Dis Cortex, tu veux voir quoi cette nuit ? (Année 2020)

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229 films

par Nick_Cortex

Nouvelle année, nouvelle décennie, même titre et même principe pour ma liste des films vus cette année : me faire plaisir, me faire souffrance, assouvir ma curiosité sans limite. Mais cette année on va aussi essayer de s'ouvrir plus encore à des domaines cinématographiques que j'ai assez peu exploré et de rattraper le parcours de quelques cinéastes bien reconnus dans la communauté des amateurs de cinéma. Enfin, je promets pas que j'essaierai, mais j'essaierai d'essayer...

Et que cette année soit riche en découvertes intéressantes ! Comme toujours, on va essayer de livrer de belles annotations... enfin, des annotations.

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    Panda Petit Panda (1972)

    Panda Kopanda

    34 min. Sortie : . Animation et jeunesse.

    Moyen-métrage d'animation de Isao Takahata avec Camille Donda, Philippe Catoire, Dorothée Pousséo

    Et ce n'est pas cette année qu'on va déroger à la règle du "j'ouvre le bal avec un film d'animation", vous me connaissez bien. L'occasion de replonger dans une des premières collaborations entre Isao Takahata et Hayao Miyazaki, ces deux génies. Fruit du cerveau des deux hommes après avoir quitté Toei pour créer un studio indépendant suite à Horus prince du soleil, nous voici avec un assemblage de deux courts-métrages sur une petite fille livrée à elle-même dans sa maison avec le sourire, avant l'arrivée d'un bébé panda et son père dans sa vie.

    Il est toujours intéressant d'observer ce par quoi les grands noms à la filmographie fournie ont commencé, pour avoir un aperçu de ce qui peut être vu comme les esquisses de ce à quoi ils donneront vie au fil des années suivantes. C'est le cas de Panda Petit Panda, nous pensons notamment et bien évidemment à Mon Voisin Totoro en premier. Le sourire du papa Panda grand amateur de bambou n'y est probablement pas étranger mais ce n'est pas la seule chose. J'ai aussi pensé à Ponyo avec la famille partant naviguer après une inondation de la ville. On sent aussi que Miyazaki n'est pas encore tout à fait dans sa zone de prédilection dans sa vision du rapport entre l'homme et la nature, mais après, ce qui compte, c'est bien le divertissement d'une charmante naïveté.

    L'ensemble des deux courts-métrages n'a peut-être pas la maturité des œuvres des deux bonhommes qui suivront, dans la pure catégorie des œuvres pour lesquelles il faut mettre un peu le bon sens de côté en ce qui concerne l'écriture pour en apprécier la mignonnerie ambiante. Mimiko est choupi tout plein, je l'admets. Et ses deux petites aventures avec son "père" panda et son "fils" panda, clairement prises sous un prisme enfantin (la petite joyeuse à l'idée de croiser des cambrioleurs, qui fait tout le temps le poirier, le panda allant au zoo comme si c'était un job pour lui...), se suivent sans déplaisir. C'est tout à fait regardable pour se sentir en toute légèreté pendant un petit moment. Et les dessins sont mignons, malgré un petit problème occasionnel d'yeux qui louchent.
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    Maléfique : Le Pouvoir du mal (2019)

    Maleficent: Mistress of Evil

    1 h 58 min. Sortie : . Aventure, fantasy et drame.

    Film de Joachim Rønning avec Angelina Jolie, Elle Fanning, Michelle Pfeiffer

    Le premier Maléfique m'avait tellement pris au dépourvu de par sa volonté de me faire gober qu'un personnage comme Maléfique avait les épaules pour être changée par la magie du scénario coin de table en gentille qui en fait était victimisée sans trop se soucier de ruiner à l'occasion l'aura de l'une des plus grandes figures du mal de l'histoire de Disney Animation. Pour cette suite, je me doutais aussi bien que ce serait mort à ce stade alors je me disais que j'allais essayer au mieux de faire abstraction que la Maléfique que j'allais à nouveau "admirer" n'est pas la Maléfique que j'admire bel et bien. Problème, c'est que tout comme son illustre aîné, Le Pouvoir du Mal a décidé d'y aller franco dans le scénario aberrant et le divertissement bas de gamme.

    Mais du coup, comme j'ai été moins surpris en mal cette fois, peut-être que ça me rend légèrement plus indulgent que je ne l'ai été face au premier, mais qu'est-ce que ça reste pénible comme moment à passer... L'incapacité de Woolverton et consorts à écrire un scénario qui ne soit pas pollué par une connerie la minute, que ça concerne son lien avec le premier film ou que ça vienne de lui-même, se ressent douloureusement. Il se fatigue à apporter du nouveau sur le background pour au final échouer à créer un truc tangible, préférant s'acharner au final à ruiner ce qu'il restait à ruiner chez Maléfique et opter pour les péripéties en carton, à l'image d'un génocide dans une chapelle juste insultant pour l'intelligence du spectateur qui aura remarqué qu'aucune de ces foutues bestioles n'aura remarqué que la cible à abattre était juste au-dessus avant un sacrifice inutile.

    Et ce ne sera qu'une bêtise parmi une bonne cargaison. Joachim Rønning étant incapable de servir un divertissement un tant soit peu investissant pour compenser, préférant à l'image de Robert Stromberg piquer des choses à droite et à gauche (le royaume des fées noires, plus visible comme "inspiration" venant d'Avatar, tu meurs) et filmer platement, se ridiculisant dès son plan séquence accompagnant les crédits d'ouverture qui donne un rendu très téléfilm. Evidemment les effets spéciaux se défendent mais c'est encore la moindre des choses. Le plaisir de voir Pfeiffer n'aura pas été suffisant surtout quand elle se coltine une méchante d'une subtilité semblable à celle d'un coup de pied dans les parties. Avant qu'on aboutisse à un final réussissant le prodige d'être aussi neuneu que dérangeant. Au secours.
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    Les Cinq Légendes (2012)

    Rise of the Guardians

    1 h 37 min. Sortie : . Animation, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Peter Ramsey avec Gaspard Ulliel, Nolwenn Leroy, Miglen Mirtchev

    Note inchangée.

    J'aime toujours autant, l'air de rien. Le spectacle est enchanteur, la clique est très attachante, et Jack Frost inspire des thèmes sur la peur de ne pas trouver sa place, d'être littéralement invisible aux yeux du monde, j'avais même oublié sa backstory, c'est vraiment très efficace. Définitivement un des meilleurs DreamWorks Animation.
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    Cats (2019)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie musicale, drame et fantastique.

    Film de Tom Hooper avec James Corden, Idris Elba, Judi Dench

    Bon. Je vais tâcher d'être concis en ce qui concerne le fond du film. Le manque total de clarté du scénario, je n'ai aucune idée de si on le doit à l'adaptation ou si c'était déjà le cas avec le musical. Les incohérences en pagaille, plus de questions que de réponses, le personnage de Victoria qui se fait bouffer par le reste du casting et donc aussi creux que la gamelle vide de Garfield, Londres totalement désertique... On ne va pas s'attarder dessus.

    Pour le reste, par ma barbe... Je ne sais pas comment le décrire. C'est spécial, c'est une entrée dans une autre dimension la majeure partie du temps, une dimension cherchant constamment à vous faire vomir avec sa caméra des enfers ou à vous perturber, probablement de façon involontaire. Mention à TOUTES les scènes avec Rebel Wilson et surtout les fois où elle écarte les pattes. Et en plus c'est une dimension où l'espace-temps est en complète distorsion, ça se constate au bout d'une heure maximum.

    Non content de nous rappeler la non-ingéniosité d'avoir fait de ça un film avec de vrais acteurs, histoire d'être bien embarrassé pour eux dès que possible, non content d'avoir un visuel pas fini à en admirer la façon dont le film s'échine à camoufler les mains humaines avec des vestes (quant aux chaussures, je me demande parfois si leur présence est volontaire ou non), non content de nous terrifier avec ses cafards et souris, non content de montrer que Tom Hooper n'a strictement aucune idée de comment bien filmer une comédie musicale (caméra vomitive, incapacité à magnifier les chorégraphies à grande échelle) mais ce qui m'a le plus collé la migraine c'est le nonsens absolu des perspectives et jeux d'échelle, c'était l'enfer.

