Enchanteurs de poésies

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100 morceaux

par TsumegoSan

Musique...poésies... un mariage qui peut donner beaucoup de plaisirs.

Il y a la liste d'Intemporelle qui se concentre sur Baudelaire http://www.senscritique.com/liste/Baudelaire_en_musique/1437330

clin d’œil à mon cousin pour Arthur toujours

https://vimeo.com/132903280

https://vimeo.com/152188712

Sources d'inspiration pour ceux qui ont deezer:
http://www.deezer.com/playlist/63192619
http://www.deezer.com/playlist/1356484115

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  • 1
    Écouter

    Gaston Miron

    10:01. Présent dans 1 album.

    Morceau de Babx

    la claque! d’où ça vient? ou ça va?!.... bravo et merci Babx merci Gaston!

    https://youtu.be/BMX8Ap5xw4s

    Tu as les yeux pers des champs de rosées
    tu as des yeux d'aventure et d'années-lumière
    la douceur du fond des brises au mois de mai
    dans les accompagnements de ma vie en friche
    avec cette chaleur d'oiseau à ton corps craintif
    moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches
    moi je fonce à vive allure et entêté d'avenir
    la tête en bas comme un bison dans son destin
    la blancheur des nénuphars s'élève jusqu'à ton cou
    pour la conjuration de mes manitous maléfiques
    moi qui ai des yeux où ciel et mer s'influencent
    pour la réverbération de ta mort lointaine
    avec cette tache errante de chevreuil que tu as

    tu viendras tout ensoleillée d'existence
    la bouche envahie par la fraîcheur des herbes
    le corps mûri par les jardins oubliés
    où tes seins sont devenus des envoûtements
    tu te lèves, tu es l'aube dans mes bras
    où tu changes comme les saisons
    je te prendrai marcheur d'un pays d'haleine
    à bout de misères et à bout de démesures
    je veux te faire aimer la vie notre vie
    t'aimer fou de racines à feuilles et grave
    de jour en jour à travers nuits et gués
    de moellons nos vertus silencieuses
    je finirai bien par te rencontrer quelque part
    bon dieu!
    et contre tout ce qui me rend absent et douloureux
    par le mince regard qui me reste au fond du froid
    j'affirme ô mon amour que tu existes
    je corrige notre vie

    nous n'irons plus mourir de langueur
    à des milles de distance dans nos rêves bourrasques
    des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres
    les épaules baignées de vols de mouettes
    non
    j'irai te chercher nous vivrons sur la terre
    la détresse n'est pas incurable qui fait de moi
    une épave de dérision, un ballon d'indécence
    un pitre aux larmes d'étincelles et de lésions
    profondes
    frappe l'air et le feu de mes soifs
    coule-moi dans tes mains de ciel de soie
    la tête la première pour ne plus revenir
    si ce n'est pour remonter debout à ton flanc
    nouveau venu de l'amour du monde
    constelle-moi de ton corps de voie lactée
    même si j'ai fait de ma vie dans un plongeon
    une sorte de marais, une espèce de rage noire
    si je fus cabotin, concasseur de désespoir
    j'ai quand même idée farouche
    de t'aimer pour ta pureté
    de t'aimer pour une tendresse que je n'ai pas connue
    dans les giboulées d'étoiles de mon ciel
    l'éclair s'épanouit dans ma chair
    ....................
  • 2
    Écouter

    L'ivresse des hauteurs / Elias Basquiat (2011)

    12:06. Présent dans 1 album.

    Morceau de Arthur H et Jean-Louis Trintignant

    Basquiat à travers les voix d'Arthur et de Jean-louis
  • 3
  • 4

    Chant d’insomnie (Char) (1996)

    Chant D'insomnie (Char)

    1:59. Présent dans 1 album.

    Morceau de Hélène Martin

    rené char

    http://www.musicme.com/#/Helene-Martin/titres/Chant-D%27insomnie-t579819.html

    ce court poème est vraiment comme un mystère pour moi, je peux l'écouter en boucle, le charme opère encore et encore.

    "Miniature semblable à l'iris, l'orchidée,
    Cadeau le plus ancien des prairies au plaisir
    Que la cascade instille, que la bouche délivre."
  • 5
    Écouter

    Jean Genet

    7:50. Présent dans 1 album.

