👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Ces passages à lire, relire et relire...

Pas le temps de les relire en entier ? Alors rejetez au moins un oeil à ces passages... Des bijoux qui permettent en quelques lignes ou quelques pages de se replonger dans l'œuvre entière ! N'hésitez pas à proposer les vôtres.

Même liste pour les films ...

Afficher plus

Liste de

24 livres

créee il y a presque 7 ans

 · 

modifiée il y a environ 3 ans

Le Pistolero
7

Le Pistolero (1982)

La Tour sombre, tome 1

The Dark Tower I: The Gunslinger

Sortie : 1982 (France). Roman, Aventures, Fantastique

livre de Stephen King

Mr_Wilkes a mis 10/10.

Résumé : Dans un monde semblable au notre mais complètement déserté, Roland, dernier Pistoléro du monde, sorte de justicier tireur d'élite, poursuit depuis plusieurs années l'homme en noir, un magicien qui détient un secret. Ce secret permettra à Roland d'atteindre le but qu'il s'est juré d'atteindre dans sa vie : La Tour Sombre, centre de l'univers. Dans le premier tome du livre, Roland rencontre Jake, un enfant qui ne sait pas d'où il vient exactement. Ce qu'il se rappelle, c'est d'avoir été renversé par une voiture à New York. La rencontre avec cet enfant apparaît comme un tournant dans le destin du Pistolero.

Annotation :

p.244 à 247 (partie 5 du chapitre "Le Pistolero et l'Homme en noir").

L'Abomination de Dunwich
7.8

L'Abomination de Dunwich (1997)

The Dunwich Horror

Sortie : 1997 (France). Recueil de nouvelles

livre de H.P. Lovecraft

Mr_Wilkes a mis 10/10 et le lit actuellement.

Résumé : "L'Abomination de Dunwich" est une anthologie de nouvelles de Lovecraft composée en 1997 pour les éditions J'ai Lu. Les nouvelles sont traduites par Yves Rivière. Dunwich, petit village lugubre cerné par les collines du Massachusetts, est le théâtre d'événements étranges et inquiétants. Le mystère plane autour de la naissance de Wilbur Whateley et le mauvais sort semble s'acharner sur sa famille. Après une enfance solitaire, Wilbur, guidé par ses instincts maléfiques, dérobe un livre de sorcellerie, le Necronomicon... Verrouillez les portes, calfeutrez les fenêtres et allumez toutes les lumières avant d'ouvrir ce livre...

Annotation :

La première page du premier chapitre. Cette description... une pure merveille. (p.11 de l'édition Folio)

Le Roi en jaune
6.6

Le Roi en jaune (1895)

The King in Yellow

Sortie : 1895 (France). Recueil de nouvelles

livre de Robert W. Chambers

Mr_Wilkes a mis 8/10.

Résumé : Le Roi en jaune est un recueil de nouvelles fantastiques. Ces récits sont parmi les premiers exemples du fantastique moderne, bien que, par certains aspects, ils rappellent également la fantasy, le roman d'amour anglo-saxon, le roman policier, l'horreur et la science-fiction. Les quatre premières nouvelles du recueil font référence à une mystérieuse pièce de théâtre en deux actes dont le titre, Le Roi en jaune, donne son nom à l'ensemble de l'ouvrage.

Annotation :

p. 65 de l'édition Livre de poche. L'épigraphe de la nouvelle "Le Masque".
Camilla : Vous devriez, monsieur, vous démasquer.
L'étranger : Vraiment ?
Cassilda : Vraiment, il est temps. Nous avons tous ôté nos déguisements, sauf vous.
L'étranger : Je ne porte pas de masque.
Camilla (terrifiée, à Cassilda) : Pas de masque ? Pas de masque !

Le roi en jaune, acte I, scène II

L'Étranger
7.7

L'Étranger (1942)

Sortie : 19 mai 1942. Roman

livre de Albert Camus

Mr_Wilkes a mis 8/10.

Résumé : Sur une plage algérienne, Meursault a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu'il faisait chaud. Comment peut-il être si indifférent ?

Annotation :

L'incipit, bien sûr ! Quoi d'autre...

Feuilles d'herbe
7.8

Feuilles d'herbe (1891)

(traduction Jacques Darras)

Leaves of Grass

Sortie : 2002 (France). Poésie

livre de Walt Whitman

Mr_Wilkes le lit actuellement.

