Danny Boyle - Commentaires

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7 films

par Thaddeus

L’un des représentants symptomatiques d’une mouvance née dans les années 90, nourri à l’image-reine et à l’effet pour l’effet. Superficiel et inconséquent, son cinéma n’est cependant pas dénué d’un certain charme, voire à l’occasion d’une forme d’ambigüité retorse, mais je le trouve globalement assez limité. Reste que son dernier film m’a bien bluffé.

Mon top :

1. Steve Jobs (2015)
2. Trainspotting (1996)
3. Sunshine (2007)
4. 28 jours plus tard (2002)
5. Petits meurtres entre amis (1993)

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    Petits meurtres entre amis (1994)

    Shallow Grave

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Danny Boyle avec Kerry Fox, Christopher Eccleston, Ewan McGregor

    La cooptation d’un locataire par trois amis débouche ici sur une équation insoluble : comment se débarrasser d’un cadavre qui s’échine à ne pas disparaître et garder pour soi le magot qu’il laisse en héritage ? Comme il se doit, les jeunes gens un peu taquins mais apparemment convenables se révèlent de dangereux sadiques, des meurtriers en puissance, des psychopathes avérés, épuisant leurs efforts en un crescendo macabre et grand-guignolesque d’humour noir. Danny Boyle apporte à cette comédie méchante et ironique sur la cupidité et le rapport obscène à l’argent des partis pris visuels qui évoquent assez directement l’univers des frères Coen, sans toutefois en égaler la verve. Les comédiens se font plaisir, la réalisation est brillante sans être ostentatoire : on aurait tort de bouder son plaisir.
  • Bande-annonce

    Trainspotting (1996)

    1 h 34 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Danny Boyle avec Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller

    Film complaisant ? Film incitateur ? Bien sûr que non. Car entre ce que pensent les protagonistes et ce que montre le réalisateur, il y a un abîme. Sans moraliser à outrance, Boyle observe et le plaisir et l’horreur de la drogue, en recourant à des séquences oniriques parfois cauchemardesques, parfois absurdes, à des épisodes scatologiques aussi débridés que les trips psychédéliques qui hantent le parcours du héros, et à une efficace narration en voix off qu’accompagne un rythme musical particulièrement inventif. Mais davantage qu’un procès à charge ou une chronique du quotidien des toxicomanes, "Trainspotting" est une comédie débridée et insolente, provocatrice et inconfortable sur une société en crise. Et sur l’Écosse, ce drôle de pays de tarés, comme le dit l’un des zozos de l’histoire.
  • Bande-annonce

    28 jours plus tard (2002)

    28 Days Later

    1 h 53 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, science-fiction, thriller et catastrophe.

    Film de Danny Boyle avec Cillian Murphy, Naomie Harris, Brendan Gleeson

    Le carillon de Big Ben résonne dans des rues vides, jonchées de papiers, barrées d’autobus rouges couchés sur le flan. Londres est une ville morte, l’Angleterre est dévastée par une épidémie de fin du monde. Et le piquetage constant de l’image en DV accroît l’impression de vérité produite par cette mise en scène du chaos. S’inspirant clairement de Romero, Boyle tente un énième survival qui joue savamment des codes du genre et développe un scénario carré, avec la sempiternelle rencontre d’autres survivants et leur tentative de reconstruction d’un semblant de vie sociale. Il travaille le film de zombies au corps en lui appliquant une proximité organique assez viscérale, et accouche d’une aventure plutôt oppressante et immersive, dopée par quelques pics de terreur tout à fait efficaces
  • Bande-annonce

    Sunshine (2007)

    1 h 47 min. Sortie : . Science-fiction et thriller.

    Film de Danny Boyle avec Cillian Murphy, Chris Evans, Rose Byrne

    Il est mort, le soleil ? Bientôt, en tout cas : sur ce postulat, le cinéaste emballe une aventure de science-fiction des plus invraisemblables mais somme toute assez palpitante, à base de péripéties prévisibles (la trajectoire du vaisseau est modifiée, le temps presse, les personnages deviennent fous, plein de boutons ne fonctionnent pas...) mais négociés avec un sens certain de l’efficacité dramatique. Puisqu’il reste lui-même, il n’échappe pas à l’écriture psychologique à gros traits, aux effets pompiers ni à l’emphase métaphysico-kitsch (le péché mignon du méchant carbonisé est de soliloquer avec grandiloquence). Au détour des épisodes il s’octroie toutefois quelques belles idées visuelles, le plus souvent fondées sur la surexposition lumineuse et l’aveuglante clarté d’un astre qui fascine jusqu’à l’immolation.
  • Bande-annonce

    Slumdog Millionaire (2008)

    2 h. Sortie : . Drame, romance et thriller.

    Film de Danny Boyle et Loveleen Tandan avec Dev Patel, Freida Pinto, Irrfan Khan

    Question à vingt millions de roupies : comment Danny Boyle parviendra-t-il à fondre les impératifs du divertissement hollywoodien majoritaire dans le spectacle scabreux de la misère, sans se faire décrédibiliser par son inconséquence idéologique ? Réponse : en misant toutes ses billes sur un optimisme volontariste et des effets de manche opportunistes destinés à faire passer la pilule au forceps. Il pille donc sans vergogne la grammaire bollywoodienne, avec ses filtres bien crapoteux, ses cadrages de guingois, ses paroxysmes permanents, lui emprunte une bonne part de ses ingrédients (l’amour, le crime, la gloire comptent autant que le lucre) et charge éhontément la barque d’une fable grasse et mièvre quand elle n’est pas franchement putassière, mais que sauve in extremis son incoercible naïveté.
  • Bande-annonce

    127 Heures (2010)

    127 Hours

    1 h 34 min. Sortie : . Aventure, biopic et drame.

    Film de Danny Boyle avec James Franco, Kate Mara, Amber Tamblyn

    Caution histoire vraie : celle d’Aaron Ralston, jeune casse-cou immature qui, parce qu’il avait oublié de prévenir qui que ce soit de sa randonnée dans le dédale de Canyonland, y laissa concrètement un bout de lui-même. Une histoire de membre sectionné, d’acte barbare et de survie donc, racontée avec une sorte de premier degré très sérieux dans le simplisme initiatique et la vulgarité triviale. Car le cinéma de Boyle s’épanche cette fois dans ses travers les plus irritants : soumission à une forme pubarde et poseuse (montage clipesque, BO à la MTV), arrogance assez déplaisante de petit virtuose toc de l’image, dont la démonstration débouche sur pas grand-chose. L’expérience vécue par le héros est suffisamment prenante pour que l’on ne s’ennuie pas, mais ce type de proposition ne me parle pas du tout.
  • Bande-annonce

    Steve Jobs (2015)

    2 h 02 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Danny Boyle avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen

    On ne s’attendait guère à ce que Boyle malmène à ce point les règles du biopic et parvienne à se faufiler aussi brillamment dans l’espace comprimé entre les clignotants du simplisme psychologique (pas ce que le film réussit de mieux) et l’implacable machinerie scénaristique verrouillée autour de son personnage-sujet. Et pourtant la réussite est bien là : deux heures de drames, de tensions, d’électricités en tous genres, enroulées en un triptyque conceptuel et captivant qui parvient par sa seule force de concentration à éclairer d’une lumière ambigüe la personnalité d’un être complexe, à la fois tyran managérial, père défaillant et créateur mythomaniaque. Avec ce supplément d’âme et cette simplicité d’approche qui en font un objet plus humble et surtout plus vivant que le "Social Network" de Fincher.