Cinéma à voix basse

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par Nody

Ozu distinguait le cinéma à "voix haute" du cinéma à "voix basse", mais qu'est-ce à dire ? Il s'agit de films qui, pour l'essentiel, ne mentent pas ou ne trichent pas avec la réalité vécue : donc un cinéma au plus près des choses et du quotidien, acquis à l'idée que le temps dans nos vies n'est pas seulement composé de moments forts (de grands "événements"), de grandes déclarations, de grands sentiments, de chronologies où les choses s'enchaînent avec clarté et nécessité vers un élément de résolution positif. C'est en somme un cinéma qui répond aux exigences d'un art délicat, prudent, complexe, silencieux, effacé, qui ne rebute pas, lorsque cela lui arrive, à dire la part de demi-teinte, de lenteur, de temps faibles, de déception, de cruauté ou plus simplement de vide (éléments si peu souvent cinématographiques) dans nos vies.

Si cette catégorie s'applique d'abord au cinéma japonais (Ozu pense à lui et à Naruse, et oppose ce cinéma à "voix basse" à celui de Kurosawa), il y a, sans doute, une tendance au cinéma à "voix basse" dans chaque tradition nationale - comme le néoréalisme italien par exemple, si proche souvent de ces exigences et de cette esthétique (Laplantine fait par exemple d'Antonioni - et son "néoréalisme intérieur", comme on l'a un peu trop vite qualifié - un cinéaste de la raréfaction très proche, par moments, du cinéma japonais).
C'est pourquoi on pourrait, à partir de la distinction d'Ozu que celui-ci ne destinait qu'au cinéma japonais, former l'idée d'un cinéma à voix basse qui traverse les différentes traditions nationales.

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