Résumé : Dans une langue fulgurante, le chant de l'Amérique, de la démocratie, et de l'amour des comrades. La vie de Walt Whitman dans ses poèmes-évangiles, selon le mot de Léon Bazalgette.

Annotation :

Le poème "Quand j'eus entendu parler le savant astronome", entre autres... (cf. Breaking Bad)
p.373 de l'édition Gallimard

Nosfera2
7.5

Nosfera2 (2013)

NOS4A2

Sortie : 8 janvier 2014 (France). Roman

livre de Joe Hill

Mr_Wilkes a mis 8/10.

Résumé : Il suffit que Victoria monte sur son vélo et passe sur le vieux pont derrière chez elle pour ressortir là où elle le souhaite. Elle sait que personne ne la croira. Elle-même n’est pas vraiment sûre de comprendre ce qui lui arrive. Charles possède lui aussi un don particulier. Il aime emmener des enfants dans sa Rolls-Royce de 1938. Un véhicule immatriculé NOSFERA2. Grâce à cette voiture, Charles et ses innocentes victimes échappent à la réalité et parcourent les routes cachées qui mènent à un étonnant parc d’attractions appelé Christmasland, où l’on fête Noël tous les jours ; la tristesse hors la loi mais à quel prix… Victoria et Charles vont finir par se confronter. Les mondes dans lesquels ils s’affrontent sont peuplés d’images qui semblent sortir de nos plus terribles cauchemars.

Annotation :

p.157 du grand format JC Lattès... Surtout pour le dessin. Tout de suite dans l'ambiance.

Les Versets sataniques
7.2

Les Versets sataniques

The Satanic Verses

Sortie : 1988 (France). Roman

livre de Salman Rushdie

Mr_Wilkes a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Résumé : A l'aube d'un matin d'hiver, un jumbo-jet explose au-dessus de la Manche. Au milieu de membres éparpillés et d'objets non identifiés, deux silhouettes improbables tombent du ciel : Gibreel Farishta, le légendaire acteur indien, et Saladin Chamcha, l'homme des Mille Voix, self-made man et anglophile devant l'Eternel. Agrippés l'un à l'autre, ils atterrissent sains et saufs sur une plage anglaise enneigée... Gibreel et Saladin ont été choisis (par qui ?) pour être les protagonistes de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal. Tandis que les deux hommes rebondissent du passé au présent et du rêve en aventure nous sommes spectateurs d'un extraordinaire cycle de contes d'amour et de passion, de trahison et de foi, avec, au centre de tout cela, l'histoire de Mahmoud, prophète de Jahilia, la cité de sable - Mahmoud, frappé par une révélation où les versets sataniques se mêlent au divin.

Annotation :

p.104-105 de l'édition numérique. Echange entre Abu Simbel et le poète : "Pour chaque dent que vous m'arracherez il en poussera une plus forte, qui mordra plus profondément, qui fera jaillir un sang plus chaud".
Belle description du travail du poète satirique, dans tout ce paragraphe.

Le Trône de fer - L'Intégrale, tome 5
8.1

Le Trône de fer - L'Intégrale, tome 5 (2011)

A Dance with Dragons − A Song of Ice and Fire : Book 5

Sortie : novembre 2014 (France). Roman, Fantasy

livre de George R. R. Martin

Mr_Wilkes a mis 10/10.

Résumé : Ce 5ème tome du Trône de fer est la suite du 12ème tome de l'édition française.

Annotation :

Ce passage contient des spoilers... p.1116-1117 (Chapitre sur Jon), traumatisant.

Le Festin nu
7.1

Le Festin nu (1959)

Naked Lunch

Sortie : 1959 (France). Roman

livre de William S. Burroughs

Mr_Wilkes a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Résumé : Suite d'épisodes enchevêtrés et disparates où se mêlent hallucinations et métamorphoses, clowneries surréalistes et scènes d'horreur à l'état pur.

Annotation :

p.35-36 : l'immonde passage de l'épingle... Âmes sensibles, s'abstenir !

p.200-202 : l'histoire de la vie de Leif, plutôt hilarante, entre les cercueils à deux place et le détergent à chiottes. "...le chirurgien grec se trompa d'opération, et, tout carençard qu'était Leif, il lui greffa par erreur un singe vivant sous la peau du ventre...".

Poèmes
7.7

Poèmes (1889)

Sortie : 1889. Poésie

livre de Edgar Allan Poe

Mr_Wilkes le lit actuellement.

