Dans une autre vie je réussissais brillamment mes études. En attendant, dans celle-ci, j'ai décidé de regarder des films à tout bout de champ (2018)

Avatar AntigoneIsQueen Liste de

387 films

par AntigoneIsQueen

Éternelle liste des films vus et revus en cette année 2018.

Note à moi-même --> film vu plusieurs fois dans l'année : La Forme de l'eau (2 fois), Annihilation (2 fois), Black Panther (2 fois), Avengers : Infinity war (2 fois), Leto (2 fois), Burning (2 fois), La La Land (2 fois), Les Veuves (2 fois).

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    Les Mondes de Ralph (2012)

    Wreck-It Ralph

    1 h 41 min. Sortie : . Animation, aventure et comédie.

    Long-métrage d'animation de Rich Moore avec François-Xavier Demaison, Dorothée Pousséo, Donald Reignoux

    01/01

    Note inchangée, bien que je suis à ça du 9 en réalité.

    Vraiment j’adore les Mondes de Ralph qui selon moi est vraiment le meilleur disney de ses dernières années, bien au-dessus de Vice Versa ou Coco. Déjà visuellement je le trouve incroyable. Il y a tout un jeu sur les univers qui ont chacun un design différent avec des personnages qui ont des patern de mouvements variés. C’est vraiment hyper diversifié et ainsi on a un visuel travaillé, audacieux, diversifié, et j’aime surtout tous les jeux avec les pixels sur les éclaboussures ou les ombres.

    Mais surtout j’adore les messages qu’il véhicule. Je trouve qu’il se détache vraiment des autres disney récents avec un message assez différent et surtout assez adulte. Tout le truc autour de la figure du méchant c’est une réflexion méta hyper intéressante dans un monde aussi manichéen que celui du studio. Et ici même le grand méchant l’est par peur du remplacement, c’est rude, y’a pas d’âme profondément méchante. Puis surtout c’est hyper intéressant sur l’acceptation de soi. Déjà c’est l’un des rares disney qui évoque rapidement le harcèlement mais aussi c’est l’un de ceux où l’on t’apprend à t’aimer pour tout ce que tu as de bizarre. D’habitude les héros ont raisons autour des autres (dans coco c’est la famille du gamin qui est bizarre à pas vouloir de musique pas lui qui est bizarre à vouloir en jouer) alors que là ils se trompent souvent, ne sont pas parfaits, mais surtout, oui ils ont des anomalies, oui ils sont étranges mais on leur apprend à être fiers d’eux et à prendre tout ce qui les rends différents pour en faire une arme pour se singulariser.

    C’est un beau disney, pétri de magnifiques messages qui me fait rire et pleurer, bref une petite joie de fin d’année.
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    Monstres Academy (2013)

    Monsters University

    1 h 44 min. Sortie : . Animation, aventure et comédie.

    Long-métrage d'animation de Dan Scanlon avec Billy Crystal, John Goodman, Helen Mirren

    01/01

    Note inchangée !

    C’est amusant que ce film soit passé à la télé juste après Les Mondes de Ralph parce qu’ils ont beaucoup de points en commun. Déjà ils évoquent tous deux le harcèlement mais en plus Monstres Academy est une sorte de miroir de l’autre : chez Ralph c’est un méchant qui veut devenir gentil, alors que là ce sont des gentils qui veulent devenir méchants. Enfin effrayants, ce qui rend ça moins intéressant et méta que l’autre mais, tout de même, les points en commun sont amusants.

    Monstre Academy n’est pas ce que je dirais un grand pixar. Il est intéressant mais pas essentiel et s’avère un peu classique. Mais, il reste très drôle et bien prenant. Il y a pleins de blagues qui font mouches, des références au premier qui font plaisir et finalement c’est toujours sympa de voir une petite origin story. Surtout que comme elle n’est pas bâclée, cela ne ruine pas nos héros. Dommage néanmoins pour le traitement léger de Léon qui hait Sully pour une raison un peu trop faible mais voilà.

    Bien sympathique pour un lendemain difficile, c’est certain.
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    À la poursuite de demain (2015)

    Tomorrowland

    2 h 10 min. Sortie : . Aventure et science-fiction.

    Film de Brad Bird avec George Clooney, Hugh Laurie, Britt Robertson

    01/01

    Note inchangée, évidemment.

    Comme je suis heureuse d’avoir revu ce film ! Le voir un premier janvier est exactement ce qu’il me fallait je crois. Parce que c’est un film lumineux qui déborde d’optimisme, qui te donne l’impression que tu peux tout faire, qui te donne envie de marcher vers l’avant et de construire, et de créer, qui te rappelle que rien n’est une fatalité et qu’il faut ouvrir les yeux vers la beauté et soi-même tenter de rendre le monde meilleur car on en est tous capable à notre échelle.

    J’admire ce film. J’admire une telle joie et une telle envie de bonheur en fait. Surtout que le tout est porté par une mise en scène que je trouve tout bonnement sublime. Brad Bird est un as. Il emprunte beaucoup à Spielberg pour les gestions de lumières et les cadres virevoltants mais le tout porte bien sa patte pleine de couleurs et d’euphorie. Quand la fille arrive pour la première fois à Tomorrowland, on a le droit à un plan séquence absolument démentiel, qui multiplie les mouvements et les points de vue pour une caméra qui devient entièrement autonome, à la fois pour signifier la puissance technologique du lieu, l’émerveillement mais aussi la puissance du cinéma qui est guidé par nous mais qui aussi nous guide. Il y a aussi une gestion des couleurs assez merveilleuse avec un gros travail sur les jaunes qui sont signes d’espoir (Casey est blonde, elle porte un tee-shirt jaune), les bleus qui sont au contraire plus froids et tristes mais aussi symbole de cette ville, et les rouges qui sont ambigus, entre danger et passion. Vraiment j’aimerai le revoir encore pour m’attarder sur ce code couleur si cool.
    Et voilà, c’est un film qui déborde complètement d’humanisme, qui croit en la science, qui croit en nous et, bon dieu, que ça fait du bien.

    BONNE ANNÉE à tous, que ce genre de film puisse vous motiver comme il le fait avec moi ♥
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    La Mort dans la peau (2004)

    The Bourne Supremacy

    1 h 48 min. Sortie : . Action, policier et thriller.

    Film de Paul Greengrass avec Matt Damon, Franka Potente, Brian Cox

    02/01

    Bon mon objectif est de regarder le troisième rapidement et pas attendre presque quatre mois comme j’ai fait là. Batmanarchiste va-t-elle y arriver ? La médiathèque lui fournira-t-elle le dvd ? Quelle est la véritable identité qui se cache derrière ce mot valise ? Suspense.