    Tout accident industriel fascinant qu'il soit cependant, Cats devient particulièrement ennuyeux passé la première heure et carrément interminable entre ses 50 "jellicle" pour au final n'avoir aucune foutue idée de ce que c'est, le passage avec le magicien qui s'apparente presque à de la propagande pour un slogan et le final brisant le 4e mur, me donnant plus envie de regarder mon chat avec dédain que le respecter. Mais franchement on atteint une barre tellement spéciale avec ce film, qui était en plus sûrement plein de bonne volonté (les décors sont souvent plutôt réussis) que je suis incapable de le détester complètement. En plus, le voir à deux, c'était carrément mieux.
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    Les Incognitos (2019)

    Spies in Disguise

    1 h 42 min. Sortie : . Animation, action, aventure, comédie et science-fiction.

    Long-métrage d'animation de Nick Bruno et Troy Quane avec Will Smith, Tom Holland, Rashida Jones

    Une chose que j'apprécie avec les studios Blue Sky, c'est leur volonté occasionnelle de varier les terrains de jeu dans lesquels s'aventurer. Ils ont bien entendu tiré sur la corde avec la saga L'âge de glace s'étant retrouvée avec plus d'opus qu'il n'en fallait, mais sinon, même si de façon inégale, nous avons eu l'aventure écolo proposée par Epic, le chaleureux hommage à l'œuvre de Charles M. Schulz qu'était Snoopy et les Peanuts, et maintenant la comédie d'espionnage au travers de ce fort sympathique Les Incognitos.

    En soi je dirais bien qu'il n'y a rien de proprement révolutionnaire, mais j'ai trouvé que le film avait compris que l'important vient aussi de l'exécution et au final ça joue avec ses éléments scénaristiques de façon parfois astucieuse, et abat ses cartes au plus vite pour que le travail sur les personnages prenne plus facilement, faisant ressortir le côté complémentaire sans trop forcer. Mis à part la bonne surprise du traitement du duo, le film est un divertissement virevoltant et coloré, kaléidoscope pétaradant et s'amusant avec les possibilités offertes sans négliger un peu de sérieux, et la mise en scène est réjouissante.

    C'est plus du côté de la comédie qu'on a le côté inégal dans la balance, drôle parfois, embarrassant aussi ça arrive, un peu dommage que le film s'obstine avec l'humour infantile quand à côté il propose des idées comiques malines et arrive aussi à proposer de bons éléments pour le traitement des personnages, abordant solidement la recherche d'une personnalité façade pour camoufler la partie difficile du métier à haut risque, et s'autorise même un aspect pacifique qui fait certes doux rêveur mais c'est pas plus mal en soi. Bref, bonne surprise, je partais sur un 6 pour l'humour déséquilibré mais je suis sorti de bonne humeur.
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    Virgin Suicides (1999)

    The Virgin Suicides

    1 h 37 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Sofia Coppola avec James Woods, Kathleen Turner, Kirsten Dunst

    Des fois, il y a des réalisateurs bien cotés dont on repousse le visionnage des œuvres clés sans arrêt sans trop réellement savoir pourquoi. Sofia Coppola est de cette catégorie pour moi, jusqu'ici la seule chose que j'avais vue venant d'elle étant le remake ennuyeux à mourir de l'excellent Les Proies. Autant donc lui (re)donner une chance là où tout a commencé, son premier long-métrage et probablement le plus réputé. Virgin Suicides constitue un visionnage si je puis dire agréable, dans le sens où ça se laisse voir et ça me prouve le vrai talent de Coppola fille avec une caméra entre les mains, et également plutôt forte quand elle veut toucher au sujet ô combien difficile à aborder de l'adolescence perturbée.

    Difficile à aborder par plus d'une façon, avec le risque de tomber soit dans tout ce que l'on sait déjà, soit dans le misérabilisme neuneu, entre autres. Virgin Suicides opte pour le point de vue de jeunes garçons lubriques sur cette bande de filles en plein choc des mondes avec celui des adultes, prise à la gorge, fascinée par l'interdit et proprement étouffée par le manque de réelle communication avec les parents, rien qui ne puisse les aider à traverser cette phase pleine de doutes. Le film de Sofia Coppola met assez intelligemment le doigt sur tout le côté insaisissable de cette génération, l'absence de compréhension jusqu'à l'asphyxie figurée et littérale, sans trop forcer la main. La génération est filmée de sorte à faire ressortir les hauts et les bas de ces électrons libres en perte de repère psychologique.

    Le métrage traîne pas mal la patte cependant en prenant un point de vue quasiment unique par le biais de Trip Fontaine en milieu de parcours, dont la collision avec le monde des filles est vital au cheminement du scénario mais plutôt générique et manquant un peu de l'aspect mélancolique donnant son sel émotionnel à plusieurs scènes, et je n'irai pas jusqu'à dire que c'est le meilleur film ou le plus passionnant sur l'adolescence que j'ai vu (say hello, Breakfast Club), mais sa pertinence et sa bienveillance en font tout de même quelque chose de tout à fait honorable, parfois poignant et en bonne partie porté par le talent des acteurs.
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    Le Gouffre aux chimères (1951)

    Ace in the Hole

    1 h 46 min. Sortie : . Drame, film noir et comédie.

    Film de Billy Wilder avec Kirk Douglas, Jan Sterling, Robert Arthur

    Je pense ne choquer personne en affirmant que Billy Wilder aura collecté les bons films dans son CV en tant que réalisateur. Déclarant Le gouffre aux chimères comme son favori parmi ceux qu'il a réalisé, ce n'en est pas particulièrement surprenant car s'il y a une chose qu'on peut lui accorder, c'est qu'il traverse très bien les décennies, tant dans le fond que dans la forme. Prenant comme personnage principal un journaliste beau parleur et malhonnête cherchant à tout prix une position confortable dans le milieu du journalisme et s'aidant pour cela de la médiatisation autour d'un homme enfermé dans une galerie effondrée, Wilder opte pour un peu d'audace, à nous faire majoritairement suivre un personnage à priori aussi détestable pour délivrer son propos.

    Dénonçant bien évidemment le milieu médiatique en quête de sensationnalisme, le réalisateur part de cela pour qu'il en découle un tir groupé sur des sous-catégories. La foule attirée par les événements, le voyeurisme autour des infos chocs, l'exploitation de l'accident, de l'homme coincé lui-même, les journalistes plus concernés par le filon juteux que peut occasionner une telle chose, au point de le coller à la face des concurrents s'ils sont les premier à reporter la venue d'un événement dramatique pour l'accidenté... Tatum est peut-être le principal responsable de l'enfermement de l'homme dans sa galerie à durée rallongée, mais il est loin d'être le seul pointé du doigt par Billy Wilder. L'entourage de l'homme à sauver fait se rendre compte à quel point il l'a mal choisi, par ailleurs.

    Wilder dépeint la cruauté humaine dans une forme bien sadique. Il ne parle pas de l'ignorance envers la victime, mais de sa manipulation par son entourage. Plus cruel que de le laisser à son sort, Tatum se fait passer pour son meilleur ami pour mieux le poignarder dans le dos. Le gouffre aux chimères est un film très sombre, mais il s'autorise tout de même à rappeler que l'humanité n'est pas toute noire non plus. Il opte pour une démarche maline et sérieusement efficace tout le long, glaçant le sang avec sa fin et jouant avec nos sentiments. L'immortel Kirk Douglas est également un argument de poids dans la réussite quasi totale du long-métrage.
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    Gen d'Hiroshima (1983)

    Hadashi no Gen

    1 h 23 min. Sortie : . Animation, biopic, drame et guerre.

