Charles Chaplin - Commentaires

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12 films

par Thaddeus

Que dire ? Comment synthétiser l’œuvre de celui qui considéré comme l’un des artistes essentiels du cinéma ? Chaplin est de ceux qui ont fait du divertissement populaire un art aux résonnances humanistes, politiques, sociales. Dans la comédie pure comme dans le drame, il reste un modèle absolu, dont la fécondité formelle n’égale que l’universalité du propos.

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1. Les temps modernes (1936)
2. Les lumières de la ville (1931)
3. Le dictateur (1940)
4. Le cirque (1928)
5. La ruée vers l’or (1925)

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    Le Kid (1921)

    The Kid

    1 h 08 min. Sortie : . Muet et comédie dramatique.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Jackie Coogan, Carl Miller

    Chaplin a mis notoirement beaucoup de lui-même dans cette aventure en partie autobiographique, et dans la relation entre celui qu’il incarne et l’enfant abandonné qu’il prend sous son aile, considéré autant comme un fils que comme un double de lui-même. Très simple, le film invente des gags irrésistibles, suscite une émotion d’une grande pureté, trouve l’équilibre idéal entre comédie burlesque et mélodrame. La très fameuse scène de séparation, chargée de l’incommensurable détresse de celui qui a vécu autrefois pareille expérience, est absolument déchirante. Et si l’étreinte entre le gosse et le vagabond lorsqu’ils se retrouvent est d’une intensité si douloureuse, c’est certainement parce que c’est l’enfant dont il est issu que le personnage embrasse à cet instant.
  • Le Pèlerin (1923)

    The Pilgrim

    47 min. Sortie : . Comédie et muet.

    Moyen-métrage de Charlie Chaplin avec Edna Purviance, Charlie Chaplin, Syd Chaplin

    Le travail de Chaplin a longtemps consisté à préciser, à affiner une certaine forme d’humour héritée du slapstick, à le dégager de ses nervosités mécaniques et d’une certaine gangue de vulgarité. Ce moyen-métrage en témoigne, qui crée une savante batterie de décalages et de malentendus entre les apparences de l’habit et la réalité du personnage. Les ligues conservatrices et la censure se seront déchaînées sur la satire subversive de l’hypocrisie et de la bigoterie qu’elle développe en un savoureux brocardage du pharisaïsme religieux. Mais si l’Amérique profonde en prend pour son grade, c’est en clown désenchanté, presque en philosophe, que l’auteur conclut sa fable : lorsqu’il marche tel un funambule sur la frontière américano-mexicaine, c’est la précarité burlesque de tout statut social qui est épinglée.
  • L'Opinion publique (1923)

    A Woman of Paris

    1 h 22 min. Sortie : . Drame et muet.

    Film de Charlie Chaplin avec Edna Purviance, Clarence Geldart, Carl Miller

    Sans doute l’un des films les plus modernes de son époque, l’un des plus innovants du cinéma muet, une œuvre à part dans la carrière de l’auteur, qui préfigure ici la sophistication des comédies hollywoodiennes. Chaplin parvient à formaliser l’intériorité de ses personnages par le biais d’une mise en scène dépouillée mais évocatrice, elliptique et métonymique, d’une écriture allusive atténuant la portée scabreuse de l’histoire en même temps qu’elle en exalte le cynisme. Pariant sur l’intelligence du spectateur, sa faculté à associer des éléments que le montage agence en un rapport dialectique sans forcément les montrer (un faux-col tombant du tiroir pour illustrer la condition d’une femme entretenue, par exemple), cette subtile chronique de mœurs se double d’un émouvant portrait psychologique.
  • Bande-annonce

    La Ruée vers l'or (1925)

    The Gold Rush

    1 h 35 min. Sortie : . Muet, aventure et comédie dramatique.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Mack Swain, Tom Murray

    Avec ses séquences d’anthologie enfilées comme des perles, avec la perfection méticuleuse de ses agencements visuels, ce nouveau sommet puise dans l’imaginaire collectif (la mythologie du chercheur d’or), une manière unique de sublimer le réel, de poétiser les instants les plus dramatiques (l’inaltérable danse des petits pains) et de fermenter le rire en le mettant en lumière de la gravité des choses et de la cruauté du monde (le héros comme invisible aux yeux de la femme qu’il aime). Mime, burlesque, gags délirants y sont en permanence alimentés par l’expression d’une sentimentalité poignante, par l’éloge de l’amitié et de la solidarité, et par la critique distanciée du rêve américain, incarné malgré tout par le héros jusqu’à un dénouement qui colore son euphorie d’une certaine amertume.
  • Bande-annonce

