J'critique ta bande-annonce

Avatar Fritz_the_Cat Liste de

66 films

par Fritz_the_Cat

La bande-annonce, outil de vente, c'est aussi l'occasion de créer des raccords qu'on ne verra plus ailleurs, voire de donner à un film un rythme à usage unique.

Après réflexion, j'ai décidé de parler uniquement des films vus, donc pas de spéculation sur les sorties à venir mais plutôt une comparaison entre le long-métrage fini et la façon dont il a été vendu. Comme souvent, j'aurais aimé faire une liste participative mais je manquerais de temps pour la gérer donc n'hésitez pas à faire une liste similaire, je viendrai voir :) L'idée existe sûrement déjà ailleurs, j'ai pas inventé l'eau froide non plus.

Les critiques portent uniquement sur la bande-annonce qui leur est associée en lien, impossible de toutes les traiter en un commentaire.

[A venir : Another Happy Day, trilogie Matrix...]

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  • Bande-annonce

    13 Tzameti (2006)

    1 h 33 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Gela Babluani avec Philippe Passon, Pascal Bongard, Vania Vilers

    -> https://youtu.be/-AqWOKlwMI8

    45 secondes, c'est très peu mais ça peut largement suffire. Petit film oppressant où un jeunot trop curieux se retrouve embarqué dans un jeu de la mort, "13tzameti" ne pose qu'une question, simple et efficace : combien de temps le héros va-t'il tenir ?

    Des questions, et des suppositions, il n'y a d'ailleurs que ça qui anime les quelques dialogues de ce trailer. Misant sur son leitmotiv principal (de mémoire, la lampe au plafond indique aux participants à quel moment ils doivent faire feu), il rend bien justice à la tension du long-métrage.
  • Bande-annonce

    300 (2007)

    1 h 57 min. Sortie : . Action, fantastique et guerre.

    Film de Zack Snyder avec Gerard Butler, Lena Headey, Dominic West

    -> https://youtu.be/UrIbxk7idYA

    Nom de Dieu c'que c'est jouissif !

    L'avantage avec les types comme ce gentil bourrin de Snyder, c'est qu'ils y vont à fond de A à Z, et livrent des films assez hypertrophiés pour que le moindre plan ressemble à un money shot. Traduction : ça peut se montrer fun et/ou indigeste à long terme, mais c'est une mine d'or pour la promo !

    Sans surprise, Warner donne à la voix de Gerard Butler tout l'ascendant nécessaire dans la seconde partie du trailer pour choper le spectateur par le colbac, et exhibe sans réserve une virilité de bodybuilding immédiatement jouissive. Tape-à-l'oeil, 300 l'est assurément, et même si les effets sanglants ont ici disparu (trailer all audiences oblige), ce montage et sa musique en mettent plein la gueule sans répit.

    Franchement, avec des arguments aussi directs, on comprend que le film ait su teaser les spectateurs de l'époque, moi compris !
  • Bande-annonce

    Amer (2010)

    1 h 30 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Hélène Cattet et Bruno Forzani avec Charlotte Eugene-Guibbaud, Marie Bos, Bianca Maria d'Amato

    -> https://youtu.be/kaEKIgHr1_0

    Ce qui s'appelle la cohérence.

    Film quasi muet, Amer raconte trois étapes de la vie d'une femme (enfance, adolescence et âge adulte) en se focalisant sur ses sensations (peur lors de l'enterrement d'une grand-mère, tension sexuelle sous les premier regards masculins, résurgence de craintes enfouies lors du retour dans la maison familiale).

    Hautement casse-gueule, la démarche fait vibrer l'épiderme de ceux et celles qui y sont sensibles (c'est le cas de le dire !), pendant qu'il laisse les autres dans une torpeur souvent irréversible - en tous cas après le premier acte, plus accessible. Au lieu de faire passer l'objet pour un film d'horreur, le distributeur assume le résultat.

    Pas un dialogue à l'horizon, une musique giallesque omniprésente, tout un tas de zoom agressifs et de split-screen, et surtout, aucun carton pour indiquer de quoi parle le flm exactement. Le spectateur profane peut d'ailleurs supposer que la fillette, l'adolescente et la jeune-femme sont trois personnages distincts !

    Seul indice à ce sujet : l'ouverture de la bande annonce, où un split-screen horizontal (par ailleurs absent du film) met à l'image, dans l'ordre chronologique, trois gros plans sur les yeux de l'héroïne à chaque période. Ou comment vendre un film via le montage exclusivement...et donc adopter son principe de mise en scène essentiellement sensitif.