    Long-métrage d'animation de Mori Masaki avec Issei Miyazaki, Yoshie Shimamura, Masaki Kôda

    Avant Le tombeau des lucioles, nous avons également eu Gen d'Hiroshima pour parler du bombardement du Japon durant la Seconde Guerre Mondiale par le biais d'un film d'animation. Et nom d'une brouette Yard King, que ce film dans sa démonstration crue du bombardement et son après ferait parfois passer le film d'Isao Takahata pour une partie de plaisir. En fait, si je dis "parfois", c'est que Gen d'Hiroshima a cela de particulier, et finalement d'assez génial, qu'il s'autorise à être un mélange entre la violence de la guerre et la gaieté de la sphère familiale cherchant l'optimisme en toute circonstance malgré l'enchaînement d'horreurs dû à cette putain de guerre.

    Mine de rien, c'est un cas étrange de film d'animation où j'en suis ressorti à la fois en me disant que quand même, montrer des images pareilles à des enfants c'est risqué, mais en même temps instructif. Comme une façon de leur faire prendre conscience de l'horreur de la situation, de jusqu'à quel point tout peut basculer en un claquement de doigt, et pourtant, sans se refuser l'optimisme enfantin. Gen d'Horishima, c'est éprouvant en même temps qu'empli de candeur, le point de vue du jeune Gen sur la situation permettant de jongler adroitement entre les émotions. A défaut d'être toujours subtil, le film est humain et a un point de vue finalement assez admirable.

    Ça permet au film de terrifier en même temps que de faire sourire. La guerre et l'après-guerre, c'est effroyable, mais se relever reste l'option favorable. L'unité familiale est fragile mais pas si facilement submersible. Ça lui arrive d'être drôle, ça lui arrive d'être touchant, ça lui arrive d'être déchirant. Le bombardement clé aura été l'un des moments les plus éprouvants que j'ai eu à passer devant un film depuis un moment (tant pis si Gen fait trop miraculé durant), et la tragédie ne s'arrêtera pas là. Mais jamais bloqué dans une idée d'être 100% noir, l'ensemble percute tout autant qu'il touche.
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    Sur la terre des dinosaures : Le Film 3D (2013)

    Walking With Dinosaurs 3D

    1 h 27 min. Sortie : . Animation et action.

    Documentaire d'animation de Barry Cook et Neil Nightingale avec Karl Urban, Charlie Rowe, Angourie Rice

    Je pense que ce film avait les épaules pour être franchement sympathique. Quelque chose qui aurait pu trouver destination à la fois auprès des enfants et des adultes fans de dinosaures ou qui cherchent à en savoir plus sur ce terrain. Optant pour une incrustation d'animation 3D dans des décors réels, visuellement c'est pas trop mal, les dinosaures ne sont pas des perfections graphiques mais ils trouvent plutôt bien leur place, ça occasionne quelques scènes qui sont visuellement chouettes, parfois intéressantes. Le film est adapté d'une série documentaire, ça aurait été bien qu'il cherche à marcher sur ses traces.

    Problème ? Le parti-pris complètement le cul entre deux chaises. En vrai c'est même à se demander si c'est le simple cas du film qui cherche un coup à être documentaire et un coup être histoire fictive, parce que, en complète disharmonie, il cherche à être les deux en même temps. Et comment vous dire que ça sort du film, et pas qu'un peu. Particulièrement à cause des personnages qui ne savent pas la boucler. Ils parlent, oui, mais pas rendu de façon classique, ils sont à la fois narrateurs et acteurs et c'est tout bonnement insupportable au point que je me suis demandé si je n'allais pas écraser le bouton "muet" d'un violent coup de poing pour ne plus les entendre.

    Autant le Dinosaure de chez Disney avait le même problème, un ensemble qui aurait gagné à être muet, autant ça restait tolérable, la proposition du film restait suffisamment intrigante pour passer outre. Ce film en revanche est perdu dans la frontière entre deux idées et ça donne quelque chose d'affreusement indigeste. Si le film avait fait le choix d'être muet et d'être un pur documentaire, ça aurait pu le faire. Mais je sais pas pourquoi ils n'ont pas pris cette décision. Du reste, l'histoire fictive est foutrement ennuyeuse. Enfin, ça, quand on arrive à supporter le fait que les personnages ne disent pratiquement que de la mouise. Et malheureusement c'est difficile.

    Il y a de bonnes volontés, au fond j'apprécie la tentative d'instruction divertissante et surtout j'apprécie la tentative de variété de la galerie de dinosaures présentée au lieu de se contenter des "bases", mais l'exécution trop kid-friendly au point que même eux sont occasionnellement pris pour des cons est tellement irritante. Au moins, ça m'a donné envie de tenter la série.
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    Gravity (2013)

    1 h 30 min. Sortie : . Drame, thriller, catastrophe et comédie.

    Film de Alfonso Cuarón avec Sandra Bullock, George Clooney, Ed Harris

    Revoir et par la même occasion découvrir Gravity au cinéma m'a fait limite me demander comment j'ai pu tant adorer le film vu depuis le petit écran de mon ordinateur alors qu'il a clairement été pensé pour les conditions optimales. En tout cas, la redécouverte aura été tout à fait bénéfique. Je l'avais déjà vu, je l'avais déjà adoré, mais bon sang que j'ai eu du mal à décrocher les ongles du fauteuil cette fois. Gravity est une expérience sensationnelle et constitue un métrage terrassant avec lequel Cuarón fait honneur au côté à la fois beau et terrifiant de l'espace.

    Alors quoi ? Y a quelques gros coups de chance dans la tentative de survie de Ryan quand ce n'est pas la surenchère qui se pointe ? C'est possible. Mais je m'en tape. Cuarón a fait en sorte qu'on se sente au mieux possible investi dans le spectacle présenté et le bougre y parvient totalement. Pensant ses plans, sachant quand utiliser tel ou tel artifice, d'un plan séquence en mode "une seule chance" lors d'une mission périlleuse ou du bon usage du POV pour nous perdre en même temps que Ryan, le réalisateur compense même l'aspect surenchère par des procédés malins pour rendre le danger encore plus troublant (l'incendie de la station en hors champ lorsque Ryan entre dans la capsule).

    Véritable perfection technique, le film n'a peut-être pas de scénario à proprement parler mais ça ne veut pas dire, loin de là, que le travail d'écriture est négligé. Le parcours émotionnel de Ryan prend aux tripes et opte pour un cheminement poignant, se rendant compte lorsqu'elle pense qu'elle n'a plus rien à perdre que la perdition est la solution de facilité. Privilégiant l'espace pour son silence, pour se perdre sans but comme avec sa route, pour au final tenter de couvrir cet étouffant silence lorsqu'elle reprend le goût de se battre pour sa vie, quitte à parler à un interlocuteur invisible ou incompréhensible. Bref, j'adore ce film et j'en suis sorti bouleversé.
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    Portrait de la jeune fille en feu (2019)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame, historique et romance.

    Film de Céline Sciamma avec Noémie Merlant, Adèle Haenel, Luàna Bajrami

    Un peu déçu par l'acclamé Portrait de la jeune fille en feu alors que ça avait tout pour m'intéresser. Pour autant, pas le moindre doute, on reste face à un beau morceau de cinéma, car Céline Sciamma sait tenir une caméra et faire parler les images, c'est un fait. De la portée méta du titre, se permettant un ensemble de scènes dignes d'un tableau et particulièrement des moments d'intimité entre les trois femmes sur un enchaînement de plans portraits, avec cette partie de carte où c'est moins la partie de carte qui intéresse l'objectif que le moment partagé entre elles, même chose avec un moment de lecture, sans oublier ce feu dévorant au moins deux tiers du métrage, marquant toujours sa présence mystique et difficilement perceptible.