    Morceau de Babx

    Jean Genet
    Le condamné à mort

    https://youtu.be/FqrWdNBDAXg
  • 6

    Maire-Galante (2012)

    7:15. Présent dans 1 album.

    Morceau de Arthur H et Nicolas Repac

  • 7
    Écouter

    La Fontaine de sang (2007)

    2:00. Présent dans 1 album.

    Morceau de Jean-Louis Murat

    Encore une définition de l'angoisse par Baudelaire

    https://youtu.be/wj03ViRKs5w?t=1817

    La fontaine de sang

    Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
    Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
    Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
    Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.

    A travers la cité, comme dans un champ clos,
    Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
    Désaltérant la soif de chaque créature,
    Et partout colorant en rouge la nature.

    J'ai demandé souvent à des vins captieux
    D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ;
    Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine !

    J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux ;
    Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
    Fait pour donner à boire à ces cruelles filles !
  • 8
    Écouter

    Corps perdu (2012)

    6:24. Présent dans 1 album.

    Morceau de Arthur H et Nicolas Repac

    Aimé Césaire

    Moi qui Krakatoa
    moi qui tout mieux que mousson
    moi qui poitrine ouverte
    moi qui laïlape
    moi qui bêle mieux que cloaque
    moi qui hors de gamme
    moi qui Zambèze ou frénétique ou rhombe ou cannibale
    je voudrais être de plus en plus humble et plus bas
    toujours plus grave sans vertige ni vestige
    jusqu’à me perdre tomber
    dans la vivante semoule d’une terre bien ouverte.
    Dehors une belle brume au lieu d’atmosphère serait point sale
    chaque goutte d’eau y faisant un soleil
    dont le nom le même pour toutes choses
    serait RENCONTRE BIEN TOTALE
    si bien que l’on ne saurait plus qui passe
    ou d’une étoile ou d’un espoir
    ou d’un pétale de l’arbre flamboyant
    ou d’une retraite sous-marine
    courue par les flambeaux des méduses-aurélies
    Alors la vie j’imagine me baignerait tout entier
    mieux je la sentirais qui me palpe ou me mord
    couché je verrai venir à moi les odeurs enfin libres
    comme des mains secourables
    qui se feraient passage en moi
    pour y balancer de longs cheveux
    plus longs que ce passé que je ne peux atteindre.
    Choses écartez-vous faites place entre vous
    place à mon repos qui porte en vague
    ma terrible crête de racines ancreuses
    qui cherchent où se prendre
    Chose je sonde je sonde
    moi le portefaix je suis porte-racines
    et je pèse et je force et j’arcane
    j’omphale
    Ah qui vers les harpons me ramène
    je suis très faible
    je siffle oui je siffle des choses très anciennes
    de serpents de choses caverneuses
    Je or vent paix-là
    et contre mon museau instable et frais
    pose contre ma face érodée
    ta froide face de rire défait.
    Le vent hélas je l’entendrai encore
    nègre nègre nègre depuis le fond
    du ciel immémorial
    un peu moins fort qu’aujourd’hui
    mais trop fort cependant
    et ce fou hurlement de chiens et de chevaux
    qu’il pousse à notre poursuite toujours marronne
    mais à mon tour dans l’air
    je me lèverai un cri et si violent
    que tout entier j’éclabousserai le ciel
    et par mes branches déchiquetées
    et par le jet insolent de mon fût blessé et solennel
    je commanderai aux îles d’exister
  • 9
    Écouter

    L'Affiche rouge (2011)

    4:04. Présent dans 7 albums.

    Morceau de Léo Ferré

    flippant
  • 10

    Hommage à la vie (Supervielle) (1996)

    Hommage À La Vie (Supervielle)

    2:17. Présent dans 1 album.

