Dis Cortex, tu veux voir quoi cette nuit ? (Année 2021)

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114 films

par Nick_Cortex

Non je ne me lasse pas de ce titre de liste. C'est plus simple que de trouver une rime rigolote avec 2021 me concernant, surtout vu la concurrence.

Cette année j'ai pris la résolution de ne pas prendre de résolutions particulières en ce qui concerne ce que je regarde, pour éviter le risque de ne pas les tenir. Cependant, par rapport à 2020, j'aimerais juste mieux diversifier les films que je vois, et limiter les revisionnages.

Sinon, toujours pareil : il y aura du bon, du moins bon, et toujours des annotations, pour votre plus grand plaisir (ou pas).

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    True North (2020)

    1 h 33 min. Sortie : 2020. Animation et drame.

    Long-métrage d'animation de Eiji Han Shimizu

    Mon rituel de démarrer une nouvelle année par un film d'animation ne change pas cette année non plus, cela dit, c'est par un film d'animation peu conventionnel que je le fais cette fois-ci. Peu conventionnel déjà dans le style d'animation de True North, tout polygonal, conçu par budget limité et de ce que j'ai cru comprendre petite équipe, mais surtout, pour son sujet choc, sur le quotidien des prisonniers dans les camps de concentration en Corée du Nord, dont l'existence est encore niée par l'État, alors que l'écriture du film se base sur le témoignage de quelques rescapés. De quoi générer de base un certain vertige quand le centre du film est pleinement lancé.

    J'ai toujours une affection pour les œuvres rappelant que le médium de l'animation peut aussi servir à transmettre quelque chose de plus que des univers fantastiques ou du cartoon délirant. True North est un film courageux démontrant la force des images pour impacter les esprits, très sombre et en général bien jusqu'au boutiste, montrant l'homme devenu un loup pour l'homme, résigné à dénoncer pour assurer sa propre survie elle-même constamment compromise, là où la mort ne peut même pas être une délivrance dans le cas du suicide, au risque de mettre en danger son entourage dans les griffes de l'État. Les quelques moments d'humanité pour essayer de maintenir allumée la petite flamme au fond de la pénombre demeurent présents occasionnellement, mais l'horreur humaine opère malgré tout, pas loin de dévorer l'âme du protagoniste lui-même, et ça serre le cœur.

    Tout aussi fort que True North soit, je ne peux m'empêcher de le trouver un peu bancal en tant que film. Pas forcément au niveau de l'animation, dont le style peut rebuter, mais j'aime cette impression que le film se façonne avec ses polygones comme pour accentuer le fait que cela se base sur des témoignages pour rendre visible l'invisible. Cependant, même si je ne doute pas de la véracité de beaucoup de choses dedans, il demeure une impression occasionnelle de tentative de sensationnalisme dans la narration pour choquer, qui brise un peu la spontanéité se suffisant à elle-même pour marquer par la dure réalité des faits. Aussi, ne faites pas comme moi et évitez le doublage anglais... Toujours est-il que derrière le côté imparfait, le film, en forme de devoir de mémoire nécessaire, impacte.
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    Hamilton (2020)

    2 h 40 min. Sortie : . Comédie musicale.

    Spectacle de Thomas Kail avec Lin‐Manuel Miranda, Jonathan Groff, Renee Goldsberry

    C'est quand même dommage que les versions filmées soient la seule façon pour le commun des mortels ne résidant pas aux Etats-Unis de pouvoir découvrir les grands spectacles de Broadway en bonne qualité. C'est sans doute mieux qu'une version filmée par quelqu'un avec son téléphone dans l'auditoire mais c'est tout de même ce qui est en défaveur de cette version enregistrée pour Disney+. Malgré de bonnes idées de mise en scène disséminées par-ci par-là, ça a du mal à rendre justice à toute l'ambition déployée par la comédie musicale clairement pensée pour les planches de théâtre avant tout, et ce n'est pas toujours cohérent avec le taux d'intensité et le rythme en fonction de la scène.

    Pas grand-chose à redire en revanche pour le spectacle en lui-même qui est du haut niveau. Près de trois heures de show que je n'ai pas vues passer tant c'était entraînant, captivant et même poignant. J'admire plusieurs choses dans Hamilton, qui voit les choses en grand. Les comédiens sont excellents, leur investissement est total et ça se sent, Lin-Manuel Miranda n'hésitant pas à aller jusqu'à être à bout de souffle de façon logique avec son personnage, mais perso j'ai eu un faible particulier pour Renée Goldsberry, dont le personnage et l'intensité de l'interprétation m'ont vraiment ému. J'apprécie toute la diversité déployée, car c'est une chose de retranscrire une telle page historique de façon aussi moderne, mais c'en est une autre de le faire aussi bien que Hamilton le fait.

    Tour à tour fun et touchant, le spectacle est total, les chansons sont superbes et j'admire tout particulièrement leur écriture. J'ai un grand respect pour les scénaristes, dialoguistes et paroliers jouant autant que possible avec les mots, leur sens et leur prononciation avec une vraie fluidité et ingéniosité, et Miranda a sorti le grand jeu sur le coup ("I hadn't slept in a week / I was weak, I was awake"). Et les chansons finissent par se rejoindre de façon brillante, en une vraie harmonie dantesque, c'est génial. C'est une histoire déjà fascinante, ici racontée avec une fougue admirable, et... Et puis zut, Thomas Jefferson qui prend part à une rap battle, il vous faut quoi de plus ?
  • L'Été du démon (1978)

    Kichiku

    1 h 50 min. Sortie : . Thriller et drame.

    Film de Yoshitarô Nomura avec Ken Ogata, Shima Iwashita, Mayumi Ogawa

    En voilà un film qu'il m'a surpris. C'est un beau film bien dur, utilisant le choc entre le monde de l'enfance et celui des adultes à des fins tragiques, le tristounet leitmotiv musical du film comme tiré d'un manège désenchanté annonçant joliment la couleur dès sa première apparition, recouvrant des images montrant déjà le fossé générationnel entre trois enfants et leur mère qui n'est plus capable de les supporter en terme financier voire plus encore. L'été du démon, clairement, serrera le cœur des amis des enfants, parce qu'ils prennent cher dans ce film, de façon jusqu'au-boutiste sans que ce ne soit graphique.

    J'oserais peut-être dire que c'est "élégant" dans l'exécution, mais toujours est-il que la tension vis à vis du sort des rejetons entre les mains d'un homme aux sentiments contradictoires et sa femme qui n'aurait aucun scrupule à se débarrasser dans le sens littéral du terme des enfants est fortement présente. Plusieurs scènes déchirent le cœur en étant économes en effets de style et en dialogues, de manière astucieusement écrite, et les excellents interprètes aident à l'investissement. Quand ils arrivent à faire passer autant au travers du regard, c'est bon signe.

