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  • En 2020, je pars à la recherche du temps perdu et je 20crai peut-être enfin ma pile de livres. - Lectures 2020.

En 2020, je pars à la recherche du temps perdu et je 20crai peut-être enfin ma pile de livres. - Lectures 2020.

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29 livres

par Albiche

Liste de mes lectures 2020, classées par ordre chronologique, et avec annotations si possible.

Toujours la même phrase en bannière, car on ne change pas une équipe qui gagne.

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  • Tous des oiseaux (2018)

    Sortie : mars 2018. Théâtre.

    Livre de Wajdi Mouawad

    Toujours aussi séduit par le théâtre de Wajdi Mouawad, probablement l'un des meilleurs dramaturges de notre époque. Sa capacité à nous faire réfléchir sur nos origines multiples, sur l'absurdité de certains conflits qui portent justement sur des différences qui n'ont pas lieu d'être (en l'occurrence le conflit israélo-palestinien) et son humanisme universaliste et moderne transparaissent plus que jamais dans cette pièce, hymne à la tolérance, à l'Amour au-delà des frontières et à un monde plus ouvert.
  • Noces (1938)

    Sortie : 1938. Essai.

    Livre de Albert Camus

  • Du côté de chez Swann (1913)

    Sortie : 1913. Roman.

    Livre de Marcel Proust

    Trois chapitres seulement constituent ce livre de plus de 500 pages, et si le premier m'a plutôt ennuyé, le temps de me faire au style de Proust qui aime les grandes descriptions, les comparaisons et les digressions, il faut dire que les deux suivants m'ont totalement passionné. Proust a un talent évident pour décrire le sentiment amoureux, et celui qui touche Swann le rapproche facilement de l'amoureux angoissé que décrit Roland Barthes dans Fragments d'un discours amoureux. Les deux Hommes partagent la même vision de l'amour et on se délecte de voir expliquée si joliment la naissance de la passion puis la déception qui s'ensuit et son déclin. Un gros travail sur la mémoire également. Ce que je constate avec ce premier tome, c'est que Proust c'est vraiment la quintessence de la littérature dans ce qu'elle a de plus exigeant et la capacité à mettre des mots justes sur tout, à tout décrire. Vraiment hâte de lire la suite.
  • L'Été (1954)

    Sortie : 1954. Essai.

    Livre de Albert Camus

  • Les Justes (1949)

    Sortie : 1949. Théâtre.

    Livre de Albert Camus

  • Le Marin de Gibraltar (1952)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Marguerite Duras

    Un peu dérouté par ce roman de Marguerite Duras, mais tout de même fortement séduit. Si le style fait de phrases courtes et reposant principalement sur les dialogues rend le tout extrêmement facile à lire, les personnages assez froids et antipathiques peuvent rebuter. Mais on se laisse tout de même emporter avec eux sur ce yacht à la recherche du marin de Gibraltar, qui sonnerait la fin de leur amour s'ils le trouvent. Roman sur l'ennui, sur l'absurde, sur la vaine quête d'un bonheur qui est finalement déjà présent puisque l'important n'est pas la destination mais le voyage, les deux amants ayant renoncé à leur vie d'antan pour s'aimer et malgré cela, essayant de donner un sens à leur existence au travers de leur épopée qui les mène jusqu'en Afrique noire. Un roman très ancré dans son époque, dans la veine des Camus et Beckett, à la fois triste et beau, l'objectif étant finalement anecdotique face aux péripéties qui permettent aux deux héros de vivre enfin pleinement, alors qu'auparavant ils existaient seulement.
  • Retour à Reims (2009)

    Sortie : septembre 2009. Essai.

    Livre de Didier Eribon

    Un classique contemporain indispensable, à la fois essai sociologique introspectif sur les classes sociales et autobiographie.
  • La Ballade de l'impossible (1987)

    Noruwei no mori

    Sortie : 1987. Roman.

    Livre de Haruki Murakami

    J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans mais finalement le roman s'avère accrocheur à partir de la seconde moitié. Les personnages sont supers mais j'ai quand même du mal à croire au réalisme de ce drame et des situations présentées. Mi-figue mi-raisin donc, ce qui ne fût pourtant pas le cas pour mon précédent Murakami qui m'avait totalement emporté.
  • Hiroshima mon amour (1960)

    Sortie : 1960.

