Dix-neuf (1800-1900)

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19 livres

par bilouaustria

Le 19ème siècle en 19 textes majeurs ? Pardon, 19 morceaux de choix...
Autrement dit les délices du siècle.
Une entrée par auteur.
Ordre chronologique.

À LIRE :
- De grandes espérances (Dickens)
- Portrait de femme (James)
- Bouvard et Pécuchet (Flaubert)
- Les frères Karamazov (Dostoïevski)
- Faust (Goethe)
- Guerre et paix (Tolstoï)

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  • Le Rouge et le Noir (1830)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Stendhal

    + "La chartreuse de Parme"
  • Les Âmes mortes (1842)

    Мёртвые души (Myortvyje dushi)

    Sortie : 1842. Roman.

    Livre de Nicolas Gogol

    "Les âmes mortes", c'est Tchitchikov, le personnage le plus vil, fourbe, menteur qu'il nous ait été donné de voir et bien entendu un héros mémorable. La vraie bonne surprise, c'est aussi cette découverte que l'on fait et refait en ouvrant les grands classiques : à quel point ils sont... modernes ! Gogol est virevoltant, drôle, il transforme parfois son roman en exposé sur l'âme russe (c'est le vrai thème du livre), se permet aussi des commentaires sur le roman à mesure qu'il évolue, fait des apartés sur ses techniques d'écriture, prend à parti son lecteur plutôt deux fois qu'une. En plus le pitch est royal : cet homme qui achète les morts, comment ne pas mordre à un si bel hameçon !? C'est haut en couleurs, une galerie de personnages tous plus gratinés les uns que les autres et tous plus vrais que nature ! La vie de province, ses ambitieux, ses médiocres aussi, le cérémonial, le paraître, cette vie est un feuilleton. Gogol est un croqueur hors-pair. Il excelle ici dans le roman épique comme il il brille dans le très court de ses nouvelles peterbourgeoises. Avec "Oblomov" le texte le plus fondamentalement russe.

    + "Nouvelles de Pétersbourg"

  • Les Trois Mousquetaires (1844)

    Sortie : 1844. Roman.

    Livre de Alexandre Dumas

    + "Vingt ans après"
    + "Le vicomte de Bragelonne"
    + "La reine Margot"
  • La Foire aux vanités (1846)

    Vanity Fair

    Sortie : 1846. Roman.

    Livre de William Makepeace Thackeray

  • Illusions perdues (1839)

    Sortie : 1839. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    + "Le lys dans la vallée"
  • Walden ou La Vie dans les bois (1854)

    Walden; or, Life in the Woods

    Sortie : août 1854. Récit.

    Livre de Henry David Thoreau

  • Madame Bovary (1857)

    Sortie : 1857. Roman.

    Livre de Gustave Flaubert

    + "L'éducation sentimentale"
    + "Le dictionnaire des idées reçues"
  • Oblomov (1859)

    Обломов

    Sortie : 1859. Roman.

    Livre de Ivan Gontcharov

  • Crime et Châtiment (1867)

    Преступление и наказание (Pryestupleyniye i nakazaniye)

    Sortie : 1867. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    + "L'idiot"
    + "Carnets du sous-sol"
  • Les Chants de Maldoror (1869)

    Sortie : 1869. Poésie.

    Livre de Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse)

    Claro, toujours brillant, sur Lautréamont :
    "Impossible de comprendre la littérature du vingtième siècle sans visiter ce vaste bordel panoptique que sont "Les chants de Maldoror". Destruction systématique du romantisme, de l'inspiration, de l'élégiaque, du lyrisme ; cynisme absolu mais pratique ; assimilation perverse des grandes têtes molles qui l'ont précédé... "Les chants de Maldoror" est un livre qui avance masqué, et son étude permet d'accéder à un niveau insoupçonné. Car derrière l'excès symbolique, la surenchère sadique, le brouillage des genres (roman-feuilleton, poème en prose, discours scientifique...), son auteur, Isidore Ducasse, se livre à une formidable travail de copier/coller, il invente sous nos yeux le roman-machine, génial bricoleur de styles recycleur hystérique..."
  • Les Diaboliques (1874)

    Sortie : novembre 1874. Recueil de nouvelles.

    Livre de Jules Barbey d'Aurevilly

    Jules Barbey D'Aurevilly semble l'égal de ses personnages masculins : dandy, charmeur, ayant tous les talents et ce qu'il faut de dilettantisme. Un sens de la formule qui n'a rien à envier à Maupassant et un travail ciselé sur la structure de ces longues nouvelles démontrent qu'il prend ses plaisirs de conteur au sérieux. Presque comme d'infimes variations sur la même histoire, "Les diaboliques" est un exercice de style jubilatoire plein de bons mots et de portraits au vitriol. Redoutable prédateur mondain, Barbey D'Aurevilly capte six fois son lecteur, victime ô combien consentante, et le tient serré dans ses pattes de velours, un sourire aux lèvres et un cocktail à la main. Diabolique indeed.
  • Anna Karénine (1877)

    Анна Каренина

    Sortie : 1877. Roman.

