Du neuf en 2019 (films)

Avatar Larsen Liste de

65 films

par Larsen

Cette année, l'idée serait d'alterner films récents et "classiques", pour continuer doucement à approfondir ma culture cinématographique. Je ne me fixe pas d'objectif contraignant, mais je vais essayer de garder ça à l'esprit.

Janvier : DONE (4/4, 7 vus)
Février : NOPE (3/4, 3 vus)
Mars : DONE (4/4, 6 vus)
Avril : DONE (4/4, 6 vus)
Mai : (over)DONE (4/4, 15 vus)
Juin : DONE (4/4, 4 vus)
Juillet : DONE (4/4, 6 vus)
Août : DONE (4/4, 4 vus)
Septembre : NOPE (3/4, 3 vus)
Octobre : DONE (4/4, 6 vus)
Novembre : DONE (4/4, 4 vus)
Décembre : NOPE (2/4, 2 vus)

Bilan : 65/48
2019 a été une très belle année pour moi concernant les films, et je le dois pour beaucoup à l'initiative de @StevenMerlier, qui m'a poussé à candidater au pass "3 jours à Cannes". Au-delà du snobisme (que je ne boude pas complètement, hihi) j'ai pu y voir les meilleurs films de l'année.

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    Wildlife : une saison ardente (2018)

    Wildlife

    1 h 45 min. Sortie : . Drame.

    Film de Paul Dano avec Carey Mulligan, Jake Gyllenhaal, Ed Oxenbould

    Jeudi 3 janvier

    Sur le papier, Wildlife avait tout pour me plaire : une histoire de famille dysfonctionnelle, Jake Gyllenhaal et Carey Mulligan au casting, et l'excellent Paul Dano à la réalisation. Malheureusement, si le film a de solides bases, notamment sa photographie et ses comédien.nes, je suis resté extérieur à l'histoire. Je dirais que c'est lié à une écriture un peu maladroite du personnage de la mère, que je n'ai jamais trouvée attachante, et à une réalisation qui paraît coincée dans un classicisme assez ennuyeux. Dommage, car certains plans ont du sens, et m'ont laissé entrevoir un beau potentiel.
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    L'Heure de la sortie (2019)

    1 h 43 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Sébastien Marnier avec Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Pascal Greggory

    Vendredi 11 janvier

    Je dois remercier @StevenMerlier de m'avoir permis de découvrir ce film, à côté duquel je serais sans doute passé, le rangeant mentalement du côté des films français lambda.

    Lambda assurément il ne l'est pas, se situant entre le film indé intimiste et le thriller psychologique parano, sans jamais choisir son camp, ce qui lui donne beaucoup de saveur. Le film vaut surtout pour son ambiance très travaillée, tous les éléments techniques convergeant vers une atmosphère de plus en plus pesante et anxiogène. Le récit se construit autour d'une suspicion croissante, dont le réalisateur et co-scénariste Sébastien Marnier a le goût de laisser pour la majeure partie l'objet à l'imagination du spectateur. Le film nous met ainsi dans une position inconfortable très intéressante, aidé par des acteurices assez bluffant.e.s dans leur impénétrabilité constante, particulièrement les jeunes, avec une mention particulière à Luàna Bajrami.

    Si certaines idées esthétiques m'ont paru un peu kitsch, tout comme certaines répliques, le film tient son ambiance avec une constance remarquable, jusqu'à sa fin, d'une ambiguïté très agréable. Prendre un tel risque est une démarche qui me plait beaucoup, et rend le film mémorable malgré ses maladresses. Je vous le recommande donc, ne serait-ce que pour faire l'expérience d'une œuvre qui a de la personnalité.
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    Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'anneau (2001)

    The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring

    2 h 58 min. Sortie : . Fantasy et aventure.

    Film de Peter Jackson avec Elijah Wood, Ian McKellen, Sean Astin

    Samedi 12 janvier (Blu-ray ; R ; +1)

    Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu les films de la saga du SDA, c'est pourquoi quand j'ai eu l'occasion de le faire en haute-définition, je ne me suis pas privé.

    Autant dire que j'ai eu raison : ce film est un vrai plaisir de spectateur, dont je pense qu'il est pour beaucoup lié à l'enthousiasme de son réalisateur. La narration est d'une fluidité exemplaire, et parvient à condenser une grande quantité d'informations. Le casting est impeccable, avec une préférence personnelle pour Ian McKellen, dont la justesse du jeu est frappante à toutes les scènes. Je ne me souvenais pas d'à quel point ce film était beau, grâce au parti-pris des décors réels et d'une utilisation parcimonieuse des effets visuels numériques, ce qui le rend très agréable à voir. En somme, une franche réussite qui m'a fait très plaisir.
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    Incassable (2000)

    Unbreakable

    1 h 46 min. Sortie : . Fantastique et thriller.