Annotation :

"Le Corbeau", évidemment, mais également "Eulalie" (pour les plus romantiques) et "Un rêve dans un rêve" ("All that we see or seem / Is but a dream within a dream"). A lire en VO si possible...

Revival
7.1

Revival (2014)

Sortie : 30 septembre 2015 (France). Roman

livre de Stephen King

Mr_Wilkes a mis 10/10 et a écrit une critique.

Résumé : Les destins croisés d'un jeune homme et de son voisin prêtre et les "démons" personnels qu'ils doivent tous deux affronter.

Annotation :

"The three true ages of man are youth, middle age, and how the fuck did I get old so soon" / le passage de l'accident, puis du terrible sermon (environ p.50 à 80).

Salem
7.2

Salem (1975)

Salem's Lot

Sortie : 1977 (France). Roman

livre de Stephen King

Mr_Wilkes a mis 7/10.

Résumé : Le Maine, 1970. Ben revient à Salem où il se passe des choses étranges : un chien est immolé, un enfant disparaît et l'horreur s'infiltre se répand...

Annotation :

p. 204 et suivantes de l'édition Presses Pocket, chapitre "Salem (3)" : "La ville s'y connaît en ténèbres [...] la ville a ses secrets et elle les garde bien".

Sur la route
7.2

Sur la route

On the Road

Sortie : 1960 (France). Roman

livre de Jack Kerouac

Mr_Wilkes a mis 10/10.

Résumé : Le roman raconte les aventures de l'auteur et d'un compagnon de route, Dean Moriarty. On y croise plusieurs personnages fascinants.

Annotation :

Première partie, chapitre VIII : p.75 (édition folio) "Le sous-sol de Carlo... [...] de tous les actes de Dean".

Première partie, chapitre IX : p.85 (édition folio) "Major titubait dans une rue noire [...] ça me démangeait de pousser jusqu'à San Francisco".

Deuxième partie, chapitre VIII, p.220 (édition folio) "On passa par la vieille Algiers embrasée de lumière [...] soudain on fut au milieu des marais".

Quatrième partie, chapitre VI, p.414 (édition folio) "On enleva nos maillots et on fonça dans la jungle [...] pas de suspicion, ni d'embarras, ni de tracas : c'était le gardien de la ville endormie, un point c'est tout".

L'Homme qui rit
7.9

L'Homme qui rit (1869)

Sortie : 1869 (France). Roman

livre de Victor Hugo

Mr_Wilkes a mis 9/10.

Résumé : Ursus et Homo voyagent à travers l’Angleterre en traînant une cahute, dont Ursus se sert pour haranguer les foules et vendre des potions.

Annotation :

p.119 : "Derrière cette vision, il y avait on ne sait quelle occlusion sinistre. L'illimité, borné par rien, ni par un arbre, ni par un toit, ni par un passant, était autour de ce mort. Quand l'immanence surplombant sur nous, ciel, gouffre, vie, tombeau, éternité, apparaît patente, c'est alors que nous sentons tout inaccessible, tout défendu, tout muré. Quand l'infini s'ouvre, pas de fermeture plus formidable".

"Où l'homme eût vu le cadavre, l'enfant voyait le fantôme".

p.165 : "Les choses déconcertantes que nous nommons, dans la nature, caprice et, dans la destinée, hasard, sont des tronçons de loi entrevus".

p.199 : "Il arrive que les tigres lèchent le crucifix. Quand la porte sombre s'entrebâille, croire est difficile, ne pas croire est impossible. Si imparfaites que soient les diverses ébauches de religion essayées par l'homme, même quand la croyance est informe, même quand le contour du dogme ne s'adapte point aux linéaments de l'éternité entrevue, il y a, à la minute suprême, un tressaillement d'âme. Quelque chose commence après la vie. Cette pression est sur l'agonie".

p.416 : "Braves gens, nourrissez-vous de ces évidences. Sur ce, vous pouvez croire en Dieu de deux façons, ou comme la soif croit à l'orange, ou comme l'âne croit au fouet".

p.424 : "Un certain vague qu'on a dans l'esprit pousse aux promenades nocturnes et aux flâneries étoilées ; la jeunesse est une attente mystérieuse ; c'est pourquoi on marche volontiers la nuit, sans but".