    Livre de Léon Tolstoï

  • Niels Lyhne (1880)

    Sortie : 1880. Roman.

    Livre de Jens Peter Jacobsen

    Il y a comme une amertume chez Niels Lyhne. Sans doute parce qu'il est un jeune homme plus doué pour les rêves que pour la vie. La poésie, l'art sont des chimères qui détruisent tout, voilà ce que son premier amour lui oppose. Cette jeune femme belle et censée en a marre qu'on projette sur elle toutes sortes de fantasmes sortis de poèmes : aimez moi pour ce que je suis ! Créer, tutoyer les Dieux, Niels Lyhne ne trouve que bien peu de réconforts. Les amours terrestres sont-elles trop ordinaires pour qu'il s'en contente ? Jens Peter Jacobsen, en écrivant sur nos idéaux et notre manière de déformer la réalité touche un point presque insaisissable, comme Robert Walser en est capable, parle de beauté éphémère avec une délicatesse et un doigté remarquable. Elle est comme un parfum qu'il va sentir à quelques rares occasions de sa vie mais sans jamais pouvoir pleinement s'en saisir. Tout est fragile dans "Niels Lyhne". Tout y est faussement simple. Jacobsen y réconcilierait presque Werther et Bovary, dans une troisième voie étrange et poétique qui n'est ni tout à fait romantique, ni cynique. Son personnage, progressiste et passionné se brûle les ailes qu'il a dessinées trop grosses pour lui. Le bon moment, la bonne personne, la perfection esthétique sont les grands démons de ce magnifique roman.
  • Bel-Ami (1885)

    Sortie : 1885. Roman.

    Livre de Guy de Maupassant

    + "La maison Tellier"
  • Le Désespéré (1887)

    Sortie : janvier 1887. Roman.

    Livre de Léon Bloy

    Furieuses colères. Le venin de Bloy se réclame de Lautréamont. Excessif, il est comme l'anti-thèse littéraire d'un Michon (l'un avance en ajoutant, l'autre en soustrayant). Le style procède par éclairs et touche parfois au grandiose mais les enjeux sont souvent minuscules, à savoir : l'égo de Léon Bloy, parti en croisade contre toutes les médiocrités, réglant souvent des comptes de deux sous, gaspillant sa fabuleuse énergie dans un excès d'adjectifs adjectivants. Un talent monstre en somme, bouffé par ce qui ressemble à de l'envie et de la frustration. Il y a ces pages les plus dingues qui foudroient comme un Céline avant l'heure. Il y a aussi du génie autoproclamé épuisant son lecteur à force de suffisance.
  • Le Menteur (1888)

    The Liar

    Sortie : 1888. Recueil de nouvelles.

    Livre de Henry James

    + "L'image dans le tapis"
    + "Daisy Miller"
  • Le Portrait de Dorian Gray (1891)

    The Picture of Dorian Gray

    Sortie : 1891. Philosophie et roman.

    Livre de Oscar Wilde

  • Vies imaginaires (1896)

    Sortie : juin 1896. Conte et recueil de nouvelles.

    Livre de Marcel Schwob

    + "Le roi au masque d'or"
  • La Dame au petit chien (1899)

    Дама с собачкой

    Sortie : 1899. Nouvelle et récit.

    Livre de Anton Pavlovitch Tchekhov

    Où l'on apprend que Tchekhov était fétichiste - toutes ses héroïnes ont de petits pieds adorables. Où l'on comprend surtout pourquoi l'ami Anton est considéré comme un maître de l'exercice court. Que ce soit dans Ariadna, La maison avec un attique ou La dame au petit chien, les meilleurs textes ici, on admire le trait sûr et la capacité à vite poser en trois lignes de solides fondations, créer un cadre favorable à une dramaturgie. Ce talent, Tchekhov l'a développé patiemment, ces nouvelles le montrent, chacune faisant office de variation travaillant sur les thèmes de la précédente. Si la religion n'est jamais loin, on trouve ici avant tout des femmes (puissantes, fragiles, toujours fascinantes) qui cherchent à échapper à leur province. Les hommes sont la plupart du temps admiratifs, impuissants, déçus. La cruauté, chez Tchekhov n'est jamais de son fait : ce sont les circonstances, c'est la vie elle-même qui est cruelle. On n'a jamais aussi bien utilisé le terme de classicisme que dans ces nouvelles : tout paraît évident, ces histoires on croit les connaître déjà et pourtant elles nous touchent comme au premier jour. Le style est celui du conteur expert qui s'efface pour mieux laisser le récit briller par lui-même.

    + "La steppe"