    Au passage, cette bande-annonce y gagne énormément en mystère, soit le moteur principal de ce trip sous haute influence de Dario Argento.
  • Bande-annonce

    Amer béton (2006)

    Tekkon kinkurîto

    1 h 51 min. Sortie : . Animation, action, aventure et policier.

    Long-métrage d'animation de Michael Arias avec Kazunari Ninomiya, Yû Aoi, Yûsuke Iseya

    -> https://youtu.be/yONU7hM3Xks

    De l'art de simplifier les choses au maximum. Avec ses héros prénommés Jour et Nuit, Amer Béton (manga et film) n'y va pas par quatre chemins pour souligner l'opposition caractérielle de ses deux héros frangins. Creusant cette idée, la bande-annonce insiste lourdement sur des oppositions semblables, et enfantines (lumière/ténèbres, jour/nuit). Ca a le mérite d'être clair sur le plan thématique. Narrativement, bon courage pour en savoir plus...

    Car cette bande-annonce choisit de loucher (agréablement) sur celles des films Ghibli, et se passe ainsi de tout dialogue. L'un dans l'autre, impossible pour le public profane de réaliser qu'il s'agit là d'un authentique film de gangsters croisé avec un drame adolescent teinté de merveilleux. Certes, Amer Béton est un objet atypique, mais pourquoi diable vouloir noyer le poisson au risque de perdre un peu de tous les publics ?
  • Bande-annonce

    Aniki, mon frère (2000)

    Brother

    1 h 54 min. Sortie : . Gangster, drame et thriller.

    Film de Takeshi Kitano avec Takeshi Kitano, Omar Epps, Claude Maki

    -> https://youtu.be/5YY7-NixiyI

    Remplir cette liste m'amène à redécouvrir des perles. En l'occurrence, le trailer de ce Kitano début de millénaire découvert à l'âge de 12 ans, alors que Beat Takeshi m'était inconnu. La bande-annonce avait dû me taper dans l'oeil. Sentencieux, les cartons se mettent immédiatement à genoux devant Kitano-cinéaste, le présentant comme une influence majeure pour toute une génération alors que Kitano-comédien, à l'écran, est d'un calme imperturbable dans cette voiture où il est tenu en respect.

    Le grand écart survient après qu'il ait renversé la situation d'un simple geste, annonçant du même coup tout l'esprit de "Aniki mon frère". Une oeuvre à la tonalité instable, remplie à ras bord de violence mais tiraillée entre humour noir et suspense pur. Un équilibre que ce trailer a su saisir, le plaisir pris à voir le héros dans ses oeuvres cohabitant avec des répliques cinglantes. Bien que souvent silencieux, "Aniki..." est bien plus frontal, rythmé et direct que "Hana-Bi". Bien en a pris au distributeur de choisir cette bande-annonce qui annonce un film de gangsters pur jus.
  • Bande-annonce

    Avatar (2009)

    2 h 42 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de James Cameron avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver

    -> https://youtu.be/KyFoIvQgr8U

    Un modèle de pertinence.

    S'il a finalement souffert de sa campagne promo qui l'annonçait à tout bout de champ comme un film "révolutionnaire" (en omettant de préciser que lesdites révolutions étaient surtout à chercher dans la production et le tournage), Avatar a quand même eu droit à un moment de grâce au moment d'être vendu.

    Tout d'abord, rappelons que le 21 août 2009 fut officiellement annoncé comme le "Avatar Day" : un large parc de cinémas proposait de découvrir, gratuitement, 10mn d'extraits en salle ! Dans le genre teasing, ça se pose là, d'autant que la bande-annonce ici abordée était diffusée le même jour sur le Net.

    Ce double dispositif permettait, chose réellement inédite pour le coup, de goûter aux hors-d'oeuvre sur deux formats radicalement différents. Et tandis que les extraits projetés sur grand écran (avec les anciennes lunettes 3D bien lourdes !), se concentraient sur la première partie du film, le trailer joua lui aussi les discrets.

    Pas une ligne de dialogue, excepté le fameux "This is great !" prononcé par Sam Worthington au moment de tester son nouveau corps, et de retrouver des sensations disparues depuis qu'il a perdu l'usage de ses jambes. Traduction : au lieu de se perdre en palabres, ce trailer carbure à narration visuelle.