    La réalisatrice sait filmer des visages, jouer avec le non-dit, faire parler cadres et couleurs, elle sait agrémenter le film d'instants poignants, mention à cette dernière scène bouleversante en forme de dépucelage musical par un orchestre comme cette maigre consolation tant redoutée, ou l'instant donnant son titre au film, du reste ce sont bien les rares instants musicaux, du fait de leur présence pertinemment réduite, qui touchent le plus en plein cœur me concernant. Malgré tout, je ne me suis pas pleinement senti investi. Probablement en partie pour son douloureux jeu d'équilibriste entre l'intelligence du non-dit et le manque de subtilité d'autres idées ne rendant pas au mieux justice à un fond aussi louable qu'admirable.

    Tomboy était un film dont l'innocence m'avait semblé assez désarmante, Portrait de la jeune fille en feu entre en maturité mais au final de façon tout aussi inégale que son aîné. Oscillant entre les fondamentaux assez basiques quand il ne succombe pas aux coups de marteau occasionnellement dans ses moins bons moments, tentative féministe aussi louable que maladroite, laissant derrière elle plusieurs scènes au sens du naturel très plaisant, d'autres marquées par une belle symbolique, et d'autres se tirant une balle dans le pied par leur côté démonstratif bancal. Tendresse et sensualité sont là, mais pour ma part, j'ai bel et bien été sensible occasionnellement devant le résultat, mais hermétique plus souvent.
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    L'Extraordinaire voyage de Marona (2020)

    1 h 32 min. Sortie : . Animation, drame et expérimental.

    Long-métrage d'animation de Anca Damian avec Lizzie Brocheré, Bruno Salomone, Thierry Hancisse

    L'extraordinaire voyage de Marona est une belle petite curiosité. Ne sachant pratiquement rien du film avant d'être allé le voir, j'avoue avoir été bien surpris de son parti pris, mais définitivement convaincu. Car le film est d'abord une expérience graphique nous prenant à revers dans le territoire des films d'animation au visuel travaillé pour être le plus propre possible, ici c'est presque comme si le film avait été fait par l'enfant de 5 ans le plus imaginatif du monde, trouvant du beau et du fascinant dans le rudimentaire des dessins. En résulte un étonnant et riche vocabulaire visuel. Désarçonné que j'étais devant le choix graphique au début, j'en suis ressorti avec plusieurs belles scènes en tête, entre les numéros virevoltants de l'acrobate et les nuits de solitude devant les constructions.

    Et comme je ne savais pratiquement rien du film donc, au début j'ai eu peur de voir, en sachant de quoi allait retourner l'intrigue avec le parcours de la vie d'une chienne, quelque chose de simpliste dans le rapport entre l'homme et l'animal en assez manichéen, mais là aussi le film m'a joliment pris à revers. Cette vie de chien filmée à hauteur de chien est l'occasion de montrer la loyauté de Marona et donnerait envie de câliner son chien pour l'éternité. Son parcours agrémenté de hauts et de bas reste au mieux possible bourré d'humanité, et la confrontation entre le bonheur du chien et celui de l'humain touche au cœur.

    Trouvant force mais aussi parfois faiblesse dans la richesse du visuel, fourmillant de détails et de symboles parfois plus que de raison pour l'emmagasiner, L'extraordinaire voyage de Marona reste un film tout à fait ingénieux, hypnotique et en même temps d'une chouette simplicité dans son fond pouvant le rendre accessible au plus grand nombre, enfants comme adultes, et saura réchauffer le cœur des amis des animaux en même temps que leur tirer quelques larmichettes. La réalisatrice voulait rendre hommage au meilleur et au plus fidèle ami de l'homme, c'est réussi.
  • Bionicle : La Menace de l'ombre (2005)

    Bionicle : Web of Shadows

    Sortie : 2005. Action et animation.

    Film de David Molina et Terry Shakespeare avec Christopher Gaze, Brian Drummond, Trevor Devall

    "Ne vas pas plus loin.
    Je l'ai fait, ça vaut pas le coup." WeSTiiX

    Toujours écouter les autres...
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    Les Enfants du temps (2020)

    Tenki no Ko

    1 h 54 min. Sortie : . Animation, drame, fantastique et romance.

    Long-métrage d'animation de Makoto Shinkai avec Kotaro Daigo, Nana Mori, Chieko Baisho

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    Gosses de Tokyo (1932)

    Otona no miru ehon - Umarete wa mita keredo

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie, drame et muet.

    Film de Yasujirô Ozu avec Tatsuo Saitô, Tomio Aoki, Mitsuko Yoshikawa

    Première découverte concluante de la filmographie de Yasujirô Ozu, Gosses de Tokyo est un film éminemment sympathique, agréable mélange entre tendre espièglerie attachante et douce mélancolie touchante. Dans l'ensemble ça évoque des films avec un regard sur le monde des enfants façon La guerre des boutons, mais ça sait aussi évoquer une certaine dynamique avec le monde de leurs parents, de façon maline. Après une première partie filmée à hauteur d'enfant, le film d'Ozu dévoile petit à petit ses cartes pour nous plonger dans une relation enfants-parents qui sait comment avoir à la fois charme et pertinence.

    Filmé de façon sobre mais efficace, sachant tant comment mettre les enfants en avant que les adultes quand le besoin est (un plan miroir que j'aime beaucoup est utilisé lorsque le père accompagne ses enfants à l'école, l'un des deux âges s'effaçant derrière l'autre devant l'objectif), le film fait apparaître cet univers de l'enfance débordant d'imagination et de facéties. L'école buissonnière, les conflits enfantins, le partage d’œufs de moineau, c'est montré avec humour et tendresse. C'est feel-good à souhait, et Ozu nous tient par la main en assurant la transition avec un monde des adultes parsemé de regrets et de servitude.

    Ce monde vu par les yeux d'enfants rappelant l'importance d'une figure parentale pour eux, à coup de petites scènes où ils cherchent à savoir qui a le père le plus important. Se heurtant à un monde adulte qu'ils cherchent à saisir alors qu'ils le fantasment (la confrontation entre naïveté d'un âge et servitude d'un autre apparaît clairement lors de la scène des projections), ils sont toujours ce que leurs parents ont de plus cher, apparaissant autoritaires pour mieux tenter de camoufler leur peur, peur que ceux-ci suivent le même parcours qui pourrait paraître insatisfaisant et peur de ne pas être assez bien pour eux. Ça vise juste et Ozu a la sagesse de nous faire comprendre que ces gosses, deux gosses de Tokyo, sont symboliques de tous les gosses de Tokyo, voire même au-delà. Une belle comédie dramatique qui se savoure avec plaisir.
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    1917 (2020)

    1 h 58 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Sam Mendes avec George MacKay, Dean-Charles Chapman, Benedict Cumberbatch

    Aussi intéressé par ce film que je l'étais, j'avais un peu peur de l'esbroufe avec l'argument autour du plan séquence géant, je me méfie de ce genre de film dont les retours tout ce qu'il y a de plus dithyrambiques semblent pas mal s'extasier sur la prouesse technique, façon Birdman (que j'adore quand même hein). Mais Sam Mendes est un bon gars doublé d'un metteur en scène efficace à en juger du tour de force immersif que constituent les deux heures de ce 1917. Loin du film se reposant trop sur ses acquis techniques (quelques instants montés assez comme un jeu vidéo mis à part), le résultat est une éprouvante traversée d'un point A à un point B mettant en avant les tristes spectres hantant le champ de bataille accompagnés d'une tension palpable.

    Outre le talent technique se servant astucieusement du plan séquence pour nous plonger progressivement de la verdure idyllique aux tranchées peu réconfortantes, pour nous forcer à soutenir l'insoutenable jusqu'au bout, pour nous forcer à traverser ces champs au silence de mort que nous ne voudrions pas traverser, bref pour bien nous mettre dans la situation des personnages, 1917 est humain pour le pire comme pour le meilleur. Si la première partie est majoritairement celle du divertissement immersif, c'est surtout lors de la deuxième que le film abat pleinement ses cartes et montre son point de vue lucide sur le facteur humain face à cette guerre dont le sens leur échappe, sachant pertinemment que ce qui est instauré un jour se contredira le lendemain.

