Films vus et commentés en 2020

Avatar Walter-Mouse Liste de

75 films

par Walter-Mouse

Une décennie vient de s'achever, une autre vient de commencer. On peut se sentir plus vieux mais pas ramolli, hors de question de s'arrêter en si bon chemin alors que nous ne sommes qu'au tout début du voyage. Il reste encore tant de choses à découvrir et tant d'événements à vivre. 2020 se doit d'être annonciatrice de moments inoubliables qui marqueront les années à venir et nous allons tout faire pour que cela se produise.
Il n'y a donc pas une minute à perdre, pas d'hésitation, on fonce sans réfléchir, c'est parti pour 365 nouveaux jours marqués sous le sceau du cinéma.

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  • Le Poison (1945)

    The Lost Weekend

    1 h 41 min. Sortie : . Drame et film noir.

    Film de Billy Wilder avec Ray Milland, Jane Wyman, Phillip Terry

    AVIS :

    La décadence purement misérable à laquelle Billy Wilder nous demande d'assister file autant la chair de poule qu'elle interpelle quant à la raison d'exister de tout individu. La dépendance à l'alcool démontrée ici est nuisible mais tout comme le seraient d'autres drogues et médicaments sur le métabolisme. Ce n'est pas tant la boisson qui est violemment attaquée mais l'abandon du consommateur, sa résignation face à la tentation d'un shot et le gâchis qu'il devient après quelques verres. Wilder nous le fait prendre en pitié en faisant transparaître, même en état d'ivresse, son côté spirituel, les intentions sans malfaisance qui le poussent à revenir infiniment vers la bouteille. Ray Milland transpire, s'agite, s'abaisse mais gagne plus notre miséricorde que notre mépris. Il est sans le sou et n'arrive pas à s'accrocher à sa passion première mais le cercle vicieux dans lequel il est enfermé nous fait craindre le pire sur son sort, Le Poison mélangeant avec aisance trois parties bien distinctes qui se réfèrent aux différentes phases alcooliques de l'écrivain, la dernière allant jusqu'à embrasser la folie et les visions terrifiantes qui achèvent la ruine du soûlard. À la fois noire, didactique, radicale et émouvante, une réussite.

    9/10
  • L'Appel de la forêt (1935)

    Call of the Wild

    1 h 35 min. Sortie : . Action, aventure, drame, romance et western.

    Film de William A. Wellman avec Clark Gable, Loretta Young, Jack Oakie

    AVIS :

    Basé sur les écrits renommés de Jack London, L'Appel de la Forêt part dans une direction assez différente du matériau d'origine puisque le chien Buck n'est plus le centre d'attention et la projection du spectateur, se voyant relégué au rang de compagnon à quatre pattes du véritable héros, Jack Thornton, joué par Clark Gable. C'est sur l'humain que William A. Wellman préfère se focaliser, motivé dans un premier temps par le métal précieux, nouant des contacts dans le Grand Nord Canadien puis apprenant un peu plus sur lui-même grâce à sa petite troupe. Que ça soit pour le tirage du traîneau lourdement chargé par le Saint-Bernard ou pour les discussions au coin du feu durant la nuit, Wellman filme l'ensemble avec beaucoup d'empathie pour ses chercheurs d'or, donnant une belle ampleur à ses décors très vivants (les villages et les habitations abondant de foules, les environnements naturels) et s'axant sur les liens unissant Gable à son animal tenace et à la femme qui l'a rejoint dans sa quête. On regrette seulement que la fin n'ose pas clôturer l'expérience sur une note pleine d'amertume et rattrape ceci par un peu de légèreté, pas très satisfaisante. Mais l'on reste heureux d'avoir suivi cet itinéraire.

    8/10
  • Bande-annonce

    Seule dans la nuit (1967)

    Wait Until Dark

    1 h 48 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Terence Young avec Audrey Hepburn, Alan Arkin, Richard Crenna

    AVIS :

    Le concept promettait de bonnes possibilités de tension et de frissons et Terence Young a su consciencieusement les saisir. La gestion de l'espace, empruntée à la pièce de théâtre, est épatante dans le sens où elle fait immédiatement comprendre comment Audrey Hepburn délimite son petit appartement, connaissant sur le bout des doigts ses recoins alors qu'elle ne peut rien voir, sachant se repérer dans une habitation très ordonnée et se fiant à ses habitudes, au toucher et à l'ouïe. On apprécie comment Young la dépeint sans sortir les gros violons, affichant la délicatesse et la minutie propres à l'actrice mais aussi les exercices qu'elle s'impose (son mari insistant pour entretenir sa débrouillardise) pour s'améliorer, pour exister avec un but. Les circonstances malheureuses mettent sa vie en jeu quand des bandits la manipulent pour trouver chez elle une poupée remplie de drogue et les machinations trouvées par le psychopathe jouent brillamment sur plusieurs fronts jusqu'à un face-à-face final agrippant qui fait rencontrer ces deux esprits opposés en tous points et qui renouvelle incessamment les facteurs de leur confrontation. Intense.