    Film de M. Night Shyamalan avec Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Robin Wright

    Jeudi 17 janvier (Blu-ray)

    L'idée de voir quel traitement réserverait M. Night Shyamalan au genre du film de super-héros m'intriguait beaucoup, et j'ai commencé le film avec des attentes - déçues pour la plupart. Pourtant, le film profite d'une esthétique soignée, et de certaines idées de mise en scène et de composition de plan assez réussies. Mais l'écriture pêche sérieusement par manque de subtilité, et surtout par son envie visible de "faire intelligent", ce qui l'amène à se prendre trop au sérieux, et la ridiculise quelques fois. Les personnages se résument à des postures qui n'évoluent pas, pas aidés par des acteurices - au premier rang desquel.le.s un Bruce Willis monolithique - en service minimum. Le twist sonne comme un effet d’esbroufe téléphoné et, pour tout dire, assez gadget. Je tiens tout de même à saluer la relative sobriété de l'ensemble, qui donne de la force à l'émergence du fantastique dans le quotidien. Dommage que le reste de l'écriture soit faiblarde, et peine de ce fait à porter un propos sinon intéressant.
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    Split (2016)

    1 h 57 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de M. Night Shyamalan avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley

    Lundi 21 janvier (Blu-ray)

    Le minimalisme réussit assez à M. Night Shyamalan. Dans des conditions proches de celles d'une pièce de théâtre (quasi-unité de temps et de lieu), il a la sagesse d'appuyer l'intensité dramatique de son film presque uniquement sur son talentueux interprète principal. James McAvoy est en effet pour moi la révélation du film, sauvant son personnage de la caricature dans laquelle une écriture manquant de subtilité menace souvent de l'enfermer. La puissance du film reposant donc sur ce personnage, le reste du scénario est bien accessoire, et pas passionnant.

    Usant et abusant de la technique du fusil de Tchekhov (tout élément montré à un moment du film doit avoir son utilité dans le récit), le film m'a souvent agacé, jusqu'à même devenir prévisible. Cette maladresse d'écriture se retrouve aussi dans la réalisation, souvent un peu trop appuyée là où un tel propos aurait demandé beaucoup de doigté. Néanmoins, M. Night Shyamalan conserve le plus souvent la sobriété de mise en scène qui le caractérise, et qui donne parfois de beaux moments.
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    Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours (2002)

    The Lord of the Rings: The Two Towers

    2 h 58 min. Sortie : . Fantasy, action et aventure.

    Film de Peter Jackson avec Elijah Wood, Sean Astin, Viggo Mortensen

    Vendredi 25 janvier (Blu-ray ; R)

    Réussite encore pour ce deuxième volet, qui a le goût de s'intéresser au personnage de Gollum, dont l'ambiguïté donne de l'épaisseur au récit. La bataille finale du gouffre de Helm est marquante parce que bien préparée au cours du film, et les personnages s'approfondissent encore - je pense particulièrement à Aragorn. Une constance remarquable donc, à la qualité portée par un sens remarquable de la mise en scène et une esthétique particulièrement soignée.
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    Glass (2019)

    2 h 09 min. Sortie : . Thriller et fantastique.

    Film de M. Night Shyamalan avec James McAvoy, Bruce Willis, Samuel L. Jackson

    Jeudi 31 janvier

    Comme souvent avec M. Night Shyamalan, le point de départ du film est intriguant, mais mal exploité, faute de subtilité dans l'écriture et la caractérisation des personnages. À la manière d'"Incassable", "Glass" veut interroger la place du fantastique dans le réel, mais abandonne vite la réflexion au profit d'une intrigue caricaturale à force de vouloir être surprenante. En plus de ça, le récit semble souvent étiré sans raison, ce qui donne lieu à de sérieux coups de mou dans le rythme du film.

    L'expérience n'est pas tout à fait désagréable parce que le réalisateur est un bon artisan, et sait composer des plans beaux et souvent significatifs. Sa réalisation procure un sentiment d'ampleur appréciable - à l'exception des scènes d'action assez peu lisibles. Les acteurices font le job, avec une mention spéciale pour James McAvoy (encore) et Sarah Paulson, dont il est dommage que l'écriture de son personnage fragilise un jeu pourtant intéressant.