    Hommage à non seulement les hommes derrière les tranchées mais aussi à ceux qui assuraient une mission à priori plus annexe mais pas moins aisée, ode à la bravoure occasionnellement poignante, 1917 n'est pas d'une originalité folle dans les grandes lignes (touchante la scène avec la française mais honnêtement c'est un peu un poncif) mais diable qu'il est immersif. Et ça alors qu'il se repose bien plus sur des scènes d'un calme glaçant que sur de l'action pure et dure, dosée avec parcimonie. Parfois un peu pompier dans la démarche (j'aime beaucoup la musique du film mais ça aurait gagné parfois à ce qu'elle s'efface) mais efficient plus souvent. Et ce plan final riche en sens clôt à merveille le tout. Bonus pour le jeunot mais prometteur Dean-Charles Chapman qui m'a tellement touché.
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    Le Guerrier silencieux - Valhalla Rising (2009)

    Valhalla Rising

    1 h 33 min. Sortie : . Aventure, drame et fantasy.

    Film de Nicolas Winding Refn avec Mads Mikkelsen, Alexander Morton, Stewart Porter

    Je n'ai pas aimé Drive. C'était ma première expérience avec Nicolas Winding Refn, la seule avant d'avoir tenté ce Valhalla Rising, et j'avais trouvé ça aussi lourd que soporifique. Tout en sachant qu'un seul film ne permet pas d'avoir une idée complète de ce qu'un réalisateur peut donner, j'y allais à reculons avant de tenter un autre de ses films. Valhalla Rising cependant part d'un concept et d'un contexte trop alléchant pour dire non en ce qui me concerne, espérant que j'aurais un meilleur point de vue sur le réalisateur avec cette nouvelle tentative. A moitié concluante, mais un petit progrès comparé à Drive, c'est que je ne me suis pas spécialement ennuyé, durée assez faible aidant sûrement.

    Maintenant, j'ai tendance à trouver qu'on en fait des caisses à râler sur un film ou un autre média quand il n'a "pas de scénario". Pour moi il existe une différence entre un film vide et un film s'affranchissant d'un scénario pour raconter quelque chose (et pouvant le faire de façon passionnante). Tout comme il y a une différence entre film vide et film vain, et je pense que Valhalla Rising sombre dans cette deuxième catégorie selon moi. Ce qui est en soi encore plus frustrant, car des bonnes choses, le film en propose, c'est un fait. Dans le traitement des idées sur les différents points de vue religieux notamment, ceux-ci servant de repères contextuels plus que les indices historiques peu existants, et occasionnant un affrontement qui peut faire froid dans le dos occasionnellement.

    Mais à part ça j'ai trouvé l'exercice de Winding Refn un peu lassant. Parti pris esthétique indéniable (encore que certains ratés peuvent être de mise), l'oeuvre ne passionne que trop peu et surtout elle m'est apparue trop pompière pour être pénétrable, dans l'ambiance comme dans les images, y compris dans les décisions artistiques qui, il faut le dire, génèrent quelques plans qui ont une certaine gueule (toute la séquence sur le navire). Découpé en 6 chapitres pour je ne sais quelle raison, porté par un Mads Mikkelsen sachant comment être imposant en gardant la même expression hypnotique tout le long, viscéral mais guère fascinant, c'est environ tout ce que je peux rajouter sur ce film. Cependant les retours en sont trop indécis pour que ce soit avec lui que je puisse affirmer avec certitude que Refn n'est pas un réalisateur fait pour moi.
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    Sky Crawlers, l'armée du ciel (2008)

    Sukai Kurora

    2 h 02 min. Sortie : . Animation, aventure et drame.

    Long-métrage d'animation de Mamoru Oshii avec Rinko Kikuchi, Ryo Kase, Shôsuke Tanihara

    Passé le générique suivant une ouverture sous forme de petite mais viscérale bataille aérienne, Sky Crawlers ne fait aucun doute sur la provenance du réalisateur Mamoru Oshii, les connaisseurs retrouveront d'emblée ce qui le rend si appréciable pour certains et si ennuyeux pour d'autres. Avis aux non-amateurs de films contemplatifs, Sky Crawlers est aussi vif qu'une file d'attente pour un film événement du festival de Cannes. Oshii aime prendre son temps et il l'affirme avec son film en forme d’errements sans réel but à priori pour les personnages qu'il anime, et éventuellement pour le spectateur.

    Pas plus intéressé que ça par le contexte géopolitique, le réalisateur nous plonge surtout dans une virée existentielle comme il les connait bien au travers de ces mystérieux enfants qui ne peuvent pas vieillir, utilisés comme soldats. Avec un style graphique choisissant de les rendre les plus minimalistes (et limite zombifiés) possible, interchangeables en toute cohérence avec tout ce que le film aborde quitte à ce que ce style ne plaise pas à tout le monde, moi-même je n'aime pas trop même si le choix est logique. Sky Crawlers cependant est tout aussi inégal dans la démarche outre visuelle. Parfois un peu vain, parfois insistant, parfois démonstratif, le film se perd dans ses errements paradoxalement voulus et j'ai assez de mal avec ceux qui attendent un bon quart d'heure avant la fin pour balancer franco les explications.

    Cela dit, je ne cache pas m'être un peu ennuyé avant de pleinement comprendre où ça veut en venir, mais une fois les clés en main, ça laisse une petite trace, une forme de tragique dans les déambulations répétitives de ces enfants qui ne peuvent grandir, ou alors qui ont grandi trop vite dans un sens, hors du temps, hors du monde, reflétant probablement aussi ces pilotes en guerre passant par l'attente lancinante avant leur prochaine envolée, pas tout à fait différente mais pas tout à fait la même que les autres. Très Ghost in the Shell dans certaines idées venant du style ou de l'écriture, Sky Crawlers peine à susciter une réelle émotion, surtout en plein dans le film, et manque de se brûler les ailes près du soleil de la vanité plus d'une fois, mais ouvre la voie à une fascination non négligeable. C'est bien pour ça que je suis partagé sur la note à mettre, mais gardons le positif en tête. Puis la musique terrasse.
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    La Maison du docteur Edwardes (1945)

    Spellbound

    1 h 51 min. Sortie : . Policier, romance et thriller.

    Film de Alfred Hitchcock avec Ingrid Bergman, Gregory Peck, Michael Chekhov

    Quand on y pense, le milieu psychiatrique était idéal pour Hitchcock pour qu'il puisse y mettre à nouveau son statut de maître du suspense à l'épreuve, c'est un milieu si complexe qu'il n'est pas impossible d'en déceler une intrigue mystérieuse autour d'une personne, en l'occurrence notre docteur Edwardes (à moins que...) qui aurait tué la personne dont il a pris l'identité ou alors est victime d'un gros complexe de culpabilité. Evidemment, regarder une telle approche du milieu psychiatrique peut faire naître un sourire circonspect chez certains tant elle est plus d'une fois simpliste pour les besoins du déroulement de son intrigue, ce qui est paradoxal avec le côté complexe de cet univers en général.

    Il n'empêche que La maison du docteur Edwardes reste très agréable à voir. Du Hitchcock pur jus partant sur une intrigue de vrai-faux coupable comme il les connait bien mais d'une façon un peu plus novatrice cette fois, à démêler le sac de nœud que constitue le mystère afin que l'on puisse mettre un point final, aussi bien le spectateur que les personnages eux-même, le principe de l'amnésie arrangeant bien les choses. Tout ceci saupoudré d'une bonne dose de romantisme comme Hitch sait y faire aussi, et si l'on est prêt à accepter que Petersen fuit avec un homme qui pourrait être un assassin juste par intuition romantique sans aller plus loin, le duo constitué des éternels Bergman et Peck saura charmer.