    9,5/10
  • Bande-annonce

    La porte de l'imaginaire (1970)

    The Phantom Tollbooth

    1 h 30 min. Sortie : . Aventure, animation et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Chuck Jones et Abe Levitow avec Butch Patrick, Mel Blanc, Daws Butler

    AVIS :

    Depuis son départ de la Warner, Chuck Jones se diversifie via sa société renommée plus tard MGM Animation/Visual Arts et va jusqu'à prendre en charge la fabrication du long-métrage The Phantom Tollbooth avec son collègue Abe Levitow. Tombé dans l'oubli de nos jours (alors qu'il est une curiosité étonnante pour tout fan du réalisateur, atteignant la durée des 90 minutes, chose rarissime pour un de ses travaux), La Porte de l'Imaginaire n'a bien que la palette graphique unique de Chuck Jones pour nous intéresser, donnant vie à tout un tas de bizarreries tantôt amusantes (avec un clin d'oeil au cartoon culte Bâton Bunny) tantôt volontairement dégoûtantes (une galerie de monstres extrêmement bien designée) mais l'on ne ressort pas ébloui ou marqué par le voyage, bien moins inspiré que d'habitude en terme d'humour visuel avec des protagonistes qui passent le plus clair de leur temps à marcher, se poser et parler. Les passages musicaux sont simplistes et peu accrocheurs, les talents du casting (dont Mel Blanc) sont correctement utilisés mais sans plus, le périple métaphorique est sympathique mais sans surprises et le garçon est rasoir. Pour les inconditionnels de Chuck Jones avant tout.

    6,5/10
  • Bande-annonce

    Hot Shots ! 2 (1993)

    Hot Shots! Part Deux

    1 h 29 min. Sortie : . Action et comédie.

    Film de Jim Abrahams avec Charlie Sheen, Lloyd Bridges, Valeria Golino

    AVIS :

    Bye bye les avions de chasses, les cousins de Maverick et des volleyeurs, Jim Abrahams se tourne vers les gros films d'actions bourrins entre Rambo, Predator et Commando et Hot Shots! 2 est plus ou moins l'inverse de son prédécesseur, il commence en demi-teinte avec des sketchs inégalement intégrés à l'intrigue principale, certains sont tripants (l'image gouvernementale renvoyée par l'hilarant Lloyd Bridges), d'autres lourds et réchauffés (les références à Basic Instinct ou La Belle et le Clochard). Mais dès que le poilant Charlie Sheen se joint à une opération de sauvetage pour délivrer ses compatriotes des "méchants" (nom récurrent des irakiens, cela va de soi), c'est à un rythme effréné que se succèdent des blagues absolument tordantes, le film s'auto-félicitant de battre le body count des Verhoeven, tournant en ridicule, au-delà de l'inconvenance, les ennemis de la nation pour encenser les fous qui servent le système ricain (Miguel Ferrer qui doit retomber dans ses travers pour être un bon citoyen) et se moquant avec toujours autant de mordant des astuces scénaristiques du genre pour constamment les foutre en l'air (triangle amoureux, passé sombre, traumatisme, etc...). La banane ne s'enlève plus du visage une fois le "monde libre" sauvé.

    8,5/10
  • Bande-annonce

    1917 (2019)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Sam Mendes avec George MacKay, Dean-Charles Chapman, Colin Firth

    AVIS :

    Ce qui aurait pu être une faille, voire un handicap émotionnel, s'avère consolider les intentions d'immersion de Sam Mendes pour son film de guerre. Le choix de tourner 1917 comme s'il s'agissait d'un plan-séquence en continu est cohérent vis-à-vis du point de vue des soldats qui n'ont qu'une seule vie, qu'une seule chance et qu'une seule pensée pour remplir leur objectif. La course contre-la-montre est engagée mais la notion du temps se détraque, nous ignorons combien cela prendra pour rejoindre le bataillon, si cela est faisable malgré les obstacles sur le chemin, nous pouvons accomplir la majeure partie du trajet en une dizaine de minutes tout comme nous pouvons rester bloqués dans le même secteur pendant la même durée. Les britanniques avancent, parlent de tout et de rien et se heurtent à des zones de danger souvent fortuites, la caméra va parfois les suivre, parfois progresser sans eux, parfois être leurs yeux, parfois se perdre dans la masse, Mendes varie ses tours de magie et imagine sans cesse de nouvelles ruses pour étendre ses enjeux, il fait l'impossible, donner l'impression d'avoir vécu une journée de combat en deux heures. En gardant une proximité réelle avec les acteurs, en ne paraissant jamais faux et en peignant un tableau éloquent sur l'âme guerrière. Éprouvant et superbe.

    9,5/10
  • Bande-annonce

    Mulan (1998)

    1 h 28 min. Sortie : . Animation et aventure.

    Long-métrage d'animation de Barry Cook et Tony Bancroft avec Valérie Karsenti, Renaud Marx, Christian Pelissier

    Revisionnage.
    Cf. Critique.
  • Bande-annonce

    Fantômes en fête (1988)

    Scrooged

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie, drame et fantastique.

    Film de Richard Donner avec Bill Murray, Karen Allen, John Forsythe

    AVIS :

    Richard Donner revisite Un Chant de Noël dans une nouvelle version actualisée qui remet Bill Murray sous le feu des projecteurs après une longue absence remarquée sur les plateaux. Et c'est bien l'un des seuls arguments pour justifier le visionnage de Fantômes en Fête qui ne casse vraiment pas des briques. Si l'on fait fi du tonus de l'acteur et de la facilité déconcertante avec laquelle il passe d'un délicieux cynisme de salopard-né à de grands discours humanistes suintant la guimauve, le film tombe très vite à plat dans sa satire poussive des programmes télévisés et devient usant à gigoter et à brailler pour rien. La vulgarité et les vacheries qui s'invitent dans les échanges sont rigolotes, surtout pour la représentation des esprits où le seul objectif a l'air d'être de rendre Murray zinzin, mais assez superficielles, les fantômes sont sympathiques dans leur manière de martyriser le Scrooge moderne et ont quelques looks mortifères bien pensés mais ne collent pas avec le ton, la critique sur les modes de consommation et la répartition des richesses est ultra-simplette et les rôles secondaires oubliables. On a connu Donner plus rigoureux.