    Invitation au voyage (le plan du vaisseau pénétrant l'atmosphère de Pandora), récit épique (de bref tableaux guerriers), et une thématique exprimée en une image à la fois simple et symboliquement chargée (l'objectif qui superpose le visage de Jake, encore en fauteuil, et celui de son futur avatar).

    Tout entier voué à exciter l'imaginaire en ouvrant une petite fenêtre vers un monde à explorer, cette bande annonce ne donnait aucun patronyme, aucun nom de tribu, aucun enjeu exprimé verbalement, avec pour effet de laisser
    le fan de SF feuilleter un pur livre d'images évocatrices.

    Marketing massif oblige, cette bande-annonce n'est malheureusement pas restée seule, et les suivantes ont spoilé jusqu'au climax. "Par le réalisateur de Titanic" n'a pas non plus suffi à la Fox, la bande-annonce finale déroulant lourdement toute la filmo de Cameron...
  • Bande-annonce

    A Scanner Darkly (2006)

    1 h 40 min. Sortie : . Animation, policier, drame et science-fiction.

    Long-métrage d'animation de Richard Linklater avec Keanu Reeves, Robert Downey Jr., Rory Cochrane

    -> https://youtu.be/hkjDUERgCQw

    Quand un projet casse-gueule joue les poupées russes. Le bouquin, parano, est un calvaire à adapter : voilà que le réalisateur choisit de faire ça sous une forme à laquelle le grand public n'est pas habitué, malgré un casting de têtes connues. A l'arrivée, bon courage pour le vendre !

    Si cette très agréable version filmée du "Substance mort" de Philip K. Dick est inconséquente (comment pouvait-il en être autrement ?), Warner a eu l'intelligence de ne pas la faire passer pour un animé un peu bâtard, ni pour un trip indé autiste.

    Le bouquin, fascinant, est de ces histoires où il ne se passe pas grand chose mais qui passionnent uniquement par leur contexte : chargé d'enquêter sur lui-même, un flic infiltré a de plus en plus de mal à supporter l'effet des drogues qu'il ingère au quotidien.

    Intelligemment, ce trailer laisse tout du long la parole à la voix-off de Keanu Reeves, point de repère (fragile) du lecteur/spectateur. Du coup, plutôt que d'esquisser une intrigue claire, la bande-annonce étale quelques situations choisies avec pertinence (les deux hémisphères en compet', les réflexions de Downey Jr...), et parvient à intriguer. Bien joué !
  • Bande-annonce

    The Barber, l'homme qui n'était pas là (2001)

    The Man Who Wasn't There

    1 h 56 min. Sortie : . Film noir et drame.

    Film de Joel Coen et Ethan Coen avec Billy Bob Thornton, Frances McDormand, Michael Badalucco

    -> https://youtu.be/o3MmWz7u_CY

    Un très bon Coen, mais sa richesse a semble-t-il donné le vertige au distributeur !

    A deux doigts d'être moche, cette courte bande-annonce propose une quantité de plans HALLUCINANTE, et se gave au passage de fondus enchaînés pour en caser le plus possible. Considérant le nombre de scènes classieuses dont regorge "The Barber", à quoi bon tabler sur un tel gavage ?

    Il faut dire qu'avec leur histoire de barbier malchanceux, à la fois haïssable et touchant, les frangins développent un sous-texte qui ne se prive jamais de remonter à la surface, et dissertent 2h durant sur la notion de justice.

    Au lieu de trancher entre toutes les tonalités du long-métrage (gravité et humour s'y laissent régulièrement la parole), le distributeur préfère donc caser un max d'images, quitte à flinguer le découpage élégant des Coen.

    Heureusement (et inévitablement !) cette bande-annonce est remplie à ras bord de voix off, histoire que le défilé d'images ne perde pas, à son tour, un public déjà très sollicité. Alors soit, texte est beau, mais de là à en faire un cache-misère...
  • Bande-annonce

    Les Bêtes du Sud sauvage (2012)

    Beasts of the Southern Wild

    1 h 33 min. Sortie : . Drame.

    Film de Benh Zeitlin avec Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly

    -> https://youtu.be/_V3qaiaWbHU

    Classique au premier abord (critiques post-Sundance élogieuses, voix-off à la première personne...), ce trailer-là montre assez vite qu'il a accordé ses violons avec le film qu'il défend : d'un décor sauvage où la pauvreté ne prête pas à sourire, il extrait un conte énergique et contemplatif à la fois.