    Livre de Marguerite Duras

    L'histoire d'un amour impossible entre une actrice française et un Japonais, à Hiroshima, 13 ans après la bombe atomique. Des thèmes forts et puissants, pour un style assez froid auquel il ne faut pas être hermétique.
  • Les Aventures d'Alice au pays des merveilles (1865)

    Alice's Adventures in Wonderland

    Sortie : . Roman et jeunesse.

    Livre de Lewis Carroll

  • Le Ravissement de Lol V. Stein (1964)

    Sortie : 1964. Roman.

    Livre de Marguerite Duras

  • À l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919)

    Sortie : 1919. Roman.

    Livre de Marcel Proust

    Le premier tome m'avait emporté, celui-ci m'a terrassé.

    Complètement subjugué et émerveillé en effet par ce deuxième tome d'A la recherche du temps perdu.

    La forme ne s'est jamais autant mise au service du fond que dans ce roman de plus 700 pages qui pourtant défile à une vitesse folle : les métaphores et comparaisons géniales viennent appuyer de manière magistrale le propos sur la naissance de l'amour du héros pour deux filles successivement (Gilberte puis Albertine), en plus d'introduire de nouveaux personnages délicieux et de poursuivre la description de la société bourgeoise et noble de l'époque.

    Les longues phrases permettent de mettre des mots on ne peut plus justes sur les sentiments et émotions du narrateur, en plus de nous faire voyager dans de magnifiques paysages.

    Un chef-d'oeuvre, une leçon de style et d'écriture, qui témoigne d'une maîtrise de la langue si impressionnante.
  • Je m'en vais (1999)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Jean Echenoz

  • Trick Mirror

    Essai.

    Livre de Jia Tolentino

    Mouais, ça enfonce pas mal de portes ouvertes et c'est un peu trop américano-centré.
  • L'Œuvre au noir (1968)

    Sortie : 1968. Roman.

    Livre de Marguerite Yourcenar

    Lecture de circonstance, que cette découverte de L'Oeuvre au Noir, qui nous narre le destin tragique d'un médecin alchimiste, qui consacra sa vie à sauver celle des autres, à la Renaissance, époque qui voit s'affronter l'obscurantisme et une vision moderne de notre existence, prônée par le héros Zénon.

    Roman fictif mais faisant facilement allusion à des situations historiques comme la peste ou des personnages ayant réellement existé, en particulier ce Zénon qui rappelle de grands scientifiques ayant payé de leur vie leur position allant à l'encontre de celle de l'Église, le livre se lit aussi comme un roman initiatique et d'aventure, qui nous fait voyager à travers l'Europe du XVIème siècle.

    Écrit dans un style rappelant l'ancien français sous certains aspects, L'Oeuvre au Noir est un roman plaidoyer pour la modernité et le courage d'opposer ses idées à l'encontre de la masse, en plus de passionner son lecteur pour les aventures originales qu'il conte.
  • Au cœur des ténèbres (1899)

    Heart of Darkness

    Sortie : 1899. Nouvelle.

    Livre de Joseph Conrad

    Le livre qui a servi de base au matériau d'Apocalypse Now. L'horreur déployée dans le film et notamment dans le discours de Kurtz à la fin est égalée ici par l'horreur des mots et du champ lexical de la mort et des ténèbres qui hante le bouquin. La puissance des mots employés par Joseph Conrad rend ce voyage introspectif, au bout de l'enfer, passionnant et particulièrement effrayant et déshumanisant. Néanmoins, je trouve que l'adaptation qu'en fait Francis Ford Coppola est déjà d'une intelligence incroyable, mais surtout encore plus terrifiante, car la place accordée à la folie de Kurtz y est plus importante.
  • Chroniques martiennes (1950)

    The Martian Chronicles

    Sortie : 1950. Recueil de nouvelles et science-fiction.

