches de vie sous ce fascisme qu'il dénonce bénéficie du total savoir-faire de son auteur, sachant être immersif et jamais lourd et/ou mièvre, montrant une vraie justesse et imagination pour toujours trouver le
    bon ton et en mélanger plusieurs."

    Docteur_Jivago
    https://www.senscritique.com/film/Amarcord/critique/37531426
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    L'Heure suprême (1927)

    Seventh Heaven

    1 h 59 min. Sortie : . Muet, drame et romance.

    Film de Frank Borzage avec Janet Gaynor, Charles Farrell, Albert Gran

    " Servie par un cadre toujours supérieurement composé, par des éclairages délicats et sublimatoires nimbant chaque image, la caméra à grand angle de L’Heure Suprême agit tel un œil surnaturel qui saurait déchiffrer les secrets cachés au-delà d’un d’une attitude, d’un regard, d’une expression. L’œuvre vibre de cette qualité précieuse qu’a Borzage de s’attacher aux êtres qu’il dirige (personnages et interprètes), de les extraire avec une infinie compassion de leur gangue innocente mais boueuse et grossière et de les amener, à travers le tamis de l’adversité, jusqu’au rayonnement d’une pépite de métal précieux, d’un mysticisme diaphane, qui prend la forme proprement cinématographique de la lueur blanche baignant une robe ou un visage. L’exaltation contrariée par le monde, l’accession au spirituel au terme d’épreuves initiatiques, le mysticisme absolu débarrassé des contraintes séculaires, tels sont les thèmes, si propres à l’auteur, qui y sont portés à leur plus haute intensité."

    Thaddeus
    https://www.senscritique.com/film/L_heure_supreme/critique/19447837
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    Le Goût du saké (1962)

    Sanma no aji

    1 h 55 min. Sortie : . Drame.

    Film de Yasujirō Ozu avec Chishû Ryû, Shima Iwashita, Keiji Sada

    "La réalisation d'Ozu relève du génie, avec la plus grande économie de moyens. Il n'est pas un seul plan, intérieur ou même extérieur (cheminées d'usine, pylônes, réseaux de fils électriques) qui ne soit caractérisé par une accumulation, abstraite et fascinante, de lignes - horizontales, verticales, perpendiculaires, multiples croisillons, un réseau de lignes entrecroisées qui enferment les personnages, les isolent, les confrontent à leur solitude.
    Bien plus, il n'y a dans tous ces plans aucun mouvement de caméra - mais un travail très intéressant sur la profondeur du champ : des enfilades de couloir, limités par des portes, avec à l'extrémité des silhouettes qui passent et disparaissent.
    Une dominante permanente, presque exclusive, de gris et de beige, coupée par des taches de couleur, qui sont souvent celles des enseignes lumineuses de la ville, ou des objets en plastique, toujours distribués de façon extrêmement étudiée."

    pphf
    https://www.senscritique.com/film/Le_Gout_du_sake/critique/26910617
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    Voyage à Tokyo (1953)

    Tokyo Monogatari

    2 h 16 min. Sortie : . Drame.

    Film de Yasujirō Ozu avec Chishû Ryû, Chieko Higashiyama, Setsuko Hara

    "Le deuil précède en fin de compte la mort. La mélancolie en jeu ici (fondamentalement absente des émotions représentées) est peut-être d’autant plus essentielle qu’elle est impossible à circonscrire, impossible à rattraper. On songe, et le sujet même de "Voyage à Tokyo" nous y dispose, à quelque blessure du temps et de l’histoire (les fils morts à la guerre, la ville entièrement reconstruite et le passage à la modernité d’un temps occupé essentiellement par les heures de travail). Les anciens n’ont clairement plus de place dans ce monde et le lien qui les rattache encore à la jeune génération (Setsuko Hara, veuve du fils mort à la guerre) est scellé par le deuil. En même temps l’expression de cette douleur n’est jamais accusatrice ou critique. Elle participe d’un éloge de la vie, de son mouvement dont Ozu nous fait comprendre qu’il est inséparable de celui de la perte et de la mort. Comme le dira l’un des personnages de "Fleurs d’équinoxe" : "le bonheur, n’est-ce pas aussi un peu triste ?""

    Artobal
    https://www.senscritique.com/film/Voyage_a_Tokyo/critique/6438166
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    Les Contes de la lune vague après la pluie (1953)

    Ugetsu monogatari

    1 h 36 min. Sortie : . Drame, fantastique et sketches.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Machiko Kyô, Mitsuko Mito, Kinuyo Tanaka

    Elle n'a rien de naturel et cela le fascine en tant qu'artiste. Il voit en elle une oeuvre d'art capable de comprendre le sien. Là se pose la question de ce qu'est la vraie beauté. Celle fabriquée par l'artiste ou celle, naturelle du coeur ? L'artifice ou la sincérité ? La nature de l'art est interrogée également, sa finalité. Doit-il est distancié d'un quotidien ou le rendre plus facile et plus beau ? Doit-on le banaliser ou le sacraliser ?
    Pour Mizoguchi, la réponse apportée ici est claire. L'art doit soutenir l'homme, être là pour le service. S'il devient extérieur à la vie, il devient inutile et objet de mort car favorise le narcissisme et l'égocentrisme."