    5/10
  • Bande-annonce

    Bad Boys for Life (2020)

    2 h 03 min. Sortie : . Action, comédie, policier, thriller et drame.

    Film de Adil El Arbi et Bilall Fallah avec Will Smith, Martin Lawrence, Joe Pantoliano

    AVIS :

    Il s'est fait attendre (pour quiconque l'attendait encore), il débarque après 17 ans de développement interminable et l'on se questionne sur pourquoi a-t-il fallu patienter aussi longtemps. Même sans Michael Bay aux commandes (le bougre a préféré tailler la route mais nous offre un petit caméo pour le fun), Bad Boys For Life mime le plus possible ses deux grands frères et fait oublier le temps écoulé depuis les derniers faits d'armes des détectives avec sa mise en bouche (trop) brutale et son rythme (trop) frénétique. C'est plus soft, moins culotté, moins irrévérencieux et moins antimoral mais ça se veut fidèle au style de la série et ça fait le café à condition d'être prévenu de ce qu'on va y trouver. Mêmes dialogues bébêtes et lourdingues, même cadence infernale pour suivre l'action, même acting gueulard et quelques blagues bien crasses pour enrober le tout. Mais Will Smith et Martin Lawrence ont gardé la pêche, l'esprit d'équipe ajouté est pas mauvais et pas envahissant, il arrive qu'on sourie non-accidentellement et le revival s'en tient à sa promesse de prolonger la formule sans confondre fidélité et copie.

    6/10
  • Bande-annonce

    Soupçons (1941)

    Suspicion

    1 h 39 min. Sortie : . Thriller et romance.

    Film de Alfred Hitchcock avec Joan Fontaine, Cary Grant, Nigel Bruce

    AVIS :

    Ouverture, directement et sans plus attendre, rencontre fortuite entre Cary Grant et Joan Fontaine dans un wagon. Pas de présentation, pas de premier contact avec le public, Alfred Hitchcock ne les fait exister en tant que personnages qu'à partir de ce hasard qui les a conduit à se croiser dans le même train. Il établit alors une relation chaotique qui va faire passer les deux époux de moments plaisantins à de vrais instants d'appréhension et d'effroi. Plus la facette cachottière de Grant se dévoile, plus les craintes sont légitimes, tout portant à croire que derrière ce mariage se cachent un plan néfaste et un individu dangereux. Hitchcock fait s'immiscer le doute avec le talent qu'on lui connaît, n'ayant plus que le regard de Fontaine pour analyser la situation et décoder les mensonges de son mari, amplifiant le malaise avec des idées de mise en scène et de lumière qui font leur effet et nous maintenant en haleine jusqu'au bout. Ou presque. La fin se règle comme un pétard mouillé, faisant office de couronnement tristounet après une attente qui ne faisait que grimper. La conclusion est cohérente mais rend plusieurs passages artificiels dans leur logique manipulatrice. Mais ce qui l'a précédée était de très bonne facture.

    8,5/10
  • La Porte du diable (1950)

    Devil's Doorway

    1 h 24 min. Sortie : . Western.

    Film de Anthony Mann avec Robert Taylor, Louis Calhern, Paula Raymond (1)

    AVIS :

    Le western commence à se transformer dans la deuxième partie du XXème siècle et le cinéma américain repense ses éléments caractéristiques avec notamment le portrait des Indiens qui évolue en profondeur. La Porte du Diable est un de ces films de réévaluation qui prend parti pour les Natifs et il le fait avec souplesse. Ce n'est pas une lutte entre l'homme-blanc et le peau-rouge, c'est un combat contre l'incohérence juridique, entre les vérités de deux peuples, l'une inscrite dans la terre, l'autre dans la loi. Anthony Mann laisse la parole, ou le droit d'être filmé, à des personnes ordinaires (bergers, shérifs, docteurs, grands-mères, enfants etc...), même pour quelques minutes, il donne une multiplicité d'avis opposés qui ajoutent beaucoup de crédibilité au contexte historique où ceux qui sont considérés comme des sauvages ne valent rien aux yeux de la société, services rendus pour la patrie ou non. L'ex-sergent campé par Robert Taylor est victime de cette ingratitude et sa lente plongée vers le fond est parfaitement servie par les débats et les différends dans lesquels il est mêlé en retournant dans un pays qu'il ne reconnait plus.