    En somme un film pas mauvais mais assez bancal, auquel j'ai du mal à pardonner ses maladresses du fait d'une prétention lourdingue dans son écriture.
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    Sorry to Bother You (2019)

    1 h 51 min. Sortie : . Comédie, fantastique et science-fiction.

    Film de Boots Riley avec Lakeith Stanfield, Tessa Thompson, Danny Glover

    Samedi 2 février

    Ça a été compliqué pour moi de juger ce film, parce que ses défauts sont aussi criants que ses qualités. Au départ il avait tout pour me plaire : un casting alléchant, une photographie soignée, et un registre comico-fantastique dans un écrin d'engagement social. Mais plusieurs problèmes majeurs m'ont empêché d'adhérer à la proposition. D'abord, une écriture qui manque singulièrement de finesse, que ce soit dans la caractérisation des personnages, l'humour ou la dénonciation. Ensuite, une mauvaise gestion du rythme, qui m'a donné l'impression que le film n'en finissait pas, à force de s'attarder sur des idées un peu faiblardes.

    J'ai donc eu la persistante impression de rester sur le bord de la route sans jamais pouvoir me raccrocher à une machine sans doute un peu fébrile à force de vouloir avoir l'air cool. Néanmoins, il y a de l'effort dans cette oeuvre, et un propos sur la société que je pense sincère - à défaut d'être réussi. Et comme je l'ai déjà écrit ici, je préfère qu'on essaie en ratant plutôt que de se contenter du minimum.
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    Ce soir c'est Palmashow (2019)

    1 h 55 min. Sortie : .

    Film de Jonathan Barré et Palmashow avec Grégoire Ludig, David Marsais, Sixtine Aupetit

    Samedi 16 février (replay)

    Comme souvent avec les sketchs du Palmashow, le niveau est vraiment inégal. J'ai beaucoup d'affection pour leurs parodies (d'autant plus quand elles contiennent Alain Chabat <3), mais je trouve que leurs segments "à message" manquent singulièrement de subtilité, et peuvent m'agacer. Mais j'ai toujours de l'intérêt pour leurs créations, même si elles gagneraient peut-être à plus de sobriété dans l'écriture.
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    Guy (2018)

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie, drame et comédie musicale.

    Film de Alex Lutz avec Alex Lutz, Tom Dingler, Pascale Arbillot

    Samedi 23 février

    Réaliser un documenteur était un pari risqué, d'autant plus quand il s'appuie sur la performance de son interprète principal, grimé pour l'occasion. À mes yeux c'est une brillante victoire, puisque le format choisi donne une subtilité savoureuse au film et souligne le travail colossal de comédien comme de réalisateur fourni par Alex Lutz pour représenter la douleur du temps qui passe. En perpétuel équilibre sur la crête du pathos, le film est souvent très touchant et juste, drôle aussi. L'utilisation maline des flash-backs permet d'instaurer une continuité dans la vie du personnage principal, et donc de lui donner sa crédibilité. Jamais tape-à-l'oeil, le film est pourtant impressionnant de maîtrise, et m'a marqué comme peu de films français l'ont fait avant lui. Une très belle et franche réussite.
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    Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du roi (2003)

    The Lord of the Rings: The Return of the King

    3 h 21 min. Sortie : . Action, aventure et fantasy.

    Film de Peter Jackson avec Elijah Wood, Sean Astin, Viggo Mortensen

    Vendredi 1er mars (Blu-ray ; R ; +1)

    Décidément, la trilogie du Seigneur des anneaux est d'un niveau constant, et bien meilleur que dans mon souvenir. L'univers est traité avec soin, et un vrai respect, et c'est ce qui le fait à mon avis vieillir aussi bien. Les décors naturels sont absolument magnifiques, et les nombreuses scènes de bataille qui y prennent place sont filmées avec beaucoup de maîtrise, ce qui leur donne beaucoup de lisibilité. Le contraste entre les combats dantesques et la quête fragile des Hobbits fonctionne très bien, comme les deux facettes d'un même fardeau. C'est donc de la très bonne heroic-fantasy, à laquelle je risque encore de revenir un bon paquet de fois.
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    Captain Marvel (2019)

    2 h 04 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Anna Boden et Ryan Fleck avec Brie Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law

    Mercredi 6 mars

    À l'issue du visionnage de ce film, une pensée m'a traversé :
    je crois que Marvel gagnerait vraiment à faire plus confiance à des auteurs, quand on voit l'écart de niveau entre cet opus et "Black Panther", pourtant tous deux soumis aux codes rigides d'un film de gros studio.

