Films vus et commentés en 2019

Avatar sparowtony Liste de

40 films

par sparowtony

Comme on ne change pas les bonnes habitudes, c'est parti pour une année qui s'annonce spectaculaire. L'année 2018 était une magnifique année cinéma, assez productive et pleine de belles découvertes. Espérons que 2019 soit du même acabit.

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    Narco (2004)

    1 h 45 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Tristan Aurouet et Gilles Lellouche avec Guillaume Canet, Zabou Breitman, Benoît Poelvoorde

    1er Janvier

    Bien chauffé par la réussite du "Grand Bain", j'étais très curieux de voir ce premier film de Gilles Lellouche. Si il n'est évidemment pas exempt de maladresses (mais quel premier film ne l'est pas ?), il s'avère être une belle surprise. Lellouche et Aurouet visent des références américaines (plus ou moins justifiées par l'enfance du héros qui s'est gavé de séries Z ricaines), jusque dans la bo efficace de Sébastien Tellier. Ce n'est pas un mal, ça fonctionne même assez bien. De fait, le montage est extrêmement dynamique, voire tape-à-l'oeil avec l'ajout de voix-off inutiles. C'est un film qui se montre en permanence et qui semble conscient de ses effets, pour le meilleur comme pour le pire. Le plus gros problème reste l'intrigue assez étrange, car on ne sait jamais vraiment où elle va avant une bonne heure. Le montage parfois clipesque sert donc presque de cache-misère à cette intrigue par moment nébuleuse. Mais la mise en scène de Lellouche et Aurouet reste suffisamment pensée et pleine d'idées pour ne pas gâcher le plaisir, d'autant plus que les acteurs s'en sortent tous très bien. Poelvoorde fait certes du Poelvoorde, mais c'est aussi pour ça que c'est très drôle, tandis que la galerie de personnages secondaires complètement décalés (de la famille de tueurs à l'éditeur gros beauf) est une plus-value non négligeable. C'est d'ailleurs assez amusant de remarquer que dans "Narco" comme dans "Le grand bain", Lellouche s'intéresse à des marginaux qui ont tout ratés et qui sont prêt à tout pour réussir (peut-on parler d'auteur ?). J'aime bien ce thème, car il apporte quasi systématiquement de l'émotion et une certaine profondeur aux personnages (toute proportion gardée). Il restera toujours quelques regrets, comme les rêves qui sont peu creusés ou la fin qui n'a pas grand chose de très intéressant à montrer. Mais il y a du cinéma là-dedans, qu'on le veuille ou non. Le film est sans prétention et s'efforce tous le temps d'être original, ce qui reste un très bon point en sa faveur.
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    Mi$e à prix (2007)

    Smokin' Aces

    1 h 50 min. Sortie : . Action, policier, drame et thriller.

    Film de Joe Carnahan avec Ryan Reynolds, Ray Liotta, Joseph Ruskin

    2 Janvier

    Je suis pourtant friand de ce genre de film mais je dois avouer que "Mise à prix" m'a un peu trop épuisé pour totalement me convaincre. La base du scénario est pourtant franchement bonne, et l'idée d'orchestrer un jeu de massacre en huis-clos est aussi classique qu'efficace. Je ne peux même pas reprocher à Carnahan de ne pas aller au bout de son concept, car il sait se montrer généreux à plus d'une reprise, sans compter que sa mise en scène est parfois inspirée (le faux plan-séquence d'étages en étages est par exemple justifiable). Mais le montage clipesque à la croisée de Tony Scott et de Guy Ritchie, ainsi que le scénario abracadabrant ne sont pas tenables sur près d'1h50. Je vais être honnête, dès les 25 premières minutes, j'étais déjà épuisé par la phase d'exposition laborieuse et confuse (il faut dire que le nombre de personnages à présenter est faramineux). Carnahan veut en fait tellement en faire que le long-métrage manque souvent de s'effondrer à cause d'une impression de trop-plein. Ce n'est jamais vraiment le cas, car le rythme reste maitrisé, l'écriture réserve son lot de drôlerie, et les personnages ont tous un certain charisme. Mais l'ensemble parait déjà bancal, et la fin n'arrange pas grand chose. Etrangement posée par rapport au bordel qui l'a précédée, elle réserve des twists peu convaincants et laisse même quelques questions sur ce que deviendront certains personnages. Autrement dit, le film se finit sur une note peu satisfaisante. Si Carnahan a eu des couilles et s'est manifestement amusé (comme en témoigne son all-star cast en roue libre qui semble s'éclater aussi), son manque de retenue joue un peu en sa défaveur cette fois-ci. L'entreprise est chancelante, mais je ne vais pas lui en vouloir non plus d'avoir voulu s'amuser. C'est juste que je me suis moi-même bien moins amusé que prévu. Le film reste agréable tout de même.
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    Le Retour du héros (2018)

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie et historique.

    Film de Laurent Tirard avec Jean Dujardin, Mélanie Laurent, Noémie Merlant

    Séances de cinéma (1 salle)
    4 Janvier

    Je ne connaissais de Laurent Tirard que des films comme "Le petit Nicolas" et le dernier Astérix de triste mémoire. Autrement dit, rien de très engageant. Pourtant, je me surprend à trouver ce film très honnête. Sincère et soigné, "Le retour du héros" est peut-être un poil anecdotique, mais il est toujours honorable et sait profiter à merveille du talent comique de Dujardin. Sans surprise, il est l'attraction principale du film. On pense évidemment à OSS 117 à voir cet imbécile heureux endosser un rôle bien trop grand pour lui, mais qu'importe tant Dujardin assure le show. J'avoue apprécier beaucoup cet acteur (et je suis déjà impatient de le voir dans les prochains Dupieux et Polanski), c'est un plaisir de le voir jouer et le film lui doit clairement beaucoup. Plus surprenant peut-être, Mélanie Laurent convainc dans une partition comique inattendue et forme un duo appréciable avec le héros. Elle est à l'image du film: elle fait amplement le boulot. La mise en scène sans trop de relief mais plus que correcte de Tirard fait le boulot, le scénario efficace ménage suffisamment de retournements de situations pour captiver, et la bo référencée de Mathieu Lombaley avec son leitmotiv héroique entêtant fonctionne très bien. Une certaine vitalité chez les personnages secondaires (surtout la sœur et son mari) apporte aussi beaucoup de piment à cette comédie appréciable. "Le retour du héros" n'est jamais très marquant, la faute peut-être à son décor quasiment unique et à une certaine retenue comique (mais peut-être est-ce plutôt une forme d'élégance, qui sait ?). Quoi qu'il en soit, le film m'a laissé un certain sourire. C'est sans prétention et bien exécuté. C'est déjà bien plus que le dernier film de Dany Boon (ça c'était gratuit).
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    The House That Jack Built (2018)

