Francesco Rosi - Commentaires

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6 films

par Thaddeus

Tel une sorte d’Alan J. Pakula transalpin, Francesco Rosi est sans doute l’un des inventeurs de ce que l’on a appelé le film-dossier : héritier du néoréalisme italien, il peaufiné une approche objective de la réalité sociale, politique et économique de son pays, conçu ses longs-métrages comme autant de procès-verbaux de l’état contemporain de l’Italie et tenté de découvrir ce qui se cache sous la surface des choses, de saisir le réel dans toutes ses contradictions.

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1. L’affaire Mattei (1972)
2. Main basse sur la ville (1963)
3. Lucky Luciano (1973)
4. Cadavres exquis (1976)
5. Salvatore Giuliano (1962)

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  • Salvatore Giuliano (1962)

    2 h 03 min. Sortie : . Policier, drame et historique.

    Film de Francesco Rosi avec Salvo Randone, Frank Wolff, Sennuccio Benelli

    Pour évoquer la vie du "bandit bien-aimé" de Sicile, Rosi joue avant tout la carte du journalisme mais, plutôt que de présenter les faits sous forme de chronique, leur applique une distorsion totale. Le refus constant du didactisme comme celui d’une écriture "artiste", l’absence de tout pompiérisme amènent à une impression d’authenticité d’autant plus probante que le réel est offert dans sa totalité géographique, humaine et historique. Il n’y a pas ici de scénario au sens traditionnel du mot, aucun gauchissement dans la psychologie des personnages, nulle pénétration arbitraire des esprits, mais un regard qui explore la totalité, la divise et choisit ce qui lui convient. Il y a aussi une froideur analytique qui, à titre personnel et malgré les indéniables qualités du film, m’a beaucoup rebuté.
  • Main basse sur la ville (1963)

    Le Mani sulla citta

    1 h 45 min. Sortie : . Drame.

    Film de Francesco Rosi avec Rod Steiger, Salvo Randone, Guido Alberti

    En dénonçant les malversations de la spéculation immobilière et les collusions entre bien public et intérêts privés, Rosi n’a pas voulu représenter la conception particulière de l’homme qui est propre au néocapitalisme. En revanche, il réalise un film-dossier impeccablement construit, clair et sans ambiguïtés dans la fermeté de ses intentions polémiques. Orchestrant avec éloquence les manœuvres des partis, le louvoiement des batailles politiques, l’agitation de la vie municipale, illustrant aussi bien la réalité de la vie napolitaine, de ses rues, de ses foules, de ses classes laborieuses, que la manière avec laquelle les cercles du pouvoir sont corrompus pour dispenser leur appui aux riches et léser les pauvres, le film possède la rigueur d’une enquête froide, méthodique, et d’autant plus captivante.
  • L'Affaire Mattei (1972)

    Il Caso Mattei

    1 h 56 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Francesco Rosi avec Gian Maria Volontè, Luigi Squarzina, Gianfranco Ombuen

    Parce qu’il traite d’une matière délicate, Rosi refuse la chronologie trop simple et la structure univoque. C’est le montage qui apporte un sens à la suite des images, et c’est en travaillant à la moviola que les différents éléments du puzzle finissent par trouver leur logique interne et leur pouvoir de signification. Sans refuser la notion de spectacle, l’œuvre propose ainsi une analyse aigüe et passionnante de l’Italie démocrate-chrétienne, englobe tous les aspects politiques, économiques, sociaux, culturels d’un pays aux mains d’un pouvoir soudain démystifié, et prouve avec éclat qu’il est possible de poser des problèmes fondamentaux, notamment ceux de la vérité, de la conscience et de la corruption, en évitant le double écueil du discours groupusculaire et de l’engagement comme alibi démagogique.
  • Lucky Luciano (1973)

    1 h 45 min. Sortie : . Drame, biopic et policier.

    Film de Francesco Rosi avec Gian Maria Volontè, Vincent Gardenia, Silverio Blasi

    Rosi ouvre un nouveau dossier sinistrement spectaculaire, articulé autour de quelques charnières grinçantes : les conflictuels rapports italo-américains, la mise en place par l’armée alliée des pontes de la Mafia aux commandes en Italie du Sud, la corruption des différents domaines du pouvoir. Il fait la radiographie d’un cancer socio-politique en alternant les temps et les lieux par un vigoureux brassage des faits, serrant à chaque fois un peu plus sur la corde qui tient ensemble les partenaires d’un jeu souterrain et feutré, balayé par des tempêtes épouvantables. Au rythme des trafics qu’elle dévoile, des compromissions qu’elle révèle, des accommodements qu’elle met brutalement en lumière, cette captivante enquête impose une vigilance constante qui assoit le constat dans sa juste perspective critique.
  • Cadavres exquis (1976)

    Cadaveri eccellenti

    2 h. Sortie : . Policier et thriller.

    Film de Francesco Rosi avec Lino Ventura, Tino Carraro, Marcel Bozzuffi

    Le cinéaste poursuit sa chasse aux complots dans ce suspense policier intelligemment engagé, qui reflète la réalité italienne à un moment où le terrorisme gauchiste était de plus en plus meurtrier. Il propose une identification dédramatisée avec les angoisses de son personnage, ses incertitudes devenant peu à peu les seules certitudes pour affronter les absurdités environnantes. Son scepticisme devant les versions simples et non dialectiques de la vérité semble s’être accru en même temps que l’accumulation des problèmes : pour lui, la Mafia c’est le pouvoir politique, mais aussi la spéculation, la corruption. Il ne prône pas une défiance anarchique envers tous les puissants mais une éradication de certains mécanismes automatiques qui les mettent au-dessus de tout contrôle démocratique.
  • Bande-annonce

    Le Christ s'est arrêté à Eboli (1979)

    Cristo si è fermato a Eboli

    2 h 30 min. Sortie : . Drame, historique et guerre.

    Film de Francesco Rosi avec Gian Maria Volontè, Paolo Bonacelli, Alain Cuny

    Auparavant polémiste, enquêteur scrupuleux, horloger de suspenses politiques, Rosi laisse cette fois parler son goût de l’atmosphère et du silence, applique son regard contemplatif sur les travaux et les jours. Il cherche à éclairer les rapports entre la modernité et le tiers-monde, les riches et les déshérités, le pouvoir central et la culture lucanienne, au fil d’une chronique austère qui se veut aussi étude du fascisme et de ses contradictions. Difficile de nier son scrupule, son doute, son refus de l’ornement ; impossible de l’accuser de céder à la tentation du passéisme ou de ne voir dans cette évocation quasi virgilienne qu’une nostalgie d’esthète citadin à l’égard des sociétés frugales. Mais la sévérité du film empêche toute véritable implication et met plus d’une fois à mal la curiosité et la concentration.