p.451 : "Il lui sembla que, pour la première fois de sa vie, il venait de voir une femme.
Il fit tout de suite cette demi-chute de songer étrangement. Il faut prendre garde à la rêverie qui s'impose. La rêverie a le mystère et la subtilité d'une odeur. Elle est à la pensée ce que le parfum est à la tubéreuse. Elle est parfois la dilatation d'une idée vénéneuse, et elle a la pénétration d'une fumée. On peut s'empoisonner avec des rêveries comme avec des fleurs. Suicide enivrant, exquis et sinistre".

p.690 : "Mylords, vous êtes en haut. [...] Soit. Mais il y a au-dessous de vous quelque-chose. AU-dessus peut-être. Mylords, je viens vous apprendre une nouvelle. Le genre humain existe".

p.696 : "Oh, sachez-le, l'abîme est pour tous".

p.748 : "Nous étions quatre, nous ne sommes plus que trois. La vie n'est qu'une longue perte de tout ce qu'on aime. On laisse derrière soi une traînée de douleurs".

Et bien sûr la dernière page du livre, qui est un énorme spoiler.

Dans la forêt
7.8

Dans la forêt (1996)

Into the Forest

Sortie : 3 janvier 2017 (France). Roman

livre de Jean Hegland

Mr_Wilkes a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Annotation :

Deux passages particulièrement poignants, dont je n'ai malheureusement pas noté les pages : celui du père et celui de la poule. Ceux qui auront lu le livre comprendront.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
8.2

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (1960)

To Kill a Mockingbird

Sortie : 1961 (France). Roman

livre de Harper Lee

Mr_Wilkes a mis 10/10.

Résumé : Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche.

Annotation :

"Je voulais que tu comprennes quelque chose, que tu voies ce qu'est le vrai courage, au lieu de t'imaginer que c'est un homme avec un fusil dans la main. Le courage, c'est savoir que tu pars battu, mais d'agir quand même sans s'arrêter. Mrs Dubose a gagné, de ses quarante-cinq kilos. Ainsi qu'elle l'entendait, elle est morte libre de toute attache".

"Le Ku Klux Klan a disparu, reprit Atticus. Il ne reviendra jamais", une phrase douloureuse dans le contexte actuel.

Au sujet de la condamnation injuste de Tom Robinson par le tribunal :
"- Comment ont-ils pu faire ça, comment ont-ils pu ?
- Je ne sais pas, mais c'est ainsi. Ce n'est ni la première ni la dernière fois, et j'ai l'impression que quand ils font ça, cela ne fait pleurer que les enfants. Bonne nuit".

"S'il n'y a qu'une seule sorte de gens, pourquoi n'arrivent-ils pas à s'entendre ? S'ils se ressemblent, pourquoi passent-ils leur temps à se mépriser les uns les autres ?".

La Voie cruelle
7.6

La Voie cruelle

The Cruel Way

Sortie : octobre 2001 (France). Récit

livre de Ella Maillart

Mr_Wilkes a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : En juin 1939, alors que l'Europe s'apprête à basculer dans la guerre, Ella Maillart et son amie, Christina décident de partir, au volant d'une Ford, moteur V8, de dix-huit chevaux, vers l'Afghanistan, pour découvrir " comment on peut vivre en accord avec son c?ur ". Ella Maillart en est à son cinquième voyage en Asie. Sa compagne, Christina, malade et morphinomane, est un véritable gouffre de souffrance et de désespoir. Ensemble, elles traversent l'Arménie, découvrent Naksivan, rêvent du jardin d'Eden des Hashishin du mont Elbrouz, s'attardent dans la steppe afghane, croisent d'autres Européens eux aussi à la poursuite de leurs chimères. Mais Christina transporte avec elle sa douleur.

Annotation :

"Je lui offris l'un de mes livres. Il le regarda et demanda :
– Pourquoi voyagez-vous ?
– Pour trouver ceux qui savent encore vivre en paix".

Le passage de l'orage, p.103 de l'édition poche.

Le passage de la voie cruelle, p.78 de l'édition 24 heures ("Il fallait d'abord que je comprenne pourquoi, encore et toujours, elle choisissait la voie compliquée, la voie cruelle de l'enfer. [...]"La vie peut s'accomplir sur deux chemins : l'un est ordinaire, simple et direct. L'autre est pénible, il conduit au-delà de la mort, et c'est la voie géniale" ? La souffrance de Christina est-elle miraculeuse au point de mener au-delà de l'intellect, quoique combinée par lui ? ").