    9/10
  • Bande-annonce

    La Valse des pantins (1982)

    The King of Comedy

    1 h 49 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Jerry Lewis, Diahnne Abbott

    AVIS :

    Certain de son talent inné pour la comédie, un hurluberlu projette de devenir aussi grand que son idole de la télévision et est prêt à tout pour le convaincre de lui laisser sa chance. Martin Scorsese en tire une histoire basculant dans l'humour pathétique proche de la farce et dans une chute mentale soigneusement cachée par l'optimisme faussé de Robert De Niro, immense et unique en comédien raté bien sapé et beau parleur, charmeur au premier abord mais parasitant et dangereux sur le long terme. L'assurance, liée à une obstination maladive, dont il faut preuve malgré les rejets à répétition de l'équipe du show impacte la réalisation qui suit ses délires jusqu'à faire de ses illusions des réalités, ses pires excès (l'entrée par effraction, son honnêteté sentimentale pour Jerry Lewis) ne semblent plus si farfelus une fois que l'on daigne s'enfoncer dans son cerveau disloqué et que sa bonne humeur contagieuse gagne la pellicule, celui se renommant "The King of Comedy" aimant se contempler sur un écran avec une audience préparée pour lui lécher les bottes, les folies qu'il fera pour y arriver étant anecdotiques en comparaison à cette popularité nouvelle qui lui ouvre les voies de la réussite sociale, professionnelle et personnelle. Mélange des tons brillant et éclairé.

    9,5/10
  • Bande-annonce

    Le Retour de Godzilla (1955)

    Gôjira no Gyakushu

    1 h 22 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Motoyoshi Oda avec Hiroshi Koizumi, Setsuko Wakayama, Minoru Chiaki

    AVIS :

    Produite à la hâte pour profiter du phénomène en cours, cette suite du Godzilla de Honda perd la dimension politique et l'ampleur apocalyptique de son prédécesseur pour n'être qu'un banal film de monstres qui se tapent sur la gueule. Encore que. Le long-métrage est tellement déstructuré que l'enjeu principal est réglé au bout de 40 minutes alors que l'on a à peine eu le temps de voir Anguirus en action. Les mouvements des créatures ne sont d'ailleurs plus ralentis pour donner une sensation de poids, les combats devant être plus vivants. Le spectacle est effectivement au rendez-vous mais moins prenant malgré quelques idées timides d'exploitation spatiale (Osaka qui doit littéralement "s'éteindre" pour piéger le kaiju). Dommage, trop de choses sont bâclées pour que l'on s'investisse dans ce nouvel épisode de survie. La naissance d'un deuxième Godzilla est traitée à la légère, les arcs sur les humains sont très mal intégrés et franchement gonflants à regarder quand ils ne mettent pas l'histoire sur pause, les effets spéciaux beaucoup moins bien utilisés et on ne ressent jamais l'urgence de préparer l'offensive face au retour du reptile géant.

    4/10
  • Bande-annonce

    Birds of Prey (et la Fantabuleuse Histoire de Harley Quinn) (2020)

    Birds of Prey (And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn)

    1 h 49 min. Sortie : . Action, aventure, policier et comédie.

    Film de Cathy Yan avec Margot Robbie, Mary Elizabeth Winstead, Jurnee Smollett

    AVIS :

    Projet cadavérique n'ayant rien à envier à Aquaman, Birds of Prey récupère l'une des rares qualités du décrié Suicide Squad, à savoir Margot Robbie, en espérant suivre une trajectoire standalone pour amadouer un public amnésique mais n'a pas pris en compte ce qui avait gâché le talent de l'actrice, le sabotage de Harley Quinn. Sculptée comme un antihéros à la Deadpool, l'ex-compagne du Joker reprend trait pour trait ce qu'elle était dans le bousin de David Ayer, une excentrique un peu allumée mais pas une dégénérée de première catégorie. L'ancienne psychiatre ne torture et ne massacre que les figurants ou les rôles hors de portée émotionnelle de façon à rester dans les normes selon DC. Cathy Yan a la volonté de raconter son film comme si le maboulisme de Quinn l'atteignait et malgré quelques tentatives pas bêtes dans le premier quart d'heure (frontière brisée entre la narratrice et le présent), les effets tape-à-l'oeil s'épuisent vite et le scénario s'alourdit inutilement (20 minutes de flashback interminables), troué par les inepties d'écriture et inconsistant dans son organisation scénaristique, toutes les péripéties pouvant échanger leurs places sans qu'on ne voit la différence.

    3/10
  • Bande-annonce

    Timmy Failure : des erreurs ont été commises (2020)

    Timmy Failure : Mistakes Were Made

    1 h 39 min. Sortie : . Aventure, comédie, drame et fantastique.

    Film de Tom McCarthy avec Winslow Fegley, Ophelia Lovibond, Wallace Shawn

    AVIS :

    Tom McCarthy nous fait découvrir l'imaginaire d'un petit garçon pas comme les autres, persuadé d'être à la tête d'une agence de détectives et d'être doué pour résoudre des énigmes. Si le ton loufoque et le style narratif de Timmy Failure : Mistakes Were Made ont déjà été vus par le passé, cette production Disney+ les réutilise honorablement sur le plan humoristique, l’alternance entre situations réelles et projections fantaisistes de l'enfant offrant beaucoup de sourires, en partie grâce à la froideur forcée de l'enquêteur junior et les clichés attendus parmi les rôles de soutien (un prof aigri, une amie ridiculement mignonne, une mère en difficulté) dégagent assez de charme pour que la ville de Portland soit un lieu attrayant où mener des enquêtes. La seule chose qui froisse est la morale pas totalement claire sur l'acceptation de grandir. L'écolier est asocial, réservé et se réfugie sans arrêt dans ses fantasmes et si la fin l'encourage à évoluer tout en restant lui-même, la sur-présence de ses fictions n'est pratiquement pas requestionnée d'un angle dramatique alors qu'elle est basée sur une plaie jamais vraiment soignée. Seul réel hic.