    Morceau de Hélène Martin

    Des images simples mais touchantes

    Jules Supervielle

    http://www.musicme.com/#/Helene-Martin/albums/Abecedaire-Des-Poetes-4-3661585107262.html

    C'est beau d'avoir élu
    Domicile vivant
    Et de loger le temps
    Dans un coeur continu,
    Et d'avoir vu ses mains
    Se poser sur le monde
    Comme sur une pomme
    Dans un petit jardin,
    D'avoir aimé la terre,
    La lune et le soleil,
    Comme des familiers
    Qui n'ont pas leurs pareils,
    Et d'avoir confié
    Le monde à sa mémoire
    Comme un clair cavalier
    A sa monture noire,
    D'avoir donné visage
    A ces mots : femme, enfants,
    Et servi de rivage
    A d'errants continents,
    Et d'avoir atteint l'âme
    A petit coups de rame
    Pour ne l'effaroucher
    D'une brusque approchée.
    C'est beau d'avoir connu
    L'ombre sous le feuillage
    Et d'avoir senti l'âge
    Ramper sur le corps nu,
    Accompagné la peine
    Du sang noir dans nos veines
    Et doré son silence
    De l'étoile Patience,
    Et d'avoir tous ces mots
    Qui bougent dans la tête,
    De choisir les moins beaux
    Pour leur faire un peu fête,
    D'avoir senti la vie
    Hâtive et mal aimée,
    De l'avoir enfermée
    Dans cette poésie.

    Jules Supervielle
  • 11
    Écouter

    Tu n'en reviendras pas (1961)

    2:55. Présent dans 5 albums.

    Morceau de Léo Ferré

    Aragon

    https://youtu.be/_nnEoEw4o5I

    Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
    Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu
    Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
    Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

    Qu’un obus a coupé par le travers en deux
    Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
    Et toi le tatoué l’ancien légionnaire
    Tu survivras longtemps sans visage sans yeux
    On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve
    On glissera le long de la ligne de feu
    Quelque part ça commence à n’être plus du jeu
    Les bonshommes là-bas attendent la relève
    Roule au loin roule train des dernières lueurs
    Les soldats assoupis que ta danse secouent
    Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
    Cela sent le tabac l’haleine la sueur
    Comment vous regarder sans voir vos destinées
    Fiancés de la terre et promis des douleurs
    La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
    Vous bougez vaguement vos jambes condamnées (...)
    Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
    Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
    Déjà le souvenir de vos amours s’efface
    Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri
  • 12

    La mélodie des choses

    4:25. Présent dans 2 albums.

    Morceau de Las Hermanas Caronni

    rainer maria rilke

    Le "clip" qui va avec est sympa, peut-être un peu mélancolique...8-)
    https://youtu.be/ZGxZ8fjkO28

    Sei es das Singen einer Lampe oder die Stimme des Sturms, sei es das Atmen des Abends oder das Stöhnen des Meeres, das dich umgiebt – immer wacht hinter dir eine breite Melodie, aus tausend Stimmen gewoben, in der nur da un dort dein Solo Raum hat.

    Que ce soit le chant d’une lampe ou bien la voix de la tempête, que ce soit le souffle du soir ou le gémissement de la mer, qui t’environne – toujours veille derrière toi une ample mélodie, tissée de mille voix, dans laquelle ton solo n’a sa place que de temps à autre.
  • 13
    Écouter

    Réversibilité (1996)

    4:20. Présent dans 2 albums.

    Morceau de Jean-Louis Murat

    Baudelaire

    https://youtu.be/yf27GYtQsic

    Réversibilité

    Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
    La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
    Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
    Qui compriment le coeur comme un papier qu'on froisse ?
    Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?

    Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
    Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
    Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
    Et de nos facultés se fait le capitaine ?
    Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?

    Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
    Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
    Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,
    Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?
    Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres ?

    Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
    Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
    De lire la secrète horreur du dévouement
    Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avides ?
    Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ?

    Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
    David mourant aurait demandé la santé
    Aux émanations de ton corps enchanté ;
    Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières,
    Ange plein de bonheur, de joie et de lumières !
  • 14

    Je ne songeais pas à Rose (2009)

    4:10. Présent dans 1 album.

    Morceau de José van Dam

    ça sent le vécu sacré Victor!

    https://youtu.be/22gRr_6T768

    Je ne songeais pas à Rose ;
    Rose au bois vint avec moi ;
    Nous parlions de quelque chose,
    Mais je ne sais plus de quoi.

    J'étais froid comme les marbres ;
    Je marchais à pas distraits ;
    Je parlais des fleurs, des arbres
    Son oeil semblait dire: " Après ? "

    La rosée offrait ses perles,
    Le taillis ses parasols ;
    J'allais ; j'écoutais les merles,
    Et Rose les rossignols.

    Moi, seize ans, et l'air morose ;
    Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
    Les rossignols chantaient Rose
    Et les merles me sifflaient.