    Plus sérieusement, ce film c’est un vrai oui. J’avais hâte de voir ce que donnerait la réalisation de Paul Greengrass et si, pour les besoins d’un film d’action, il allait un peu changer sa patte assez reconnaissable. Et en fait pas du tout. Même là il garde son style que je qualifierais de « documentaire » avec des cut très brusques, des gros plans, une caméra épaule et des effets de mise au point/flou et de zoom/dézoome. Cette esthétique reportage presque donne une ambiance beaucoup plus réaliste et violente au film qui se détache dès lors d’une impression de film d’action nœud-nœud et basique. Au contraire ici on a une ambiance vraiment froide et vraie avec des combats très crus et immersifs (lorsque que Bourne se bat avec le mec qui était anciennement dans le même programme que lui, Greengrass a eu l’idée de ne pas mettre de musique ce qui met en avant les bruits des coups et est vraiment presque douloureux).
    Au niveau du scénario, il y a un certain affranchissement des codes du genre (bye bye le love interest) qui surprend et fait plaisir. Il y a des vraies scènes d’espionnages, d’infiltration et la critique de la CIA est encore plus acide que dans le premier ce qui fait toujours un peu plaisir.

    Agréablement surprise, cette saga commence à me plaire.
  • THX 1138 (1971)

    1 h 28 min. Sortie : . Science-fiction.

    Film de George Lucas avec Robert Duvall, Maggie McOmie, Ian Wolfe

    04/01

    Wow wow, vous voyez on a tendance à oublier qu’un jour George Lucas a été un réalisateur. Parce que voir ce monsieur qui n’existe plus en dehors de star wars – et dont ceux qu’il a réalisé sont certes excellents à pleins d’égards mais avec une réalisation très fonctionnelle – faire un film pareil, presque expérimental, ça fait tout bizarre.

    THX 1138 est un véritable ovni, je crois qu’il n’existe pas deux films comme ça et en un sens tant mieux car je ne suis pas sûre que mes yeux survivraient à tant de blancs (non mais faut dire que la luminosité de ma télé était réglée sur « éclatant » ce qui m’a brûlé la rétine, même si à mi-parcours j’ai sauvé ma vue). Déjà j’adore la réalisation. Elle est super intelligente, super expérimentale avec des gros plans, des jump-cut/ellipse, des jeux sur les formes, sur les regards, des cadres complètement barrés et expérimentaux. Lucas essaie dans tous les sens et tous les jeux avec le blanc et le noir sont, il faut le dire, magnifiques.

    J’ai trouvé l’histoire belle et touchante et le crescendo de la fin est superbe. Ce film possède l’un des plus beau dernier plan de l’histoire du cinéma et le nihilisme violent qui s’en dégage se trouve si on reste tout le générique : ce n’est pas un lever mais bien un coucher de soleil que l’on constate.

    Crépuscule d’une humanité aseptisée, c’est poignant, poétique, d’un lyrisme immaculé.
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    Le Grand Jeu (2018)

    Molly's Game

    2 h 20 min. Sortie : . Biopic.

    Film de Aaron Sorkin avec Jessica Chastain, Idris Elba, Kevin Costner

    05/01

    Erf. Non.

    Déjà, en réalité j’ai du mal à reconnaître Aaron Sorkin même à l’écriture. Je veux dire ce mec a composé des dialogues géniaux dans Steve Jobs ou dans The Social Network mettant à mal les figures qu’ils faisaient vivre et là, dans cet angélisme de Molly Bloom j’ai du mal à le retrouver. Je veux dire, je trouve le film tellement gentil avec elle. Alors certes elle est pas méchante, elle a un code de l’honneur intéressant et tout mais merde elle a enfreint la loi quoi. Le film est vachement en mode « elle s’est faite toute seule donc en soi elle mérite même l’argent volé » alors que bah, désolée, non. Du coup je trouve ce film très à fond dans une philosophie néo-libéral ce qui ne me plait pas (bon avec mon pseudo vous vous en doutez bien).
    Ça mis à part, la réalisation est en demi-teinte. Parfois Sorkin essaie des trucs et tous les passages survitaminés fonctionnent vraiment bien. Sauf qu’entre temps il sombre dans une platitude abyssale et toutes les scènes dites d’émotions sont foirées et ne fonctionnent pas parce qu’elles sont si moins bien que les autres que je les ai toutes trouvé assez chiantes. Puis je trouve que la photographie donne au film un cachet franchement pas hyper joli.
    Enfin, oui, les acteurs sont excellents. Je veux épouser Idris Elba et Jessica Chastain fait encore démonstration de son incroyable talent. Même si on est carrément dans un Miss Sloane bis en termes de personnage et de jeu, elle le fait très bien. Et d’ailleurs ce film réussit le miracle de la rendre parfois vraiment pas jolie avec son look assez vulgaire.

    Voilà, finalement le seul tour de force du film c’est d’avoir réussi à rendre l’une des plus belles femmes au monde moche.
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    Les Heures sombres (2018)

    Darkest Hour

    2 h 05 min. Sortie : . Biopic.

    Film de Joe Wright avec Gary Oldman, Lily James, Kristin Scott Thomas

    05/01

    Si les éditeurs de DVD sont pas cons, dans 6 mois on a un coffret avec : Les heures sombres, Dunkerque, Le discours d’un Roi. Ça ferait une petite trilogie assez niquel si tu veux te faire un marathon « entrée en guerre de l’Angleterre ».

    En tout cas, Joe Wright confirme que c’est un type que j’aime bien. Pour le moment, aucun de ses films n’a été un immense coup de cœur de sa race mais tout de même, j’aime son style, j’aime sa carrière et j’aime ses films oui. J’adore en fait son sens de la réalisation. Il a une véritable délicatesse qu’il puise dans la peinture pour des plans souvent ultra composés avec de sublimes jeux sur les lumières, les formes. C’est beau, tout simplement beau à voir et très bien fait – même si ici on n’atteint pas des prouesses plans séquence à la Reviens-moi ou Orgueil et préjugé.
    Le biopic est en soi assez classique mais fonctionne grâce à un véritable dynamisme aidé donc par cette mise en scène et par cette écriture qui fait de Churchill un personnage haut en couleur (ce qu’il était) qui fait rire et qui plait. Gary Oldman s’en sort avec brio évidemment mais, plus discrètement, je suis assez impressionnée par Ben Mendelsohn et son rôle du roi George VI qui arrive à reproduire très subtilement et avec beaucoup de naturel les bégaiements de l’homme.
    Le défaut du film serait qu’il est un peu naïf et candide avec des scènes qui sont tout de même trop belles pour être vraies mais voilà ça reste très agréable.
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    Brooklyn (2016)

    1 h 53 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de John Crowley avec Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson, Emory Cohen

    06/01

    Ça m’a fait tout bizarre de voir Emory Cohen ailleurs que dans The OA. Décidément j’aime bien cet acteur il est tout mignon (même si je préfère celui à cause de qui j’ai lancé ce film à la base).