    La bande originale (la plus belle de l'année 2012), également composée par le réalisateur Benh Zeitlin, propulse des images en caméra à l'épaule vers des sommets de lyrisme. Ni oeuvre fantastique, ni drame réaliste, le film cache bien son jeu, jusqu'à afficher son titre au lettrage colossal.

    Aérienne et incroyablement vivante, le genre de bande-annonce qui donne immédiatement envie de revoir le film, pour peu qu'on ait accroché à son ambiance si particulière.
  • Bande-annonce

    Black Dynamite (2009)

    1 h 24 min. Sortie : . Action et comédie.

    Film de Scott Sanders avec Michael Jai White, Tommy Davidson, Salli Richardson-Whitfield

    -> https://youtu.be/QJJEE1_4uJk

    C'est toujours sympa de voir un film qui s'assume !

    Fausse bonne-idée, parodier les films de la Blaxploitation revient à "exagérer quelque chose de déjà énorme", pour reprendre les mots d'un critique de l'époque. Il n'empêche que "Black Dynamite", avec sa courte durée, faisait plutôt plaisir à voir grâce à un second degré qui ne rognait pas sur la direction artistique, le boulot étant soigné jusque dans les erreurs volontaires !

    Cette bande-annonce, qui a tout compris, y va à fond dans le décalage, jusqu'à zapper les noms du casting au profit de surnoms. Animée par un Michael Jai White impérial, ce trailer-là est bien entendu à rapprocher de celui de "Planète terreur", autre délire Grindhouse des années 2000. Mais c'est celui de "Black Dynamite" qui marque le plus de points, grâce à une voix off qui surligne les capacité physiques et sexuelles de son héros !

    (merci à @thetchaff pour la suggestion)
  • Bande-annonce

    C'est arrivé près de chez vous (1992)

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie, policier et drame.

    Film de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde avec Benoît Poelvoorde, Jacqueline Poelvoorde-Pappaert, Nelly Pappaert

    -> https://youtu.be/y-qeM7RbL94

    Faux documentaire où trois jeunes amis suivent pas à pas le quotidien d'un tueur sardonique et bavard, "C'est arrivé près de chez vous" est l'exemple type du projet qui se fout de se faire des amis. Accompagnée par les réflexions odieuses de Pooelvorde, cet objet comico-craspec a su annoncer la couleur.

    De façon très simple, cette bande-annonce propose des morceaux choisis du film. Parfaite démonstration du mélange glauque/comédie qui habite le film, la petite leçon sur comment lester un corps est l'argument de vente principal de l'objet. Loin d'être aussi sale que le long-métrage (censure des bandes-annonces oblige), ce trailer fait pourtant bien le job.

    Entamé par la fameuse scène du bar ("Cinéééémaaa !"), la b-a se repose sur son comédien, qui s'adresse directement au public dans ce montage où l'équipe n'a pas droit de cité (contrairement au film, où ils interagissent beaucoup avec le tueur). Pas de quoi préparer le public au choc à venir, mais la difficulté est joliment contournée !
  • Bande-annonce

    Casshern (2005)

    2 h 22 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Kazuaki Kiriya avec Yûsuke Iseya, Kumiko Asô, Akira Terao

    Trailer en très bonne qualité mais sans sous-titres
    -> https://www.youtube.com/watch?v=1xeis94QNB0

    Le même avec sous-titres mais en qualité moisie
    -> https://www.youtube.com/watch?v=qW0QcdYwWcs

    Adaptation du manga "Casshan", le film de Kazuaki Kiriya comporte bel et bien des robots destructeurs, un guerrier solitaire aux capacités surhumaines, un univers de SF qui suinte la désolation, et donc, tout le potentiel pour un grand spectacle réflexif. Sauf que le metteur en scène, et c'est son droit, mêle rarement l'acte à la parole.

    Traduction : si "Casshern" fait 2h20, c'est moins pour construire un crescendo que pour caser un maximum de longs dialogues au ton grave. Bref, sauf addiction profonde aux choix esthétiques de Kiriya, on peut s'ennuyer poliment malgré quelques morceaux de bravoure et la volonté de compenser un budget limité. Faux film d'action, "Casshern" n'est pas pour autant un grand film pensif.