"Le pain était trop amer et les jours de paie trop rares".

"Quand nous nous séparâmes, le typographe nous dit :
– Vous allez vers des amis qui vous attendent. Vous ne savez pas quel bonheur cela représente !".

"–Elles me disent que je détruis leur vie... Et après quelque temps, elles me confient à des étrangers ou à des médecins.
[...]
– Oui, j'ai vu comment vous épuisez les êtres qui vous aiment. Vous demandez un amour qui est au-delà des possibilités humaines".

"Assez de ce pendule qui oscille entre : "Tu ne vis que pour mourir !" et "Meurs pour vivre !". Nous avons besoin de quelque chose de plus."

Et bien évidemment le dernier chapitre du livre, probablement le plus émouvant.

Tous nos contretemps
7.5

Tous nos contretemps

All Our Wrong Todays

Sortie : 20 septembre 2017 (France). Roman

livre de Elan Mastai

Mr_Wilkes a mis 8/10 et a écrit une critique.

Résumé : Vous connaissez l’avenir que les gens des années 1950 imaginaient pour nous ? Eh bien, il a fini par arriver. En 2016, dans le monde de Tom Barren, l’humanité prospère au sein d’un paradis techno-utopique avec voitures volantes, trottoirs roulants et bases lunaires, où les avocats ne pourrissent jamais et où la musique punk n’a jamais existé… car on n’en a jamais eu besoin. Sauf que Tom ne parvient tout simplement pas à trouver sa place dans ce monde éblouissant et idéaliste, et cela même avant que sa vie se retrouve sens dessus dessous. Suite à un accident du destin, Tom fait un choix irréfléchi qui va non seulement changer son existence, mais aussi la trame même de l’univers. À cause d’un événement survenu au cours d’un voyage temporel, Tom se retrouve bloqué dans notre monde, celui que nous considérons comme le monde réel. À ses yeux, en revanche, notre réalité a toutes les apparences d’un cauchemar dystopique. Pourtant lorsqu’il découvre des versions bien plus plaisantes de sa famille, de sa carrière et – peut-être même – de son âme sœur, Tom doit prendre une décision. Doit-il réparer le cours de l’Histoire afin de retrouver son univers utopique, ou tenter d’inventer une nouvelle vie dans notre réalité chaotique et imprévisible ? La quête de Tom pour trouver une réponse le mène dans d’autres pays, sur d’autres continents et le long d’autres lignes temporelles, tandis qu’il s’efforce de comprendre qui il est réellement et de quoi son avenir – et le nôtre – est fait. Ce roman est une réflexion sur l’identité, sur ces versions de nous-mêmes que nous abandonnons et adoptons au fil du temps. C’est une histoire sur l’amitié et la famille, sur les voyages inattendus et les chemins divergents, une histoire sur l’amour et les formes multiples qu’il revêt. Rempli d’humour et d’émotions brutes, saturé d’intuition, d’intelligence et d’une inventivité étonnante, ce premier roman confirme le talent d’un auteur éclectique.

Annotation :

"L'optimisme est le bûcher sur lequel nous nous sommes nous-mêmes immolés".

"Quand on invente une nouvelle technologie, on invente l'accident qui va avec".

Au sujet de la lecture de fiction : "A moins, bien sûr, d'être par constitution enclin à se sublimer au profit d'une personnalité plus forte, auquel cas, lire un livre où chaque mot est fixé à sa place par les choix délibérés d'une vision dominatrice, où l'on soumet l'agencement de sa propre imagination à un étranger qu'on a toutes chances de ne jamais rencontrer, relève d'une sorte de plaisir masochiste".

"Je ne crois pas en la vérité. Je suis un scientifique. Je crois aux questions et à la meilleure réponse présentement à notre disposition".

Le Lambeau
7.4

Le Lambeau

Sortie : 12 avril 2018 (France). Récit

livre de Philippe Lançon

Mr_Wilkes a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Résumé : Lambeau, subst. masc. 1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie. 2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55). 3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338).