    En effet, difficile de faire un film plus générique et insipide que ce "Captain Marvel", qui représentait pourtant une belle opportunité d'enfin avoir un personnage féminin fort dans le MCU. Hélas, de réalisation complètement anonyme en effets spéciaux absolument lambdas, sans oublier un scénario sans le moindre élément de surprise et des acteurices en service minimum, je suis loin d'avoir passé un bon moment. Le film peine tant à donner de la profondeur à son personnage que je me suis demandé si il avait été mis en à l'écran pour d'autres raisons que son utilité à l'intrigue du prochain "Avengers"... et c'est dommage, parce que certaines scènes laissent entrevoir le potentiel d'une héroïne amnésique, dont on a recomposé l'histoire personnelle à son insu, mais sans que rien de tout cela ne soit exploité. Au lieu de ça, on se retrouve avec un personnage invincible, sans la moindre aspérité morale. Quel ennui, dont je crains qu'il ne sabote le volet d'Avengers qu'il annonce...

    On navigue donc péniblement dans une intrigue extrêmement prévisible à laquelle est maladroitement accolé un message féministe. Oubliable, vraiment.
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    Time and Tide (2000)

    Sun lau Ngac lau

    1 h 53 min. Sortie : . Romance, action et policier.

    Film de Tsui Hark avec Nicholas Tse, Wu Bai, Anthony Wong Chau-sang

    Mercredi 6 mars (Panic! X Chroma)

    Grâce à "Time and Tide", je me rends compte avec le temps que je suis assez sensible au cinéma d'action, lorsqu'il est bien fait. En effet, ce film présente un scénario assez sommaire, progressivement envahi par l'action et finalement motivé uniquement par elle. Mais c'est loin d'être un problème, tant la réalisation, la mise en scène et le montage font preuve d'une originalité qui ne cesse d'impressionner à mesure que le récit avance. Tsui Hark semble avoir à coeur de surprendre son spectateur, et n'hésite pas pour ce faire à utiliser des plans très courts et rythmés, pas toujours raccords entre eux, et à investir des points de vue étranges sur la scène (celui d'une balle tirée à bout portant par exemple). Le résultat de ces partis-pris m'a enthousiasmé, tant ils rendent l'action organique, et donnent une énergie communicative au film. Une bien belle expérience, que je recommande, ne serait-ce que pour voir un regard différent de celui d'Hollywood sur ce genre.
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    Ma vie avec John F. Donovan (2019)

    The Death and Life of John F. Donovan

    2 h 03 min. Sortie : . Drame.

    Film de Xavier Dolan avec Kit Harington, Jacob Tremblay, Susan Sarandon

    Mercredi 13 mars

    Deuxième coup dur d'affilée pour mon estime de Xavier Dolan, "Ma vie avec John F. Donovan" ne m'a pourtant pas autant agacé que son prédécesseur, du fait que j'ai eu l'impression d'y sentir la galère de post-production à travers un montage charcuté et un scénario embrouillé.

    Soit l'histoire, presque intégralement narrée en flash-back, de Rupert, jeune acteur ayant entretenu dans son enfance une correspondance épistolaire avec un acteur à la mode, ledit Donovan. À force de vouloir dresser des parallèles entre les vies de ces deux protagonistes, le film a l'air forcé d'entrer dans des cases, ce qui nuit à sa force dramatique. On a ainsi souvent l'impression d'assister à des redites pâlottes de scènes emblématiques de la filmographie du réalisateur, culminant dans un dîner de famille caricatural au possible, faute d'une caractérisation suffisante des personnages.

    Pour mettre en scène ce fond confus, Dolan a recours à des parti-pris pas loin d'être des gimmicks : utilisation du ralenti, musique pop, gros plans sur les visages... Malheureusement, ces choix ne font que souligner la gaucherie de l'écriture, rendant le visionnage souvent assez pénible.

    Dommage, parce que j'ai senti par endroits l'ambition première du film, qui semblait vouloir dresser un ample portrait critique d'Hollywood. Mais il semble dans sa forme achevée tellement contraint, raccourci, condensé, que sa force dramatique s'est perdue en chemin, ne nous livrant qu'un film fantôme, brouillon mais finalement assez vide, qui ne m'a pas atteint une seconde.
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    Grâce à Dieu (2019)

    2 h 17 min. Sortie : . Drame.