    Rawi
    https://www.senscritique.com/film/Les_Contes_de_la_lune_vague_apres_la_pluie/critique/15873632
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    Fanny et Alexandre (1982)

    Fanny och Alexander

    3 h 05 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ingmar Bergman avec Pernilla Allwin, Bertil Guve, Börje Ahlstedt

    "Fanny et Alexandre est un film sur la famille en tant que spectacle, avec entrées, sorties et psychodrames cycliques. Tout s’y passe dans l’une de ces dynasties tentaculaires où le partage se fait tout seul entre grands rôles, seconds couteaux et silhouettes. Un film sur la mort comme baisser de rideau et sur la jeunesse comme répétition générale, un film sur le choix définitif de la famille scénique comme terre d’élection. Après avoir frayé sur les eaux du classicisme et de la modernité, gagné sur tous les tableaux son extraordinaire leçon de virtuosité et de liberté, révélé par un fabuleux processus de décantation toute une mosaïque d’intrigues, d’enjeux, de personnages, glorifié sans la moindre amertume les forces multiples de la vie contre les puissances du ressentiment, Bergman peut tirer sa révérence "

    Thaddeus
    https://www.senscritique.com/film/Fanny_et_Alexandre/critique/13805992

    "Entre ces mondes totalement opposés, terribles et joyeux, il y a un espace intermédiaire et préservé – celui qui apparaît régulièrement dans l’œuvre de Bergman, le monde des artistes, des forains, des comédiens (le théâtre, omniprésent dans Fanny et Alexandre) : ces derniers ont une autre vision du monde – poétique, légère, lumineuse. à l’opposé de toute lourdeur angoissée ; leur monde est précisément préservé des pesanteurs les plus terribles – à la fois plus accessible et plus lointain, ouvert, dégagé, fait de musique, de danse, et de visions poétiques ..

    Et Bergman / Alexandre (mais sans doute un peu Fanny aussi, pour la touche indispensable de maturité et même de rationnalité) s’inscrit évidemment dans ce courant-là – désormais apaisé."

    pphf
    https://www.senscritique.com/film/Fanny_et_Alexandre/critique/63674468
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    La Porte du paradis (1980)

    Heaven's Gate

    3 h 39 min. Sortie : . Drame et western.

    Film de Michael Cimino avec Kris Kristofferson, Christopher Walken, John Hurt

    "En cela, La porte du paradis s’affirme comme l'étendard d’un cinéma profondément proche des hommes (Cimino aime filmer les visages et les individus autant que les rituels communautaires - en digne héritier de Ford, il filme l’élan humaniste de la célébration avec une ferveur sans égale -) tout en restant lucide sur l’inanité de leur sort face à l’infini du monde (fabuleux plan où Averill, à l’issue de la bataille, disparaît dans l’immensité du paysage à la faveur d’un zoom arrière). Le travail sonore aussi n’est pas en reste : quand Averill arrive à Casper, le tumulte de la vie est retranscrit avec une extraordinaire intensité. On ne voit pas seulement la ville, on est forcé à y entrer de plein pied. Du long de ses 3h40, La porte du paradis est un recueil de scènes inoubliables. Parmi la multitude, je n'en mentionnerai qu'une: l’assassinat du chef de gare sur la pente d’une colline verdoyante, avec ce panorama fabuleux à l’arrière-plan. Rarement le génie visuel de Cimino n’aura atteint un tel point d’incandescence. "

    CableHogue
    https://www.senscritique.com/film/La_Porte_du_paradis/critique/26759189
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    2001 : L'Odyssée de l'espace (1968)

    2001: A Space Odyssey

    2 h 40 min. Sortie : . Aventure et science-fiction.

    Film de Stanley Kubrick avec Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester


    « Saturé de formes et de sens, « 2001 : l’Odyssée de l’espace » est aussi étincelant que lugubre. Aussi limpide que mystérieux. C’est un opéra, dans lequel tous les gestes racontent une histoire. C’est un ciel qui prend la forme d’un fleuve. Tantôt kitsch, tantôt tutoyant la quintessence du cinéma. Se rapprochant des sentiments humains et de l’expressionnisme pour ignorer la parole. Une peinture visuelle et aérienne philosophant sur l’homme et son destin. C’est un croisement des voix. Un fabuleux poème métaphysique aux images inoubliables. Une clé ouvrant les portes d’une beauté exténuante et fulgurante. Il y a tant de richesses, de beau, de reflets énigmatiques profondément troublants. »

    Kiwiwayne Kiwinson
    https://www.senscritique.com/film/2001_L_Odyssee_de_l_espace/critique/32409616
  • Bande-annonce

    Il était une fois en Amérique (1984)

    Once Upon a Time in America

    3 h 49 min. Sortie : . Drame et gangster.

    Film de Sergio Leone avec Robert De Niro, James Woods, Elizabeth McGovern

    "En une phrase, il résume une vie. D’un mouvement de caméra, il dessine un destin. Le cheminement intérieur des personnages rejoint la réverbération opérée sur la mémoire collective du cinéma, tout un héritage fictionnel qu'il ressuscite avec un sens du romanesque absolument prodigieux. Lente, hiératique, majestueuse, comme en état de flottement, la mise en scène hyper-composée retrouve la magie poétique des gros plans du cinéma muet. Elle nous emporte, trois heures quarante durant, dans un maelstrom d’aspirations et d’amertumes, de boucles et de ramifications, d’émotions et de vertiges. Film géant au rythme hypnotique et ouaté, épopée grandiose de la désillusion, l'opéra opiacé de Leone n’en finit pas de dispenser sa déchirante splendeur."
    Thaddeus
    https://www.senscritique.com/film/Il_etait_une_fois_en_Amerique/critique/12736458