    2 h 35 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Lars von Trier avec Matt Dillon, Uma Thurman, Siobhan Fallon Hogan

    Séances de cinéma (1 salle)
    5 Janvier

    Que ceux qui en doutaient soient rassurés: Lars Von Trier n'a rien perdu de sa verve provocatrice, bien au contraire. De ce point de vue-là, "The House That Jack Built" peut être vu comme un aboutissement, une sorte de film-somme. C'est une réflexion ultime sur l'art: jusqu'où peut-on aller pour une œuvre artistique ? Faut-il vraiment être prêt à tout au nom de l'art ? Les questions posées sont mine de rien assez passionnantes, et si la réponse de Jack est évidemment très claire, celle de Von Trier l'est encore plus. Car celui-ci ne se fait pas d'illusion: c'est un gouffre qui attends ceux qui se comportent comme Jack. On se rend même vite compte que Von Trier parle de lui-même (le film pouvant être vu comme une sorte d'autobiographie). On constate alors non sans sidération que "The House That Jack Built" est une sorte d'autopunition. Von Trier ne se réserve rien de moins que les enfers. Mais Von Trier restant Von Trier, il ne le fait pas sans humour et provocation. Le film s'amuse toujours avec les repères moraux et la noirceur en chacun. L'interprétation volontairement trouble de Matt Dillon (juste époustouflant) arrive même à faire entrer en empathie avec le personnage, notamment lors de scènes assez drôles sur les TOCS de son personnage. Mais cet humour n'est pas gratuit, car Von Trier s'en tient à son ambition: essayer de comprendre un tueur en série. On est de son point de vue et uniquement de son point de vue. Von Trier ne se démonte pas et fait preuve en quelque sorte d'une véritable honnêteté avec son sujet, jusqu'à adapter sa mise en scène à son anti-héros. Ses digressions sont même pour la plupart assez drôles et bien pensées (à l'instar de l'illustration avec les lampadaires). L'épilogue hallucinant (trip tout droit sorti de "2001" mais dans les enfers) achève ce geste artistique sidérant de la plus belle des manières. Incroyablement troublant et dérangeant, le dernier Von Trier est probablement son meilleur film. Un film ample et riche qui ne laisse pas indifférent tout en créant la réflexion. Et n'est-ce pas l'une des plus belle qualités du cinéma ? Film majeur de 2018.
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    Le Redoutable (2017)

    1 h 47 min. Sortie : . Biopic, romance, comédie et drame.

    Film de Michel Hazanavicius avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo

    6 Janvier

    Portrait malveillant ou simple satire ? La question se pose. Si la fascination qu'a Hazanavicius pour Godard semble évidente, on se demande en revanche si son regard sur le metteur en scène n'est pas teinté d'une forme de mépris, tant le portrait qui est fait de Godard est tout sauf flatteur. Je ne pense pas grand chose de Godard lui-même, ma connaissance de son histoire et de sa filmographie étant encore bien trop partielle pour que je puisse dire quoi que ce soit de pertinent à son sujet. Ce que je retiens, c'est qu'Hazanavicius a tiré un film d'un personnage a priori bien complexe, et c'est un film plutôt intéressant. Il faut se faire à l'interprétation de Louis Garrel (le malaise n'étant pas loin quand on l'entend parler pour la première fois) et au rythme très lancinant bien loin d'un épisode de OSS 117. J'ai trouvé au film une forme d'élégance formelle, avec une photographie agréable et des cadres toujours très soignés. En prime, Hazanavicius se prête à des jeux de mise en scène amusants qui sont évidemment des références à Godard (et certaines sont plutôt habiles). L'une des plus grandes réussites réside dans la retranscription assez juste de toute une époque, pleine d'envies, de contradictions et de déceptions. Une époque qui déteint sur ce bon vieux Godard qui s'enferme de plus en plus dans une complexité qui finit par le rendre insaisissable. Et c'est là que l'histoire se fait vraiment intéressante. Cette histoire, c'est aussi la lente fin d'un couple qui finit par ne plus se comprendre (au passage, magnifique Stacy Martin). Il est juste dommage que le film ne se permette jamais vraiment d'envolée lyrique. Malgré le cabotinage plutôt bien géré de Louis Garrel, "Le redoutable" reste dans une certaine retenue qui finit par le rendre un peu anecdotique. Une oeuvre intéressante tout de même.
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    Dovlatov (2018)

    Довлатов

    2 h 06 min. Sortie : . Drame et biopic.

    Film de Alexei German Jr avec Artur Beschastny, Milan Maric, Danila Kozlovsky

    7 Janvier

    Le film est étrangement dans la lignée de "Leto", sorti avec un intervalle de quelques mois. Encore une fois, l'artiste russe est célébré dans la liberté qu'il incarne, et l'aspect formel contient quelques similitudes (comme le recours quasi systématique aux plan-séquence). Mais toute comparaison s'arrête là, car le film se fait bien plus sobre et posé qu'un "Leto" (qui lui était bien plus virtuose). Il faut dire que "Dovlatov" ne raconte pas l'histoire de chanteurs mais d'écrivains, et que Alexei German Jr fait le choix de ne raconter que quelques jours dans la vie de son héros. L'idée est intéressante, car le film peut de ce fait respirer. Qu'on l'aime ou non, il déborde de vie et retranscrit non sans maestria toute la crispation d'une époque. Certaines scènes glaçantes rappellent à quel point toute liberté est fragile pour un artiste russe dans les années 70, et l'interprétation toute en retenue de Artur Beschastny (cherchez pas, je ne connais pas du tout) émeut par sa subtilité. Seulement, ce que le film gagne en retenue, il finit par le perdre en force. Même si il est intéressant à plus d'une reprise, je l'ai trouvé globalement très plat. Le tout ne décolle jamais vraiment, et c'est bien dommage car j'ai l'impression que je vais l'oublier assez rapidement. C'est juste complètement anecdotique.
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    La Crème de la crème (2014)

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Kim Chapiron avec Thomas Blumenthal, Alice Isaaz, Jean-Baptiste Lafarge