    Si le film ne propose pas le mystère le plus abouti de la carrière du maître du suspense et ennuie un peu au début, il reste bigrement sympathique à suivre, d'autant que plus le puzzle se complète, non seulement les zones de brume s'éclaircissent petit à petit mais plus les personnages et leur relation s'en trouvent affectés, ce qui n'est pas pour me déplaire. Et puis il y a bien entendu ces surréalistes séquences oniriques qui ont marqué les esprits pour toutes les bonnes raisons, et quelques scènes fortes à l'image des dernières minutes fortement tendues et ce en dépit de la furtivité de la dernière scène. Et bien entendu, un peu d'humour et une très bonne gestion technique (le revolver) pour compléter le tableau de chasse plutôt bien garni.
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    Les Finances du grand-duc (1924)

    Die Finanzen des Grossherzogs

    1 h 20 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Friedrich-Wilhelm Murnau avec Mady Christians, Harry Liedtke, Robert Scholtz

    Je ne pensais pas Murnau capable de m'indifférer au plus haut point mais c'est bien ce qui est arrivé avec Les finances du grand-duc, même si j'apprécie la tentative du réalisateur de montrer son côté polyvalent en s'attaquant à ce qui est réputé pour être son seul film purement voulu comique. On savait déjà le réalisateur capable de faire sourire et rire ceci dit, avec L'aurore notamment avant de nous bouleverser avec son drame puissant, cependant pour Les finances du grand-duc, ça m'a paru assez bancal.

    Pourtant j'ai bien aimé et il y a des choses que j'apprécie beaucoup. Murnau montre sa polyvalence jusqu'au choix des nombreux environnements peuplant son film, avec plusieurs personnages formant une bonne galerie, cherchant à rigoler de plusieurs choses jusque dans les intertitres entre les chapitres qui exagèrent volontairement sur le suspense ("Chapitre 5, où diverses personnes révèlent leur identité et où l'avenir de la République d'Abacco semble compromis"). Je note que le film suivant du réalisateur a été Le dernier des hommes, connu pour son changement de fin en faveur de l'optimisme, peut-être que Murnau était dans une période où il voulait voir le positif, allez savoir.

    Bref, malgré ça et malgré le sourire charmeur d'Alfred Abel, ça reste du Murnau mineur, des qualités techniques toujours à souligner occasionnellement et la variété du décor donc mais une intrigue de conspiration et d'argent pas des plus captivantes et pas des plus sublimées par le réalisateur, invoquant l'absurdité sans qu'elle ne fasse réellement mouche, mais le personnage de Collins incarné par Abel donc vaudrait presque à lui seul l'aspect comique du film, bonus pour une de ses dernières répliques à laquelle je pense beaucoup de gens peuvent s'identifier quand ils sont face à un happy ending mielleux. Guère plus à se mettre sous la dent.
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    Ni no Kuni (2020)

    1 h 46 min. Sortie : . Animation, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Yoshiyuki Momose avec Kento Yamazaki, Kenjiro Tsuda, Kōichi Yamadera

    Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un gamer, et Ni No Kuni ne déroge pas à la règle, je n'ai jamais joué au jeu et c'est bien dommage parce qu'il m'intéresse pas mal, fruit de la collaboration entre Ghibli et Level-5 (les papas de Professeur Layton) et proposant à priori un univers bien charmant, si j'ai la possibilité d'y jouer ça me plairait. Il n'empêche, autant un tel jeu, je le vois bien avoir le potentiel d'être décliné en film (là encore je parle en profane), autant le bon vieux credo, vous le connaissez : les jeux vidéo et le cinéma, c'est pas trop la joie (©Maximemaxf), et Ni No Kuni version long-métrage, c'est franchement laborieux.

    Le plus ironique pour ce film étant de vouloir proposer une virée dans un autre monde, surnaturel et enclin à la magie, mais de ne jamais proposer ce sentiment de dépaysement et de rêverie qui devrait pourtant être primordial dans la découverte d'un monde fantastique pareil. Limité dans ses décors alors qu'il avait les moyens d'explorer les lieux, confinant son action dans le château, Ni No Kuni traite son univers par dessus la jambe et on finit par s'en ficher royal de ce que l'on voit. De plus est, il remporte la palme du film d'animation japonais le plus mal écrit que j'ai vu depuis un moment. Des bonnes idées dans ces deux mondes étant chacun le miroir de l'autre, mais la puérilité ambiante et les décisions débiles des personnages à la pelle, ça finit par occulter la possibilité d'un drame puissant entourant les protagonistes.

    Et c'est long bon sang. Incapable d'étendre son action alors qu'il dure plus d'une heure 40, fatalement ça se ressent. J'ai eu l'impression d'un film en mode pilote automatique complet, n'abordant jamais ou se contentant d'effleurer les réflexions à potentiel, l'écho entre l'imaginaire et le réel, non à la place c'est un gros bol d'ennui faisant le service minimum, c'est à dire avec une animation tout à fait acceptable et un climax décent. M'enfin ça c'est avant les deux dernières minutes qui ont freiné toute possibilité d'indulgence (merci de m'avoir rappelé à quel point je déteste quand un film ou n'importe quoi d'autre balance les explications à la truelle en moins de deux minutes à la fin). Le plus triste, ceci dit, fut de se rappeler que la musique désespérément quelconque est de Joe Hisaishi. Et pour avoir raté même ça, Ni No Kuni ne mérite pas ma clémence.
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    Chantons sous la pluie (1952)

    Singin' in the Rain

    1 h 43 min. Sortie : . Comédie, comédie musicale et romance.

    Film de Stanley Donen et Gene Kelly avec Gene Kelly, Donald O’Connor, Debbie Reynolds

    Mine de rien, revoir Chantons sous la pluie a été assez instructif. Notamment dans cette pure volonté de faire du cinéma d'attraction et de partir parfois de façon prétexte dans les numéros les plus extravagants possibles pour (se) faire plaisir. Aujourd'hui, partir à ce point dans le hors-sujet quand on se tient à un scénario semblerait improbable. Chantons sous la pluie n'a pas peur de le faire, et en même temps garde sa cohérence avec le côté machine à rêve du cinéma, pouvant rendre magique et euphorique le truc le plus simpliste, d'une danse guillerette sous la pluie à un numéro à 3 dans un salon sur une chanson parce que c'est déjà le matin.

    Et ça marche bon sang. Ça marche parce que tout le monde se donne à fond, parce que tout le monde est heureux, parce que tout le monde rend heureux. Parce que des numéros comme Make Them Laugh sont tellement délurés qu'on se demanderait presque comment Donald O'Connor a pu ressortir vivant d'un numéro aussi essoufflant. Et justement, parce que les faire rire, parce que leur donner la joie de vivre, c'est ce que ce film fait de mieux entre autres. Même s'il pleut, ça chante la vie, ça danse la vie, ce n'est qu'amour, etc. Et en même temps c'est une parabole fine et hilarante sur toute la rêverie occasionnée par le cinéma alors qu'elle se fonde sur du toc, des mensonges.

    Dès la brillante scène d'introduction avec Don racontant son parcours enjolivé par ses propos et avec des images irrésistiblement drôles en totale contradiction, ou encore d'autres subtilités, de la scène romantique avec les acteurs ayant libre cours de s'insulter à Lockwood cherchant un endroit idéal pour dire à Kathy ce qu'il ressent, un endroit désaffecté qu'il rend magique en un clin d’œil, sans parler de tout ce qui entoure Lina bien sûr. Avec ça, Kelly et Donen reconnaissent la face cachée du décor, que le cinéma peut être un milieu ingrat (les grosses vedettes aux caprices souhaitant éclipser les nouveaux venus quitte à s'aider de la justice) et qu'il se base sur du faux.

    Mais justement, transformer ce faux en magie, en symbole de l'imaginaire, pour "les faire rire" (ou pleurer, ou vibrer, ou n'importe quoi d'autre), c'est pour ça qu'on l'aime le cinéma en soi. Parce qu'il a des défauts, mais parce qu'il sait en tirer quelque chose d'intemporel. Et ce film, qui critique et rend hommage au milieu en même temps tout en étant d'un entrain qui ne peut laisser insensible, en est une belle preuve.
  • Blue Steel (1990)

    1 h 40 min. Sortie : . Action, policier, drame et thriller.