    Brooklyn est un film que je qualifierais de sympathique. La réalisation est très jolie avec ces couleurs ultra vives qui changent du désaturé que l’on retrouve habituellement pour filmer les années 1950. Ainsi c’est vraiment un film qui arbore des teintes sublimes dans les yeux, les vêtements, les cheveux, j’adore, c’est hyper réjouissant à regarder et cela va avec une mise en scène assez délicate qui flatte l’œil.
    Sinon le film a un côté un peu classique, il ne surprend pas, n’étonne jamais vraiment et se contente de défiler joliment et simplement.
    En fait ce sont genre les 3 dernières minutes qui l’ont fait un peu baisser dans mon estime. Le petit discours final sur la fille qui est devenue une vraie américaine et sur Brooklyn qui est tellement mieux que son petit patelin irlandais m’ont un peu fatiguée. Je vois pas trop l’intérêt et c’est d’un banal dommageable de finir là-dessus.

    Mais sinon je trouve ça vraiment tout frais et sympa.
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    Kubo et l'Armure magique (2016)

    Kubo and the Two Strings

    1 h 41 min. Sortie : . Animation, action, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Travis Knight avec Art Parkinson, Matthew McConaughey, Charlize Theron

    Séances de cinéma (1 salle)
    07/01

    Donc, on vit dans un monde où Zootopie a eu l’oscar à la place de ce film ? QUOI. PARDON. NON. JE VEUX PARTIR.

    Je veux dire, si on met genre Azur et Asmar de côté, c’est probablement le plus beau film d’animation que j’ai jamais vu. La stop-motion atteint là un niveau de virtuosité absolument incroyable. Tout est d’une fluidité dingue et pour un film dans lequel il y a tant de combats c’est vraiment impressionnant. D’ailleurs parlons-en de ces scènes d’actions : je les trouve toutes absolument incroyables. Les mouvements sont fluides, les chorégraphies sublimes, c’est exaltant et épique. Puis durant tout le film les couleurs sont splendides, les designs aussi, vraiment c’est une claque visuelle de tous les instants j’en suis encore chamboulée.
    Puis je trouve l’histoire merveilleuse – d’ailleurs Coco a vachement puisé dedans quand même, mais peut-être est-ce seulement du hasard après tout. L’aspect conte marche à merveille et c’est beau, émouvant avec une douce morale en même temps un peu dure – plus que dans Coco en tout cas qui amoindri énormément le deuil, quand là, il existe bel et bien. Je trouve qu’il ressort de ce film un lyrisme asiatique et magique complètement enivrant qui emporte.

    Une vraie pépite grisante, qui montre que les maîtres de l’animation ne sont décidément pas Disney ces dernières années.
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    El Presidente (2018)

    La Cordillera

    1 h 54 min. Sortie : . Drame.

    Film de Santiago Mitre avec Ricardo Darín, Dolores Fonzi, Erica Rivas

    09/01

    Vous voulez que je vous dise, je pense que je vais demander à ce qu’on coupe les jambes des gens derrière moi au cinéma. Je sais pas si c’est parce qu’à cause de ma taille on me voit pas dépasser du siège et donc on sait pas que j’existe, ou si c’est parce que les gens ne se rendent pas compte, ou s’ils sont juste parfaitement impolis, mais j’aimerai vivre une fois dans ma vie une séance où personne ne tape dans mon siège. Pitié.

    Ces quelques désagréments mis à part, je suis plutôt convaincue par El Presidente. C’est un thriller politique comme je les aime, avec de longs dialogues, des plans longs et lancinants, une ambiance malaisante. Là il y a tout une attention grâce à l’écriture portée sur les micro-comportements lors des conférences avec les gestes, ou les paroles, pour plaire ou au contraire montrer son désaccord. C’est assez bien fait et prenant. Puis vraiment la mise en scène est assez fantastique à coup de grands angles, de fondus enchaînés et elle est toujours très signifiante et intelligente. Puis toute la construction autour du personnage principale, de sa campagne, de ses tiraillements intérieurs est tout à fait plaisante.
    Mais, car y’a un sacré mais. Le film, en plus du récit politique, s’embourbe dans une sous intrigue familiale qui est mal fichue. Tu sais pas trop ce qu’elle fait là, elle est pas bien conclue et ouais, elle ralenti le tout et j’étais saoulée dès que ça y était. Donc vraiment c’est dommage.

    Mais en soi c’est vraiment un thriller de très agréable facture et j’aurais aimé être plus au courant de la géopolitique d’amérique du sud pour comprendre toutes les petites critiques glissées çà et là.
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    I Don't Feel at Home in This World Anymore (2017)

    1 h 33 min. Sortie : . Policier.

    Film de Macon Blair avec Melanie Lynskey, Elijah Wood, David Yow

    10/01

    Je vais pas vous mentir, je suis toute décontenancée. Je crois que j’ai aimé, mais quel drôle de film ma parole. Moi à la base je voulais juste voir Elijah Wood, rien ne pouvait me préparer à ça !

    I dont feel at home in this world anymore est le premier film de Macon Blair et c’est marrant parce qu’il a joué deux fois pour Jeremy Saulnier, dans Green Room et Blue Ruin, et on sent que son travail chez lui l’a complètement influencé. Déjà on a la même réalisation tout en plans larges avec une grosse attention sur les couleurs mais en plus on retrouve surtout cette même fascination et incompréhension face à un déferlement de violence ultra brutale et soudain.
    Ce film passe de comédie à n’importe quoi sanglant. C’est haut en couleur avec des personnages complètement tarrés et attachants et finalement je pense que parmi tous ceux-là aucun ne se sent chez lui dans ce monde. En fait j’ai l’impression que c’est ça dont parle le film : un décalage total avec le monde et une incapacité à coïncider avec son environnement. Par exemple au début l’héroïne est complètement déprimée et perdue et pourtant la mise en scène est très belle, les paysages sont magnifiés, la lumière est sublime afin de montrer un décalage entre sa vie noire et le fait qu’autour les choses sont assez belles. Et finalement il y a tout un délire, je pense, avec le fait que l’humain dans sa méchanceté n’a rien à faire ici. Et ça évoque beaucoup la perversion comme le fait qu’à la fin elle va à l’église et tout alors que c’est un serpent qui l’a aidé à s’en sortir in fine. Bref, mes pensées sont un peu décousues, j’essaie de comprendre ce que j’ai vu.