    J'aime aussi l'ambiguïté planante générale, le film m'ayant surpris plus d'une fois quand à ses tournures, faisant apparaître et disparaître des craintes différentes au fur et à mesure. Ça sait qu'il y a une frontière entre compréhension et acceptation des actes auxquels on assiste, du coup ça fait toujours plus mal quand ça frappe fort. Après, autant j'apprécie l'ambiguïté autour du personnage du père, autant j'ai parfois eu l'impression que c'était un peu trop aléatoire en fonction de la scène pour les besoins du scénario, mais la scène finale en est un beau point culminant.
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    Pinocchio et L'Empereur de la Nuit (1987)

    Pinocchio And The Emperor Of the Night

    1 h 27 min. Sortie : décembre 1987. Animation, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Hal Sutherland avec Scott Grimes, Tom Bosley, James Earl Jones

    Je me demande si ce Pinocchio et l'Empereur de la Nuit aurait eu la petite réputation qu'il a aujourd'hui chez les fans de curiosités de l'enfance sans ses scènes de "nightmare fuel" qui sont probablement plus connues que le film lui-même. Toujours est-il que ce film est assez bizarre, mais en soi ça contribue à son charme, un petit dessin animé made in Filmation en forme de mix entre naïveté légère et idées plus dark. Avec un titre pareil, est-ce trop surprenant me direz-vous. Malheureusement ça ne va pas plus loin que ça car le taux de soin apporté au film est franchement variable.

    Parce que le film a beau être une "suite" non officielle à l'histoire, se déroulant un an après la transformation du pantin de bois en vrai petit garçon, c'est drôle à quel point on flirte avec le rip-off. Un duo d'escrocs, un endroit festif où les enfants peuvent faire tout ce qu'ils veulent, un cricket bonne conscience (mais fait de bois cette fois, attention), un marionnettiste... Et pourtant Pinocchio n'aura pas de sentiment de déjà vu puisqu'il a visiblement oublié tout ce qu'il a appris de ses précédentes aventures, comme c'est pratique pour le scénario. Les péripéties sont en tous les cas inégales au possible, de même pour les visuels, quelques scènes sont bien fichues mais il n'y en a pas assez pour justifier une sortie ciné, même si j'imagine que ça l'aurait fichu mal d'avoir James Earl Jones pour la voix du grand méchant au service d'un téléfilm.

    Pourtant, ça se regarde sans déplaisir. C'est zarbi de A à Z et ça a les défauts de ce genre de petite production avec plein d'effets sonores de cartoons comme cache-misère. Mais quand ça tente quelque chose, ben, ça tente quelque chose. Il y a un petit dilemme apporté à Pinocchio quant à son libre arbitre qui mène vers quelque chose de pas inintéressant au détour de certaines scènes, notamment sa première mésaventure avec le marionnettiste. Ça conduit à un climax cheesy mais bien intentionné et même s'il m'a presque fait oublier que je regardais un film Pinocchio, je l'ai bien aimé ce fameux empereur de la nuit. Mais bon, James Earl Jones rendrait classe et imposante même une pomme de pin alors bon. Et encore une fois, je trouve que le mix a son petit charme malgré les limites générales.
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    Bob l'Éponge, le film (2004)

    The SpongeBob SquarePants Movie

    1 h 27 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et road movie.

    Long-métrage d'animation de Stephen Hillenburg et Mark Osborne avec Tom Kenny, Bill Fagerbakke, Clancy Brown

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    Lamb (2016)

    1 h 37 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ross Partridge avec Jess Weixler, Joel Murray, Lindsay Pulsipher

    Lamb est un drôle de petit film paradoxal dans la mesure où il a beau ne raconter que peu, il a la faculté de transmettre divers sentiments au spectateur. Quelque part c'est joli, apaisant, hypnotique, et d'autre part, il plane une grande ambiguïté sur la nature de la relation entre ce quadragénaire et cette jeune fille aux alentours de 10-12 ans, qu'il ne connait que depuis peu de temps et qui n'a aucun lien familial avec lui, avec qui il fait pourtant un road trip. A tel point qu'au sein même du film, l'homme lui demande si tout cela ne lui paraît pas un peu trop bizarre pour être vu comme autre chose que du kidnapping.

    Pourtant, au milieu de tout cela, il y a une forme de candeur bizarre mais mignonne qui s'extirpe, dans un film en manque volontaire de repère net dans sa démarche (à l'image de ses personnages "paumés"). Cette ambiguïté bizarre se répand jusqu'au titre, l'agneau symbolisant l'innocence même, mais pouvant s'imaginer comme la proie si on veut prendre la situation d'un homme adulte s'attachant à elle au point de l'embarquer loin de sa maison pour quelques jours dans ce que ça évoquerait de glauque avant de pleinement connaître ce que le film a l'intention de faire avec.

    Ça occasionne un drôle de mélange, d'autant que la fille elle-même semble perdue entre les âges, on en est averti dès sa première scène, par son éloquence et sa tenue d'adulte dans lesquelles elle n'est clairement pas confortable. Ça résume plutôt bien le film, et sa façon de dépeindre cet attachement entre les deux personnages. Même quand on est fixé sur sa vraie nature (heureusement pas glauque), il demeure une forme d'entre-deux assez fascinante. Les interprètes ont également un grand rôle à jouer dans la réussite du métrage, en individuel comme dans leur alchimie, sous la mise en scène tout en pureté de Ross Partridge, également l'interprète du quadragénaire. Beau petit film.
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    Blanche Neige (1995)

    Snow White

    46 min. Sortie : . Animation.

    Moyen-métrage d'animation de Toshiyuki Hiruma avec Venus Terzo, Kathleen Barr, Michael Donovan

    Avec le prince "charmant" le plus cringe de l'histoire, même celui de Shrek est plus charmant.
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    Parvana, une enfance en Afghanistan (2017)

    The Breadwinner

    1 h 33 min. Sortie : . Animation.

    Long-métrage d'animation de Nora Twomey avec Saara Chaudry, Laara Sadiq, Shaista Latif

    Les films de Cartoon Saloon ont cette faculté d'utiliser le médium de l'animation pour plonger le spectateur dans des histoires magiques et les rendre encore plus envoûtantes qu'elles ne paraissent déjà l'être sur le papier. Parvana, une enfance en Afghanistan n'échappe pas complètement à la règle avec son histoire dans l'histoire, celle du Roi Éléphant, entraînant le spectateur dans une bulle salvatrice sans complètement dissiper la plus grande histoire parallèle ancrée dans notre réel, montrant le parti inédit de ce film par rapport aux autres du studio irlandais, utilisant le médium de l'animation pour refléter quelque chose de moins imaginaire.