    Film de Kathryn Bigelow avec Jamie Lee Curtis, Ron Silver, Clancy Brown

    Franchement je ne sais pas trop quoi dire sur ce film alors je vais me contenter d'être concis pour une fois. Avec Blue Steel, Kathryn Bigelow signe un polar urbain loin d'être déshonorant mais qui bâcle un peu le potentiel entre les mains. Des idées intéressantes sur la fascination malsaine exercée par une arme entre les mains, mais au final je trouve que ça a tendance à rouler des mécaniques pour pas grand-chose, avec des personnages au comportement trop gros pour être vraisemblables juste pour donner de l'eau au moulin des divers éléments déclencheurs, des incohérences, la fine frontière entre le dérangeant et le grotesque souvent franchie et un final qui se laisse aller dans la surenchère lourde. Jamie Lee Curtis fait le job en femme policière dure mais sensible ceci dit.
  • Ultime combat (1987)

    Deadly Prey

    1 h 28 min. Sortie : . Action.

    Film de David A. Prior avec Cameron Mitchell, Troy Donahue, Ted Prior

    Alors bien sûr je mets une mauvaise note pour le principe hein, ce film c'est le non-cinéma dans ce qu'il a de plus fascinant, mais en vrai, c'est impossible de le détester je trouve, c'est magique dans le genre nanar qu'on est en droit d'espérer en voyant une telle chose. Fils dégénéré de Rambo et Les chasses du comte Zaroff, Ultime combat est un nanar qui, comme Gaspard, est savoureux. Il y a une chose qu'on ne pourra lui reprocher aussi, c'est sa volonté d'être jusqu'au-boutiste, un "kill them all" ayant décidé de buter environ 95% de son casting.

    Et pour les tuer, c'est le festival des barres de rire. Vous avez l'embarras du choix entre la grenade dans le pantalon, le bâton très pointu, les pièges à la Maman j'ai raté l'avion en mode gore et en forêt ou, le nec plus ultra, le tabassage à mort avec un bras fraîchement coupé. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne s'ennuie pas entre les invraisemblances qui finissent presque cohérentes dans un univers aussi ridicule, les acteurs formidables dans le degré zéro (et la VF en or massif dans le même degré), une notion d'espace-temps si nulle que même moi j'arrive à la remarquer, et les délectables dialogues.

    Tant de scènes qui doivent bien figurer dans le panthéon des nanars bien protégées par une vitre triple épaisseur, une grosse beuverie où se mêlent corps huilés, rochers en plastique, torses nus pare-balles, grenades aussi efficaces qu'un pétard et punchlines d'une profondeur inégalable. Très marrant donc, il n'y a que la musique qui soit parfaitement insupportable. Mais là encore, tout l'absurdité autour de ce film veut qu'elle ait été composée par trois personnes alors qu'elle se répète tout le temps. Inexplicable jusqu'au bout des ongles, ce film.
  • Il était un père (1942)

    Chichi ariki

    1 h 26 min. Sortie : . Drame.

    Film de Yasujirō Ozu avec Takeshi Sakamoto, Mitsuko Mito, Masayoshi Otsuka

    Après Gosses de Tokyo, Yasujirô Ozu arrive de nouveau à me toucher en parlant d'une sphère familiale avec une certaine mélancolie, une belle forme de tendresse douce-amère disposant de moins de légèreté comique que le film susmentionné, mais qui sait mettre du baume au cœur. En narrant le parcours d'un ex-professeur ayant délibérément démissionné après la mort d'un de ses élèves au cours d'une sortie dont il s'approprie la responsabilité complète, on y retrouve de nouveau cette optique de père ayant peur de décevoir sa progéniture en ne pouvant lui assurer un avenir positif, mais pour ce faire, ses actions l'impliqueront de s'éloigner de lui. Viendront des retrouvailles occasionnelles qui se savourent autant que possible.

    Il était un père se pare d'un aspect contemplatif où Ozu aime faire parler les images à priori anodines plutôt que les dialogues de temps en temps, quoique ceux-ci sont généralement vraiment justes. C'est une belle tranche de vie qui nous est offerte, on ressent avec le père ce sentiment de temps qui s'envole (sans transitions claires) mais en même temps on sent qu'il s'est passé des choses entre temps, alors qu'Ozu capture les instants de vie fortement attachants, entre le père et le fils ou entre l'ex-professeur et ses anciens élèves. C'est assez touchant, et en même temps apaisant. Mais il subsiste une légère forme d'amertume en voyant ces deux personnages ne pouvant songer à la possibilité d'une réunion définitive.

    Le père en quête de rédemption sait chatouiller la corde sensible tout le long du film et l'on sent une certaine humanité s'en dégager, explosant notamment lors de la scène de réunion avec ses anciens élèves, constatant avec lui l'évolution de ces garçons dont nous avions surtout une image enfantine en tête devenus des jeunes hommes pleins de promesse, et savourant une soirée aussi chaleureuse. Jouant également avec la symétrie, les rappels à ce passé que l'on cherche à fuir, et filmant au plus près du sol comme s'il nous conviait à nous asseoir avec plaisir aux côtés des personnages pour les assister dans cette tranche de vie, Il était un père fonctionne bien.
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    Jojo Rabbit (2020)

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie, drame et guerre.

    Film de Taika Waititi avec Roman Griffin Davis, Taika Waititi, Scarlett Johansson

    Un enfant de 10 ans éduqué en Allemagne nazie avec Hitler comme ami imaginaire. Le pitch était trop improbable pour ne pas se laisser tenter. On l'a bien vendu comme comédie absurde aussi, le film, mais beaucoup ont eu raison de ne pas se faire avoir en sachant qu'il y aurait plus que de la comédie absurde (faut dire, un trailer qui vend surtout Waititi comme le réalisateur de Thor Ragnarok est difficilement crédible). Dans Jojo Rabbit, ceci dit, de la comédie absurde, il y en a beaucoup, pour notre grand plaisir car ceci c'était quand même la porte ouverte à une hilarante forme d'absurdité où Taika Waititi dégaine à peu près tous les clichés sur la dualité entre le régime nazi et le reste du monde, et sur son propre fonctionnement (très vite tournés en dérision notamment les rôles des hommes et des femmes, les livres à brûler, etc.).

    D'où l'avantage de suivre ce monde au travers des yeux d'un enfant de 10 ans vouant loyauté totale à ce bon vieux Adolf, qui s'avère donc être l'apparence de son ami imaginaire. L'univers l'entourant est tout autant absurde donc c'est génial. On s'éclate avec le casting et les rôles improbables qu'ils constituent, Waititi est un showman et chacune de ses apparitions est délicieusement drolatique pendant une bonne partie du film, et Roman Griffin Davis est une belle révélation qui n'a pas la langue dans sa poche. Le réalisateur alterne entre les styles par le biais du point de vue du gamin, s'amusant ainsi à tourner la première apparition de la juive Elsa en film d'horreur, et joue avec élégance entre l'insensé et la pudeur avec la même grâce qu'un Wes Anderson.

    Car plus qu'être une démonstration anti-guerre par l'absurde, Jojo Rabbit est en particulier un très beau film sur cette enfance perdue, catapultée dans le monde fou des adultes en plein dans la guerre et l'intolérance, voguant dans les rouages propagandistes au plus tôt, ne sachant comment profiter de la vie à leur âge et vivant par le biais d'une étiquette, que ce soit "nazi", "juif", ou "lapin trouillard". Des enfants qui communiquent par le mensonge, qui ne savent pas comment être des enfants au milieu d'un monde où l'absurdité prend un autre sens que celle, comique, initiée par la première partie, et où la soudaineté du drame est joliment abordée. Du coup, j'ai énormément ri et en même temps, j'ai eu la larmichette qui montait plus la fin s'approchait. Jojo Rabbit, derrière sa grande loufoquerie poilante, est d'une tendresse infinie, et j'ai adoré ça.
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    Le voyage de Monsieur Crulic (2012)

    Crulic - Drumul spre dincolo

    1 h 12 min. Sortie : . Biopic, drame et animation.