    7/10
  • Bande-annonce

    Sonic, le film (2020)

    Sonic the Hedgehog

    1 h 39 min. Sortie : . Action, aventure, comédie et jeunesse.

    Film de Jeff Fowler avec Ben Schwartz, Malik Bentalha, Jim Carrey

    AVIS :

    Une des plus grandes icônes du jeu vidéo arrive sur grand écran après un long parcours laborieux. La bonne nouvelle est que Sonic ressemble à Sonic. Son animation, sa voix (Ben Schwartz, excellent choix), son design, il apporte de la couleur, du punch et de la vie à une adaptation qui en manque cruellement. Même constat pour Jim Carrey en Docteur Robotnik. Avec un autre acteur, l'ennemi juré du hérisson bleu aurait été aussi ennuyant que le reste. Avec un clown comme Carrey, le méchant a l'air de sortir d'un cartoon du dimanche matin et divertit tant il est un intrus même au sein du casting. Avec deux bons éléments comme ceux-là, une simple histoire voyant Robotnik courser sa proie à travers le monde aurait été réjouissante, mais non, il faut passer par la liste de cases à cocher, des protagonistes humains dont on se branle à 100%, des leçons sur l'amitié expédiées, un concept usé et re-usé dans le cinéma familial, un univers plat et chiant, une absence d'énergie et d'adrénaline (un comble), un seul "bon" moment de réalisation plagié ailleurs et un visionnage dont on ne retient aucun souvenir. On a au moins évité de justesse la bouse intersidérale.

    3/10
  • Bande-annonce

    Le Cas Richard Jewell (2019)

    Richard Jewell

    2 h 11 min. Sortie : . Biopic, drame et policier.

    Film de Clint Eastwood avec Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bates

    AVIS :

    Le Cas Richard Jewell livre exactement les qualités et les défauts que l'on peut prévoir chez Clint Eastwood, les messages humanistes sont fins comme du gros sel, parfois véritablement lourds (la reporter jouée par Olivia Wilde se retire dans un passage tire-larmes assez ridicule), mais la foi du réalisateur en ses valeurs, sa capacité à filmer l'Amérique et à en faire ressortir les meilleurs comme les pires aspects captive toujours. L'attentat des JO de 1996 montre à quel point Eastwood est un metteur en scène de génie pour faire vivre un espace et monter en crescendo la tension, au lieu de juste observer Jewell faire son boulot, on le voit discuter, se tordre de douleur, écouter le concert, on regarde des groupes et des jeunes qui n’apparaîtront plus après l'explosion de la bombe mais qui s'apprêtent à être sur l'instant les victimes, tout est rendu vrai, authentique. Le combat de l'agent de sécurité contre son propre pays gagne en force grâce à l'interprétation de Paul Walter Hauser qui joue à merveille le simplet (trop) honnête et les relations amicales entre lui et son avocat, très bon Sam Rockwell, qui arrivent à la fois à faire rire et à toucher au milieu de ce scandale médiatique affolant.

    8/10
  • Bande-annonce

    Le Crocodile de la mort (1977)

    Eaten Alive

    1 h 31 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Tobe Hooper avec Neville Brand, Mel Ferrer, Carolyn Jones

    AVIS :

    Dans la lignée de son Massacre à la Tronçonneuse, Tobe Hooper nous emmène dans l'antre de la folie, un hotel miteux gardé par un aliéné aux occupations étranges. C'est l'image de sa démence qui permet au Crocodile de la Mort d'être un chouia plus intriguant qu'il ne devrait l'être. Même après une heure et demi en sa "compagnie", il est difficile de cerner le maniaque, sur comment, quand et pourquoi il choisit de tuer, sur le fait qu'il détienne un établissement, qu'il possède des singes dans des cages ou un alligator dans le marais à proximité. Quelques bafouillages et indices dans le décor viennent aider mais il est important qu'à chaque nouveau client, la surprise doive continuer. Là-dessus, nous sommes bien dans une ambiance d'anarchie avec des bases horrifiques pas mauvaises (la fille cachée sous la maison, la mère ligotée au lit) mais Hooper ne nous emporte jamais, le script enchaînant les meurtres et les excès de rage sans grande réflexion derrière et le minuscule budget accordé par la production se sentant péniblement. On aimerait un film qui nous terrasse psychologiquement, on a juste un fatras pas très intéressant.

    5/10
  • Bande-annonce

    L'Affaire Thomas Crown (1968)

    The Thomas Crown Affair

    1 h 42 min. Sortie : . Policier, drame, romance et thriller.

    Film de Norman Jewison avec Steve McQueen, Faye Dunaway, Paul Burke

    AVIS :

    Cela ne pourrait être qu'un braquage comme un autre, sauf qu'il est opéré par un homme fortuné qui se gausse de la loi et des autorités et vole par goût du risque et de l'exaltation. Si une fenêtre de sécurité est placée entre le spectateur et Steve McQueen, Norman Jewison partage des moments insolites de sa vie personnelle, le regardant rire aux éclats quand ses méfaits se soldent sur des victoires, tentant de comprendre son esprit en le voyant s'adonner à un sport et surtout, il le présente en tant que simple citoyen qui ne fait rien de plus qu'un autre pour quelqu'un de sa classe, d'où l'écart entre ce que nous savons de lui et ce que nous voyons de lui. Son magnétisme a pour effet d'attirer une enquêtrice à sa hauteur, l'irrésistible Faye Dunaway, qui complexifie le jeu et ajoute du sel au scénario. Et le split screen aura beau être principalement retenu parmi les techniques de filmage (et à raison, les séquences sont excellemment réalisées et n'en abusent pas), c'est bien l'affrontement aux échecs qui demeure l'éclat du projet, sensuel, ardent, parlant avec les images et embelli par la musique enflammée du virtuose Michel Legrand.