    Du coup, c'est la bande-annonce qui se charge de construire un crescendo absent du film ! Si elle est bien scindée en deux (une minute de dialogues explicatifs, une autre d'action), elle a le mérite de promettre un sens du rythme qui, durant ces 2mn, donne réellement envie de se laisser emporter par l'aventure.

    Mais là où ce trailer marque le plus de points, c'est dans les détails visuels qu'il parvient à accumuler : un visage holographique qui surplombe un décor ambré, le plan anachronique d'une forêt verdoyante, la lune gigantesque qui met en valeur la silhouette du héros... Autant de preuves d'une direction artistique vraiment pensée, soit le support idéal à cette bande-annonce plus stimulante que le film en question.
  • Bande-annonce

    Les Chemins de la liberté (2010)

    The Way Back

    2 h 14 min. Sortie : . Drame, aventure et historique.

    Film de Peter Weir avec Jim Sturgess, Colin Farrell, Ed Harris

    -> https://youtu.be/MC813j379fM

    A ce niveau du foutage de gueule, c'est du génie.

    Quand un film supposé "vif" est un peu trop long à la détente, pourquoi ne pas concocter une bande-annonce ultra énergique ? Pour peu que le film aie quelques money shots et une poignée de stars déjà vus dans des films d'action, on peut faire avaler n'importe quoi.

    C'est comme ça que la magnifique odyssée humaine de Peter Weir, film d'évasion qui ne brusque pas la temporalité, se voit vendue comme un pseudo "Indiana Jones" ; le sommet du ridicule étant atteint lors des dix dernières secondes.

    Ou comment transformer un beau film en belle arnaque !
  • Bande-annonce

    Les Clefs de bagnole (2003)

    1 h 34 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Laurent Baffie avec Laurent Baffie, Daniel Russo, Alexandra Sarramona

    -> https://www.youtube.com/watch?v=dMZ1ue_hyO0

    Excellent !

    C'est d'ailleurs à cause de cette bande-annonce que j'avais loué le film à l'époque. Bon, le résultat m'a consterné mais sa promo est toujours aussi cool ! Vu qu'il s'agit de Baffie filmant Baffie en train d'essayer de faire le film qu'on est en fait en train de regarder, ça laissait le champ libre pour s'amuser.

    Et bien entendu, ça n'a pas loupé : les cartons s'adressent directement au public, procédé commun mais qui ici se fout de la gueule des extraits en question, la bande-annonce montrant Baffie en train d'essuyer refus sur refus de la part de la profession. Le meilleur arrive sur la fin, où une avalanche de faux-raccords sert de running gag.

    Dommage que le film soit un gentil navet, car si ça avait été du niveau de cette bande-annonce, ça l'aurait fait grave ! Dans un registre similaire, Eric Judor fera bien mieux la décennie suivante avec sa série "Platane".
  • Bande-annonce

    La colline a des yeux (2006)

    The Hills Have Eyes

    1 h 47 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Alexandre Aja avec Aaron Stanford, Kathleen Quinlan, Vinessa Shaw

    -> https://youtu.be/7_OtWfDWnwY

    De la pertinence des bandes-annonces fragmentaires : ça marche toujours du tonnerre avec le cinéma d'horreur. Des cartons explicatifs qui mettent dans l'ambiance + des images d'archives d'essais nucléaires (les mêmes qui serviront de générique d'ouverture), voilà de quoi laisser dans l'attente d'une parade de monstres.

    Ben non, ce trailer jouant le mystère jusqu'au bout, montrant un bras dégueu s'approchant d'un visage, le reflet du soleil dans des jumelles au loin, et faisant entendre un rire gras des plus oppressants. Autre signe d'efficacité : de brefs freeze frames désaturés évoquent le "Massacre à la tronçonneuse" de Hooper, tout comme la dernière image, gros plan sur un oeil terrifié. Impeccable.
  • Bande-annonce

    Cosmopolis (2012)

    1 h 49 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de David Cronenberg avec Robert Pattinson, Sarah Gadon, Paul Giamatti

    -> https://youtu.be/Xrwp8gxyZb4

    Y en a qui ont honte de rien.

    Film "Si t'es pas content, casse-toi" par excellence, "Cosmopolis" passe deux heures à montrer des gens qui causent de choses qu'on ne voit presque jamais à l'écran. Fascinant de froideur ou épuisant de prétention avachie, ce Cronenberg-là ne pouvait évidemment pas jouer cartes sur table.