    Nora Twomey fait pourtant en sorte que ces deux aspects se complètent comme deux faces d'une même pièce, de la même manière que ces éléments tirés du réel impactant la fantaisie racontée par Parvana pour garder le moral et redonner la confiance, une forme de complémentarité reflétant bien l'intention semblant se dégager du film, et présente jusque dans les pirouettes malines et déchirantes qui clôturent l'histoire. Formellement, Parvana est en tous les cas aussi beau que les précédents films de Cartoon Saloon, combinant la douceur du trait à l'amertume du récit avec brio.

    Dépeignant une dure vision de la société afghane avec notamment certains de ses aspects qu'on ne voit pas trop dans les fictions sauf erreur de ma part (l'absence d'un homme adulte dans un foyer devenant une vraie difficulté pour se procurer de quoi manger), le film touche et émeut en plaidoyer de l'imagination et du pouvoir des mots, l'oral et l'écrit devenant des leitmotivs, entre les lettres et l'histoire fictive, partant notamment du personnage éponyme qui elle-même se trouvait trop grande pour ces histoires. L'ensemble en est d'autant plus ouvert pour le plus grand monde sans édulcoration.
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    Sur la route de Madison (1995)

    The Bridges of Madison County

    2 h 15 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Meryl Streep, Annie Corley

    Je suis assez friand de la variété de la filmographie de Clint Eastwood en tant que réalisateur, entre les récits de far-west, de "héros" de la vraie vie, des drames sociaux et des films sentimentaux entre autres, pas étonnant pour un homme toujours actif derrière la caméra à 90 ans de voir dans son tableau de chasse autant de genres abordés. Sur la route de Madison est donc dans la dernière catégorie citée, un très joli film provenant du gros bourru au cœur tendre, dont la simplicité apparente ne rime pas avec la mièvrerie ou l'absence de thématiques de vie auxquelles plusieurs personnes pourront s'identifier.

    Sur la route de Madison est un film sur la fugacité d'un amour sincère, d'un "rêve", accompli par son protagoniste féminin. Les photographies permettent d'immortaliser ce que l'on capture avec, or ce que nos deux personnages vivent est condamné à ne rester qu'une éphémère fantaisie bien réelle mais très courte. Ce qui est d'autant plus dur, c'est qu'ils le savent. Ça octroie un air d'escapade brève mais intense pour Francesca, si intense qu'elle ne garde pas secret la grande passion, sentimentale ou charnelle, éprouvée pendant ces moments avec Robert.

    Ça fonctionne à merveille grâce à l'alchimie entre les deux personnages, tant au niveau de l'écriture (aussi forte dans les dits que dans les non-dits) que de l'interprétation de Meryl Streep et Clint Eastwood, la subtilité et la justesse de la réalisation déjà parlante avec le champ-contrechamp dépeignant la première interaction de ce couple éphémère, et la gestion du rythme, savamment dosé en sachant prendre son temps. Les magnifiques scènes s'enchaînent, tantôt attendrissantes tantôt poignantes (je ne serais pas original en citant la portière de voiture, c'est pourquoi je la cite quand même), et j'apprécie la pertinence de la narration par le biais d'un flash-back en l'occurrence. Une réussite.
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    Rose bonbon (1986)

    Pretty in Pink

    1 h 37 min. Sortie : . Comédie, drame et romance.

    Film de Howard Deutch avec Molly Ringwald, Harry Dean Stanton, Jon Cryer

    Ça partait déjà assez mal parce que j'ai un problème avec les teen movies comédies romantiques mais je suis quelqu'un d'ouvert donc j'étais prêt à donner sa chance au film, d'autant que j'apprécie en général le regard de John Hughes (ici scénariste) sur le monde de l'adolescence, avec son superbe Breakfast Club en particulier, qui m'avait bien parlé. Pas de pot, tous les clichés du genre avec lesquels j'ai du mal pas exploités de bonne manière mis à part, ici j'ai eu envie de baffer tout le monde à l'exception d'un personnage sur lequel je reviendrai, du coup c'est difficile quand le film me demande d'être du côté de certains d'entre eux.

    C'est dur de m'investir dans une comédie romantique où l'alchimie au sein de chaque duo composant ce triangle amoureux est aussi bancale voire même confuse en y réfléchissant bien. Celle entre Andie et Blane est à la limite de l'inexistant et celle entre Andie et Duckie est notamment pourrie par un Duckie dont je n'ai pas aimé l'attitude détestable. Sauf que le film semble le positionner comme celui qu'on devrait soutenir (sa peur de la solitude n'est pas une excuse), ce qui semble se confirmer avec la fin originalement prévue par John Hughes. Je suis plus satisfait de la fin qu'on a eu, même si elle est seulement moins pire parce que telle quelle, elle n'a pas grand sens non plus.

    Formellement j'ai trouvé ça insipide également. J'excuse l'âge du film bien sûr, mais question réalisation ça se démarque si peu, à quelques exceptions près (le contraste de la scène d'ouverture est une sympathique mise en bouche). Après, j'ai apprécié le ton parfois mélancolique du film, et surtout, la petite histoire du personnage de Harry Dean Stanton, non seulement c'est un plaisir de le revoir mais c'est aussi de loin le personnage le plus attachant du film, un homme incapable de tourner la page en amour qui génère une intéressante interaction avec sa fille quand ça en vient à ce sujet. Ça sauve le film en ce qui me concerne.
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    L'Heure du loup (1968)

    Vargtimmen

    1 h 29 min. Sortie : . Drame et Épouvante-horreur.

    Film de Ingmar Bergman avec Max von Sydow, Liv Ullmann, Gertrud Fridh

    https://www.senscritique.com/activity/692248/1301550

    Tout comme mon ami Albiche, L'heure du loup me fait assez penser à un pendant plus obscur de Persona (dans la mesure où Persona, malgré ses thèmes, disposait d'une imagerie en général plus lumineuse dans mes souvenirs). Non seulement pour le nom partagé par un des personnages de chaque film, Alma, mais aussi par la place accordée au silence pour les personnages de Johan et Elisabet respectivement. Elisabet qui était d'ailleurs incarnée par Liv Ullmann dans Persona, actrice interprétant le rôle d'Alma dans L'heure du loup. Même de manière extradiégétique, Ingmar Bergman semble aimer laisser planer quelque chose autour de ses films, à chacun de voir si cela a un sens caché.