    Rose, droite sur ses hanches,
    Leva son beau bras tremblant
    Pour prendre une mûre aux branches
    Je ne vis pas son bras blanc.

    Une eau courait, fraîche et creuse,
    Sur les mousses de velours ;
    Et la nature amoureuse
    Dormait dans les grands bois sourds.

    Rose défit sa chaussure,
    Et mit, d'un air ingénu,
    Son petit pied dans l'eau pure
    Je ne vis pas son pied nu.

    Je ne savais que lui dire ;
    Je la suivais dans le bois,
    La voyant parfois sourire
    Et soupirer quelquefois.

    Je ne vis qu'elle était belle
    Qu'en sortant des grands bois sourds.
    " Soit ; n'y pensons plus ! " dit-elle.
    Depuis, j'y pense toujours.
  • 15
    Écouter

    Vous aviez mon cœur (2009)

    Vous Aviez Mon Coeur

    1:54. Présent dans 2 albums.

    Morceau de Julos Beaucarne

    Marceline DESBORDES-VALMOR

    http://www.musicme.com/Julos-Beaucarne/titres/Vous-Aviez-Mon-Coeur-t579494.html

    Qu'en avez-vous fait ?

    Vous aviez mon coeur,
    Moi, j'avais le vôtre :
    Un coeur pour un coeur ;
    Bonheur pour bonheur !

    Le vôtre est rendu,
    Je n'en ai plus d'autre,
    Le vôtre est rendu,
    Le mien est perdu !

    La feuille et la fleur
    Et le fruit lui-même,
    La feuille et la fleur,
    L'encens, la couleur :

    Qu'en avez-vous fait,
    Mon maître suprême ?
    Qu'en avez-vous fait,
    De ce doux bienfait ?

    Comme un pauvre enfant
    Quitté par sa mère,
    Comme un pauvre enfant
    Que rien ne défend,

    Vous me laissez là,
    Dans ma vie amère ;
    Vous me laissez là,
    Et Dieu voit cela !

    Savez-vous qu'un jour
    L'homme est seul au monde ?
    Savez-vous qu'un jour
    Il revoit l'amour ?

    Vous appellerez,
    Sans qu'on vous réponde ;
    Vous appellerez,
    Et vous songerez !...

    Vous viendrez rêvant
    Sonner à ma porte;
    Ami comme avant,
    Vous viendrez rêvant.

    Et l'on vous dira :
    " Personne !... elle est morte. "
    On vous le dira ;
    Mais qui vous plaindra ?
  • 16

    Berceuse de l’enfant qui ne veut pas grandir (De Obaldia) (1996)

    Berceuse De L'enfant Qui Ne Veut Pas Grandir (de Obaldia)

    2:42. Présent dans 1 album.

    Morceau de Hélène Martin

    René De Obaldia

    http://www.musicme.com/#/Helene-Martin/albums/Abecedaire-Des-Poetes-4-3661585107262.html

    Berceuse de l’enfant qui ne veut pas grandir

    Mon petit frère a le bourdon
    Et ma petite soeur bourdonne.
    L’âne du ciel broute un chardon :
    Une vieille étoile d’automne.

    Papa est mort depuis longtemps
    Dans une guerre expéditive.
    Maman s’en va par tous les temps
    Rejoindre un monsieur de Tananarive.

    Dormez, dormez, grandes personnes.
    Le volet claque, la nuit vient.
    C’est toujours la même heure qui sonne
    Priez pour mon ange gardien !

    Je serre mon harmonica
    Contre mon coeur et sa brûlure.
    Je suis le dernier des Incas
    Et le premier de ma nature.

    Ah ! ne me faites pas grandir,
    Je sais déjà toutes les choses.
    La nuit, bientôt, va m’étourdir
    Je respire à petites doses.

    Dormez, dormez, grandes personnes.
    Le volet claque, la nuit vient.
    C’est toujours la même heure qui sonne
    Priez pour mon ange gardien !

    Ah ! que je reste tout petit,
    Déjà trop grand pour tant de larmes !
    Une seule étoile suffit
    A désarmer tous les gendarmes.