Annotation :

(Pages correspondant à la version électronique...)

p.29 : "Quand on est reporter, il faut rester là où l'évènement a lieu, et le faire si possible du côté des faibles, des inconnus, des gens ordinaires pris dans une situation extraordinaire, pour leur donner un nom et le maximum de vie au moment où une puissance quelconque cherche à les leur ôter".

p.54 : "J'ai toujours aimé les petites librairies où les vieux livres envahissent tout, jusqu'à sembler prendre la place de l'air. Ce sont des cabanes au fond des villes, au fond des bois. J'ai l'impression que rien de mal ne pourra y arriver : un labyrinthe sans angoisse ni menace".

p. 272 : "[...] une autre guerre s'annonçait maintenant, une guerre dont les islamistes n'étaient qu'un symptôme et qui opposerait l'homme à lui-même, une guerre sociale, sexuelle, psychique, écologique, totale, conduisant à relativement court terme à l'extinction".

p.277 : "Les estrades et les télés américaines étaient remplies de ces survivants qui, d'un désastre surmonté, faisaient un show évangélique. Ces niaiseries volontaristes m'agaçaient d'autant plus que je pouvais à peine parler".

p.278 : "Le patient est un vampire, ai-je dit, et il est égoïste : je n'avais que très peu à offrir, à donner, toutes les réserves étaient prises par le combat mental et chirurgical".

p.296 : le SDF qui traite les les infirmières et "salope" et les réflexions qui en suivent.

p.316 : la redécouverte des aliments

p.333 : "En quoi l'esprit de Charlie, ce journal que les délicats et les tartinés de vertu d'où qu'ils viennent n'avaient jamais cessé de détester ou de mépriser, était adapté à la situation : il nous permettait de rire de tout, et d'abord de nous-mêmes, en faisant feu de tout bois. Nous n'avions pas mérité notre sort, mais ce n'était pas une raison pour nous étouffer de scrupules et pour nous prendre au sérieux".

p.391: "Les chirurgiens pensent et disent certaines choses. Nous sommes là pour les surprendre".

p.400 : Lançon est dans le train et a peur, face à un jeune Arabe au regard étrange. Il dit ensuite : "Au moment même où je pensais cela, je fus horrifié par ma propre pensée et par l'amalgame qu'elle signifiait. La honte, comme souvent, était siamoise de la peur".

La dernière page du livre, glaçante, virtuose, magnifique.

Du côté de chez Swann
8

Du côté de chez Swann (1913)

À la recherche du temps perdu / 1

Sortie : 14 novembre 1913. Roman

livre de Marcel Proust

Mr_Wilkes a mis 7/10.

Résumé : L'expression roman fleuve devrait, sans connotation péjorative, désigner une œuvre qui prend le temps de charrier mille petites particules d'impression pour les infuser dans l'esprit d'un lecteur captivé. En somme, elle devrait avoir été créée pour désigner La Recherche proustienne, qui s'ouvre Du côté de chez Swann et s'achève une fois Le Temps retrouvé. Dans le premier tome de ce superbe travail sur la mémoire et la métaphore, œuvre à part entière mais aussi amorce dramatique d'un joyau de la langue française, le narrateur s'aperçoit fortuitement, à l'occasion d'un goûter composé d'une tasse de thé et d'une madeleine désormais célèbre, que les sens ont la faculté de faire ressurgir le souvenir. Grâce aux senteurs d'un buisson d'aubépines, il prend confusément conscience de la distinction entre le souvenir et la réminiscence, pour ensuite s'exercer à manier les mots comme de petits papiers japonais qui, touchés par la grâce de l'eau, se déploient en corolle pour faire place à tout un univers. Tout comme se déploie un roman fleuve à partir de cette toute petite phrase légendaire : "Longtemps, je me suis couché de bonne heure".

Annotation :

De l'édition Folio classique

p.24 et suivantes : "Ce que je reproche aux journaux c'est de nous faire faire attention tous les jours à des choses insignifiantes tandis que nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les livres où il y a des choses essentielles".

p.84 : "Mais tous les sentiments que nous font éprouver la joie ou l'infortune d'un personnage réel ne se produisent en nous que par l'intermédiaire d'une image de cette joie ou de cette infortune ; l'ingéniosité du premier romancier consista à comprendre que dans l'appareil de nos émotions, l'image étant le seul élément essentiel, la simplification qui consisterait à supprimer purement et simplement les personnages réels serait un perfectionnement décisif".

p.128 : les descriptions des paysages, fabuleuses

p.162, sur le sadisme, le plaisir et le passage à l'acte : "Les sadiques [...] sont des êtres si purement sentimentaux, si naturellement vertueux que même le plaisir sensuel leur paraît quelque chose de mauvais, le privilège des méchants. Et quand ils se concèdent à eux-mêmes de s'y livrer un moment, c'est dans la peau des méchants qu'ils tâchent d'entrer et de faire entrer leur complice, de façon à avoir eu un moment l'illusion de s'être évadés de leur âme scrupuleuse et tendre, dans le monde inhumain du plaisir".

p.374 : le rêve

p.419 : la dernière page du livre

Et bien évidemment le passage de la madeleine / du souvenir : "Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray [...] quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté... Mais, quand d'un passé lointain rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir".