    Il n'empêche, ce que j'aime vraiment avec L'heure du loup, c'est que comme Persona, il est aussi puissant quand il met le silence en avant que quand il laisse ses personnages s'exprimer oralement. L'entretien final est un exemple parlant, sans mauvais jeu de mots, de ces deux aspects. Récit d'un artiste tourmenté par ses propres démons, envahies de pensées perverses semblant se matérialiser, L'heure du loup est sans doute riche en matériel d'analyse, et ce n'est pas moi qui aurai la prétention d'en tirer une rendant parfaitement justice à tout ce que le film semble dire. Mais ce que je peux vous dire, c'est que j'ai trouvé le film non seulement intéressant mais aussi sacrément hypnotique.

    Formellement un de mes préférés du réalisateur, l'usage du noir et blanc y trouvant son apothéose, éclairant ou obscurcissant les visages avec finesse, et Bergman comme toujours se servant de son format d'image de la meilleure manière possible, l'ensemble fascine. L'histoire serait en partie inspirée de cauchemars récurrents du réalisateur selon une de ses biographies, ce qui explique à quel point l'ensemble a l'air d'en être un, à la fois repoussant et sans repère propre, mais paradoxalement scotchant, il capture parfaitement leur esprit. Je l'ai vraiment adoré et je suis surpris qu'il soit moins réputé que la plupart des plus grands titres d'Ingmar Bergman.
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    Songbird (2020)

    1 h 25 min. Sortie : . Drame, romance, thriller et science-fiction.

    Film de Adam Mason avec K.J. Apa, Sofia Carson, Craig Robinson

    Je pensais écrire au moins un petit truc rigolo dessus histoire de voir si je finirais pas dans la liste des perles d'Orion, mais non je n'en ai aucune envie, ce truc n'en vaut pas la peine. Pour la faire courte, je sais qu'il fallait sortir ce bousin au plus vite tant que c'est d'actualité (prétexte pour des ressorts prémâchés en plus), mais c'était vraiment une raison pour commettre un crime envers les principes élémentaires de la mise en scène et du scénario ?

    (Et au moment où je me disais qu'il ne manquait que le drapeau américain dans tout ça, apparaît un drone customisé aux couleurs du drapeau américain.)
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    Sur le globe d'argent (1988)

    Na Srebrnym Globie

    2 h 46 min. Sortie : . Science-fiction.

    Film de Andrzej Zulawski avec Jerzy Trela, Andrzej Seweryn, Iwona Bielska

    Sur le globe d'argent est un grand film malade, dans tous les sens du terme. Malade car pas fini, Andrzej Zulawski ayant dû colmater les brèches d'une autre façon que tourner les scènes qu'il n'avait pas pu faire lors du tournage d'origine, ce qui met d'autant plus à mal les repères. Et malade car complètement barré, un véritable abîme de folie dont la traversée de A à Z pourra s'apparenter à une épreuve pour qui l'hystérie et les tartines de philosophie font peur. Je vais être honnête, je suis d'autant plus perplexe vis à vis de mon avis sur le film que je n'ai pas compris grand-chose en le regardant. Ce qui n'est pas foncièrement un mal en soi quand il m'agrippe et m'invite à le suivre avec fascination.

    Et à vrai dire, c'était justement le cas de la première heure. J'y ai adoré l'ambiance froide, chaotique, la photographie, ça me passionnait, alors même que déjà les personnages commençaient à débiter de sacrés morceaux philosophiques desquels s'extrayaient des idées que je trouvais intéressantes. Après, je crois que c'est à force de partir dans l'excès que le film m'a perdu. J'ignore encore si le fait que le visionnage m'ait épuisé soit une bonne ou une mauvaise chose. Car je perçois les bonnes intentions et, paradoxalement, j'apprécie l'intensité inhumaine, renforcée par toute l'aura mystique autour de ce projet, autant de façon interne qu'externe.

    Mais je ne vais pas le cacher, j'ai trouvé ça long et de temps en temps insupportable. Moins que Possession (ce qui est un miracle vu qu'il est encore plus long) car au moins je n'ai pas eu l'impression qu'il essayait désespérément de me dire qu'il a un sous-texte derrière sa surface ne voulant rien dire, là je trouve que c'est mieux géré. Après, le cinéma a cela de beau qu'il est capable de nous faire passer par toutes les émotions, et ce film le fait également à lui tout seul en ce qui me concerne. J'ai été ébahi un instant, j'ai été agacé le suivant. Du coup je ne sais pas comment le noter, et je ne sais même pas encore si Zulawski est un réalisateur fait pour moi. Mais il a quelque chose d'unique qui en fait un fascinant objet obscur à mes yeux, donc j'ai une affection bizarre pour lui. Est-ce que je le reverrai avec plaisir, rien n'est moins sûr en revanche.
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    Cars : Quatre Roues (2006)

    Cars

    1 h 57 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et sport.

    Long-métrage d'animation de John Lasseter et Joe Ranft avec Owen Wilson, Paul Newman, Larry the Cable Guy

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    Cars 2 (2011)

    1 h 46 min. Sortie : . Animation, aventure et comédie.

    Long-métrage d'animation de John Lasseter et Brad Lewis avec Owen Wilson, Larry the Cable Guy, Michael Caine

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    The Plague Dogs (1982)

    1 h 43 min. Sortie : . Aventure, drame et animation.

    Long-métrage d'animation de Martin Rosen avec John Hurt, Christopher Benjamin, James Bolam

    Film qui me faisait de l'œil depuis un certain moment avec La folle escapade du même réalisateur, et enfin j'ai l'occasion de le découvrir, et que dire sinon qu'il laisse une certaine boule au ventre tout le long, et même après. Je l'ai dit par le passé, j'ai un certain respect pour les films d'animation pouvant transmettre quelque chose allant au-delà du cartoon ou du fantasmagorique créatif, et The Plague Dogs est tant ancré dans la face sinistre de notre monde qu'il fait froid dans le dos. D'habitude je n'aime pas les films se forçant à être sombre jusqu'à donner l'impression de gavage insistant en y perdant toute crédibilité au passage, mais en l'occurrence, j'ai trouvé que ça découlait naturellement, de manière efficace.

    L'air de rien, j'ai été investi dans ce film assez unique, en forme de survival / film de traque depuis le point de vue de deux canidés fracturés par les expérimentations scientifiques humaines. Au point que les idées de pirouettes a priori évidentes m'ont quand même pris à revers. C'est d'une noirceur intense, amis des animaux, vous êtes prévenus. Ce film n'est tendre envers personne, la complexité du rapport entre l'homme et l'animal, voire même entre animaux eux-mêmes, y explose dans toutes ses possibilités horrifiques, laissant planer dès que possible l'éventualité d'une harmonie pour mieux la flinguer en plein vol.