    Maman est avec le Monsieur
    Qui ne se couche qu’aux aurores.
    Je vais compter jusqu’à cent deux
    Je vais attendre, attendre encore

    Dormez, dormez, grandes personnes.
    Le volet claque, la nuit vient.
    C’est toujours la même heure qui sonne
    Priez pour mon ange gardien !
  • 17

    Je t'aime par les chemins noirs (1990)

    3:31. Présent dans 1 album.

    Morceau de Hélène Martin

    Aragon

    https://youtu.be/JZEUmlNznoM



    Je t’aime par les chemins noirs comme ceux qui n’ont demeure
    Et qui marchent toute la nuit toute part à se dépenser
    J’inscris ton nom sur tous les murs qu’avec moi mon amour ne meurt
    Qu’ils soient mémoire à mon murmure et preuve par où j’ai passé


    Où j’ai perdu mon ombre humaine où j’ai mêlé vivre et mes rêves
    Où j’ai ta main dans ma paume et croisé tes pas de mes pas
    Tant qu’enfin le temps qui se lève ainsi qu’un parfum parachève
    L’aube de nous dont la merveille est que nous ne la verrons pas


    Je t’aime au-delà de mon âme au-delà des soirs et des jours
    M’entends-tu quand je dis je t’aime à l’enlacer à t’en lasser
    Je suis la faim que rien ne comble et la soif que rien ne secourt
    Et pas un instant de ma chair assez ne l’aura caressée


    Je t’aime au-delà d’être un homme au-delà de toucher et voir
    Au-delà des mots qui me font au profond du cœur ce grand bruit
    Au-delà même du vertige où tes yeux m’étaient seuls miroirs
    Je t’aime au-delà de moi-même où même t’aimer me détruit


    Je t’aime comme d’épouvante et comme de mon ventre ouvert
    Je ne suis que le cri terrible où tu t’éloignes de ma plaie
    L’arrachement de ta présence et le péril de ton désert
    O toi mon éternel partir toujours de moi qui t’en allais
  • 18

    Pour mes amis morts en mai (1990)

    2:22. Présent dans 1 album.

    Morceau de Hélène Martin

  • 19

    Jouvence des névrons (Char) (1996)

    Jouvence Des Névrons (Char)

    1:16. Présent dans 1 album.

    Morceau de Hélène Martin

    René Char

    http://www.musicme.com/#/Helene-Martin/titres/Jouvence-Des-Nevons-t579818.html

    Jouvence des Névons

    Dans l’enceinte du parc, le grillon ne se tait que pour s’établir davantage.

    Dans le parc des Névons
    Ceinturé de prairies,
    Un ruisseau sans talus,
    Un enfant sans ami
    Nuancent leur tristesse
    Et vivent mieux ainsi.

    Dans le parc des Névons
    Un rebelle s’est joint
    Au ruisseau, à l’enfant,
    À leur mirage enfin.

    Dans le parc des Névons
    Mortel serait l’été
    Sans la voix d’un grillon
    Qui, par instant, se tait.
  • 20
    Écouter

    Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (2011)

    3:33. Présent dans 8 albums.

    Morceau de Léo Ferré

    question d'actualité

    Aragon

    https://youtu.be/43ekIvUMlIY

    Tout est affaire de décor
    Changer de lit changer de corps
    A quoi bon puisque c'est encore
    Moi qui moi-même me trahis
    Moi qui me traîne et m'éparpille
    Et mon ombre se déshabille
    Dans les bras semblables des filles
    Où j'ai cru trouver un pays.

    Cœur léger cœur changeant cœur lourd
    Le temps de rêver est bien court
    Que faut-il faire de mes jours
    Que faut-il faire de mes nuits
    Je n'avais amour ni demeure
    Nulle part où je vive ou meure
    Je passais comme la rumeur
    Je m'endormais comme le bruit.

    Est-ce ainsi que les hommes vivent
    Et leurs baisers au loin les suivent.

    C'était un temps déraisonnable
    On avait mis les morts à table
    On faisait des châteaux de sable
    On prenait les loups pour des chiens
    Tout changeait de pôle et d'épaule
    La pièce était-elle ou non drôle
    Moi si j'y tenais mal mon rôle
    C'était de n'y comprendre rien

    Dans le quartier Hohenzollern
    Entre la Sarre et les casernes
    Comme les fleurs de la luzerne
    Fleurissaient les seins de Lola
    Elle avait un cœur d'hirondelle
    Sur le canapé du bordel
    Je venais m'allonger près d'elle
    Dans les hoquets du pianola.