    8,5/10
  • Bande-annonce

    L'Appel de la forêt (2020)

    The Call of the Wild

    1 h 40 min. Sortie : . Aventure et drame.

    Film de Chris Sanders avec Harrison Ford, Dan Stevens, Omar Sy

    AVIS :

    Le pari de Chris Sanders pour ré-explorer L'Appel de la Forêt se manifeste par le choix risqué de modéliser le chien par ordinateur, lui et tous les autres animaux par la même occasion. Cette décision trouve pourtant son sens dans l'approche haute en couleur qu'adopte le réalisateur, voulant que Buck et ses congénères soient tels de vrais acteurs devant la caméra, qu'ils soient les plus expressifs et émotifs possibles, qu'ils ne souffrent pas des limites du dressage et que leur humanisation les mette au même niveau que leurs comparses tenant sur deux jambes. Et si l'on est en plein terrain de l'uncanny valley, nous finissons par nous habituer au rendu et voyons vraiment ce combattant à quatre pattes comme un personnage riche, même sans le don de la parole. La magie des images de synthèses n'est pas sans poser problème, le tout numérique donnant à la nature un aspect lissé pas toujours très convaincant (la participation de Janusz Kamiński à la photo n'y changera rien) mais là où la proposition est solide, c'est que Sanders l'entreprend comme s'il faisait se rencontrer le live et l'animation. La physique est exagérée, l'action et l'humour le sont tout autant, c'est une aventure colorée qui n'embrasse jamais totalement le réalisme et qui reste sur un entre-deux assez malin car s'éloignant des prises de vues réelles au fur et à mesure que Buck trouve sa place parmi les loups et où seule la présence chaleureuse de Harrison Ford nous ramène à notre échelle.

    7,5/10
  • Bande-annonce

    Jojo Rabbit (2019)

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie, drame et guerre.

    Film de Taika Waititi avec Roman Griffin Davis, Taika Waititi, Scarlett Johansson

    AVIS :

    Il y a des choses avec lesquelles on ne peut pas rire, si on les détourne, il faut le faire avec prudence et lucidité. Taika Waititi l'a très bien compris avec son Jojo Rabbit, conte satirique sur l'endoctrinement durant la Seconde Guerre Mondiale qui emploie très habilement la comédie noire et l'absurde pour représenter la vision erronée des jeunesses hitlériennes sous le Troisième Reich et qui sait quand imposer une rupture pour corser son récit et déconstruire les idées préconçues du jeune allemand. Le passage du comique au poignant est amené avec pertinence, reflétant le tourbillon d'interrogations dans le cerveau d'un garçon conditionné à cultiver la haine, devant choisir qui sera son guide entre un ami imaginaire personnifié par le dictateur, le régime nazi qui le prive de libre arbitre, une mère bienveillante mais absente, une juive clairvoyante ou sa seule volonté. La perspective à la fois innocente et rebelle de l'enfant est maniée avec une vraie compétence, l'évolution du regard porté sur la "race inférieure" étant soutenue par des causettes curieuses et latentes et un virage vers plus de gravité qui termine la remise en question de l'idéologie sans trahir le ton de départ ou les éléments établis.

    9/10
  • Bande-annonce

    Alice au pays des merveilles (1933)

    Alice in Wonderland

    1 h 16 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Norman Z. McLeod avec Charlotte Henry, Richard Arlen, Gary Cooper

    AVIS :

    Les romans cultes de Lewis Carroll prennent vie pour la cinquième fois au cinéma dans cette production Paramount dont l'étendue de la mise en oeuvre n'a d'égal que le trou béant qu'il a laissé dans le tiroir-caisse des studios. Étonnant au vu des moyens déployés et du nombre de stars qui ont pris part au film. Ce qui frappe en premier lieu c'est la qualité technique de l'ensemble qui, encore de nos jours, tient superbement bien la route. Les incrustations et les effets spéciaux relevaient d'un gigantesque défi pour pouvoir retranscrire les créations déjantées des livres et le résultat est grandiose. Tout comme Alice, nous croyons à cet univers qui change sans arrêt de forme et de loi, la direction artistique varie selon les endroits visités et les créatures qui y résident, les gimmicks visuels également (le dernier rétrécissement d'Alice), quelques agréables surprises font partie du voyage (la séquence en animation pour le morse et le charpentier) et le rapport de l'héroïne avec ces êtres singuliers est bien illustré, alliant un intérêt pittoresque et l'envie de prendre la fuite quand la conversation tourne au fiasco. Du travail méritant.

    8/10
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    En avant (2020)

    Onward

    1 h 42 min. Sortie : . Animation, comédie, aventure, fantastique et jeunesse.