    8 Janvier

    Très sympathique. Bon, qu'on soit clair, Chapiron s'est bien calmé depuis "Sheitan" et livre un film de facture beaucoup plus classique. Moins impertinent, moins vulgaire et bien plus posé en terme de mise en scène (peut-être même un peu trop). Il n'empêche: on retrouve la personnalité de son auteur qui dépeint à nouveau une jeunesse immorale qui n'est pas si antipathique que ça (à l'instar de Bart dans "Sheitan"). C'est un film qui déborde de vie et qui retranscrit avec une certaine justesse l'arrogance d'un milieu de plus en plus déshumanisé. Mais Chapiron n'est pas dupe non plus et a tout de même de l'espoir. A ce titre, j'ai trouvé la fin particulièrement osée et géniale: il est sur que certains souriront devant le sursaut de naiveté de Chapiron, mais la façon dont il traite l'évolution de la relation entre les personnages est plutôt bien gérée. Il n'en fait jamais trop et reste dans une justesse agréable, d'autant plus que son casting est très bien dirigé. On en a déjà parlé à l'époque, mais Alice Isaaz fait office de révélation fracassante tant elle maintient une ambiguité fascinante le long du récit. Elle hérite d'ailleurs des meilleurs dialogues (tous très bien écrits, c'est probablement l'une des plus grandes réussites du film). Si on peut reprocher une mise en scène peut-être un poil plate, le film est globalement de très bonne facture. Il est bien construit, et il est surtout assez intelligent et original. Chapiron semble avoir gagné en maturité, et si "La crème de la crème" est assez logiquement moins jouissif qu'un "Sheitan", il n'en reste pas moins prometteur pour la suite de sa carrière.
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    Première Année (2018)

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Thomas Lilti avec Vincent Lacoste, William Lebghil, Michel Lerousseau

    14 Janvier

    Dans la lignée de son excellente série Hyppocrate (et de deux autres films qu'il me reste à voir), Thomas Lilti sonde le milieu de la médecine avec rigueur et sobriété. Enfin, en l'occurrence, il sonde un milieu d'études inhumain pour peut-être (!) devenir médecin. Même si les différences entre les deux promos sont plus qu'évidentes, je me suis forcément un peu retrouvé dans les personnages principaux en tant que khâgne (et j'en viens à me dire que je suis très bien là où je suis !). Ce qui est fort, c'est que Lilti retranscrit avec une rigueur rare le stress permanent lié aux enjeux (les concours blancs, puis le concours, etc)...de ce point de vue-là, le film est vraiment prenant. On stresse avec les personnages et on vit (ou subit ?) cette année avec eux. La mise en scène, sobre mais très efficace, bénéficiant surtout d'un montage extrêmement maitrisé et pensé en amont, accompagne deux acteurs particulièrement attachants. L'empathie se fait facilement, et Lilti n'oublie pas de leur accorder de brefs moments d'humanité pour montrer que même les étudiants ont quand même un semblant de vie. Tout le discours sur les élites m'a franchement convaincu, le film arrive à être glaçant sans trop en faire. Bien sur, je peux admettre que la fin déçoive, mais je l'ai trouvé particulièrement cohérente, et le rôle du père de William Lebghil était un indice plus qu'évident pour la teneur de cette conclusion. Si certaines parties plus "écrites" sont moins convaincantes (notamment au milieu du film), le pari est globalement réussi.
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    Mademoiselle de Joncquières (2018)

    1 h 49 min. Sortie : . Drame.

    Film de Emmanuel Mouret avec Cécile de France, Edouard Baer, Alice Isaaz

    19 Janvier

    Un film d'une élégance et d'une maitrise rare. Mouret n'a peur de rien et n'hésite pas à faire de son film un enchainement de tirades dans un nombre de décors limités. Et le pire, c'est que ça marche. Ca marche car c'est finement écrit et merveilleusement interprété: Cécile de France comme Edouard Baer semblent nés pour leur rôle, et Mouret se sert aussi très bien de la troublante beauté d'Alice Isaaz. Apparemment adapté très librement d'un segment de "Jacques le fataliste", le scénario surprend constamment mais dans le bon sens du terme. Complexe, riche en rebondissement et bien ficelé, le récit évite en outre tout manichéisme et montre des personnages plus complexes qu'il n'y parait (et j'adore quand notre empathie sur les personnages change au fil d'un film). J'irais même jusqu'à dire que le film est très beau et s'est mis à m'émouvoir à la fin, titillant ma fibre romantique. De fait, peu importe le nombre de décors limités qui trahissent le peu de budget: l'intérêt est bien ailleurs, et Mouret l'a compris. Son film est d'une perfection formelle impressionnante, tirant parti de ses décors avec réussite et étant d'une rigueur de mise en scène très surprenante (sans compter la beauté de la photographie). La réussite est pour ainsi dire totale, empruntant à l'élégance d'une autre époque tout en se montrant d'une remarquable modernité (le sous-texte féministe étant même plus nuancé qu'il n'y parait). Quel dommage que le film soit passé un poil inaperçu, car un joli succès n'aurait pas été immérité.
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    Barton Fink (1991)

    1 h 56 min. Sortie : . Drame.

    Film de Joel Coen avec John Turturro, John Goodman, Judy Davis

    27 Janvier

    Je devrais être habitué avec les frères Coen, mais le film est assez perturbant tant l'histoire ne va jamais où on l'attends. Beaucoup d'éléments du scénario restent nébuleux et n'auront jamais vraiment d'explications, mais ce n'est pas bien grave car l'essentiel est compris. Toujours avec leur ton merveilleusement caustique (qui n'est pas sans rappeler celui de "Fargo" qui oscille lui aussi entre humour et scènes morbides), le duo livre un portrait d'Hollywood assez terrifiant. La mise en scène continuellement remarquable participe à créer un univers mental métaphorique très inquiétant, et le casting brillant participe à l'atmosphère (Goodman étant particulièrement génial en composant un personnage à la fois tendre et inquiétant). Plus le film avance, plus on a l'impression de sombrer dans la folie avec le personnage, jusqu'à une scène finale brillante et étonnamment assez bouleversante tant son côté apaisé est vu comme une libération. Si le discours sur Hollywood est finalement assez classique, les frères Coen arrivent à se démarquer avec une forme radicale et audacieuse. Et ça marche totalement, car le film est brillant à plus d'une reprise.
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    La Mule (2019)

    The Mule

    1 h 56 min. Sortie : . Drame, gangster et thriller.