    Le ciel était gris de nuages
    Il y volait des oies sauvages
    Qui criaient la mort au passage
    Au-dessus des maisons des quais
    Je les voyais par la fenêtre
    Leur chant triste entrait dans mon être
    Et je croyais y reconnaître
    Du Rainer Maria Rilke.

    Elle était brune et pourtant blanche
    Ses cheveux tombaient sur ses hanches
    Et la semaine et le dimanche
    Elle ouvrait à tous ses bras nus
    Elle avait des yeux de faïence
    Elle travaillait avec vaillance
    Pour un artilleur de Mayence
    Qui n'en est jamais revenu.

    Il est d'autres soldats en ville
    Et la nuit montent les civils
    Remets du rimmel à tes cils
    Lola qui t'en iras bientôt
    Encore un verre de liqueur
    Ce fut en avril à cinq heures
    Au petit jour que dans ton cœur
    Un dragon plongea son couteau
  • 21
    Écouter

    Il n'aurait fallu

    2:40. Présent dans 4 albums.

    Morceau de Léo Ferré

    oral du bac... bon souvenir quand même

    https://youtu.be/vCG4_Uc23-Q

    Aragon

    Il n'aurait fallu
    Qu'un moment de plus
    Pour que la mort vienne
    Mais une main nue
    Alors est venue
    Qui a pris la mienne

    Qui donc a rendu
    Leurs couleurs perdues
    Aux jours aux semaines
    Sa réalité
    A l'immensité
    Des choses humaines

    Moi qui frémissais
    Toujours je ne sais
    De quelle colère
    Deux bras ont suffi
    Pour faire à ma vie
    Un grand collier d'air

    Rien qu'un mouvement
    Ce geste en dormant
    Léger qui me frôle
    Un souffle posé
    Moins une rosée
    Contre mon épaule

    Un front qui s'appuie
    A moi dans la nuit
    Deux grands yeux ouverts
    Et tout m'a semblé
    Comme un champ de blé
    Dans cet univers

    Un tendre jardin
    Dans l'herbe où soudain
    La verveine pousse
    Et mon cœur défunt
    Renaît au parfum
    Qui fait l'ombre douce
  • 22
    Écouter

    Je n'ai pas oublié (2007)

    1:58. Présent dans 1 album.

    Morceau de Jean-Louis Murat

    Baudelaire

    https://youtu.be/wj03ViRKs5w?t=1543

    Je n'ai pas oublié, voisine de la ville,
    Notre blanche maison, petite mais tranquille ;
    Sa Pomone de plâtre et sa vieille Vénus
    Dans un bosquet chétif cachant leurs membres nus,
    Et le soleil, le soir, ruisselant et superbe,
    Qui, derrière la vitre où se brisait sa gerbe,
    Semblait, grand oeil ouvert dans le ciel curieux,
    Contempler nos dîners longs et silencieux,
    Répandant largement ses beaux reflets de cierge
    Sur la nappe frugale et les rideaux de serge.
  • 23
    Écouter

    L'Examen de minuit (2007)

    7:06. Présent dans 1 album.

    Morceau de Jean-Louis Murat (live, 2010-04-07: La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, France)

    Baudelaire

    https://youtu.be/1WKe0Un01kA

    L'examen de minuit

    La pendule, sonnant minuit,
    Ironiquement nous engage
    A nous rappeler quel usage
    Nous fîmes du jour qui s'enfuit :
    - Aujourd'hui, date fatidique,
    Vendredi, treize, nous avons,
    Malgré tout ce que nous savons,
    Mené le train d'un hérétique ;

    Nous avons blasphémé Jésus,
    Des Dieux le plus incontestable !
    Comme un parasite à la table
    De quelque monstrueux Crésus,
    Nous avons, pour plaire à la brute,
    Digne vassale des Démons,
    Insulté ce que nous aimons
    Et flatté ce qui nous rebute ;

    Contristé, servile bourreau
    Le faible qu'à tort on méprise ;
    Salué l'énorme Bêtise,
    La Bêtise au front de taureau ;
    Baisé la stupide Matière
    Avec grande dévotion,
    Et de la putréfaction
    Béni la blafarde lumière ;

    Enfin, nous avons, pour noyer
    Le vertige dans le délire,
    Nous, prêtre orgueilleux de la Lyre,
    Dont la gloire est de déployer
    L'ivresse des choses funèbres,
    Bu sans soif et mangé sans faim !...
    - Vite soufflons la lampe, afin
    De nous cacher dans les ténèbres !