    Long-métrage d'animation de Anca Damian avec Vlad Ivanov, Sandrine Bonnaire et Jamie Sives

    Découvrir Le voyage de Monsieur Crulic après avoir visionné L'extraordinaire voyage de Marona permet de ne pas douter de l'appartenance du premier à la filmographie d'Anca Damian, se ressentant avec le choix polyvalent du style graphique partant dans un mélange entre 2D, 3D et stop-motion avec une volonté de laisser parler le rudimentaire qui s'exprime de façon singulièrement poétique. Visuellement c'est toujours un plaisir donc, ce côté artisanal permet de délivrer une jolie créativité, ingénieuse et s'accordant avec la traversée émotionnelle de Claudiu Crulic, moins riche que Marona mais c'est aussi une bonne chose compte tenu du côté parfois très chargé qu'il possédait.

    Ce que Crulic partage avec Marona aussi, c'est le récit d'une vie commençant avec la mort. Nous accompagnons ici un Crulic venant d'outre-tombe, commentant sa mort et faisant le point sur la situation absurde l'ayant conduit à cela tout en abordant des passages de sa vie. Avec parfois une pointe d'humour ironique, le récit empoigne surtout, le combat d'un homme face à une justice sourde et aveugle est mené de façon inventive par sa mise en scène, soutenant habilement l'aspect simple du récit dans le fond (ce qui n'est pas un mal), en offrant un contraste bienvenu entre la rusticité au côté enfantin des images et l'amertume d'un tel parcours.

    L'oeuvre n'échappe pas à quelques tares qui peuvent arriver à ce genre de récit parcourant la vie et la mort d'une victime par une erreur judiciaire (le côté démonstratif du final avec les images d'archive, première partie à caractère un peu trop biographique dans le fond) mais d'une manière générale, elle raconte de façon juste le combat d'un homme pour ses droits, qui aura fait ce qu'il a pu pour se faire entendre, et le basculement du jour au lendemain de la vie d'un homme accusé à tort s'exprime astucieusement, entre des photos qu'il n'aurait pas soupçonnées d'être les dernières de sa vie et une prise de recul sur sa vie en partant de son enfance, comme un beau rêve en plein milieu d'un cauchemar. Ça mérite plus qu'environ 70 notes.
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    Trois couleurs : Bleu (1993)

    Trzy kolory: Niebieski

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Krzysztof Kieslowski avec Juliette Binoche, Charlotte Véry, Benoit Régent

    Premier opus de la trilogie tricolore de Krzysztof Kieslowski. Première couleur, le bleu. Et il n'y a pas mensonge sur la marchandise, du bleu, des couleurs froides, on en voit plus souvent que dans un Harry Potter fait par David Yates. Evidemment, l'on se doute que ce choix de couleur deviendra au service du film la couleur des sentiments, en l'occurrence la perte, la tristesse. Le personnage de Julie, sublimement incarné par Juliette Binoche trouvant une belle justesse dans ce rôle de veuve, cherchera à faire table rase du passé pour repartir de l'avant. Mais chassez le naturel, il revient au galop, et il y aura toujours de quoi ramener à ce qu'elle cherche à fuir.

    Premier opus d'une trilogie se basant sur la trichotomie "Liberté, égalité, fraternité", ici consacré à "liberté", et c'est bel et bien de ça qu'il est question, de tenter de se libérer, mais à quel prix et surtout à quel point. Plutôt que de partir dans le mélo misérabiliste, Kieslowski aborde de façon habile et bien sensible toute la difficulté du passage nécessaire à l'étape suivante après un deuil important. Fascinant de par sa mise en scène, le film accorde aussi une grande place à l'auditif, par le biais d'un certain jeu avec les sons et surtout cette symphonie inachevée qui n'a de cesse de revenir accentuer les émotions et le vide généré par l'absence. Même visuellement, les renvois à la musique sont légions.

    J'ai lu plusieurs avis disant que l'oeuvre est exigeante pour rentrer dedans mais je trouve que c'est plus au fur et à mesure que l'exigence se révèle. En tout cas, elle est belle et n'hésite pas à rappeler que l'abandon à la solitude pour fuir la douleur du drame n'est pas une fin en soi. Faisant passer beaucoup de choses simplement en filmant les visages plus qu'en ayant recours au parole, le film peut donc compter sur le talent de Binoche mais il est également finement écrit et met du baume au cœur, porteur d'espoir derrière sa délicate et difficile mélancolie. Très bonne surprise.
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    Rambo III (1988)

    1 h 42 min. Sortie : . Action, aventure et thriller.

    Film de Peter MacDonald avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Marc de Jonge

    Vu seulement dans l'optique de voir les deux suivants.

    C'est tout ce que j'ai à dire dessus, à part que c'est généralement plus drôle que Rambo 2, mais toujours aussi couillon et douteux et toujours de quoi regretter le chef-d'oeuvre originel.

    Et toujours à croire que c'est impossible de s'ennuyer si le film mitraille des explosions à tout va. Alors que c'est faux.
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    Alice au pays des merveilles (1951)

    Alice in Wonderland

    1 h 15 min. Sortie : . Animation, aventure, fantastique et comédie musicale.

    Long-métrage d'animation de Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske avec Kathryn Beaumont, Ed Wynn, Richard Haydn

    Honnêtement plus ça va et plus j'aime Alice au pays des merveilles mais je n'arrive pas encore à mettre vraiment le doigt sur ce qui m'empêche de le trouver si bon alors que des qualités, ça en a. A n'en point douter, c'est l'un des Disney les plus créatifs visuellement. Adapter une oeuvre telle qu'Alice au pays des merveilles c'est certainement la porte ouverte à une richesse inventive sans véritable limite, et le film d'animation c'est exactement ça, aucune limite dans une folie totale contaminant absolument tout. L'espace, les couleurs, la faune, la flore, le temps, les perspectives. La direction a du sens dans le non-sens absolu, c'est un régal de tous les instants en terme de richesse graphique sur le style de Mary Blair au charme inimitable.

    Et ce pays, plus Wackyland que Wonderland, est fou à n'en point douter. Tout le monde, tout ce qui s'y trouve. Des choses apparaissent, disparaissent, des portes peuvent aboutir à n'importe quel endroit possible, on grandit, on rapetisse, tout peut partir dans un sens comme dans l'autre. De l'impossibilité de boire une seule tasse de thé au cours d'un non-anniversaire où les théières sont légion. Revoir ce film c'est se rendre compte à quel point il est riche en détails, encore plus que ce dont je m'en souvenais. C'est unique et en même temps ça a beaucoup d'influences jusqu'au bout des ongles, de l'animation à la musique, tout est d'une polyvalence formant un tout cohérent dans l'incohérence.

    Pour autant, sous certains aspects c'est un peu dur pour moi de le regarder d'une traite dans le choix j'imagine purement volontaire d'aucune ligne narrative droite, s'apparentant plus à une accumulation de scénettes. Je ne dis pas non à cela mais un tel choix a forcément ses limites dans la mesure où tout n'y passionne pas au même degré en fonction de la sensibilité de chacun, me concernant des bouts comme les huîtres ou les fleurs, je ne peux pas dire que j'y accroche pleinement. Comme je l'ai dit c'est difficile de mettre un doigt sur la situation. Après Alice reste une fille attachante comme tout et la démence créative du film reste irrésistible, je n'ose imaginer le boulot derrière des scènes comme les déploiements des cartes à la solde de la Reine Rouge. Et puis bon, chaque fois que j'ai besoin de choses comme du beurre ou de la moutarde, je ne peux m'empêcher de penser à la géniale scène de la montre.