    Livre de Ray Bradbury

    Un chef d’oeuvre de la science-fiction qui n’a pas pris une ride, avec en filigrane une belle critique de notre civilisation et du capitalisme. L’avantage de ce recueil de nouvelles, c’est qu’elles ont une succession logique et chronologique, si bien que dans certaines il y a des références aux précédentes, l’ensemble formant un tout cohérent. Le gros point fort du livre, c’est le style tout en douceur de Ray Bradbury, presque poétique par moments, ce qui change de l’habituelle froideur de la plupart des romans de science-fiction que j’ai lus (ce qui n’enlève pas leur qualités pour autant). Il sait se servir de la parabole et ses histoires s’apparentent à des petits contes situés sur Mars, souvent dotés d’une morale, et malgré la critique acerbe qu’il fait de l’être humain, la beauté et le lyrisme de ses phrases rend le tout extrêmement positif et agréable à lire.
  • Des milliards de tapis de cheveux (1995)

    Die Haarteppichknüpfer

    Sortie : 1995.

    Livre de Andreas Eschbach

    Ca faisait longtemps que je devais le lire, et heureusement qu’il a été réédité car je commençais à perdre espoir de le trouver. Bien m’en a fait, car on a affaire à un très grand livre de science-fiction, lauréat du prix le plus prestigieux, à raison selon moi. Le roman adopte une structure assez particulière, en ne choisissant pas un seul héros, mais en multipliant les points de vue à chaque chapitre. De manière chorale, en se focalisant à chaque fois sur un personnage ou deux en particulier, Eschbach nous fait voyager dans le vaste monde qu’il a créé, mais restreint son champ narratif à quelques questions moins vastes que l’univers généré, où se mêlent extrême modernité et primitivité. Ces renversements de points de vue génèrent du suspense et des interrogations pour le lecteur, qui cherche vraiment à comprendre pourquoi des milliards de tapis de cheveux sont tissés par les hommes vivant sur une planète recluse faisant partie d’un Empire bien plus vaste, pour en faire don à l’Empereur alors que celui-ci semble pourtant avoir adbiqué. Les révélations se font au fur et à mesure, la progression crescendo, avant le terrible final, rendant le tout extrêmement accrocheur et très cohérent malgré le découpage haché. Brillant d’inventivité et vraiment inspiré.
  • Le Côté de Guermantes (1921)

    Sortie : 1921. Roman.

    Livre de Marcel Proust

    Voir ma critique.
  • Pensées pour moi-même (2015)

    Ta eis heauton

    Sortie : . Aphorismes & pensées et philosophie.

    Livre de Marc-Aurèle

    Voir ma critique.
  • Humain, trop humain (1878)

    Menschliches, Allzumenschliches. Ein Buch für freie Geister

    Sortie : 1878. Essai et philosophie.

    Livre de Friedrich Nietzsche

    Difficile de parler de ce livre tant il aborde des sujets vastes et tant Nietzsche s’amuse tour à tour à déconstruire ce que les précédents philosophes ont fait avant lui ou à leur rendre parfois hommage tout de même, notamment à ceux de la Grèce antique avec lesquels il partage certaines opinions. Nietzsche est aussi capable de prophétiser l’avenir (Union Européenne, élévation de la société et recul du religieux dans une moindre mesure et surtout pour les sociétés occidentales, méfiance vis à vis des gouvernements et de l’État…) et trouve donc une résonance très forte aujourd’hui, d’où l’intérêt de le lire à l’heure actuelle même si ses opinions sur d’autres sujets font particulièrement datées (notamment tous ses propos sur les femmes et la distinction des caractères et des rôles entre les deux sexes). Je suis globalement très d’accord avec lui dans ses aphorismes sur la religion, la nature humaine, la société, beaucoup moins sur ce qu’il pense des artistes et de l’art en général, et plus généralement sur sa conception du mal et de la place du remords dans notre vie.

    Néanmoins, la lecture s’avère épuisante car elle sollicite l’attention constante du lecteur et mobilise sans cesse son intellect et sa capacité de réflexion et de remise en cause de ce qui est dit. La forme du livre n’aide pas, constituée uniquement d’une succession d’aphorismes qui finissent par lasser par leur certaine froideur. Cela rend la poésie d’Ainsi parlait Zarathoustra plus accessible, plus généreuse aussi pour le lecteur, et enfin plus brillante dans sa forme, au-delà du propos que je valide aux 3/4 dans les deux ouvrages. Mais Humain, trop humain reste une expérience essentielle dans mon exploration du philosophe qui m’a permis de beaucoup mieux le cerner.
  • Le Mythe de Sisyphe (1942)

    Sortie : 1942. Essai et philosophie.