    Film de François Ozon avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud

    Mercredi 20 mars

    cf critique
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    Us (2019)

    1 h 56 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de Jordan Peele avec Lupita Nyong'o, Winston Duke, Elisabeth Moss

    Mercredi 27 mars

    Du fait que ce soit la deuxième incursion de Jordan Peele dans le cinéma horrifique, je n'ai pas pu m'empêcher de comparer "Us" à son aîné "Get Out", et de constater de ce fait une bien moindre maîtrise de la structure du film. Pourtant, le réalisateur a un sens esthétique indéniable, et certains plans me restent encore en mémoire du fait de leur composition et de leur photographie. Mais le film souffre d'une part d'un sérieux problème de rythme, du fait d'un deuxième acte qui s'étire en longueur sans aucune surprise dans son déroulement, et d'autre part d'un singulier manque de subtilité dans l'exposition de son histoire, qui fait que je me suis senti agacé à mesure que le récit avançait.

    J'en suis ressorti avec l'impression d'un potentiel gâché, faute d'une structure narrative efficace, et d'un propos plus tranché. Mention spéciale tout de même au casting impeccable, en particulier Lupita Nyong'o et Shahadi Wright Joseph.
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    Shazam! (2019)

    2 h 12 min. Sortie : . Action, fantastique, science-fiction et comédie.

    Film de David F. Sandberg avec Zachary Levi, Mark Strong, Asher Angel

    Mercredi 4 avril

    Ici encore, l'exercice de la notation trouve une limite concrète. "Shazam!" est un film qui cumule beaucoup de défauts de ceux de son genre, à commencer par une esthétique tristement banale, et une absence criante d'identité dans la réalisation et la mise en scène. N'importe qui aurait pu réaliser ce film, et c'est d'autant plus regrettable qu'il prend son temps pour étaler cette banalité.

    Néanmoins, j'ai éprouvé plus de sympathie pour celui-ci, du fait de son ton clairement décalé et second degré, qui lui sert certes d'alibi pour sa paresse d'écriture, mais qui le rend bien moins agaçant que ses prédécesseurs prétendument sombres et philosophiques. Le casting est au diapason de cet angle d'attaque, avec notamment Zachary Levi qui s'en sort surprenamment bien dans le registre de la nonchalance absolue.

    Clairement oubliable et générique au possible au même titre que les autres grosses productions de son acabit, mais un peu plus agréable à regarder.
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    Après la tempête (2016)

    Umi yori mo Mada Fukaku

    1 h 57 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hirokazu Kore-eda avec Hiroshi Abe, Kirin Kiki, Yôko Maki

    Vendredi 19 avril (DVD)

    Nouvelle réflexion sur la famille pour Hirokazu Kore-eda, mais cette fois à travers les yeux d'un personnage surprenamment antipathique, ce qui donne du charme au film, car cette focalisation pousse le spectateur comme à distance des péripéties. Le film est intéressant car il montre le déni dans lequel se complait le personnage principal, qui se rêve en écrivain romantique mais qui dans ses actes est plus proche du loser effrayant. Néanmoins, je n'ai pas été totalement emporté par le propos, la faute peut-être à un rythme lent pas toujours bien géré, qui m'a semblé diluer la dramaturgie du récit, pourtant assez efficace quand elle fonctionne.
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    Une affaire de famille (2018)

    Manbiki Kazoku

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hirokazu Kore-eda avec Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka

    Samedi 20 avril

    Quel bonheur de voir Hirokazu Kore-eda revenir à l'écriture solide qui faisait sa force, avec un ton doux-amer particulièrement émouvant, et une réalisation à laquelle sa sobriété donne beaucoup de force, et la rend aussi précise qu'empathique. La grande idée de ce film est la variante qu'a trouvé l'auteur autour de son habituelle étude des relations familiales, pour ne pas se répéter : des individus liés par les circonstances peuvent-ils, légalement, moralement, psychologiquement, former une famille ? La réponse sera évidemment nuancée, et très souvent poignante, en bien ou en mal. Cela fonctionne grâce à une écriture des dialogues étonnante de naturel, et à un casting absolument admirable, en particulier Sakura Andô et Miyu Sasaki, toutes deux saisissantes de justessse.