    Film de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne

    2 Février

    Etrangement, les films les plus indispensables de la filmo d'Eastwood sont ceux où il se met en scène, et "La Mule" ne déroge clairement pas à la règle. Eastwood est un de mes cinéastes favoris, nombre de ses films comptant énormément dans ma cinéphilie. Je ne vous dis donc pas le plaisir que j'ai ressenti devant "La Mule", film conçu avec une maitrise et une tranquillité presque arrogante. Du haut de ses 88 ans, Eastwood sait plus que jamais ce qu'il fait, et chaque plan de "La Mule" transpire le pur cinéma, que ce soit dans le découpage d'une clarté et d'une efficacité absolue ou dans la maestria avec laquelle il convoque différentes émotions. On sourit beaucoup (et c'est là une sacrée surprise), mais l'émotion sait aussi progressivement se révéler au fur et à mesure que l'étau se resserre. Et ça, Eastwood le fait comme à chaque fois avec intelligence et sensibilité. Son personnage de vieux roublard est éminemment drôle et attachant, et la plupart des autres personnages sont très bien travaillés (notamment bien sur celui de Bradley Cooper). Il faut saluer le script de Nick Schenk, déjà à l'œuvre sur le brillant "Gran Torino", qui, si il ne manque pas de petites ficelles, est globalement bien équilibré et jouit de belles trouvailles (sans compter un regard sur les Etats-Unis qui transparait dans certaines séquences et qui est digne d'intérêt). Mais évidemment, toute la beauté du film réside dans ce corps abimé et vieillissant qu'Eastwood exhibe en permanence. C'est juste terriblement émouvant. Une chose est claire: malgré son intrigue policière, "La Mule" parle d'abord et avant tout de vieillesse et de transmission, et ce avec une vraie justesse. Le film a l'intelligence de ne jamais être pesant, et le plaisir est pour ainsi dire permanent. C'est une sacrée leçon que nous livre là Eastwood, qui continue encore et toujours à faire du vrai et beau cinéma, tant qu'il est encore temps. Grand film, ni plus ni moins.
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    Docteur Folamour (1964)

    Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Stanley Kubrick avec Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden

    11 Février

    Même en 2019, je me suis surpris à penser "Non, ils ont quand même pas osés !". "Docteur Folamour" est encore d'une irrévérence incroyable aujourd'hui. C'est simple, Kubrick se fout un peu de la gueule de tout, des dirigeants russes à l'armée en passant par le patriotisme exacerbé et le consumérisme idiot (le gag sur Coca Cola est très drôle). Le film est une merveille d'écriture, et il est aidé par un casting qui s'en donne à cœur joie, Peter Sellers le premier (chacun de ses trois rôles étant tordant à sa manière). Comme toujours chez Kubrick, c'est très bien branlé (le contraire aurait été surprenant) et le rythme est très efficace. Le tout est d'autant plus fort que le film est un quasi huis-clos qui alterne 3 points de vues dont le contact est tout bonnement impossible. Qu'on ne s'y méprenne pas non plus: derrière son humour tordant, le film est évidemment un pur reflet de son époque et dénonce habilement le climat tendu de la guerre froide. C'est vraiment ça qui lui donne de l'intérêt, et Kubrick montre à sa manière que les vieux démons ne sont jamais bien loin, comme dans la séquence tout bonnement hallucinante où le fameux docteur s'empêche de faire des saluts nazis. Voilà ce qu'on appelle un film toujours drôle, divertissant, pertinent et bien conçu. Kubrick n'a jamais vraiment de difficulté à me convaincre, et ce "Docteur Folamour" sans aucune ride le montre encore très bien.
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    Bohemian Rhapsody (2018)

    2 h 14 min. Sortie : . Biopic, drame et comédie musicale.

    Film de Bryan Singer avec Rami Malek, Lucy Boynton, Gwilym Lee

    Séances de cinéma (53 salles)
    12 Février

    Difficile de savoir quelle part est dévolue à Singer, mais l'ensemble tient globalement la route en terme de mise en scène. C'est propre, parfois inspiré, et certaines transitions sont de belles trouvailles. Bref, comme toujours avec Singer (qui reste à mes yeux un metteur en scène sous-coté), c'est amplement correct, sans compter que la photographie et le montage, dévolus respectivement aux fidèles Newton Thomas Sigel et John Ottman, respirent le savoir-faire. Dommage que tout ça soit au service d'une histoire on ne peut plus convenue, à la structure d'un classicisme presque insultant. "Bohemian Rhapsody" coche toutes les cases du bon biopic, et c'est malheureusement un problème car le film devient très vite assez lisse. Pire encore, j'ai eu l'impression un peu gênante de ne pas avoir appris grand chose sur le groupe, tant les événements s'enchainent de façon linéaire sans qu'on comprenne vraiment le comment du pourquoi. De plus, certains des passages les plus intéressants sont réduits à des ellipses, ce qui n'arrange pas ce sentiment. Passons sur quelques excès ridiculement romancés (comme l'assistant qui devient limite le "bad-guy" du film, c'est parfois très drôle) et une représentation qui semble beaucoup trop arranger les autres membres vivants de Queen (Mercury est montré comme le seul responsable de la séparation fictive du groupe, c'est pas très sympa). Car si on passe outre tous ces défauts, on a un film correctement filmé et raconté, qui bénéficie en outre de la prestation de Rami Malek qui est sans surprise génial. La dernière demi-heure en mode "rédemption", aussi fictive soit-elle, est de plus très inspirante. Le film divertit et tient donc très bien la durée, mais n'arrive jamais à être plus que le petit biopic efficace. Il n'y a jamais quelque chose qui dépasse ou qui est vraiment impertinent (ce qui est plutôt ironique pour un film sur Mercury). C'est, je suppose, le prix à payer quand on a un film conçu dans des conditions pareilles. C'est déjà un miracle qu'il ressemble à quelque chose, mais il ne faut clairement pas en espérer plus.
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    Alita : Battle Angel (2019)

    2 h 02 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Robert Rodriguez avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly

    14 Février

    Qu'on règle de suite la question, le film est plus un film de James Cameron que de Robert Rodriguez. C'est pour ça que je suis allé le voir et c'est aussi pour ça que je l'ai apprécié, car le tout est d'une rigueur que n'a probablement jamais connu le reste de la filmo de Rodriguez (si ce n'est "Sin City" qui copie-colle les cases de la bd). J'ai pris mon pied, car le tout est fait avec un soin de plus en plus rare dans le cinéma grand public hollywoodien. On découvre peu à peu l'univers et ses enjeux en même temps que l'héroine, qui est très vite attachante. Faut dire que le scénario coécrit par ce bon vieux Cameron (comme par hasard) est globalement une très belle réussite, délivrant patiemment ses atouts et laissant le spectateur s'imprégner de l'univers. Le tout n'est pas exempt de maladresses: quelques répliques un peu nazes, d'autres qui ont tendance à être trop explicatives...le tout additionné à un montage parfois beaucoup trop rapide. On sent que Rodriguez n'a pas forcément eu les coudées franches pour la durée, car il y a des moments où le film ne respire pas, enchainant les scènes trop rapidement. Mais ce ne sont finalement que des bévues, car le reste est très généreux et soucieux de bien faire. Ce soin se trouve dans les scènes d'actions, véritablement ébouriffantes et incroyablement bien filmées. La mise en scène du film est dans l'ensemble une vraie réussite, pleine de souffle et se faisant par moment virtuose dans son découpage. Ce soin visuel se trouve aussi dans les prises de vues, souvent somptueuses et mettant en valeur un univers dont on a envie de découvrir chaque recoin. L'histoire d'amour (ultra "cameronienne") est même touchante, c'est dire. La raison ? Outre l'écriture plus que correcte, le jeu de Rosa Salazar y est pour beaucoup. Elle est incroyablement expressive, et la motion-capture est juste époustouflante. Pour dire, je pense que c'est de loin la créature numérique la plus convaincante que j'ai vu (et c'est pas peu dire quand on connait le boulot de Weta sur La planète des singes). Le personnage d'Alita, aussi touchant que badass, est le cœur du film. On vit cette histoire avec elle, et on a envie en permanence d'en savoir toujours plus. Aussi perfectible soit-il (même le climax n'est finalement pas si dingue que ça), le film m'a transporté tant il est soigneux, immersif et prenant. C'est une superbe réussite, et j'aimerais vraiment voir une suite, quand bien même elle risque de ne jamais arriver.
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    Ne le dis à personne (2006)

    2 h 11 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Guillaume Canet avec François Cluzet, Marie-Josée Croze, André Dussollier

    17 Février

    J'ai décidément beaucoup d'estime pour Guillaume Canet réalisateur, et "Ne le dis à personne" est probablement son meilleur film. Le long-métrage bénéficie certes d'une intrigue assez impeccable écrite en amont par Harlan Coben, mais le savoir-faire de Canet rend le film haletant du début jusqu'à la fin. Il se montre en plus excellent directeur d'acteurs, se faisant chef d'orchestre d'un casting impressionnant et toujours à sa place. En fait, le plus fort là-dedans, c'est que le film n'a pas grand chose à envier aux thrillers américains (ce qui était probablement l'ambition de Canet vu la bo très référencée). François Cluzet incarne un héros dépassé auquel on s'attache instantanément, et les multiples péripéties s'enchainent sans véritable fausse note. L'idée de prendre M pour la bo, qui peut paraitre un peu curieuse, fonctionne étrangement assez bien, et donne à l'enquête une aura de mystère qui ne peut que la servir. Globalement de très bonne facture technique (la photographie est par exemple de qualité) et raconté avec soin, le film est finalement d'une ambition assez rare dans le cinéma français. Canet a certes réuni du beau monde dans son entourage qui y est pour beaucoup dans la réussite du film, mais on aimerait tout de même voir plus d'oeuvres de cette facture.
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    Spider-Man : New Generation (2018)

    Spider-Man: Into the Spider-Verse

    1 h 57 min. Sortie : . Action, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman avec Shameik Moore, Jake Johnson, Hailee Steinfeld

    26 Février

    Le film est éminemment sympathique en premier lieu pour sa créativité. Les auteurs s'amusent et veulent bien faire les choses, voilà quelque chose que l'on ne peut nier. Cette créativité se retrouve dans l'animation, impeccable et pleine d'idées, mais aussi dans la mise en scène qui joue habilement avec les perspectives et les pouvoirs de chacun des personnages. Il faut le dire, c'est dans l'ensemble très beau à regarder, et le travail photographique est absolument impeccable (on se croirait presque par moment dans un "Enter the void" version Marvel !). Maintenant, qu'en est-il de l'histoire ? C'est on ne peut plus classique (ce qui n'est pas du tout un mal), la véritable valeur ajoutée résidant dans le concept du multiverse. De ce point de vue-là, c'est pas mal du tout, on ressent un vrai plaisir à voir toutes ces versions de Spiderman. Après, je mentirais si je dirais que le film m'a plus impressionné que ça. On ne voit finalement qu'assez peu les autre itérations de Spiderman, et le chemin de Miles Morales est assez balisé et peu émouvant. C'est tellement classique qu'on ne ressent finalement que peu de choses. Mais ça n'enlève rien au mérite du film qui est dans tous les cas un excellent divertissement, le rythme étant impeccable et les scènes d'actions de haute volée (sans compter la bo assez réussie de Daniel Pemberton). C'est juste que je ne me suis pas forcément retrouvé dans les critiques dithyrambiques. C'est peut-être une question de nostalgie, mais j'ai encore bien plus de frisson devant les films de Sam Raimi, qui sont empreints d'un souffle épique encore unique.
  • La Graine et le Mulet (2007)

    2 h 31 min. Sortie : . Drame.

    Film de Abdellatif Kechiche avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Farida Benkhetache

    2 Mars

    Film magnifique qui déborde de vie, comme souvent chez Kechiche. L'œuvre est ici d'autant plus belle qu'il y a un semblant d'intrigue (certes très minime) qui prend la forme d'un combat. Un combat malheureusement voué à être perdu d'avance, et ce à cause de ce qui est le coeur du film: les rapports familiaux conflictuels, pleins de rancoeurs et de non-dits. Kechiche fait ainsi une radiographie assez juste de la famille et des regrets. Son personnage principal, mutique mais très attachant, semble courir derrière l'illusion de pouvoir rattraper le temps perdu, mais le destin semble vouloir que ça se déroule autrement. Seul espoir dans tout ce marasme: la rayonnante Hafsia Herzi, juste époustouflante dans un rôle de soutien plein d'humanité. Elle exalte la vie et fait avancer le personnage principal, se battant jusqu'au bout pour lui dans un climax assez réjouissant. La caméra de Kechiche fait encore et toujours des merveilles en captant des morceaux de vie révélateurs, aidé par des acteurs qu'il arrive à rendre plus que convaincant. Un très beau film.
  • Bande-annonce

    L'Esquive (2004)

    1 h 57 min. Sortie : . Romance et comédie dramatique.