    Donc un film très étrange, étonnant, qui perturbe mais qui me plaît bien tout de même.
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    Downsizing (2018)

    2 h 15 min. Sortie : . Comédie, drame et science-fiction.

    Film de Alexander Payne avec Matt Damon, Christoph Waltz, Hong Chau

    12/01

    Bon je ne ferai pas de jeux de mots à coup de « grand film », « grande réussite », ou « petit film » ou quoi, comme absolument toutes les citations présentes sur l’affiche parce que voilà, je n’en trouve pas d’autres tout simplement et je n’ai pas d’humour.

    Donc on va se contenter de parler simplement du film. Ça va être simple, je lui ai mis 5 parce que le scénario est, selon moi, très très limité mais la mise en scène est très intéressante. Les cadres dans le monde des grands sont composés tout en diagonales histoire de faire plusieurs effet de ligne de fuite pour que toutes les dynamiques de plans soient dans un esprit de rapetissement. J’aime beaucoup tout un véritable jeu sur les échelles qui apporte une sorte d’inquiétante étrangeté dans le monde des petits au début qui rend très bien. Mais plus le film avance, plus la réalisation redevient normale et perd, hélas tout ce qu’elle portait d’intéressant.

    Sinon le scénario est vraiment pas dingue. Le principe est intéressant mais c’est très vide, le film ne se pose finalement que peu de question, il n’emprunte aucune piste intéressante afin de plonger dans une romance de base en fait. Rien de bien politiquement intéressant, aucun questionnement, le fait qu’ils sont petits n’est plus intéressant une fois les premiers trois quarts passés. C’est dommage. C’est banale comme tout et finalement un peu trop long je trouve parce qu’il y a pas de lignes directrices ni de fond intéressant donc on regarde juste la vie de ce looser et puis bah voilà.

    Donc bon c’est un film bien long pour des réflexions si petites (j’ai craqué).
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    Gummo (1997)

    1 h 29 min. Sortie : . Drame et comédie dramatique.

    Film de Harmony Korine avec Jacob Sewell, Nick Sutton, Lara Tosh

    13/01

    C’est toujours difficile de savoir quoi dire après avoir vu un tel film. Harmony Korinne me fait toujours le même effet que Lary Clark. Ses films t’agrippent, te maltraitent, t’écœurent, te touchent, te questionnent, te tourmentent, te font ouvrir de grands yeux, te donnent envie de pleurer sans que tu ne saches pourquoi. Gummo est dans cette veine, celle que j’aime et je ne saurai dire pourquoi, celle qui m’émeut, celle qui me fait frémir et celle qui déclenche en moi une fascination inexplicable qui fait que je regarde, sans m’ennuyer, et que je me laisse absorber.

    Gummo donc, est un film planant, étrange, différent. C’est une sorte d’essai expérimental, de film chorale lyrique et déambulatoire dans lequel on va suivre tour à tour des âmes plus gangrénés les unes que les autres. Dans une sorte de métaphore du jugement dernier, Korinne dépeint ici des êtres décharnés, disloqués mêmes, tous trop maigres, tous sales, avec des vices terribles. Pourtant, il ne les expose pas pour qu’on les juge, pour qu’on les batte. Au contraire, tout jugement est écarté, il nous les montre simplement comme un documentaire et, en encadrant son film de la tornade, il nous met face à une question : méritent-ils de mourir ? Doivent-ils mourir ? Finalement ils deviennent tous les chats qui parcourent le film : ils sont errants, ils sont seuls, abandonnés, et tout autour d’eux n’est que piège et cherche à les tuer.
    C’est une balade nihiliste et urbaine, une poésie de l’horreur, un parcours en skate dans les rues abandonnées d’une Amérique gangrénée, comme les murs de cette maison sur laquelle des fourmis dansent, comme l’eau noire dans laquelle essaie désespérément de se laver un enfant.

    Un sublime écœurement, un beau cinéma de dégénéré.
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    Cloud Atlas (2012)

    2 h 52 min. Sortie : . Aventure, drame et science-fiction.

    Film de Lilly Wachowski, Lana Wachowski et Tom Tykwer avec Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent

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    7 Psychopathes (2012)

    Seven Psychopaths

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie, gangster et thriller.

    Film de Martin McDonagh avec Colin Farrell, Sam Rockwell, Christopher Walken

    15/01

    Alors à part le très charmant Colin Farrell j’avais aucune idée du casting et mon dieu, ce fut un émerveillement constant : voir Woody Harrelson puis Christopher Walken c’était un plaisir mais quand j’ai vu arriver le seul, l’unique, l’absolument merveilleux TOM WAITS, j’étais au comble du bonheur. J’aime les castings surprises, ça me ravit toujours.

    Dans la continuité de Bons Baisers de Bruges, Martin McDonagh continue dans sa lancée de destruction des genres et des personnages de tueurs. Dans son premier film il foutait deux tueurs dans une ville européenne en total décalage et là il décide de faire une sorte de comédie méta-cinématographique pour rire sur eux. Il en résulte un film que j’ai trouvé franchement très drôle et j’admets qu’il m’a beaucoup fait penser à Free Fire sorti l’année dernière dans la catégorie Tarantino-du-pauvre-mais-franchement-agréable-et-sympa-quand-même.
    Je trouve la réalisation qui emprunte beaucoup au western très jolie avec une représentation parfois très graphique et parfois volontairement exacerbée de la violence qui va de la série B à Winding Refn (peut-être pas jusque-là mais vous m’avez comprise). Le brisage du quatrième mur est souvent amusant et il questionne pas mal les codes du genre sur l’ultra masculinité ou la place des femmes.

    Un film sympa et une graine de film culte selon moi qui m’a vraiment beaucoup faite rire et ça fait du bien.
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    3 Billboards, les panneaux de la vengeance (2018)

    Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

    1 h 56 min. Sortie : . Comédie, policier et drame.