    "Une affaire de famille" est assurément un grand film, qui confirme la maîtrise par Kore-eda de son art, et me réconcilie (un peu) avec le palmarès cannois.
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    Les Oiseaux de passage (2019)

    Pájaros de verano

    2 h 01 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Ciro Guerra et Cristina Gallego avec José Acosta, Natalia Reyes, Carmiña Martínez

    Dimanche 21 avril

    Le film choisit un angle surprenant pour parler du développement du trafic de drogue en Colombie, à savoir sa confrontation avec les traditions d'un peuple autochtone. Cela permet au récit, dont la forme découpée en chapitre est assez classique, de se distinguer, en posant la question de la fidélité à ses racines avant celle de la morale. La réalisation fait l'objet de choix judicieux, à commencer par un sens de l'ellipse intéressant, ainsi qu'une photographie particulièrement soignée. Le récit fait la part belle à l'inexorable, et se déroule comme une tragédie grecque, à laquelle il manquerait peut-être un peu d'élément de surprise pour provoquer mon engouement.
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    Network - Main basse sur la TV (1976)

    Network

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Sidney Lumet avec Faye Dunaway, William Holden, Peter Finch

    Mercredi 24 avril (Panic! X Chroma)

    Un film très bien ficelé, dont j'ai trouvé la construction narrative très solide, ce qui donne de la force à son message politique, d'autant plus frappant qu'il est encore complètement actuel. Faye Dunaway et Peter Finch se voient offrir de belles partitions, et ils s'amusent avec. Néanmoins, le film ne m'a pas emporté du fait de son écriture, dont il me semble qu'en privilégiant l'analyse théorique, elle perd en naturel, notamment dans les dialogues, ce qui m'a empêché de m'impliquer émotionnellement dans l'intrigue.
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    Avengers : Endgame (2019)

    3 h 01 min. Sortie : . Action, aventure, fantasy et science-fiction.

    Film de Anthony Russo et Joe Russo avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo

    Jeudi 25 avril

    Si j’essaie de considérer le film isolément, je note d’abord une réalisation passe-partout, qui laisse respirer une ou deux scènes d’ampleur à peine, et sans vraiment de travail sur la composition des plans ou la photographie. L’écriture n’est pas vraiment finaude, que ce soit dans sa manière d’ajouter maladroitement des enjeux de dernière minute ou de convoquer le voyage dans le temps sans l’approfondir, mais globalement efficace dans l’instauration d’une ambiance plus grave qu’à l’accoutumée. Le casting donne le change, avec une mention spéciale à Scarlett Johansonn et Robert Downey Junior, et toujours à Josh Brolin, qui donne une épaisseur bienvenue à l’antagoniste, toutefois plus en retrait ici.

    Le problème, c’est qu’il est intellectuellement malhonnête de ne pas voir ce film comme le season finale de la série modèle géant que constitue l’univers cinématographique Marvel. Et cela me pose des difficultés à faire mon avis tant le film dépend de ses prédécesseurs : si le récit tire sa force dramatique de son caractère conclusif, entre fan-service nostalgique et jeu sur la mort possible – et donc l’attachement – de personnages centraux, il est aussi considérablement affaibli par le fait qu’il s’appuie sur des épisodes passés absolument médiocres, qui ne se suffisent pas à eux-mêmes. Devoir passer par des litres de soupe pour qu’au bout de dix ans deux rations finissent par avoir un peu de goût, ça ressemble méchamment à de l’arnaque.

    Malgré tout, je ne peux pas contester avoir passé un moment enthousiasmant, prenant comme rarement les films du genre le sont. Seulement, mon plaisir s’appuie sur de basses mécaniques, et cela m’empêche de monter haut ma notation.
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    The Dead Don't Die (2019)

    1 h 43 min. Sortie : . Comédie et Épouvante-horreur.

    Film de Jim Jarmusch avec Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton

    Mardi 14 mai

    Je dois dire que plus qu’énervé, je suis abasourdi devant l’étendue du ratage que constitue ce film. Dans son écriture avant tout, car d’une part il n’arrive jamais à trouver le ton juste pour faire rire, entre références méta absolument forcées et absurde mal dosé. D’autre part, la dénonciation de la société de consommation qu’il porte tombe complètement à côté de la plaque, du fait de son manichéisme confondant, adossé qui plus est à un récit très mal mené, parce qu’il ne s’appuie que sur des dialogues exagérément explicatifs et des personnages-fonction. Alors passée la curiosité de la première demi-heure, je me suis ennuyé ferme devant cette histoire prévisible et poussive au dernier degré.