    Film de Abdellatif Kechiche avec Sara Forestier, Osman Elkharraz, Sabrina Ouazani

    5 Mars

    Le début du film a tendance à être surprenant, de par la qualité d'image ou l'interprétation de Sara Forestier (on sait très bien qu'elle utilise un langage qui n'est pas le sien et il faut un temps d'adaptation). Mais une fois qu'on rentre dedans, on ne lâche plus le récit. Kechiche fait une radiographie du milieu des cités avec une justesse encore une fois assez rare: il regarde ses héros sans aucune condescendance et les montre tels qu'ils sont, c'est-à-dire pétris de défauts mais aussi plein d'humanité. Sans jamais trop en faire, le film arrive à être réellement touchant et dépeint une histoire d'amour qui a tout pour être improbable mais qui arrive toujours à être crédible. Les personnages sont bien caractérisés et excellement interprétés, ce qui aide beaucoup, que ce soit le maladroit et timide Krimo ou la pétillante Lydia. J'aime beaucoup la façon dont une simple histoire d'amour prends des proportions improbables au fil du récit, jusqu'à une scène terrible (soit l'arrivée des policiers) qui empêche définitivement toute déclaration. La séquence est assez incroyable, je n'arrivais plus à respirer, j'ai même cru que le film allait se terminer comme dans "La Haine" avec une bavure fatale. A priori assez inutile, elle sert pourtant tout le propos de l'œuvre (expliqué explicitement par la prof): on est prisonnier de sa condition sociale peu importe les efforts qu'on fait, et cette scène de brutalité policière le montre avec une certaine force. Mais malgré son pessimisme apparent, le film a tout de même quelque chose d'agréable dans sa façon de dépeindre la vie de personnages qui ont envie de s'en sortir. Kechiche offre même quelques moments plus légers où l'humour arrive à se frayer un chemin. En résulte une œuvre pleine d'humanité et toujours très juste, probablement l'une des meilleures de Kechiche. Un vrai plaisir.
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    Captain Marvel (2019)

    2 h 04 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Anna Boden et Ryan Fleck avec Brie Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law

    6 Mars

    J'ai conscience que ma note est un peu généreuse, car le film est évidemment pétri de défauts, mais je lui ai trouvé quelque chose d'assez réjouissant. Dans sa faculté à jouer avec le buddy-movie, à réveiller l'ambiance des années 90 (certes assez superficiellement) et en faisant preuve d'un optimisme béat. Mis à part la portée féministe, le film est en fait sans grandes prétentions, et c'est ce qui fait son charme à mes yeux. Il est exécuté sans génie mais fait le boulot, divertit bien, a un humour qui fonctionne et un univers dont on veut toujours en découvrir plus (ce qui est peut-être la force du MCU). La structure de la découverte progressive de l'identité (en mode Jason Bourne) apporte un peu de plus value à la narration et dynamise le montage. C'est aussi toujours un plaisir de revoir Fury (Samuel L. Jackson est génial comme à son habitude) et Coulson. Après, le film loupe le coche pour ce qui est d'être vraiment marquant dans le MCU: malgré son aspect plaisant, il est singulièrement anecdotique, peu aidé par une mise en scène sans véritable intérêt et une Brie Larson monolithique (qui parait en plus tous le temps condescendante, et donc peu attachante). Le côté féministe est apporté avec des gros sabots (mis à part Fury, la plupart des hommes sont des gros beaufs sexistes qui veulent reléguer la femme à la cuisine), et l'intrigue n'arrive jamais à acquérir du souffle. On est emportés, mais pas euphoriques, gênés par un manque d'ambition flagrant et des maladresses inhérentes à la façon dont le MCU pense ses films. Le cahier des charges est encore une fois respecté, mais à quel prix ? Heureusement que "Endgame" arrive le mois prochain, ça devrait être d'un autre niveau.
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    Serenity (2019)

    1 h 46 min. Sortie : . Drame, thriller et science-fiction.

    Film de Steven Knight avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Diane Lane

    8 Mars

    Les critiques ne mentaient donc pas: "Serenity" est hallucinant de bout en bout, s'enfonçant dans une intrigue toujours plus stupide et improbable. J'en suis même venu à me demander pourquoi des gens ont acceptés de le financer avec une histoire pareille. Et tant qu'on y est, pourquoi tant d'acteurs talentueux se sont perdus là-dedans ? Steven Knight fait des discours si éloquents ? Car le résultat est surprenant à plus d'un titre (et c'est un euphémisme): l'intrigue, qui est tout-à-fait correcte dans sa première moitié, part complètement en vrille après un twist d'une débilité incroyable que même des étudiants en cinéma n'auraient pas osés écrire. C'est d'autant plus hallucinant que les acteurs y croient vraiment et se donnent à fond. Le film m'a donc laissé confus: il a beau être complètement stupide (voire malsain dans son final en mode happy-end), il est exécuté avec un sérieux à tout épreuve. Ainsi, la mise en scène, la photographie, l'interprétation et même la musique, sont faits avec une certaine rigueur. Je vais même être honnête: le film se suit parfaitement bien et n'est pas du tout désagréable à suivre. McConaughey et Hathaway (que j'ai trouvé tout deux parfaits) y sont certes pour beaucoup, mais ça ne change pas qu'il m'a laissé une impression schizophrénique. Je pense qu'il faut le voir pour le croire, le film est un OVNI absolu. C'est en quelque sorte ce qui fait tout son intérêt, même si je serais toujours frustré en imaginant ce qu'il aurait pu être sans son twist.
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    The Wall (2017)

    1 h 30 min. Sortie : . Thriller et guerre.