    Film de Martin McDonagh avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell

    16/01

    C’est marrant Martin McDonagh il utilise beaucoup les mêmes acteurs, c’est mignon, j’aime bien. Faut dire qu’il a un côté très cohérent ce monsieur du haut de ses trois films. Mais celui-ci détonne un peu avec les autres – pas tant que ça en vrai – parce qu’il est vraiment vraiment plus triste.

    Tandis que Bons Baisers de Bruges étaient mi-comédie mi-drame ou que 7 Psychopathes était vraiment très dans la comédie, là on a un penchant beaucoup plus sombre. Attention je ne dis pas que l’on ne rit pas, au contraire, on retrouve les dialogues savoureux de ce réalisateur qui a vraiment un petit talent pour faire s’enchaîner les punchlines et les blagues. Mais à côté de cela, oui, le film est très triste. Il traite du viol, du deuil, du suicide, du rejet, de la guerre en Irak bordel. Ça brasse énormément de sujets de manière très intéressante, vraiment. Pour le coup il n’y a que des personnages « gris ». Rarement j’ai vu une telle audace : en général les personnages les plus ambigus sont traités très dans l’humour pour que cela passe mais là, vraiment il n’hésite pas à aller dans le sérieux et à les rendre quand même touchants – je dis pas qu’il est le seul à le faire mais je vous jure qu’il va très loin dans l’ambiguïté.
    Puis on retrouve la jolie réalisation du monsieur avec ces beaux plans d’ensemble et ces jolis effets de lumière.

    Bref je commençais à un peu désespérer pour 2018 (faut me comprendre, l’année dernière on s’était tout de suite pris Nocturnal Animal et La La Land dans la gueule) et enfin un film vraiment vraiment intéressant et beau.
  • Bande-annonce

    John Wick 2 (2017)

    John Wick : Chapter 2

    2 h 02 min. Sortie : . Action, thriller et policier.

    Film de Chad Stahelski avec Keanu Reeves, Riccardo Scamarcio, Ian McShane

    17/01

    Alors ma note est vachement haute mais genre ouais, j’ai aucune honte. J’ai pris un pied pas possible devant ce film, je le trouve tout à fait merveilleux et ça fait du bien et genre vraiment c’est un gros gros coup de cœur.

    Déjà, pour le dire d’emblée, c’est esthétiquement que cela m’a le plus marquée. On est au sommet de ce que j’aime nommer « l’esthétique néon » qui parcourt nos blockbusters depuis deux bonnes années déjà et la maîtrise est tout à fait superbe : les couleurs ne sont pas gratuites, elles signifient toujours quelque chose (quand John Wick rentre chez lui tout au début on voit dans son couloir un mur rouge et un mur bleu qui est la fenêtre, ça veut tout dire sur les choix qu’il aura à faire durant tout le film : rester dans la spirale de violence ou fuir). Puis même si elles étaient gratuites elles sont si joliment utilisées que pour moi c’est un gros oui. Puis y’a plein d’essais de lumières et d’effets pour esthétiser la violence et faire en sorte que toute les scènes ne se ressemblent pas. La dernière séquence d’action dans la salle des miroirs est absolument parfaite, voilà, elle est trop belle, trop envoûtante, trop prenante et la petite référence à la Dame de Shanghai est plus que bienvenue (bien que ma référence préférée du film c’est quand même l’ajout du Ghost Dog de Jarmush).

    Puis j’adore comme c’est construit avec ce personnage légendaire qui balance toujours entre le profondément humain et le dieu vivant. Son écriture est vraiment brillante je trouve parce qu’on sait jamais comment se situer par rapport à lui et on est dans un entre deux entre identification (la femme, le chien) et admiration (tout le reste) vraiment super.

    Bref, je ne regrette pas d’avoir annulé une après-midi de travail pour cela !
  • Bande-annonce

    Hôtel Chevalier (2008)

    Hotel Chevalier

    13 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Court-métrage de Wes Anderson avec Natalie Portman, Jason Schwartzman, Waris Ahluwalia

    18/01

    Accolé au Darjeeling
  • Bande-annonce

    À bord du Darjeeling Limited (2007)

    The Darjeeling Limited

    1 h 31 min. Sortie : . Aventure, comédie et drame.

    Film de Wes Anderson avec Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman

    18/01

    [Vu avec le court-métrage Hotel Knight]

    Wes Anderson, je sais pas ce qu’il s’est passé avec son père mais c’est dingue l’obsession qu’il cultive autour de la figure paternelle. D’ailleurs, je me faisais la remarque en voyant ce film que même si j’aime les œuvres du bonhomme, j’ai beaucoup de mal à l’adorer et à me dire ultra fan de lui car j’ai très sincèrement l’impression de voir toujours le même film (à quelques exception près mais vraiment, déjà le fait que son esthétique n’ait subit aucune évolution depuis le début est un signe).

    Mais ça n’empêche pas que le Darjeeling Limited est un film plutôt sympa. Disons que dans la manufacture Anderson c’est pas le meilleur, il est assez oubliable. On retrouve l’esthétique très symétrique, très délicate et artificielle, on retrouve ses acteurs fétiches (Jason Schwartzman, Owen Wilson, Anjelica Huston, Adrien Brody…), on retrouve la question du père absent/mort, de la mère absente/loufoque, la question de la fraternité, et comme toujours c’est une longue quête qui a pour but de resserrer les liens.

    Voilà c’est donc sympa, beau, amusant mais c’est le Wes Anderson générique.
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    Last Flag Flying (2018)

    2 h 04 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Richard Linklater avec Bryan Cranston, Steve Carell, Laurence Fishburne

    19/01

    Franchement je pense que ce film sera pas trop vu parce qu’on n’en parle pas beaucoup et qu’il est très peu distribué mais si vous avez l’occasion vraiment allez-y parce que c’est tout sympathique.

    Même si dans le fond j’ai vu peu de film de sa carrière, j’aime bien Richard Linklater. Il est assez délicat, assez subtile et arrive à fournir un cinéma de l’entre deux en ce sens qu’il peut plaire au plus grand nombre tout en étant pas du tout abrutissant. Il me fait penser à Soderbergh à ce niveau (et par ailleurs je crois qu’ils sont potes donc tous les morceaux se recollent).
    Last Flag Flying reste, selon moi, un film plutôt mineur mais qu’il serait dommage de le rater. Déjà les dialogues sont savoureux, le personnage joué par Bryan Cranston est absolument hilarant et vraiment j’ai eu de véritables éclats de rire dans la salle. D’ailleurs tout le casting est super bon en réalité, même si leurs personnages sont un peu des stéréotypes, il n’empêche que ça fonctionne bien et j’ai vraiment été impressionnée par Steve Carell qui est plus qu’émouvant.
    Mais avant tout c’est un film très intéressant sur la question de la guerre des Etats-Unis et de la culpabilité des soldats. Il n’hésite pas à être parfois franchement acide tout en restant bien humain et cette lucidité face à la politique des USA est plutôt intéressante et osée même si elle va moins loin que d’autres.