    Ce que j'apprécie également avec ce film, c'est qu'il a compris qu'il ne suffit pas de se parer d'une couche de violence et de vulgarité pour se prétendre œuvre d'animation purement adulte. La mélancolie générale suffit à impacter les esprits, que les décors soient noirs comme les locaux nocturnes d'un laboratoire ou blancs comme l'horizon enneigé. Joli récit invoquant également la volonté de survie et deux toutous particulièrement attachants, aidés par leur interprétation, maigre lueur dans la pénombre générale dont la fin ne pouvait en être qu'une issue apaisante, quelle que soit l'interprétation que nous en ayons, la plus évidente ou la fantasmée.
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    Mulholland Drive (2001)

    Mulholland Dr.

    2 h 27 min. Sortie : . Drame, thriller, romance et film noir.

    Film de David Lynch avec Naomi Watts, Laura Elena Harring, Ann Miller

    On m'a souvent dit que Elephant Man était un Lynch où l'on n'y retrouvait pas encore la patte du réalisateur à son plus reconnaissable. A chacun son avis sur la question, moi c'était mon seul passage vers la filmographie de David Lynch jusqu'à ce que je m'attaque à sa supposée pièce maîtresse, Mulholland Drive. Et pfiou, ça c'est un film, c'est une expérience, c'est un grand moment. Je m'étonne que dans l'inconscient populaire, il ne soit vu, comme la plupart des autres films du réalisateur, que comme un gros "mindscrew". Alors certes, de temps en temps, ça n'y va pas de main morte dans le délire surréaliste. Mais ne retenir le film que pour ça serait occulter le majestueux moment de cinéma qui se trouve en son sein.

    C'est bien le cinéma qui alimente Mulholland Drive, déjà parce que c'est un foutu bon film qui rend honneur aux ensorcelantes possibilités de cet art, formellement sublime et abouti, ce qui est d'autant plus remarquable que ça ne devait pas être un film à la base, et avec une atmosphère qui accroche au plus vite, mais aussi, évidemment, parce que c'est un pamphlet doux-amer sur Hollywood et l'illusion du cinéma, le beau mensonge à la surface polie, entraînant notre ingénue actrice en devenir dans une spirale sulfureuse, ténébreuse, mystérieuse, où la romance côtoie l'étrangeté jusqu'à ne faire qu'un une fois la boîte de Pandore ouverte.

    A chacun son avis quant à la distinction des vraies illusions là-dedans, pour le reste, il y a tant de couches de lecture sur le rôle de l'acteur là-dedans que c'en est incroyable, ça donne tellement de matière à beaucoup de scènes, tant indépendamment que comparées entre elles. C'est d'une formidable richesse, et quand c'est doublé d'une surface aussi exaltante, ça fait qu'à l'arrivée, j'ai d'office eu envie de le revoir, non seulement pour l'affaire des niveaux de lecture, mais aussi, tout simplement, pour profiter à nouveau de ce métrage qui hante et envoûte, cet objet illusoire mais magique. Il n'a pas volé sa réputation, c'est le moins que je puisse en dire.
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    Cars 3 (2017)

    1 h 42 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et sport.

    Long-métrage d'animation de Brian Fee avec Owen Wilson, Cristela Alonzo, Armie Hammer

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    Devdas (2002)

    3 h 05 min. Sortie : . Bollywood, drame et romance.

    Film de Sanjay Leela Bhansali avec Madhuri Dixit, Aishwarya Rai, Shahrukh Khan

    Devdas est ma porte d'entrée sur le cinéma bollywoodien, dont je ne connais pas vraiment les codes propres à lui, donc je ne sais pas si plusieurs des idées animant Devdas sont partagées avec d'autres films bollywoodiens, même si je pense avoir ma petite idée là-dessus concernant certaines. Toujours est-il que ce qui plaira à certains avec ce film est ce qui ne plaira probablement pas à d'autres. Devdas, c'est clairement un cinéma de l'excès. Un excès se retranscrivant en surface par une générosité visuelle de tous les instants, proprement restituée à l'écran par la caméra de Sanjay Leela Bhansali qui sait comment la magnifier et la montrer à son avantage autant que possible, élargissant judicieusement son cadre pour que le visuel fastueux marque la rétine.

    C'est aussi un cinéma de l'excès dans son storytelling. Le schéma de l'amour impossible s'en retrouve pimenté par le total lyrisme ambiant, n'hésitant pas à pousser les choses aussi loin que possible, ce qui est exacerbé au plus vite avec la dulcinée déclarant qu'elle pensait à son amour chaque seconde composant les dix ans passés à l'attendre, tout en entretenant littéralement la flamme animant leur relation. Je comprends que cet excès ne plaise pas à tout le monde, d'autant qu'il n'est pas toujours des mieux gérés, mais plus d'une fois j'ai trouvé que ça injectait une véritable passion dans ce que ça raconte, avec des envolées aussi prenantes que les numéros musicaux s'additionnant avec le tout.

    C'est très souvent proche du tire-larmes mais je trouve que la sincérité a finalement et heureusement pris le dessus, ce qui est ironique quand le moindre petit truc est accompagné d'une astuce pour amplifier la portée tragique ou spectaculaire. C'est surtout une sincérité sous la forme du cœur placé dans l'ouvrage, et ne se contentant pas d'une ligne directrice clichée en ce qui concerne l'amour compromis entre nos protagonistes, chacun avec ses défauts, se retrouvant confronté à sa fragilité et à l'enfermement autodestructeur sur lui-même. A titre personnel, j'ai plus aimé la musique que les chansons, mais ça reste entraînant et bien fichu. Il manque ce truc m'ayant vraiment accroché, peut-être dû au rythme un peu bâtard, mais j'ai passé un bon moment.
  • Les Razmoket, le film (1998)

    The Rugrats Movie

    1 h 19 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie, drame et comédie musicale.

    Long-métrage d'animation de Igor Kovalyov et Norton Virgien avec Elizabeth Daily, Christine Cavanaugh, Kath Soucie

    C'est assez amusant de faire un petit comparatif des séries Nickelodeon qui ont eu droit à leur passage sur le grand écran. Quand Bob l'éponge avait parfaitement réussi ce passage (au moins avec son premier film) avec une substance suffisamment consistante, d'autres comme Hé Arnold!, La famille Delajungle et Les Razmoket ont plus l'air d'avoir délivré un épisode étiré sur la durée réglementaire d'un long-métrage. Pour Les Razmoket, dans mes souvenirs, le second film avait quand même un peu plus de matière que celui-là.