    Film de Doug Liman avec Aaron Taylor-Johnson, John Cena, Laith Nakli

    9 Mars

    Le concept me plaisait énormément, et Liman s'y tient avec rigueur. Huis-clos oblige, le scénario est capital pour maintenir l'intérêt. Et ça tombe bien, parce qu'il est parfaitement écrit. Si on excepte le trauma du personnage principal qui est parfaitement dispensable et un peu superficiel, le récit est d'une solidité incroyable et tire totalement parti de son concept. Le duel rhétorique et psychologique entre les deux ennemis est impeccable, et les divers rebondissements arrivent toujours à relancer les enjeux, et ce jusqu'à la dernière minute. Le cas Doug Liman me fascine: il a tout du yes-man qui enchaine les projets selon son intérêt, mais il est capable de livrer des films d'une solidité surprenante (comme "La mémoire dans la peau" ou "Edge of tomorrow"). "The wall" se range dans cette catégorie, déjà parce que Aaron Taylor-Johnson est impeccablement dirigé, mais aussi parce que la mise en scène est vraiment solide. Le film est propre de bout en bout (la photographie est par ailleurs parfaite), se révélant être un divertissement redoutable à la maitrise rare. Bien sur, la réflexion sur la place des américains en Irak est assez attendue et manque d'originalité, et la fin m'a personnellement un peu déçu (je la trouve assez facile). Mais c'était tout de même un sacré voyage, et la filmographie de Liman ayant beau manquer d'identité et de vision, "The wall" me montre qu'elle s'avère définitivement digne d'intérêt.
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    La Surface de réparation (2018)

    1 h 34 min. Sortie : . Drame.

    Film de Christophe Regin avec Franck Gastambide, Alice Isaaz, Hippolyte Girardot

    9 Mars

    Un joli premier film, au parti-pris que je trouve assez courageux: montrer la destinée tragique et anti-spectaculaire d'un homme qui est condamné à rester dans l'ombre des autres. Je trouve encore plus remarquable l'idée d'avoir pris Franck Gastambide pour interpréter cet homme. Le contre-emploi est certes attendu, mais je ne mentirais pas en disant qu'il est superbement géré par l'acteur: je lui ai vraiment trouvé des capacités insoupçonnées, et j'aimerais le voir plus dans des rôles de cet acabit. Sa dynamique avec Alice Isaaz (toute aussi talentueuse) joue beaucoup. Ce que je trouve intéressant, c'est que le récit devient de plus en plus noir et oppressant au fil de son évolution. Il ne se passe pourtant rien de spécial, mais comme le personnage, on en a marre: on veut juste qu'il parte et qu'il laisse ce train de vie. Alors malgré des défauts, comme une mise en scène qui manque d'ampleur ou deux-trois acteurs moins convaincants, le film reste très prenant. Il a l'honnêteté de se tenir à son postulat et arrive à émouvoir en n'en faisant pas trop. C'est plutôt prometteur.
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    Triple frontière (2019)

    Triple Frontier

    2 h 05 min. Sortie : . Action, aventure, policier, drame et thriller.

    Film de J.C. Chandor avec Ben Affleck, Oscar Isaac, Charlie Hunnam

    13 Mars

    Surpris des retours un peu tiède, parce qu'honnêtement, mis à part la fin qui aurait pu être plus radicale et s'avère être trop gentille par rapport au reste du film, le long-métrage est génial à plus d'une reprise. Chandor est un gars talentueux qui sait adapter sa mise en scène au genre: dès les 10 premières minutes, on ne se doute pas une seule seconde que le metteur en scène réalise là son premier film d'action tant c'est filmé avec une maestria rare. En terme de découpage et de composition des plans, c'est juste du travail d'orfèvre. Le scénario brille par son efficacité et ses nombreuses surprises: le suspense est pour ainsi dire permanent, et c'est impossible de lâcher le récit au gré de ses nombreux rebondissements dès qu'on est embarqué dedans. Le décor y est pour beaucoup, le scénariste Mark Boal tirant parfaitement parti des contraintes physiques et des tensions géopolitiques de cette "triple frontière", pour non seulement mettre en danger les personnages de toutes les manières possibles, mais aussi livrer une véritable réflexion sur l'Amérique et ses excès. Les personnages principaux, complexes, attachants et faillibles, incarnent ainsi une Amérique qui s'est totalement perdue. Chacun est brillamment écrit et brillamment interprété: dans le rôle d'un looser qui finit par vriller, Ben Affleck impressionne tant il ne va pas du tout où on l'attend au début du film (c'est peut-être l'une des plus belles surprises du métrage). Le reste du casting n'est évidemment pas en reste, et heureusement, parce qu'ils sont le principal intérêt d'un film qui joue habilement avec les genres, entre film de braquage et Survival. C'est haletant du début à la fin, mais aussi très cruel et radical. Je me répète, mais le film aurait pu être immense si il avait assumé cette radicalité à la fin. Néanmoins, je ne crache pas dans la soupe: le scénario reste parfaitement cohérent et Chandor n'a pas du tout ménagé ses personnages. C'est facilement le meilleur film sorti sur Netflix, et l'un des films de braquage les plus surprenants, audacieux et mieux écrits depuis longtemps. C'est aussi un grand film sur la cupidité, où je ne me suis pas arrêté de me dire "qu'est-ce que j'aurais fait à leur place ?". Vraiment excellentissime.
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    Aquaman (2018)

    2 h 23 min. Sortie : . Action, aventure, fantastique et science-fiction.

    Film de James Wan avec Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe

    17 Mars

    Je n'attendais pas grand chose de ce "Aquaman" mais il a quand même réussi à me décevoir. Le film est en fait excessivement frustrant, dans la mesure où il est d'une générosité incroyable. On sent que Wan se fait plaisir, et bordel, il arrive qu'on en ait pour notre argent. Le récit a l'intelligence de faire voyager ses personnages de royaume en royaume, et le spectateur est constamment dépaysé par la richesse et le beauté visuelle de son univers. L'idée de filmer les scènes en Imax en rajoute beaucoup, et on entrevoit le blockbuster parfait que pourrait être "Aquaman" si il avait essayé de bien faire...tout le reste. Momoa avait parlé d'un "Star Wars" sous l'eau, et la démesure du film me l'a effectivement fait entrevoir. Mais bordel, achetez-vous un scénariste à côté ! L'écriture est absolument affreuse, digne de Besson pour "Valérian" (c'est dire la catastrophe). Absolument aucune tentative d'humour ne fonctionne et la plupart des scènes dramatiques sont aussi mal écrites que mal jouées (la mort du père de Black Manta est un grand moment de malaise). Momoa et Heard ont beau être taillés comme des dieux, leur alchimie est tout simplement inexistante et leur relation ne repose sur RIEN du tout. Mera trahit son père et son mari pour les beaux yeux de Momoa, et tombe amoureuse de lui en deux jours juste parce que c'est l'héroine du film et que Aquaman en est le héros. C'est tout. On en est là. Et cette musique, putain ! On passe d'un morceau épique à un mauvais remix de Africa de Toto, puis à une partition futuriste qu'on croirait échappé de "Blade Runner". La bo est tellement hétérogène qu'elle en devient littéralement surréaliste. Si on y ajoute des acteurs qui n'ont rien à jouer et qui ont des répliques que l'on finit à l'avance, difficile d'être vraiment enthousiasmé. Seule la générosité ambiante maintient le tout regardable (et encore). Au vu de son incroyable bataille finale, ce film aurait pu être tellement mais tellement plus. "Aquaman" est un blockbuster aussi démesuré qu'incompréhensible, pouvant faire penser autant au "Seigneur des Anneaux" qu'à "Gods of Egypt" selon les scènes. Ses fautes de goûts sont beaucoup trop impardonnables pour son propre bien.
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    Lourdes (2019)

    1 h 31 min. Sortie : .