    Mais ce qui m’a vraiment étonné, c’est l’absence complète d’ambition de réalisation : le film est composé presque uniquement de plans utilitaires, avec une photographie morne au possible et des effets spéciaux d’une laideur confondante, au point que j’ai cru à une parodie. Le film l’est peut-être, mais il aurait à ce moment-là pu avoir la décence d’être drôle, et d’aller jusqu’au bout de son parti-pris. Le casting, gros point d’attente du film pour moi, est en service minimum, peut-être parce que Jim Jarmusch ne semble leur avoir donné pour seule indication que de jouer ce que le public attendait d’elleux.

    Constater une telle paresse à tous les niveaux d’une œuvre me laisse pantois, d’autant plus venant d’un réalisateur de cette trempe.
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    Spider-Man : New Generation (2018)

    Spider-Man: Into the Spider-Verse

    1 h 57 min. Sortie : . Action, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman avec Shameik Moore, Jake Johnson, Hailee Steinfeld

    Dimanche 19 mai (Blu-ray ; R)

    Même la deuxième fois, le film a de grands effets euphorisants du fait de son enthousiasme contagieux et de son rythme nerveux. Tout cela a été créé avec un soin et un amour visibles à l’écran, ce qui fait que je pardonne une écriture un peu faiblarde des personnages féminins ainsi qu’un récit un peu convenu dans l’ensemble. Ne serait-ce que pour l’esthétique fascinante, je recommande le visionnage de ce très bon film d’animation.
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    Douleur et Gloire (2019)

    Dolor y Gloria

    1 h 53 min. Sortie : . Drame.

    Film de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas, Penélope Cruz, Asier Etxeandia

    Lundi 20 mai

    J'ai eu un peu de mal à me faire au ton vraiment mélancolique du film, ce qui fait que je ne me suis pas tout de suite attaché au personnage principal, pas aidé par une photographie plutôt froide. Mais du fait de sa construction astucieuse en série de flashs-backs et de l'interprétation sensible d'Antonio Banderas et d'Asier Etxeandia, j'ai finalement été assez touché par le film. Si la lecture biographique du film est sans doute un peu simpliste, je n'ai pas pu m'empêcher d'y voir un chant du cygne de Pedro Almodovar, du fait de la sincérité du propos développé sur le sens que l'art peut donner à la vie.
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    Matthias & Maxime (2019)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Xavier Dolan avec Gabriel D'Almeida Freitas, Xavier Dolan, Anne Dorval

    Jeudi 23 mai (Cannes 2019)

    Me voilà soulagé : Xavier Dolan n’a pas perdu pied, et son retour au Québec fait beaucoup de bien à son cinéma. Quel plaisir j’ai pris devant la première partie de ce film, qui suit un groupe de potes à travers des scènes de dialogue d’un naturel impressionnant et très drôles, qui plus est mises en valeur par un travail notable sur leur esthétique, particulièrement à travers la photographie et une composition signifiante des plans. Le réalisateur fait en plus le choix salutaire de la sobriété, qui rappelle le début de sa filmographie, en ce qu’elle permet de se concentrer sur les relations entre les personnages, portés par un casting vraiment bon.

    Néanmoins, je n’ai pas été emporté par le récit, malgré ma sensibilité aux thématiques qu’il aborde, du fait d’un scénario rendu prévisible par l’utilisation de ficelles dramatiques assez classiques. Je regrette aussi le manque d’approfondissement de la relation entre les deux personnages éponymes, qui est comme cannibalisée par la description du groupe auquel ils appartiennent, ce qui diminue considérablement l’impact des événements présentés.

    Une heureuse surprise donc, pas exempte de défauts, mais sympathique à défaut de m’avoir marqué profondément.
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    Les Misérables (2019)

    1 h 44 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ladj Ly avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Zonga

    Jeudi 23 mai (Cannes 2019)

    Ce film est l'un de mes trois coups de coeur du festival, et je pense que c'est avant tout une question de forme : rarement le cinéma (sans parler du cinéma français) a produit des œuvres aussi immersives. Alternant caméra à l'épaule épousant le point de vue des personnages et plans larges pour cerner leur environnement, la réalisation est d'une maîtrise qui m'a laissé pantois. L'écriture du film est aussi exemplaire, et réussit à articuler humour et tension avec une maîtrise remarquable. Cette réussite est aussi liée au casting impeccable, y compris les nombreux enfants, ce qui dit beaucoup de la qualité de la direction d'acteurs par Ladj Ly.