    Le Cirque (1928)

    The Circus

    1 h 12 min. Sortie : . Muet, comédie dramatique et romance.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Al Ernest Garcia, Merna Kennedy

    Embauché dans un cirque, l’éternel vagabond est confronté au regard du spectateur : il ne fait rire que lorsqu’il ignore ce pour quoi il a été réellement engagé, et qu’il bat sur leur propre terrain, de façon totalement involontaire, les artistes du spectacle forain. La réflexion démystificatrice que Chaplin porte sur son métier, son rapport avec le public, est de celles que seuls les plus grands peuvent se permettre. Et cette grandeur éclate à chaque seconde, dans l’ordonnancement géométrique de la mise en scène, dans la poésie d’un dîner de misère partagé avec une jeune fille, dans les hilarantes séquences de répétitions ratées, de clownerie involontaire ou de funambulisme acrobatique, corsé par des primates facétieux, qui font de cette petite merveille l’un des films les plus drôles de son auteur.
  • Bande-annonce

    Les Lumières de la ville (1931)

    City Lights

    1 h 27 min. Sortie : . Comédie dramatique, romance et muet.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Virginia Cherrill, Harry Myers

    Plus que jamais Chaplin est au faîte de son génie, structurant avec fluidité un récit complexe, approfondissant son art du muet à une époque où le parlant triomphait. Les scènes d’anthologie affirment une plénitude absolue du gag, dans sa dimension la plus plastique et la plus poétique (le mémorable combat de boxe). L’argument (une aveugle tombe amoureuse du héros, qu’elle prend pour un homme riche) confère au film davantage que sa logique formelle ; elle puise dans les ressorts des plus grandes tragédies et gouverne quasiment la conception éthique et philosophique qu’il développe. Tout est question de confusion d’identités, de projection illusoire, d’imagination créatrice, jusqu’au moment où tout se synchronise – c’est l’échange final de sourires, un simple jeu de regards qui suffit à rendre la conclusion bouleversante.
  • Bande-annonce

    Les Temps modernes (1936)

    Modern Times

    1 h 27 min. Sortie : . Comédie dramatique et muet.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Paulette Goddard, Henry Bergman

    La seule parole que l’on entend ici est celle de l’autorité (le patron, la machine à manger), et c’est la candeur qui gouverne les actions des deux héros amoureux, esprits éternellement jeunes, qui ne se révoltent pas mais sont les seuls vivants dans un monde d’automates. Plus ouvertement politique, Chaplin fait de la taylorisation galopante le lit d’une satire nimbée d’onirisme, fertile en gags poétiques : le ballet surréaliste de l’ouvrier aux prises avec l’énorme machine, la partie de patins à roulettes, la confusion des manifestants qui le prennent pour un communiste sont autant de scènes inusables. Les associations visuelles, la perfection du style et du montage témoignent d’une inspiration zénithale, au service d’un propos ménageant la tendresse romantique et l’humanisme chaleureux. Un inaltérable classique.
  • Bande-annonce

    Le Dictateur (1940)

    The Great Dictator

    2 h 05 min. Sortie : . Comédie dramatique et guerre.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Jack Oakie, Reginald Gardiner

    C’est l’un des ces coups d’éclat idéologiques, l’une de ces charges dévastatrices dont le cinéma est capable lorsqu’un artiste de génie choisit d’attaquer une puissance mythologique comparable, de l’amener sur son propre terrain pour mieux le ridiculiser, et de le combattre avec les armes redoutables du burlesque et de la satire. Né quatre jours avant Hitler, Chaplin s’engage corps et âme, plie l’invective politique du dictateur pour la transformer en gestuelle grotesque et absurde, use de tous les moyens de spectacle pour stigmatiser le danger et la folie qu’il représente. Et il le fait avec une poésie (le ballet du globe), une férocité (les harangues incompréhensibles) et une sincérité humaniste (l’homélie finale en forme d’appel aux consciences, à la gloire des valeurs démocratiques) en tout point admirables.
  • Bande-annonce