    Du coup, le distributeur à décidé de vendre le bouzin comme un Cronenberg charnel et viscéral des 80's, le tout sur le rythme d'un techno thriller à la "Strange Days". C'est évidemment n'importe quoi, et comme les mecs en sont conscients, ils ne se gênent pas pour faire croire que ce film ouvertement lent et bavard est en fait très rythmé, histoire d'attirer un peu plus de monde que les fans de Cronenberg et Pattinson.
  • Bande-annonce

    The Dark Knight - Le Chevalier noir (2008)

    The Dark Knight

    2 h 32 min. Sortie : . Action, policier et thriller.

    Film de Christopher Nolan avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart

    -> https://youtu.be/EXeTwQWrcwY

    Comment savoir si un distributeur a compris le film qu'il va distribuer ?

    Avec son imagerie post-11 Septembre, l'affiche présentant un immeuble défiguré par une chauve-souris en flammes met déjà la puce à l'oreille : malgré son classement PG-13, ce second opus de Chris Nolan continue de prendre les choses au sérieux. Ce que la bande-annonce affirme et confirme avec un bel aplomb.

    C'est simple, pendant presque 60 secondes des 150 que dure la vidéo, pas un gentil n'a droit à la parole. Certes, le saut dans le vide puis le vol de Batou ouvrent et ferment ce trailer, mais c'est bien le Joker qui en est le narrateur et en possède le point de vue, Batman étant le plus souvent montré abattu ou en situation d'échec.

    Seul moment où notre héros "brille" ? Après l'apparition du titre, lorsqu'il sort sa Lamborghini plutôt que sa Batmobile en plein jour...et qu'Alfred se fout gentiment de sa gueule ! "On meurt en héros, ou on vit assez longtemps pour s'avilir", conclut le futur Double-face. Déciment, les bad guys sont à l'honneur...

    Bien en a pris à la Warner : c'est en effet grâce à la composition de feu Heath Ledger que ce film imparfait mais passionnant possède autant d'âme.
  • Bande-annonce

    Les Diaboliques (1955)

    1 h 57 min. Sortie : . Policier, drame, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de Henri-Georges Clouzot avec Simone Signoret, Vera Clouzot, Paul Meurisse

    -> https://youtu.be/nkmdr2wT2_0

    Trois armes bien connues pour vendre un film : avancer le nom du réalisateur (si celui-ci est célèbre), jouer la carte du mystère (si le sujet s'y prête) ou user d'un narrateur qui explicite la teneur du projet.

    Limite arty, cette bande-annonce de l'excellent film de Clouzot commence par...du vide. 40 secondes sans la moindre image où des personnages se donnent plus ou moins la réplique. La suite est faite d'association d'idées (itération de "diabolique" en voix-off couplée à un point d'interrogation) et de parti-pris astucieux (la plupart des images ne montrent que des fragments de personnages dans des lieux indéfinis).

    Les cartons, ensuite, déballent la filmo de Clouzot avec une insistance comparable à ceux qui jalonneront la longue bande-annonce d'Avatar 54 ans plus tard. Avec encore plus d'assurance que le futur blockbuster de Cameron cela dit, les titres des films étant accompagnés d'adjectifs ! Un exercice inventif qui est aussi le témoin d'une époque où les bandes-annonces n'avaient rien à envier au ton péremptoire de celles d'aujourd'hui.
  • Bande-annonce

    Domino (2005)

    2 h 07 min. Sortie : . Action, biopic, policier, drame et thriller.

    Film de Tony Scott avec Keira Knightley, Mickey Rourke, Edgar Ramirez

    -> https://youtu.be/6Of0gxSz8Vk

    One hell of a trailer !

    Les trailers de gros films sont souvent agrémentés d'artifices tape à l'oeil : montage qui mêle les situations par simple accumulation (explosions en chaîne extraites de scènes sans lien entre elles, regards croisés, voix off elliptique...), taglines sentencieuses, bruitages accentués...

    Le truc, avec "Domino", c'est que ces artifices sont pour la plupart bien présents dans le film, le père Scott ayant largement pété un câble au point d'en faire des outils de mise en scène ! Le résultat, épuisant, emmène dès les premiers plans de "Domino" sur le terrain du blockbuster expérimental, limite capricieux.