    Long-métrage d'animation de Dan Scanlon avec Tom Holland, Chris Pratt, Julia Louis-Dreyfus

    Cf. Critique.
  • Bande-annonce

    Bob l'Éponge, le film (2004)

    The SpongeBob SquarePants Movie

    1 h 27 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et road movie.

    Long-métrage d'animation de Stephen Hillenburg et Mark Osborne avec Tom Kenny, Bill Fagerbakke, Clancy Brown

    AVIS :

    Suivant la tendance de Nickelodeon d'adapter ses séries animées à succès sur le grand écran (Les Razmokets, La Famille Delajungle, Hé Arnold!), Bob L'Éponge à aussi droit à son long-métrage, réalisé par Stephen Hillenburg, fidèle à la barre, qui espérait en faire le grand final pour achever les 5 années d'aventures sous la mer. N'ayant pas revu la série depuis longtemps et n'en ayant que de vagues souvenirs, j'ai été positivement surpris et réjoui de mon visionnage qui passe sans souci le test du passage au cinéma. Bob L'Éponge, le film est un concentré de bonne humeur et d'idées joyeusement délirantes qui arrive à mêler fraîcheur et équilibre sans que l'intrigue n'ait l'air dispersée. Le quatrième mur est régulièrement brisé par des partis pris intelligents et hilarants (un équipage de pirates qui regarde le film en salles, un kidnapping qui mélange supplice et drôlerie, le caméo de David Hasselhoff), l'humour mise sur la douleur, l'humiliation et l'immaturité et récolte tout le temps des fous rires, notamment grâce à un tas de running-gags excellents (le crâne du Roi Neptune, franchir la frontière, la parodie musicale entêtante, Dennis) et l'histoire est très bien rythmée. Grand sourire assuré.

    8,5/10
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    Bob l'éponge, le film : Un héros sort de l'eau (2015)

    The SpongeBob Movie : Sponge Out of Water

    1 h 33 min. Sortie : . Animation, aventure et comédie.

    Long-métrage d'animation de Paul Tibbitt et Mike Mitchell avec Tom Kenny, Bill Fagerbakke, Rodger Bumpass

    AVIS :

    S'il a connu une gérance difficile depuis le départ de Hillenburg, Bob L'Éponge a su remonter la pente et c'est son nouveau showrunner, Paul Tibbitt, qui se charge de mettre en scène un deuxième volet, plus de 10 ans après le premier, avec beaucoup moins de réussite. Là où Bob L'Éponge, le film se servait de la comédie pour raconter proprement son récit et aboutir à toujours plus de burlesque quand on ne s'y attendait pas, Un Héros sort de l'Eau donne le sentiment d'être un gros gloubi-boulga d'épisodes qui n'ont rien à voir entre eux, où les personnages changent trop souvent soit leurs objectifs soit leurs relations, où le synopsis n'est plus qu'une excuse pour inventer n'importe quoi, un Bikini Bottom à la Mad Max, le voyage dans le temps pour tester différents styles visuels (les transitions sont poilantes faut l'avouer, tout comme la rap battle à la toute fin), Antonio Banderas cabotin en pirate et Bob et ses compères qui débarquent en 3D dans un monde Live-Action. On ne regarde ces derniers qu'en espérant qu'ils nous fassent rire, et ça marche une fois sur deux, sinon, puisque tout l'attirail n'est là que pour faire du gag à tire-larigot, le tout s’essouffle au bout d'une demi-heure et on espère vite que ça se termine.

    5/10
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    Stargirl (2020)

    1 h 47 min. Sortie : . Comédie dramatique et romance.

    Film de Julia Hart avec Grace Vanderwaal, Graham Verchere, Giancarlo Esposito

    AVIS :

    Entre le teen movie inoffensif et la fable plaisante, les ressorts narratifs de Stargirl sont bien enregistrés dans la mémoire du public et il n'y aura guère d'étonnement durant le visionnage à lister les éléments déjà vus, que ça soit dans le déroulement ou les messages, très rentre-dedans. Mais cela étant su, Julia Hart rend un travail très louable pour le grand naturel qu'elle arrive à faire dégager de son histoire d'amour, décrivant délicatement les tribulations de la vie adolescente quand vient le dilemme d'assumer ou non son identité au lieu de s'effacer pour rentrer dans le moule. La jeune chanteuse Grace VanderWaal illumine de sa présence chaque scène du film, incarnant une fille libérée et sensible qui, rien que par son prénom, se démarque des lycéens. Son style vestimentaire, sa voix douce, son attitude sincère et ses bonnes intentions la rendent surréelle, presque magique, elle envoûte, passionne et fait croire au meilleur. Tout comme la réalisatrice nous fait croire à cette romance attachante avec des petits gestes maladroits, des phrases incertaines et cette atmosphère agréablement nostalgique qui évoque le passage du temps et le besoin de mûrir.

    8/10
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    Les Trolls 2 : Tournée mondiale (2020)

    Trolls World Tour

    1 h 34 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et musique.