    Bref, petit film franchement sympa sommes toute
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    In the Fade (2018)

    Aus dem Nichts

    1 h 46 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Fatih Akin avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar

    19-20/01

    Bon, on va le comparer à deux autres films qui sont aussi au cinéma en ce moment : si vous devez voir un film sur la mort d’un enfant et la vengeance, allez voir Three Billboards, ou sur la mort d’un enfant tout court, allez voir Last Flag Flying. Et vraiment, mais vraiment, restez loin de ce drame poussif, tire-larme, ambigu, mal écrit, moralement extrêmement douteux, très souvent hyper ridicule.

    Le pire étant que de base, je haïssais pas tant que ça mon visionnage, mais vraiment la fin m’a littéralement ACHEVEE. J’arrêtais pas de faire non de la tête, c’était plus possible. Rarement, de ma vie, j’ai vu un dernier plan aussi ridicule, aussi pitoyable, qui déverse une morale sur la vengeance idiote, fasciste, qui n’a aucun sens. L’esthétique est vaine, le propos se perd dans les limbes de la médiocrité politique, le tout est mal construit, mal écrit. Vraiment c’est nul, voilà.

    Alors oui tu chiales parce que Diane Krüger est impressionnante et pleure et crie très bien, mais voilà, à part comme défouloir émotif je vois pas ce qu’on peut trouver dans cette œuvre pitoyable à la limite de l’abjecte.
  • Julien Donkey-Boy (2000)

    1 h 34 min. Sortie : . Drame.

    Film de Harmony Korine avec Ewen Bremner, Brian Fisk, Chloë Sevigny

    21/01

    Maintenant que j’ai vu 3 de ses longs métrages, je peux affirmer qu’Harmony Korine est très assurément l’un de mes réalisateurs favoris. Dans le même genre je crois que je le préfère désormais à Larry Clark car je trouve qu’il va encore plus loin dans la poésie et il arrive toujours à me toucher très profondément.

    Julien Donkey-Boy est un film tout à fait unique, comme tout ce qu’Harmony fait vous me direz. Mais là, de ceux que j’ai vu, c’est très clairement son film le plus expérimental. Si dans le fond il y a une vraie intrigue, il y a des séquences tout bonnement hallucinantes où le montage bégaie, où les bruits se mélangent où il crée vraiment des séquences étonnantes qui déforment et perturbent le cinéma. C’est super impressionnant et souvent ça marche vraiment très bien et on touche un nouvel art urbain, entre la performance et le film, la musique et le bruitage, c’est fouillis et en même temps très beau.
    Comme toujours Korine arrive à rendre le laid beau, à rendre l’immonde poétique, et comme toujours il ne pose aucun jugement et se contente de nous montrer ce que l’on ne comprend pas, ou que l’on ne veut pas voir. Une scène d’abus du père sur son fils schizophrène m’a faite très clairement m’effondrer tant je trouvais cela dur. Le film appartenant au Dogme95, Harmony ayant laissé ses acteurs très souvent improviser, le tout atteint un degré de réalisme qui percute et fait parfois littéralement mal.

    Un cinéma violent, qui ne fait aucune concession tout en étant en même temps infiniment beau, c’est un grand oui pour moi.
  • Thirteen (2003)

    1 h 40 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Catherine Hardwicke avec Holly Hunter, Evan Rachel Wood, Nikki Reed

    22/01

    Evan Rachel Wood, sans déconner on l’oublie trop souvent alors que wow, juste wow. Dans ce film elle n’a que 16 ans et son jeu est tout bonnement ahurissant. Je vous jure elle m’a bouleversé et elle arrive à ne jamais surjouer et à toujours être juste tout en se laissant complètement aller dans son personnage c’est vraiment très impressionnant.

    C’est amusant de se dire que la réalisatrice de Thirteen a fait Twilight plusieurs années après ou cette horreur de Chaperon Rouge tant son premier film ne semblait pas la destiner à des produits aussi formatés, lisses et puritains. Thirteen c’est de la caméra épaule, c’est de l’expérience avec un vrai jeu sur les effets qui n’est pas sans rappeler en plus gentil tout de même ce que peuvent faire Harmony Korine ou Larry Clark, c’est du gros plans et surtout c’est du trash, c’est de la drogue et du sexe. Thirteen dépeint la perdition de deux jeunes filles qui testent leurs limites et vont un peu trop loin alors que, finalement, cela leur apporte énormément de souffrance. J’ai pu entrevoir que certains ou certaines trouvaient le film cliché et en fait je suis vraiment pas d’accord. En effet on a le schéma basique de descente aux enfers d’adolescentes parfois insupportables mais leur cas est si extrême que le film ne sous-entend à aucun moment qu’il montre le schéma basique de l’adolescente. Non, là on a le portrait de deux jeunes filles avec des situations familiales compliquées qui se laissent aller dans ce qu’il y a de plus dangereux.
    Ce que j’aime bien c’est que le film n’est pas naïf. Il ne condamne pas entièrement les adolescentes, il ne les juge pas et au contraire essaie d’adopter leur point de vue. On peut voir cela rien qu’avec les changements de photographie, avec un film qui devient presque en noir et blanc sur la fin quand Tracy n’a plus le goût de vivre. On est dans sa pure subjectivité et ainsi la réalisatrice ne juge jamais cette âme qu’elle nous montre brute et vraie.

    Un teen-movie intéressant, très émouvant qui mériterait, selon moi, d’être mieux considéré !
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    The Greatest Showman (2018)

    1 h 45 min. Sortie : . Biopic, drame, comédie musicale et romance.

    Film de Michael Gracey avec Hugh Jackman, Zac Efron, Michelle Williams

    Séances de cinéma (1 salle)
    24/01

    Hugh Jackman est un chanteur incroyable, alors pourquoi autant auto-tuner sa voix ? Je suis outrée. Franchement je commence direct là-dessus mais je comprends pas pourquoi dans ce film tout le monde est à ce point auto-tuné, ça fait très très faux et bizarre du coup, on a jamais l’impression que c’est eux qui chantent.