    De base je ne suis pas un adepte de la série mais j'admets qu'il y a du charme s'extrayant de cette aventure juxtaposant les péripéties du monde des tout petits avec celles de celui des adultes, à défaut d'avoir une ligne directrice solide, avec beaucoup de distractions anecdotiques telles que ces moments musicaux très forcés, qui ont tendance à éclipser la bienveillante histoire autour de l'arrivée d'un petit frère, faisant changer le rôle de celui qui était autrefois le bébé de la bande, découvrant sa "sponsatilité".

    Cela dit, l'histoire offre un changement de cadre pas mauvais pour un film qui autorise à voir plus grand, en plaçant les enfants dans un monde encore plus effrayant que leur cadre habituel, déjà effrayant car imposant à leur échelle. On perd une partie du charme pour explorer de nouvelles possibilités, en somme.
  • Bonjour (1959)

    Ohayô

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Yasujirō Ozu avec Keiji Sada, Yoshiko Kuga, Chishû Ryû

    Avant toute chose, je trouve que se lancer un film de Yasujirō Ozu est toujours un exercice qui fait du bien. Qu'il soit guilleret ou plus mélancolique voire satirique, il y a quelque chose d'apaisant s'extirpant de ses œuvres pour ce que j'en ai vu. Ça allège délicieusement l'esprit tant Ozu a le chic pour filmer les périmètres concernés par ses histoires avec une certaine bienveillance, sans pour autant se refuser à être mordant de temps en temps. Bonjour, de son côté, entre dans la catégorie du "guilleret", mais n'est pas tout blanc derrière les apparences alimentées par cet amusant postulat concernant deux garçons faisant la grève de la parole jusqu'à la satisfaction de leur requête, avoir une télévision.

    C'est d'une efficace drôlerie, en faisant s'entrechoquer deux générations entre elles dont la vision du monde est sensiblement différente. Ozu a cela de magique qu'il concilie les deux, étant d'une remarquable lucidité derrière sa philosophie du pet comme langage alternatif. Car Bonjour, c'est surtout un film sur la complexité de la communication. On parle pour ne rien dire, et quand on ne parle plus, on alimente les rumeurs déjà palpables. Le film, aux tendances satiriques, exploite la difficulté d'une entente avec ou sans la parole, qu'elle veuille dire quelque chose ou non. Ou quand un simple "bonjour" pourrait s'avérer plus vide de sens qu'un prout.

    Plus ça avance et plus ça mélange tout cela avec charme (les mots mettant en garde contre la technique des enfants alimentant leur propre langage), lors de la fin notamment, entre quelques sourires donnant une signification nouvelle à une conversation a priori stérile. Malgré l'ironie d'Ozu vis à vis des phrases prononcées, il n'empêche qu'il trouve un moyen de rendre les échanges de mots particulièrement attachants, en nous plaçant, fidèle à son empreinte, à hauteur de son microcosme aux allures théâtrales, avec une jolie maestria nourrie d'astuces pourtant simples de champ-contrechamp et de cadres fixes répétés quelques fois. Ça rend ce petit monde plus proche que s'il s'était contenté des textes seuls. Du très bon, somme toute.
  • Bande-annonce

    Le Chant de l'exil (1990)

    Ke tu qiu hen

    1 h 40 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ann Hui avec Maggie Cheung, Lu Hsiao-fen, Waise Lee

    Visiblement j'enchaîne les films se parant de la thématique de la communication dans toute sa complexité. Même en me doutant qu'à part ça, Le chant de l'exil n'a que peu de rapport avec Bonjour (quoique, en creusant...), mais ça comble quelques lignes, je ne crache pas dessus. Bon blague à part, le film d'Ann Hui, donnant assez vite le ton sur sa nature semi-fictive semi-biographique (la protagoniste du film est née en 1947 tout comme la réalisatrice, coïncidence ?), est à la fois un joli récit familial mélancolique et donc une efficace métaphore centrée sur les difficultés de la communication, dont la pudeur charmera assez vite ceux qui en sont friands.

    Cette fois ce sont les non-dits et l'incompréhension qui sont placés sous un jour peu reluisant, à la fois sur une échelle à hauteur d'un cercle familial et sur une échelle à hauteur de tout un pays. Le film joue constamment avec cela, annonçant rapidement la couleur avec notre jeune protagoniste d'origine hong-kongaise résidant en Angleterre, avant de redistribuer les cartes, alternant passé et présent (qui est lui aussi passé à vrai dire, ce présent se situant en 1973) et symbolisant les discordes culturelles par le biais d'une famille dysfonctionnelle qui s'en voit elle-même impactée.

    Ironiquement, pour un film mettant autant en avant les non-dits, il parle de beaucoup de choses dans son fond. Outre celles déjà évoquées, l'exil du titre semble aussi se manifester sous la forme des questions autour du sentiment de non-appartenance et de la crise identitaire (récurrence des reflets durant une partie du film), et bien sûr il y a la thématique de l'héritage. Tout cela est exécuté plutôt subtilement, retranscrivant ce qui relie et ce qui sépare la mère de la fille avec délicatesse. L'atmosphère d'une grande beauté de bout en bout, conjuguée à une OST fort touchante, aide pas mal. Dommage que ce soit méconnu au point de ne pas avoir de moyens de voir ce film en bonne qualité, quoique quelque part, ça lui confère une beauté supplémentaire, je trouve.
  • Bande-annonce

    Quand nous étions sorcières (1993)

    Einitréð

    1 h 19 min. Sortie : . Drame et fantastique.

    Film de Nietzchka Keene avec Björk, Bryndis Petra Bragadottir, Valdimar Örn Flygenring

    Inspiré d'un conte des frères Grimm, Quand nous étions sorcières m'a fait penser, tout le long du visionnage, à une sorte d'entre-deux entre, justement, le conte, et le cinéma d'Ingmar Bergman. Il s'en dégage en tout cas la poésie régnant dans chaque catégorie, chacune à sa manière, ici en harmonie dans quelque chose d'à la fois obscur et envoûtant, perdu dans le temps et l'espace, dans une atemporalité accentuée par le noir et blanc et en dehors de repères spatiaux clairs dont les décors immenses et dénués de présence humaine autre que les quatre protagonistes renforcent le sentiment d'absence.