    Monsieur Verdoux (1947)

    2 h 04 min. Sortie : . Comédie dramatique et policier.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Mady Correll, Allison Roddan

    Au lendemain de la guerre, scarifié dans l’amère mise à nu de ses désillusions, le monde à changé. Le vagabond chaplinien aussi, dont le cinéaste jette le masque en assumant la logique de ses motivations : se couler dans les normes sociales non par conformisme, mais par intérêt. Poussé à tuer des femmes pour nourrir sa famille, assumant jusqu’au bout la logique capitaliste dans des circonstances particulières : voilà comment l’artiste tord le cou au sentimentalisme dont il fut souvent accusé et dénude le pessimisme implacable qui rôdait sous le rire de ses précédents ouvrages. Réglant dans l’humour noir quelques comptes avec l’Amérique bien-pensante, il dévoile une philosophie aussi rieuse que sinistre et préserve une humeur guillerette et le regard sarcastique d’un moraliste affûté.
  • Bande-annonce

    Les Feux de la rampe (1952)

    Limelight

    2 h 17 min. Sortie : . Drame, comédie musicale et romance.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Claire Bloom, Nigel Bruce

    Sans doute le film testamentaire de Chaplin, celui où se livre le plus ouvertement, le plus intimement. Dans ce film en forme d’adieux, il met en scène sa propre mort, celle d’un artiste désormais honni et d’un clown autrefois adulé. On peut dire qu’il tombe le masque, se démaquillant explicitement à travers ce personnage vieillissant, hanté par l’échec, le besoin du public, la peur du rejet et de l’oubli. Le film use des jeux de miroir entre la coulisse et la scène, invite d’autres grands noms à la gloire passée (Buster Keaton), manie l’artifice et l’impudeur en un adieu qui est aussi un hymne au spectacle et aux gens qui le font – car si le pathétique de la déchéance traverse le récit entier, c’est aussi l’éloge de la jeunesse, seule porteuse d’espoir, qui lui confère son étincelle de vie.
  • Bande-annonce

    Un roi à New York (1957)

    A King in New York

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Charlie Chaplin avec Charlie Chaplin, Maxine Audley, Jerry Desmonde

    Produit et tourné en Angleterre, le film semble opérer une mise à plat (peu de perspectives, une réitération mécaniques des mêmes lieux : la chambre d’hôtel du roi) qui doit tout à l’esthétique télévisuelle. Comme si, à l’instar de Ford ou Hawks, le cinéaste estimait que ce détour garantissait la pureté nécessaire aux ultimes discours. Brocardant une Amérique en proie à l’intolérance, à la médiatisation à outrance et à l’instrumentalisation publicitaire, il charge le maccarthysme et règle ses comptes avec un pays dont les dérives démocratiques le disputent aux pressions idéologiques. Hélas ses intentions s’articulent avec platitude, et ses dispositifs tournent si souvent court qu’on peut se demander si son comique poussif et maladroit n’est pas le symptôme d’un soupçon de gâtisme.
  • Bande-annonce

    La Comtesse de Hong-Kong (1967)

    A Countess from Hong Kong

    2 h. Sortie : . Comédie.

    Film de Charlie Chaplin avec Marlon Brando, Sophia Loren, Sydney Chaplin

    Charmé de découvrir en ses deux stars de parfaits véhicules de coquinerie sentimentale, Chaplin polit et sophistique certaines de ses routines en un glissement de gratitude et de spleen. De son œil furibond, Marlon piétine, s’essouffle, enrage comme un taureau parqué dans une boutique de cristal. La divine Sophia enfile des dessous de femme-canon qui lui tombent aux chevilles, grignote avec des gestes fleuris qui évoquent la musique visuelle des petits pains, joint rondeur des attitudes et clownerie des mimiques. Exercice d’élégance où tout se passe entre les portes, les placards, les WC, les lits, les hublots, cette expérience de cristallisation boulevardière de situations extraites aux racines du burlesque puise dans sa désuétude même une intelligence spirituelle, une savoureuse drôlerie. Hands off Charlie.