    De toute façon, The Greatest Showman n’est pas un très bon film. MAIS c’est un putain de plaisir coupable en fait. Parce que oui les musiques sont niaises as fuck, oui les ficelles sont énormes, oui c’est cliché, oui dès que ça commence tu sais comment ça va se terminer mais voilà quoi ça s’exécute tranquillement.
    Ce qu’il manque à ce film en réalité ce sont de vraies audaces. La réalisation est follement plate sauf pendant les séquences musicales : là je dois avouer qu’il y a des supers shows. Vraiment ça danse, ça vole, ça s’embrasse, et ça danse encore, y’a des scènes qui sont tout bonnement impressionnantes (ma petite préférence va à la scène où Jackman et Efron chantent et dansent dans le bar, toutes les jongleries avec les verres du barman et tout c’est très très exaltant). Mais à part dans ses moments, bon, ça casse pas trois pattes à Zendaya. En fait c’est tout con mais je pense qu’il y a un problème avec la photographie : elle aurait dû jouer beaucoup plus sur une artificialité totale des couleurs avec un aspect vraiment « faux » type Moulin Rouge. Ça aurait été bien plus bienvenu je pense parce que là je trouve que le style de l’image ne correspond pas à ce qu’on regarde.

    Un vrai plaisir coupable qui ne déplait pas mais qui est loin de voler aussi haut que ses trapézistes.
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    Pentagon Papers (2018)

    The Post

    1 h 56 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et thriller.

    Film de Steven Spielberg avec Meryl Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson

    25/01

    Pfiuuu. Et bien je peux vous dire que je suis très agréablement surprise. Je me doutais que le film allait pas être mauvais mais je ne pensais pas que je le trouverai aussi bon. Vraiment Pentagon Papers me souffle parce que je trouve qu’il a quelque chose de parfait dans son exécution. Alors ça n’en fait pas un chef d’œuvre ultime à mes yeux car finalement il reste un poil froid mais vraiment dans ce qu’il fait, montre, dit, il me semble comme exempt de défauts.

    Déjà, je dois le reconnaître, j’ai un vrai faible pour les thrillers politique/journalistique. Vraiment les longues investigations, les grands dialogues et tout moi ça me fascine. Et là je trouve le film très bien écrit, très naturel avec de jolis mots par rapport à la liberté de la presse et tout. Parce que là clairement, l’histoire des Pentagon Papers est limite en second plan tant Spielberg veut ici parler de la situation actuelle et de féminisme.
    Ce qui est vraiment brillant par rapport au féminisme c’est qu’il le fait très discrètement avec des jeux de mise en scène plutôt que par des dialogues lourds. Plus le film avance et plus Meryl Streep à le droit à de la place dans les plans, à des vêtements clairs ou alors plus colorés … De plus toutes les positions de hiérarchie sont dans la mise en scène que je trouve très belle, très minutieuse, très brillante. Souvent il adopte des vrais codes du pollar avec des gros plans, un montage assez tranchant. J’aime beaucoup la scène du début qui montre le vol des documents juste après la scène de guerre et qui est entièrement en caméra épaule, empruntant au genre du film de guerre, pour bien signifier que sur le territoire aussi il y a une guerre à mener : celle pacifiste contre le président.

    Un excellent film, détaillé, minutieux, politiquement intéressant, joli coup de maître.
    Ah oui et je suis choquée que Meryl Streep soit nominée aux Oscars et pas Tom Hanks, vraiment je comprends pas.
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    Shutter Island (2010)

    2 h 18 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley

    25/01

    Note inchangée, évidemment

    Retirer ce film de mon top 10 pour Snowpiercer a vraiment été un déchirement, et maintenant que je le revois, encore plus. Shutter Island est réellement un film qui m’a profondément marqué : je me rappelle encore de mon premier visionnage, dans ma chambre, avec ce minuscule lecteur dvd portable qui devait faire 20cm de large et 15 de longueur, et j’étais terrifiée. Mais comme rarement je l’ai été, l’ambiance étouffante, la musique, le mystère, tout m’avait subjugué dans un mélange de terreur et passion. Et je me rappelle cette fin qui m’avait réellement surprise et m’avait faite pleurer et pleurer encore et encore. Et dès le lendemain, je le revoyais.

    Shutter Island est un film magnifique, prenant, beau, et tous les adjectifs mélioratifs que l’on peut accoler à un film. La réalisation est d’une intelligence absolument dingue : en plus de la splendeur évidente de chacune des compositions, chaque image regorge d’indices sur la fin et ainsi, le revoir est toujours un plaisir car on ne se lasse pas de trouver tous les signes que monsieur Scorsese nous a délivrés. Il y a aussi des jeux de correspondance entre les scènes, des références à Hitchcock, à Bergman, une esthétique film noir et d’horreur. Un pur bonheur à revoir et analyser.
    Puis rien que l’histoire est quand même profondément bouleversante. Que ce soient les scènes où l’incroyable et sublime musique de Max Richter s’immisce ou la toute fin pleine de sang et de larmes, on ne peut qu’être ému par ce portrait de vies brisées, de vies perdues, de cerveaux désespérément malades qui ne pourront jamais se pardonner.

    Un chef d’œuvre total, le meilleur Scorsese, le plus beau rôle de Dicaprio, bref, ce film a porté tous ses éléments internes à leur sommet dans l’histoire du cinéma.
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    Goodbye Christopher Robin (2017)

    1 h 47 min. Sortie : . Biopic et historique.

    Film de Simon Curtis avec Domhnall Gleeson, Margot Robbie, Kelly MacDonald

    27/01

    Bon, tout le monde se fiche de ce film, il a moins de 100 notes sur SC alors qu’il est sorti l’année dernière, c’est genre le film du total anonymat. Et d’ailleurs je me demande pourquoi parce qu’à force Domhnall Gleeson et Margot Robbie sont des têtes bien connues et on connait tous Winnie l’Ourson donc le film aurait vraiment pu bien être diffusé en France. M’enfin, les comment du pourquoi tel film est distribué et pas un autre m’échappera toujours.