    Long-métrage d'animation de Walt Dohrn et David P. Smith avec Anna Kendrick, Justin Timberlake, James Corden

    AVIS :

    Tandis qu'on croise toujours les doigts pour une reprise en main, il reste pas mal de crottes à nettoyer chez DreamWorks Animation et les prochaines sorties risquent d'être difficiles à surmonter. Par on ne sait quel tour vicieux, Les Trolls 2 : Tournée Mondiale est autant une punition pour nos yeux, nos oreilles et nos méninges que son prédécesseur, s'il n'est pas carrément pire. On se demande sérieusement à qui est destiné ce film, qui peut prendre du plaisir devant ces visuels issus des pires gribouillis de nourrissons, ces reprises musicals infernales et cette soi-disant célébration de la diversité artistique qui est consternante de ridicule. Si Walt Dohrn croit qu'il fait rire quelqu'un avec ses caricatures des genres musicaux, il a cinquante ans de retard, tout est éculé, sans recherche, sans projet, camouflé par des couleurs baveuses, des arcs inutiles et superflus et une morale sur l'unité qui repompe tout le final du premier opus (jusque dans sa mise en scène avec la photo grisâtre). À noter que les Bergen ont été évincés du scénario, sûrement parce que sinon le conflit aurait pris fin en deux minutes. Quatre ans pour ça.

    1/10
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    Klaus (2019)

    1 h 36 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie, jeunesse et comédie dramatique.

    Long-métrage d'animation de Sergio Pablos avec Jason Schwartzman, J.K. Simmons, Rashida Jones

    AVIS :

    Ancien animateur de chez Disney, Sergio Pablos passe à la réalisation avec Klaus, réinvention des origines du Père Noël distribuée à l'international par Netflix. Son film-événement est déjà promis à une réputation de classique tant il évoque des sujets et des valeurs qui dépassent le statut du bonbon de fin d'année. Très créatif quand il doit expliquer comment la rencontre entre un facteur et un ermite retiré dans les bois va mener à des légendes urbaines qui transformeront à tout jamais les croyances et les traditions, Klaus parle aussi du maniement communal, de la restauration bâtimentaire et de l'entretien collaboratif, il mixe avec malignité les thèmes sociétaux et la forme poétique pour apporter émerveillement et tangibilité. Le graphisme, fait en animation traditionnelle, use de techniques 3D ingénieuses pour donner plus de relief aux dessins, pour les textures et les surfaces (les cheveux, les lacs gelés, les vêtements) comme pour les arrières-plans qui gagnent en profondeur (la bourgade perdue dans la brume, la forêt enneigée), et c'est sans oublier l'impressionnant rendu de la lumière qui accompagne magnifiquement les émotions. Quant au casting, pas de fausse note, Jason Schwartzman et J.K. Simmons sont fidèles à leurs notoriétés. Que du positif.

    9,5/10
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    À couteaux tirés (2019)

    Knives Out

    2 h 10 min. Sortie : . Comédie, policier, drame et thriller.

    Film de Rian Johnson avec Daniel Craig, Chris Evans, Ana de Armas

    AVIS :

    Introduit comme un film à énigmes dans la veine des références du whodunit, À Couteaux Tirés sort des rails au bout d'une demi-heure en révélant franco les coulisses du meurtre au spectateur et se lance dans un défi plus hardi, tenir en haleine sur les 90 minutes restantes alors que l'on en sait plus que les enquêteurs sur le crime produit. Tout pourrait se casser la figure car l'exercice est, disons-le, prétentieux et pourrait se croire plus malin qu'il ne l'est mais Rian Johnson se livre à un jeu très jubilatoire avec son public, sachant que selon les règles, l'investigation n'a plus d'intérêt à être suivie, c'est ce pourquoi il va justement semer plus d'incertitude quant à la résolution de l'affaire en laissant la procédure suivre son cours (réunion de famille, lecture du testament, jalousies, secrets) et nous faire hésiter sur nos sentiments vis-à-vis des suspects, lequel mérite notre compréhension et le(s)quel(s) notre dédain. Ainsi, le mystère prend une tournure inédite, nous-mêmes étant mis dans la confidence, et le réalisateur peut restructurer le scénario en ayant en tête sa direction et en ne délaissant aucun de ses personnages. Le voyage est aussi important que la destination et Johnson l'a bien compris.

    8,5/10
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    Cats (2019)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie musicale, drame et fantastique.

    Film de Tom Hooper avec James Corden, Idris Elba, Judi Dench

    AVIS :

    Tom Hooper refait des siennes, 7 ans après le four des Misérables, et va encore plus loin dans le mauvais goût; il en a peut-être redéfini la notion, voire inventé un nouveau genre, celui du film ivre. Son orgie scénique a tout d'une dangereuse expérience en labo dont le créateur aurait ingéré des substances plus qu'illicites, les acteurs se retrouvent comme pris au piège, emprisonnés dans des corps numériques hideux qui les humilient en permanence. Rebel Wilson écarte les jambes (ou les pattes) en gros plan et gobe des insectes vivants (eux aussi humanisés, bonjour l'enfer), James Corden fait le grand saut dans les poubelles, Ian McKellen boit dans sa litière comme un vieux matou et Idris Elba retient, littéralement, en otage les stars pendant deux heures pour les empêcher de partir. Sûr, il y a matière à bien se moquer de cette calamité industrielle. Passés les rires de désolation et de gêne, la réalisation n'est pas du tout maîtrisée et rappelle systématiquement que tout est faux, filmé sur fond vert et trop distant (à part pour les solos de Francesca Hayward et de Jennifer Hudson, éventuellement à sauver du naufrage), les chansons ne racontent rien ou si peu, l'univers n'a ni charme ni magie, les CGI sont affreux, l'écriture est à la ramasse mais le moment vécu est unique, il se doit d'être testé juste pour cette anomalie hors du commun.

    1/10