    Livre de Albert Camus

    Je valide la thèse du livre à 100%. Camus nous gratifie d'un essai philosophique assez complexe dans son style et dans sa manière de convaincre, pour une idée centrale très simple : face à l'absurdité de notre situation sur Terre, où la mort est inéluctable, il ne s'agit ni de se résigner en se suicidant, ni de croire à une vie après la mort, mais au contraire, embrasser la liberté qui nous est offerte après avoir accepté notre condition. A la manière d'un Sisyphe qui aurait été heureux en acceptant son destin. Cet essai fait partie de ceux qui allègent le poids de l'existence, et est bien plus optimiste que pessimiste selon moi. Dommage qu'il soit assez aride.
  • Les Choses (1965)

    Sortie : 1965. Roman.

    Livre de Georges Perec

    Pour le coup, ce livre a tout d’un roman pessimiste, en étant sans doute un des premiers récit à pointer du doigt la quête vaine du bonheur lorsqu’on en a une conception matérialiste. Georges Perec dénonce effectivement avant tout le monde la société de consommation, à une époque où elle était loin d’atteindre les sommets de bêtise d’aujourd’hui. Jérôme et Sylvie sont un couple de la classe moyenne, qui aspire à mieux et jalouse ceux qui ont plus qu’eux. Malgré un changement de cap à mi-parcours, Perec démontre qu’on ne peut pas vraiment échapper à cette spirale infernale et que posséder nous amène toujours à vouloir plus. Le style de Perec, à base d’énumérations plus longues que le confinement, est pertinent pour décrire cette vaine accumulation de biens matériels, mais c’est là aussi une de ses limites, dans le sens où ces grandes descriptions finissent par lasser.

    « Perec croyait décrire son époque alors qu’il annonçait notre mode de vie jusqu’à la fin du monde. » Je ne suis pas aussi pessimiste que Frédéric Begbeider - j’ai toujours l’espoir d’un changement radical dans nos modes de vie - mais il est clair que Perec était en avance sur son temps et se retournerait certainement dans sa tombe aujourd’hui devant nos comportements matérialistes outranciers.
  • Le Prince (1532)

    De Principatibus

    Sortie : 1532. Essai, philosophie et politique & économie.

    Livre de Nicolas Machiavel

    Lecture laborieuse. Je pensais plus aimer quand même. En fait le sujet ne m'a pas beaucoup intéressé, c'est un livre fondateur des sciences politiques et bien que je les ai étudiées, je ne m'y suis pas retrouvé dedans car Machiavel s'adresse surtout aux dirigeants et leur indique la bonne manière de gouverner. Or, je n'aspire pas à diriger. D'autant que les exemples qu'il donne sont trop ancrés dans son époque. Le style très froid ne m'a pas aidé à mieux me plonger dedans non plus.
  • Manifeste du parti communiste (1848)

    Manifest der Kommunistischen Partei

    Sortie : . Essai et politique & économie.

    Livre de Karl Marx et Friedrich Engels

    Ca n'a pas pris une ride. Un livre essentiel dans sa critique acerbe du capitalisme et inspirant dans la puissante volonté de changer le monde qui en émane.
  • Monsieur le Président (2020)

    Sortie : . Essai, politique & économie et culture & société.

    Livre de Annie Ernaux

  • Sodome et Gomorrhe (1922)

    Sortie : mai 1922. Roman.

    Livre de Marcel Proust

    Le quatrième tome de la Recherche est excellent à n’en point douter, même si parfois un brin de lassitude a pointé le bout de son nez, sans qu’elle ne remette en cause mon appréciation globale. Sans doute car je lis ces livres de manière trop rapprochée ou que je ne suis pas toujours dans un endroit assez calme pour savourer la prose splendide mais exigeante de Marcel Proust. Mais certainement aussi dû aux passages trop étirés du roman. Néanmoins, je continue à dévorer ces livres à une vitesse constante, et c’est ce que j’appelle un très bon signe.