    Documentaire de Thierry Demaizière et Alban Teurlai

    Séances de cinéma (182 salles)
    18 Mars

    Je ne vais pas mentir, je suis habituellement assez hermétique au genre du documentaire. La surprise face à ce film émouvant est d'autant plus grande, et elle est perceptible dès les premiers plans qui sont filmés avec une grâce rare. Le sujet est absolument fascinant, et les réalisateurs ont l'intelligence de chercher un angle universel à ce récit de chrétiens. "Lourdes" est ainsi un grand documentaire sur l'espoir et la condition humaine. L'acuité de leur regard rend certaines scènes absolument bouleversantes, où désespoir et dignité se confondent. Les personnes choisies y sont pour beaucoup, car leur parcours (parfois excessivement dur) émeut. Jamais misérabiliste mais toujours porté vers une forme d'espoir, le film est aussi une perle de montage, à la musique toujours bien choisie, qui rend compte de l'atmosphère grave et lancinante qui règne à Lourdes. De quoi pardonner aisément les quelques longueurs du film (qui a tendance à se répéter vers la fin), et féliciter les réalisateurs pour arriver à me scotcher devant un documentaire.
  • Bande-annonce

    Le Chant du loup (2019)

    1 h 55 min. Sortie : . Action et drame.

    Film de Abel Lanzac (Antonin Baudry) avec François Civil, Omar Sy, Mathieu Kassovitz

    Séances de cinéma (4 salles)
    19 Mars

    Sacrée réussite, qui mérite absolument tous les éloges qu'elle a eu. C'est d'autant plus impressionnant que Baudry réalise là son premier film, et il le fait avec une maestria de plus en plus rare dans le cinéma français. Le plaisir de voir un film français aussi ambitieux et spectaculaire est total, déjà parce que le tout est particulièrement maitrisé, mais aussi parce que Baudry ne prend jamais ses spectateurs pour ses imbéciles. La générosité de son film démontre au contraire de vrais envies de cinéma, et la dernière partie absolument haletante a de quoi captiver n'importe quelle personne réfractaire à un cinéma français dont il n'a que des clichés. Le casting ? Impeccable. J'ai eu un peu de mal à m'habituer à Omar Sy au début, mais on finit par se faire rapidement au caractère de son personnage. La musique de Marc Streitenfeld est aussi une jolie réussite aux influences zimeriennes (Streitenfeld étant un de ses nombreux poulains, c'est une évidence) assez plaisantes. La mise en scène joue habilement avec le son et rend le film on ne peut plus immersif et spectaculaire. Le scénario a quelques défauts, comme une romance totalement artificielle et inutile, ou bien deux-trois éléments un peu trop gros qui sortent du film, mais l'ensemble est globalement de très bonne tenue. L'engrenage infernal dans lequel les personnages sont embarqués est absolument redoutable, et le film redouble de dilemmes puissants qui rendent la dernière partie particulièrement scotchante. Le suspense est à ce titre assez incroyable, et fait pardonner à lui tout seul le peu de défauts d'un film que je recommande amplement.
  • Bande-annonce

    Les Déguns (2018)

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Cyrille Droux et Claude Zidi Jr. avec Karim Jebli, Nordine Salhi, Joseph Malerba

    22 Mars

    ?? Le malaise est intégral, sans compter que la mise en scène est aux abonnées absentes et que les guests sont tous plus surréalistes les uns que les autres. "L''humour" à base de pipi-caca est plus consternant qu'autre chose (n'est pas les frères Farelly qui veut) et le récit qui navigue à vue ennuie très rapidement. "Les déguns" ne s'embarrasse en fait à aucun moment de toute envie de cinéma, et se contente d'enchainer des sketchs pas drôles en attendant de savoir où il va. Je suppose que je ne suis pas le public visé et que les fans ont du être ravis. C'est certainement pas le cinéma qui en sort grandi.
  • Bande-annonce

    Birdemic (2008)

    Birdemic: Shock and Terror

    1 h 30 min. Sortie : 2008. Épouvante-Horreur, road movie, romance et drame.

    Film de James Nguyen avec Alan Bagh et Whitney Moore

    22 Mars

    Dans la lignée de "The Room" ou de "La vengeance", "Birdemic" est si incroyablement mauvais qu'il en devient hilarant. Sur le coup, j'ai vraiment cru que James Nguyen avait conçu un gigantesque troll, mais le film a apparemment été conçu avec les meilleures intentions du monde, Nguyen ayant dépensé 10 000 dollars (!) pour arriver à le produire. Qu'on soit clair, "Birdemic" est hallucinant de bout en bout, et ne fait rien, mais alors rien de bien. La mise en scène se résume à des panoramiques sur des routes et le jeu d'acteurs indescriptible enfonce le film dans des abysses de médiocrités insoupçonnables. Je ne ferais pas l'affront d'en dire plus, parce que le "scénario" vaut le coup d'œil et que la musique confine au génie improbable. "Birdemic" n'est pas un film qui se raconte mais qui se vit. Mais il faut le regarder à plusieurs, sinon il est impossible d'arriver à tenir plus de 10 minutes tant le nombre de scènes inutiles est hallucinant. Le film est rempli de scènes qui ne racontent...rien. En tout cas, si vous aimez voir des personnages marcher ou rouler en voiture pendant à chaque fois deux bonnes minutes, ce film est peut-être fait pour vous. Le reste appartient à la sensibilité de chacun.
  • L'Interview (1998)

    17 min.

    Court-métrage de Xavier Giannoli avec Jean-Marie Winling, Mathieu Amalric, Philippe Pollet-Villard

    3 Avril
  • Mémoires pour Simone (1986)

    1 h 03 min.

    Film de Chris Marker

    3 Avril
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