  • 24
    Écouter

    Ulysse (2007)

    3:41. Présent dans 2 albums.

    Morceau de Ridan

    Joachim DU BELLAY

    https://youtu.be/WefxVZLhm9U

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
    Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
    Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
    Vivre entre ses parents le reste de son âge !

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
    Fumer la cheminée, et en quelle saison
    Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
    Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

    Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
    Que des palais Romains le front audacieux,
    Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

    Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
    Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
    Et plus que l'air marin la doulceur angevine.
  • 25
    Écouter

    Le labyrinthe

    5:22. Présent dans 1 album.

    Morceau de Le Larron

  • 26
    Écouter

    Le Pont Mirabeau (1992)

    2:12. Présent dans 9 albums.

    Morceau de Serge Reggiani

    Guillaume Apollinaire

    Reggiani
    https://youtu.be/E-rSQ0OtUvU

    Marc lavoine (Merci Intemporelle)
    https://youtu.be/tT-EXLdhgGA

    Léo FERRE (Merci Ratdebibli)
    https://youtu.be/kyi50LWPAqY

    Sous le pont Mirabeau coule la Seine
    Et nos amours
    Faut-il qu’il m’en souvienne
    La joie venait toujours après la peine.

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    Les mains dans les mains restons face à face
    Tandis que sous
    Le pont de nos bras passe
    Des éternels regards l’onde si lasse

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    L’amour s’en va comme cette eau courante
    L’amour s’en va
    Comme la vie est lente
    Et comme l’Espérance est violente

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    Passent les jours et passent les semaines
    Ni temps passé
    Ni les amours reviennent
    Sous le pont Mirabeau coule la Seine

    Vienne la nuit sonne l’heure
    Les jours s’en vont je demeure

    Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
  • 27

    Tu aimes coucher

    2:05. Présent dans 1 album.

    Morceau de Ouroboros

    Joyce Mansour

    http://www.musicme.com/Ouroboros/albums/Joyce-Mansour-3700368449479.html

    Tu aimes coucher dans notre lit défait.
    Nos sueurs anciennes ne te dégoûtent pas.
    Nos draps salis par des rêves oubliés
    Nos cris qui résonnent dans la chambre sombre
    Tout ceci exalte ton corps affamé.

    Ton laid visage s’illumine enfin
    Car nos désirs d’hier sont tes rêves
    de demain.
  • 28
  • 29

    Je suis nue

    4:04. Présent dans 1 album.

    Morceau de Ouroboros

    Joyce Mansour

    http://www.musicme.com/#/Ouroboros/albums/Joyce-Mansour-3700368449479.html

    Je suis nue et la mort chante
    Je suis nue sous mes cheveux déployés
    et tes yeux impurs, cernés d’émail me découvrent
    Je suis nue et le noir illimité de minuit m’épouvante
    Car mes rêves enchâssés dans ma tête charnue abdiquent…
    et la mort chante...

  • 30

    Mignonne allons voir

    3:54. Présent dans 1 album.

    Morceau de Les Grandes Gueules

    Mignonne, allons voir si la rose

    http://www.musicme.com/#/Les-Grandes-Gueules/albums/Poeziques-0886443350793.html

    Pierre de RONSARD
    A Cassandre

    Mignonne, allons voir si la rose
    Qui ce matin avoit desclose
    Sa robe de pourpre au Soleil,
    A point perdu ceste vesprée
    Les plis de sa robe pourprée,
    Et son teint au vostre pareil.

    Las ! voyez comme en peu d'espace,
    Mignonne, elle a dessus la place
    Las ! las ses beautez laissé cheoir !
    Ô vrayment marastre Nature,
    Puis qu'une telle fleur ne dure
    Que du matin jusques au soir !

    Donc, si vous me croyez, mignonne,
    Tandis que vostre âge fleuronne
    En sa plus verte nouveauté,
    Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
    Comme à ceste fleur la vieillesse
    Fera ternir vostre beauté.