L'Insoutenable Légèreté de l'être
7.8

L'Insoutenable Légèreté de l'être (1984)

Nesnesitelná lehkost bytí

Sortie : 1984 (France). Roman, Philosophie

livre de Milan Kundera

Mr_Wilkes a mis 10/10.

Résumé : L’insoutenable légèreté de l’être narre les errances de quatre êtres qui se cherchent et se perdent entre légèreté et pesanteur à Prague en 1968.

Annotation :

p.25, le passage sur l'"amitié érotique" : "Seule une relation exempte de sentimentalité, où aucun des partenaires ne s'arroge de droits sur la vie et la liberté de l'autre, peut apporter le bonheur à tous les deux".

p.105 : "On y voyait des tanks, des poings menaçants, des immeubes endommagés [...] et de très jeunes filles vêtues de minijupes incroyablement courtes, qui provoquaient les malheureux soldats russes sexuellement affamés en embrassant sous leurs yeux des passants inconnus. L'invasion russe, répétons-le, n'a pas été seulement une tragédie ; ce fut aussi une fête de la haine dont personne ne comprendra jamais l'étrange euphorie".

p.136 : "Trahir, c'est sortir du rang. Trahir, c'est sortir du sang et partir dans l'inconnu".

p. 138, sur la musique : "Elle pensait alors que l'univers communiste était le seul où régnait cette barbarie de la musique. A l'étranger, elle constate que la transformation de la musique en bruit est un processus planétaire qui fait entrer l'humanité dans la phase historique de la laideur totale. Le caractère total de la laideur s'est d'abord manifesté par l'omniprésente laideur acoustique : les voitures, les motos, les guitares électriques, les marteaux piqueurs, les haut-parleurs, les sirènes. L'omniprésence de la laideur visuelle ne tardera pas à suivre".

p.151 : "Dans une société riche, les gens n'ont pas besoin de travailler de leurs mains et se consacrent à une activité intellectuelle. Il y a de plus en plus d'universités et de plus en plus d'étudiants. [...] La culture disparait dans une multitude de productions, dans une avalanche de phrases, dans la démence de la quantité. Crois-moi, un seul livre interdit dans ton ancien pays signifie infiniment plus que les milliards de mots que crachent nos universités".

p.341 : "Lier l'amour à la sexualité, c'est l'une des idées les plus bizarres du Créateur. Et il se dit encore ceci : Le seul moyen de sauver l'amour de la bêtise de la sexualité ce serait de régler autrement l'horloge dans notre tête et d'être excité à la vue d'une hirondelle".

p.391 : au sujet d'une pétition : "L'objectif véritable n'était pas de libérer les prisonniers mais de démontrer qu'il y a encore des gens qui n'ont pas peur. Ce qu'il faisait tenait du spectacle. [...] Son combat contre le pouvoir silencieux, [...] c'est le combat d'une troupe de théâtre qui s'attaque à une armée".

Puis p.416, 421, 435 : réflexion sur l'animal et l'homme

La Ferme des animaux
7.8

La Ferme des animaux (1945)

(traduction Jean Queval)

Animal Farm

Sortie : 1981 (France). Roman

livre de George Orwell

Mr_Wilkes a mis 9/10.

Résumé : En Angleterre eut lieu la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Un règlement est appliqué mais il ne convient pas à tous.

Annotation :

p.77 : le passage très intéressant du discours de Brille-Babil, justifiant ses privilèges par la menace, bien connue des politiques, consistant à brandir l'esquisse du pire, qui pourrait, à sa place, gouverner.

p.144 : "TOUS LES ANIMAUX SONT EGAUX MAIS CERTAINS SONT PLUS EGAUX QUE D'AUTRES".

p.151 : "Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l'homme et de l'homme au cochon, et de nouveau du cochon à l'homme ; mais déjà il était impossible de distinguer l'un de l'autre".