    En tout cas, cet ouvrage est traversé de fulgurances époustouflantes, et notamment celles qui l’encadrent. Ainsi l’incipit, mais même tout le premier chapitre très court de 33 pages, ainsi que le tout dernier d’une taille équivalente, sont les passages qui m’ont le plus marqué. Le début met en scène une situation extrêmement cocasse qui introduit en fait le sujet qui sera le fil rouge du livre (le titre en est une excellente indication), et c’est raconté avec un humour caustique et particulièrement subtil qui m’a beaucoup plu, notamment dans l’analogie que fait l’auteur entre l’homosexualité des deux personnages concernés et la reproduction des fleurs, leurs relations avec les insectes comprises. La dernière partie de l’ouvrage s’avère quant à elle être plus émouvante et rappelle ce que Proust a su faire à merveille dans le deuxième tome, décrire le sentiment amoureux.

    Tout cela n’empêche pas le roman d’avoir d’autres excellents moments (le passage dans la maison close est aussi extrêmement drôle), notamment ceux où Proust en profite pour dévoiler la sexualité de certains de ses personnages dont il n’avait pratiquement rien laissé transparaître avant ce quatrième tome. La description de leurs mœurs a certes pris un petit coup de vieux, mais s’avère encore assez pertinente et a surtout le mérite de casser l’un des tabous les plus importants de l’époque. Cela ajoute aussi de l’intérêt dans la relation entre Albertine et le narrateur. Le problème, c’est qu’en dehors de cela, il y a aussi des passages assez fatigants et des discussions interminables.

    Un tome qui aurait gagné à être épuré mais l’impression globale qui en ressort est encore une fois extrêmement positive et il n’y a pas de raison que j’arrête avant la fin. Encore trois tomes !
  • Petit manuel de résistance contemporaine (2018)

    Sortie : . Culture & société et essai.

    Livre de Cyril Dion

    J’avais un peu peur de la popularité de l’ouvrage et de son énorme succès en librairie avant de l’ouvrir. C’est un a priori idiot mais ce fait couplé à la taille plutôt réduite du livre (139 pages) ainsi que son titre plutôt bateau et racoleur me faisaient craindre un énième essai sur la question écologiste et un objet plus marketing qu’allant véritablement au fond des choses. Je craignais même de le ranger dans la catégorie de chantre de l’écologie « molle ». Il n’en est rien.

    Ce livre est pourtant écrit par le réalisateur du documentaire Demain (co-réalisé avec Mélanie Laurent), que j’avais déjà bien apprécié. Un militant écologiste intelligent qui ne se contente pas de rappeler des faits connus de tous, mais qui cherche des solutions concrètes pour qu’on avance tous dans le bon sens. Il a également présidé le mouvement Colibris et dirigé la rédaction du magazine Kaizen, tous deux fortement impliqués dans la recherche de modes de vie alternatifs pour éviter de courir tout droit vers la catastrophe écologique.

    Le gros point fort de cet essai, c’est qu’il est très accessible et en même temps très bien documenté. De nombreux exemples concrets viennent étayer son propos, des illustrations qu’on peut facilement ressortir à l’occasion d’un débat enflammé. Même si la partie sur les solutions aurait pu être approfondie, ce n’est pas tant cela qui importe, mais il est surtout essentiel de comprendre le cheminement de la pensée de Cyril Dion. A savoir que chaque révolution part d’initiatives individuelles, et se fait pas à pas. En s’appuyant sur la science et les mécanismes qui régissent notre cerveau, Dion en vient à désigner les erreurs que commettent trop souvent les écologistes ou tous ceux qui souhaitent initier un mouvement populaire : soit prêcher déjà des convaincus, soit faire des leçons de morale à des gens qui de toute façon ne sont pas prêts à changer leurs comportements, et enfin ne pas concevoir de plan pour l’après-révolution (ce qui expliquerait pourquoi les Printemps Arabes ont en partie échoué). L’idée est plutôt d’unifier les différents mouvements qui sont hétérogènes mais qui finalement souhaitent plus ou moins la même chose, et de ne pas uniquement se battre pour son propre intérêt. Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à rassembler sur une cause qui serait universelle, pour ensuite une fois au pouvoir appliquer les préceptes pour lesquels on se bat (exemple d’Harvey Milk qui a pu être élu grâce au combat mené contre les crottes de chiens à San
  • De la nature

    De rerum natura

    Essai et poésie.

    Livre de Lucrèce

    Très intéressant de voir comment les Romains de l'Antiquité expliquaient les phénomènes naturels de toutes sortes avec leur mots à eux. Un livre à la valeur historique importante, pas dénué de poésie dans son style non plus.