    Ça faisait longtemps que je n'avais pas été autant saisi par un film, du fait de sa retentissante portée politique, mais aussi de son très grand niveau de maîtrise de la tension dramatique. Un peu à la manière de "The Wire", ça m'a ému de voir un regard aussi lucide et affectueux porté sur la banlieue, et j'espère vraiment que ce film rencontrera son public.
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    Sorry We Missed You (2019)

    1 h 41 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ken Loach avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone

    Jeudi 23 mai (Cannes 2019)

    Choisir d'aller voir un film de Ken Loach, c'est savoir à quoi s'attendre : la description crue et douloureuse de réalités sociales contemporaines. Je trouve sa démarche importante, mais pas toujours efficace comme objet de cinéma. Dans cette itération la plus récente, j'ai par exemple regretté l'absence d'ambition de réalisation, qui est cohérente avec le naturalisme affiché, mais me lasse un peu avec le temps. Néanmoins, j'ai trouvé les personnages réussis parce que complexes, attachants mais avec de vrais défauts qui évitent de tomber dans un manichéisme qui aurait desservi le récit. Le choix de traiter de l'ubérisation de l'emploi m'a semblé très pertinent, et s'il donne lieu à une histoire assez déprimante, il a le mérite de mettre le spectateur face aux conséquences concrètes des évolutions économiques de la société.
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    Portrait de la jeune fille en feu (2019)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame, historique et romance.

    Film de Céline Sciamma avec Noémie Merlant, Adèle Haenel, Luàna Bajrami

    Jeudi 23 mai (Cannes 2019)

    Très belle surprise pour moi que ce film, qui m’a d’abord envoûté par son travail esthétique très soigné : du fait de la photographie et de la lumière, beaucoup des plans ressemblent à des tableaux, ce qui est une belle façon de faire écho au sujet de l’oeuvre. Je dois aussi saluer l’impressionnant travail des comédiennes, dont chaque réplique sonne juste malgré l’usage d’une langue vieillie, mais surtout qui parviennent à faire vivre les nombreux non-dits entre les personnages, à leur donner de l’épaisseur sans que jamais cela ne semble surjoué. L’écriture est au diapason, et dans ce récit chaque mot compte tant il est pesé. Céline Sciamma parvient à systématiquement trouver le ton juste, et livre l’un des plus beaux récits amoureux que j’aie vu.
  • Mektoub My Love : Intermezzo (2020)

    3 h 32 min. Sortie : 2020. Comédie et romance.

    Film de Abdellatif Kechiche avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche

    Vendredi 24 mai (Cannes 2019)

    Vraiment étrange objet que ce second volet de la série "Mektoub, my love". Je l'ai d'abord vécu comme une trahison : après une demi-heure de dialogue dans la continuité directe du film précédent, celui-ci prend le parti de nous immerger trois heures (!) en boite de nuit, quasiment sans dialogues mais à travers exclusivement des scènes de danse frénétique, jusqu'à l'épuisement, des personnages autant que du spectateur. On peut y voir une parabole sur la déliquescence du désir, après sa naissance dans le premier volet, ce qui est plutôt intéressant sur le papier : assister aux rituels qui nous avaient séduits autrefois, mais répétés mécaniquement, étirés jusqu'au dégoût. De ce point de vue, que le film soit désagréable à regarder fait sens, et peut même être envisagé comme un geste artistique à part entière.

    Seulement, mon problème majeur est que le "male gaze", c'est-à-dire le regard sexualisant d'un homme sur les personnages féminins, vient parasiter cette démarche. On ne filme pas des corps, mais des culs, avec une insistance particulière sur Ophélie Bau qui finit par créer le malaise. D'ailleurs la différence de traitement entre la nudité féminine et masculine est frappante : vous ne verrez jamais plus (et encore) que des fesses d'hommes, tandis que les femmes sont détaillées littéralement sous tous les angles. L'attirance d'Abdellatif Kechiche pour le corps féminin est connue, mais quand elle est exposée seule, sans aucune autre motivation que ce qui semble être une pure visée érotique, elle est à mon sens complètement vaine.

    "Intermezzo" est donc une expérience de cinéma, mais en l'absence de toute dramaturgie, elle ne m'a pas semblé intéressante, voire énervante. C'est très dommage, car la déception est à la hauteur de mon affection pour les protagonistes de cet essai formel vide.