    Ça m'a rappelé Bergman notamment par cette façon d'employer sa photographie décolorée, cette atmosphère onirique, la grande place accordée à la beauté insulaire, ces paysages dévorant l'écran et joliment restitués, et l'impression de mort planant dans l'air de façon subtile. Cette mort trouvant une sorte de symbiose avec la nature, de ce fantôme attendant silencieusement à l'extérieur, aux idées de résurrection sous la forme d'un oiseau, sans oublier ces os qui reposent sous ce fameux genévrier. Le tout parcouru, notamment, de la douce voix de Björk, faisant ici ses débuts au cinéma, aussi envoûtante que la musique. Le reste du casting ne démérite pas, cela dit.

    J'aime aussi à quel point le contexte du film renforce cette impression irréelle. L'un des trois seuls films de feu Nietzchka Keene, possiblement son plus connu de loin et surtout grâce à sa restauration 4K encore récente, et sorti pour la première fois aux Etats-Unis 4 ans après son tournage par faute de moyens financiers acceptables. En dehors de ça, l'aspect conte est joliment restitué par ce film, ne reculant pas devant les motifs sombres et déployant tout cela avec une certaine beauté mortuaire ; ou quand les morts racontent bel et bien des histoires. Jolie découverte.
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    Labyrinthe (1986)

    Labyrinth

    1 h 41 min. Sortie : . Aventure, fantasy et comédie musicale.

    Film de Jim Henson avec David Bowie, Jennifer Connelly, Toby Froud

    Labyrinthe est un film dont j'ai beaucoup aimé la direction artistique. Je suis friand du charme des marionnettes de Jim Henson ici comme je l'étais déjà pour Dark Crystal. Je trouve qu'il y a une façon très imaginative de retranscrire cet univers qui fondamentalement a ses influences type Alice au pays des merveilles ou Le magicien d'Oz. Mais ça fourmille de petites idées que j'ai vraiment aimées, avec un esprit bon enfant qui fait le plus avec le moins, par exemple, c'est tout con mais le fossé peuplé de créatures qui ne sont formées qu'avec des mains, j'ai trouvé ça génial. L'éternel gamin que je suis a pris son plaisir devant le bestiaire et les décors.

    Si ce n'était que ça j'aurais mis une excellente note sans discuter mais c'est d'assez loin le plus gros point fort du film. Sans aller jusqu'à dire que le reste est raté, loin s'en faut, je ne peux pas dire qu'il m'ait passionné. Surtout le scénario en fait. En passant outre les influences parce que je sens bien que Labyrinthe a ses sujets à lui, je ne trouve pas que la narration permette d'en tirer leur plein potentiel. J'ai bien aimé certaines paraboles autour de l'emprise du méchant sur la protagoniste (l'hallucination) mais je me suis senti un peu extérieur à son parcours, malgré une galerie de personnages sympas (j'aime tout particulièrement le renard chevaleresque, en plus avec la voix française de Roger Carel il est encore plus amusant).

    Puis quel comble quand même d'avoir David Bowie et pourtant d'avoir des chansons aussi peu marquantes et pauvrement incrustées dans l'ensemble. Bowie ici est une véritable étrangeté en pantalon moulant et en roue libre, pas loin du cringe mais il se prend au jeu et j'apprécie. Bref, c'est une sacrée foire à l'imagination juvénile qui encourage à ne pas renoncer à sa part d'enfant à travers l'âge adulte, et donc Labyrinthe a ma sympathie, aussi fragile que ce soit en tant que film.
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    Dersou Ouzala (1975)

    Dersu Uzala

    2 h 22 min. Sortie : . Aventure, biopic et drame.

    Film de Akira Kurosawa avec Yuri Solomin, Maksim Munzuk, Mikhail Bychkov

    C'est assez incroyable de se dire que ce film fut le premier réalisé par Akira Kurosawa après sa tentative ratée de suicide, tant Dersou Ouzala déborde d'un humanisme qui fait absolument chaud au cœur. Sans aller jusqu'à dire que tout y est d'un optimisme total, cette co-production du studio russe Mosfilm fait constamment savoir son amour pour l'homme et la nature, et j'avoue que ça fait un bien fou de découvrir une telle œuvre aujourd'hui. Kurosawa narre ainsi l'amitié improbable mais d'une admirable sincérité telle que retranscrite à l'écran entre un topographe russe et un chasseur de la taïga, et emballe tout ça avec la maestria qu'on lui connaît.

    Quel dommage que la qualité la plus facilement trouvable pour un tel film soit aussi médiocre parce qu'il doit bien s'agir d'un des films les plus beaux que j'ai jamais vus d'un point de vue formel. Que dire sinon que la mise en scène, le montage, la photographie et la colorimétrie sont à mes yeux irréprochables. De quoi rendre parfaitement justice aux paysages filmés et nous y immerger sans trop de difficulté. La place de l'homme au milieu de la nature est joliment retranscrite et le film ose croire à la possibilité d'une entente par le biais notamment de la jolie humilité de l'alchimie entre les deux personnages principaux. Les méthodes et croyances du chasseur peuvent sembler farfelues aux yeux du groupe de prime abord, le respect prime et l'amitié entre lui et le capitaine est passionnante.

    Cela se fait surtout depuis le point de vue du capitaine, également narrateur, et on le comprend bien notamment avec cette dernière partie judicieusement rythmée plaçant Dersou dans le contexte de la ville, mais jamais il n'est hautain envers cet homme qui se sent chez lui dans la nature, respectant tout "être" constituant sa toute puissance et craignant ses représailles s'il en venait à violer l'équilibre. Comme je l'ai dit, c'est cette sincérité palpable qui m'a particulièrement marqué dans la relation entre ces deux hommes, parfaitement mise en image et écrite, au fil des quatre saisons et des environnements, en forme de porte-étendard des valeurs humaines les plus saines, contre l'incompréhension de la ville face à la nature et vice-versa (Dersou découvrant qu'on paye l'accès à l'eau et au bois). Quel grand film.
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    Le Doulos (1962)

    1 h 48 min. Sortie : . Policier, thriller et film noir.

    Film de Jean-Pierre Melville avec Jean-Paul Belmondo, Serge Reggiani, Jean Desailly

    Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu un film de Jean-Pierre Melville, d'autant que je dois redonner sa chance au Cercle Rouge un jour, mais d'abord je suis passé par celui-là. Le Doulos fonctionne sur une mécanique aussi admirable qu'elle est rigoureuse, ce qui se ressent déjà dans le visuel à tomber. La puissance du noir et blanc dont la partie obscure semble engloutir ce qui est à proximité au détour de plusieurs scènes fortes, le soin apporté à la mise en scène, c'est formellement magnifique, d'une dextérité bluffante, faisant joliment ressortir la minutie du scénario, complexe dans la diégèse interne comme externe.