Crépuscule des idoles
8

Crépuscule des idoles (1888)

(traduction Jean-Claude Heméry)

Götzen-Dämmerung oder wie man mit dem Hammer philosophiert

Sortie : 1977 (France). Essai, Philosophie

livre de Friedrich Nietzsche

Mr_Wilkes a mis 8/10.

Résumé : « Il y a dans le monde plus d'idoles que de réalités : c'est ce que m'apprend le "mauvais œil" que je jette sur le monde, et aussi la "méchante oreille" que je lui prête... Ce petit livre est une grande déclaration de guerre. Quant aux idoles qu'il s'agit d'ausculter, ce ne sont cette fois pas des idoles de l'époque, mais des idoles éternelles, que l'on frappe ici du marteau comme d'un diapason - il n'est pas d'idoles plus anciennes, plus sûres de leur fait, plus enflées de leur importance... Pas non plus de plus creuses... Cela ne les empêche pas d'être celles auxquelles on croit le plus. Aussi, surtout dans le cas de la plus distinguée d'entre elles, ne les appelle-t-on jamais des idoles... » Friedrich Nietzsche.

Annotation :

p.33 : "L'Eglise combat la passion par l'excision : sa pratique, son "traitement", c'est le castratisme. Jamais elle ne demande : "comment spiritualiser, embellir, diviniser, un désir ?" – de tout temps elle a insisté, dans sa discipline, sur l'extirpation.

p. 38 "L'individu est un fragment de fatum de bout en bout, une loi de plus, une nécessité de plus pour tout ce qui vient et sera. Lui dire : "Change", revient à désirer que tout change, même d'une manière rétroactive...".

p.52 : "Le jugement moral a ceci de commun avec le jugement religieux qu'il croit à des réalités qui n'en sont pas. La morale n'est qu'une interprétation de certains phénomènes, ou, pour parler plus exactement, une interprétation fausse".

p.98, sur le débat éminemment actuel de la mort dans la dignité

p.114 : "Le type du criminel, c'est le type de l'homme fort placé dans des conditions défavorables, un homme fort qu'on a rendu malade. Ce qui lui manque, c'est l'état sauvage, une nature et une forme d'existence plus libres et plus dangereuses dans lesquelles se justifie tout ce qui, dans l'instinct de l'homme, peut servir d'arme offensive et défensive".

p. 116, au sujet du prêtre : "Vient le temps – je le promets – où il sera considéré comme le type le plus inférieur, comme notre tchandala à nous, comme l'espèce la plus menteuse et la plus indécente de l'homme".

Meursault, contre-enquête
6.5

Meursault, contre-enquête

Sortie : 7 mai 2014 (France). Roman

livre de Kamel Daoud

Mr_Wilkes a mis 7/10.

Résumé : Cet homme qui soliloque dans un bar, nuit après nuit, c est le frère de l'Arabe tué par un certain Meursault dans un célèbre roman du XXème siècle. Soixante-dix ans après les faits, rage et frustration inentamées, le vieillard rend un nom au mort et donne chair à cette figure niée de la littérature : l'Arabe. Un roman profond sur les héritages qui conditionnent le présent et sur le pouvoir exceptionnel de la littérature pour dire le réel.

Annotation :

"A son âge, disparaître n'a plus de sens". p.41

"Quant à moi, je n'aime pas ce qui s'élève vers le ciel, mais seulement ce qui partage la gravité. J'ose te le dire, j'ai en horreur les religions. Toutes ! Car elles faussent le poids du monde. J'ai parfois envie de crever le mur qui me sépare de mon voisin, de le prendre par le cou et de lui hurler d'arrêter sa récitation de pleurnichard, d'assumer le monde, d'ouvrir les yeux sur sa propre force et sa dignité et d'arrêter de courir derrière un père qui a fugué vers les cieux et qui ne reviendra jamais. Regarde un peu le groupe qui passe, là-bas, et la gamine avec son voile sur la tête alors qu'elle ne sait même pas encore ce qu'est un corps, ce qu'est le désir. Que veux-tu faire avec des gens pareils ?". p.80

"Tu veux noter ma définition de l'amour ? Elle est grandiloquente mais sincère, je l'ai fabriquée tout seul. L'amour, c'est embrasser quelqu'un, partager sa salive et remonter jusqu'au souvenir obscur de sa propre naissance". p.143