    Surtout que Goodbye Christopher Robin est un très joli film que je ne regrette pas d’avoir regardé rien que pour son casting. Je ne connaissais rien à la vie de ce cher auteur de livres pour enfants et c’était étonnant de découvrir cette personnalité froide et complètement traumatisée par la guerre. Plus que sur un ouvrage, c’est un film qui parle d’une époque, celle de l’après-guerre, où les hommes sont traumatisés, où la société est trop froide, trop tenue par des règles absconses. C’est la recherche du bonheur qui anime ce film et comment le bonheur est gâché par quelqu’un qui ne sait pas le tenir.
    La réalisation est vraiment très jolie, très sobre mais très travaillé. On retrouve une ambiance pastelle et tout un jeu sur la couleur bleue ainsi que sur les lumières. Le film essaie de reproduire une esthétique enfantine, fablesque, pour montrer que finalement, ce que cherche Blue, il l’a déjà.

    Une chouette et douce surprise que je vous recommande.
  • Bande-annonce

    Summer Wars (2009)

    Samâ uôzu

    1 h 54 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie, drame et romance.

    Long-métrage d'animation de Mamoru Hosoda avec Ryûnosuke Kamiki, Nanami Sakuraba, Mitsuki Tanimura

    Séances de cinéma (1 salle)
    28/01

    Bon on va pas se mentir, Mamoru Hosoda m’avait habitué à verser des litres de larmes donc je suis un peu déçue que celui-ci soit beaucoup moins dans l’émotion que Les enfants loups ou Le garçon et la bête. Et pourtant c’est pas faute d’essayer mais je pense que le petit défaut de Summer War c’est qu’il y a tellement de personnages que le film se disperse beaucoup et on a du mal à ressentir de vraies émotions très fortes.

    Il n’empêche que c’est vraiment un très joli film qui met très en joie et fait du bien. Evidemment l’animation est tout à fait incroyable. Il a des idées de mise en scène dingues, par exemple dans le monde réel il s’amuse à faire beaucoup de vues latérales empruntées au jeu vidéo. Ainsi il pointe encore mieux la porosité des deux univers de manière vraiment belle. Les séquences dans Oz sont elles-mêmes assez dingues et surtout hyper inventives. Dans les formes, dans les couleurs et tout il essaie de donner un aspect pixelisé et en même temps très animé, bref c’est très très beau à regarder.
    Puis l’histoire reste très belle. C’est une jolie histoire sur le fait de s’entre-aider quoi qu’il arrive et sur le fait que chacun a toujours quelque chose de bien à apporter. Le film s’amuse à mettre pleins de choses en parallèle, le match de sport et le monde d’Oz, les traditions et la technologique et finalement le tout délivre un message qui n’est pas du tout manichéen. Il est pas question de « la technologie c’est nul et dangereux ». Le film au contraire te montre que tout est mélangeable et que chacun a un rôle déterminent partout.
    J’ai été plutôt étonnée de la critique vraiment piquante envers les USA qui sont quand même accusé de se servir des cerveaux étrangers pour faire la guerre et ainsi se débarrasser de toute responsabilité. Ça m’a paru assez violent, mais en soi plutôt mérité donc bon moi ça ne me dérange pas.

    Un bien chouette film qui laisse avec un grand sourire aux lèvres.
  • Night on Earth (1991)

    2 h 09 min. Sortie : . Comédie, drame et sketches.

    Film de Jim Jarmusch avec Gena Rowlands, Winona Ryder, Lisanne Falk

    Séances de cinéma (2 salles)
    30/01

    Franchement, parmi tous mes réalisateurs favoris, je pense que Jim Jarmush est vraiment celui qui pourrait être mon meilleur pote. Je vous jure, c’est dingue à quel point on partage le même univers. Cette passion pour la ville, cette même idée de la poésie, on est tous les deux assez accros à Tom Waits semblerait-il (toute la bo de night on earth là c’est ce bon vieux Tom) et a priori on aime les mêmes acteurs entre Winona Ryder, Adam Driver, Tom Hiddleston, Golshifteh Farahani et j’en passe, et surtout on est tous les deux assez fan de l’idée du hasard et de comment tout dépend du hasard des rencontres. Ah et aussi tous les deux on a une philosophie de vie qui considère que dans le fond l’ennuie n’existe pas tant qu’on vie. Bref Jarmush c’est mon univers, et à chaque nouveau film ça m’impressionne.

    Night on earth donc ne déroge pas à la règle, c’est un film chorale qui relie des rencontres à travers notre planète, c’est un film qui a réussi à me faire hurler de rire, c’est un film prenant, drôle, doux, sympa, parfois mélancolique, toujours bien filmé, intéressant, pleins d’idées humanistes et plein de beaux moments qui donnent fois en la vie.

    Bref Jim, j’espère un jour te croiser, j’aurais beaucoup de chose à te dire.
  • Bande-annonce

    Away We Go (2009)

    1 h 38 min. Sortie : . Comédie, drame et romance.

    Film de Sam Mendes avec John Krasinski, Maya Rudolph, Carmen Ejogo

    01/02

    Bon, il me reste qu’un film de Sam Mendes à voir. J’ai genre remarqué ça en allant sur wikipédiaTRE (AHAHAHHAHAHA), j’ai vu presque tous ses films sans m’en rendre compte ni le vouloir particulièrement. Puis en plus je les aime plutôt bien tous en fait (dont deux que je vois comme des chefs d’œuvre donc bon !). Away we go a ceci de très intéressant qu’il est à la fois hyper détonnant dans la filmographie du bonhomme tout en étant méga raccord.

    Sam Mendes, son grand truc c’est de déconstruire, de décortiquer les apparences pour trouver une autre vérité comme il l’a fait avec les banlieues (american beauty, les noces rebelles), la guerre (jarhead (leto ahahahhaha) ) et James Bond (surtout Skyfall) et là, Away we go semble en fait carrément entrer dans ce processus. Par ce voyage à travers les USA, Mendes explore la structure de la famille et en expose plusieurs composantes plus ou moins dysfonctionnelles afin de rompre avec le cliché de base. Mais là où le film est étonnant c’est qu’il est drôle, et réjouissant, et optimiste ! Je veux dire Mendes en général il te donne envie de mourir et là il te donne envie de vivre. C’est beau ! Parce que le film est déjanté, drôle, il ne cherche pas à faire du drame artificiel. Non, le couple que l’on suit est amoureux et il l’est jusqu’à la fin, parce que tout le monde ne s’entre-déchire pas constamment. Finalement au-delà de la déconstruction générale, c’est un film qui dépeint une construction en fait, celle de ce couple qui constate les briques qui se fissurent et veut simplement avoir des fondations plus solides.

    C’est assez mineur comme œuvre en réalité mais ça fait du bien et en cette période où le soleil a déserté ce monde, c’est franchement chouette.