    C'est une question de mise en scène, tant orchestrée par Melville que par les personnages complexes constituant la galerie de son film, tirant les ficelles quitte à ce qu'elles changent de propriétaire sans qu'ils ne le sachent au plus tôt. A la fin, la machination a ses répercussions, et la surprise est générale, tout le monde en prend pour son grade. Jean-Paul Belmondo incarne un "doulos" fort ambigu et c'est très bien comme ça, son personnage est assez mémorable tant il est énigmatique, et comme partagé entre toutes les facettes constituant l'être que son entourage voit en le regardant.

    Le Doulos est un film assez violent aussi. Techniquement il n'est physiquement violent que par bribes, mais quand il cogne, il cogne dur. Même verbalement. Il y a une solide balance entre le film causant, le film silencieux, et le film d'action, sur un bon rythme quoique quelques fois un peu longuet de mon côté. Il n'empêche, tout ce jeu avec les personnages manipulés tant par Jean-Pierre Melville que par eux-mêmes et la science de l'image opérée par le réalisateur en l'occurrence font ne serait-ce à eux seuls que Le Doulos vaut un petit détour.
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    Sonic the Hedgehog : The Movie (1996)

    Sonikku za hejjihoggu

    55 min. Sortie : . Animation, action, aventure et science-fiction.

    Long-métrage d'animation de Kazunori Ikegami et Gary Dehan avec Martin Burke, Lainie Frasier, Bill Wise

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    Raya et le Dernier Dragon (2021)

    Raya and the Last Dragon

    1 h 47 min. Sortie : . Aventure, action, comédie et fantasy.

    Long-métrage d'animation de Don Hall, Carlos López Estrada, Paul Briggs avec Kelly Marie Tran, Awkwafina, Gemma Chan

    A l'image de l'univers qu'il présente, le dernier né de Walt Disney Animation Studios est une sorte d'ensemble dont les fragments ne demandent qu'à s'unir pour le constituer. On a de la fantasy, de l'action au corps-à-corps, une touche de "heist movie", en somme une sorte de variété même si l'empreinte de la souris la plus riche du monde reste visible. Pour le meilleur ou pour le pire, ça dépendra de la personne. C'est toujours rafraîchissant en tout cas de découvrir un univers original venant d'eux, trois films après leur dernier projet n'étant pas une suite. Les influences sont là mais ça tient sur ses deux jambes et c'est appréciable. Je n'aurais pas craché sur plus long mais le temps passé dans chaque partie de ce monde reste dosé avec pertinence derrière le caractère assez éphémère.

    Au-delà de l'univers, Raya et le dernier dragon est un cas de film jonglant adroitement entre les valeurs naïves chères à Disney depuis toujours et une certaine nuance lucide. En ces temps des plus cyniques, un tel fond optimiste ne fait jamais de mal, et j'en apprécie le traitement. La protagoniste éponyme en est le symbole, se souciant bien moins du sort du monde envers lequel elle a perdu tout espoir de rédemption ("les humains étant ce qu'ils sont", dit-elle dans l'introduction) que du sort de son père, son unique famille, alors que c'est bien de l'unité générale dont ce dernier se soucie. Elle trouvera en Sisu la volonté de croire en autrui personnifiée, et la confrontation des morales qui portera ce dont le film veut parler.

    Le message principal étant la confiance en l'autre, et ça aura beau être rappelé très souvent au cours du film, je trouve qu'il y a une logique intéressante dans ce choix et dans les pirouettes pour remettre ça sur la table (la façon dont Raya s'approprie le morceau conservé dans la région Serre), et une pertinence dans ce martèlement. Surtout en parlant de quelque chose pouvant s'appliquer à essentiellement toutes les valeurs louées par les films de WDAS au fil des ans : il y a toujours un premier pas à faire, aussi difficile qu'il paraisse. En ce sens, les subtilités sont plutôt nombreuses, dans les réactions des personnages et leur regard les uns sur les autres. Formellement superbe (j'aime beaucoup l'impact que la mise en scène insuffle dans les duels au corps-à-corps notamment), nourri d'une chouette galerie de personnages et accompagné de la BO d'un James Newton Howard en forme, c'est un oui me concernant.
  • Bande-annonce

    La Belle Noiseuse (1991)

    3 h 58 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jacques Rivette avec Michel Piccoli, Emmanuelle Béart, Jane Birkin

    A la fin du film, même si j'ai trouvé qu'au final, c'était peut-être un peu trop long pour moi dans son entier, en revanche je me suis dit que je pourrais regarder le personnage de Michel Piccoli faire des croquis et des peintures de celui d'Emmanuelle Béart pendant des heures. Je crois que je n'ai jamais vu une œuvre vouloir autant décrire l'intégralité du processus artistique, quitte à passer par les étapes moins glamour comme la préparation de l'atelier et les premiers mouvements peu sûrs de la plume sur le papier, en nous le faisant ressentir comme peu le font. Et l'air de rien, ça m'a fasciné de voir le film autant, justement, fasciné par les mains de cet homme à l'œuvre.

    C'est une autre forme de fascination contemplative du corps, en somme. Le modèle nu réel n'est pas le plus grand intérêt pour la caméra lors de ces phases de création, il se concentre en particulier sur ces mains qui créent. C'est une façon plutôt intéressante d'aborder cette relation entre l'artiste et son modèle, qui est d'ailleurs parcourue d'une sorte de dichotomie entre violence et sensibilité. Les poses de Marianne semblent partager leur douleur rien qu'en les regardant, malgré la sensation d'impassibilité de son regard que l'on voit donc peu durant ces phases. Pourtant les regards disent tout, ce qui n'empêche pas les mots prononcés de faire passer quelque chose à leur tour.

    Plus ça avance et plus c'est triste, malgré le sentiment que certains points de l'écriture s'éternisent quelque peu. Récit parlant de l'amertume du temps qui passe, par le biais également du personnage de Jane Birkin, muse originelle avant que l'œuvre de son mari ne soit abandonnée (assez peu présente au final mais c'est un choix raccord), ça trouve une bonne balance entre une sorte d'apaisement et une mélancolie qui fait mouche. Ce que La Belle Noiseuse fait de la culmination de cette mise à nu dans tous les sens du terme est plutôt fort. Mais oui, moi c'est surtout le temps passé sur le processus de création qui m'a captivé. Sur grand écran ça doit être quelque chose.
  • Tom et Jerry : La chasse au trésor (2006)

    Tom And Jerry in Shiver Me Whiskers

    1 h 08 min. Sortie : .

    Long-métrage d'animation de Scott Jeralds