    Bonne nouvelle pour les fans de bandes-annonces, celle du film est une merveille d'énergie esthétique, les filtres et images en surimpression qui parcourent le long-métrage lâchant la bride à la voix de Keira Knightley/Domino, alors que les cartons, contradictoires, indiquent un film "Tiré d'une histoire vraie...ou presque".

    Dans le fond comme dans la forme, difficile de faire plus franc même si, avouons-le, c'est une fois en salle qu'on réalise combien "Domino" se paye une narration et une mise en scène dont le dernier souci est bien le confort du public.
  • Bande-annonce

    Drive (2011)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame, action et thriller.

    Film de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston

    -> https://youtu.be/2TEG-j1O3hc

    L'autre grosse arnaque marketing de 2011 avec "Les Chemins de la liberté", cité plus haut.

    Film de commande rendu personnel grâce à l'implication de Ryan Gosling (conquis par la sensibilité de Refn, ce dernier eut les mains libres pour diriger le projet), "Drive" s'est vu carrément sabordé par cette bande-annonce puante d'opportunisme. Ok, il faut reconnaître que l'objet est déroutant : avec ses deux scènes d'action et demi, "Drive" a tendance à décélérer tout du long.

    Mais au lieu d'avoir l'audace de viser la même audience que celle du long-métrage, les responsables ont cru bon de faire passer ce gangster movie atmosphérique pour un pur film de poursuite frimeur à la "Fast & Furious". En plus d'être idiot, le choix est atrocement malhonnête, et on plaint les fans d'action bourrine qui se seront fait berner. Distribué dans les multiplexes autant que dans les salles art & essai, "Drive" n'a heureusement pas souffert du procédé.

    Vue avant découverte du film, cette bande-annonce est jouissive. Revue après, elle est hilarante. Car contrairement à un "Spring Breakers", il s'agit bien de détourner un film de ses objectifs artistiques et non pas d'une belle duperie orchestrée de à A à Z.

    EDIT : @VilCoyote m'a signalé en commentaire qu'une femme a même intenté un procès pour bande-annonce mensongère : http://lc.cx/ZYyT
  • Bande-annonce

    L’Étreinte du serpent (2015)

    El abrazo de la serpiente

    2 h 05 min. Sortie : . Aventure.

    Film de Ciro Guerra avec Nilbio Torres, Jan Bijvoet, Antonio Bolivar

    -> https://youtu.be/YxjnxIjKPuA

    Le bijou contemplatif de Ciro Guerra ne pouvait décemment pas se faire passer pour un Indiana Jones arty, et ce même si son affiche élude le fait que le long-métrage soit en noir et blanc.

    A l'image de celui de Mad Max : Fury Road, le premier plan du trailer est aussi celui qui ouvre le film. Un choix particulièrement pertinent ici, la scène d'ouverture de L'étreinte du serpent présentant d'emblée la plupart des personnages principaux, symboles d'un choc des cultures qui parcourt toute l'oeuvre.

    Couplé aux images étourdissantes captées par Guerra, cet axe narratif aurait pu suffire. Le distributeur a opté pour une vision d'ensemble du récit, accumulant les extraits divers jusqu'à l'apparition du titre. S'égarant vite entre personnages principaux et secondaires, le public est également incapable de prendre des repères géographiques clairs, et finit par perdre pied.

    Soit plus ou moins l'expérience proposée par le film, qui alterne passé et présent tout du long. De même, la bande-annonce donne la parole au personnage qui servira de cicérone au public, soit un guide vers un monde inconnu. Cohérent et beau.
  • Bande-annonce

    Fantômas se déchaîne (1965)

    1 h 34 min. Sortie : . Aventure, comédie, policier et fantastique.

    Film de André Hunebelle avec Jean Marais, Louis de Funès, Mylène Demongeot

    -> https://youtu.be/OSDOcMe0_mU

    Et on trouve ça fou que la seconde bande-annonce de "Batman v Superman : Dawn of justice" fasse déjà 3mn30 ! Dans les 60's françaises non plus, on y allait pas de main morte.

    A la limite du court-métrage, cette bande-annonce délicieusement rétro doit beaucoup à sa voix-off, qui met en avant les prestations de Jean Marais et Louis de Funès. Car il faut savoir que les créateurs de Fantômas ont un peu fait la gueule en voyant ces adaptations (trois en tout) qui s'axent majoritairement sur la puissance comique du duo. Mais la bande-annonce va presque encore pus loin que le film, sa litanie de punchlines et de costumes extravagants la rapprochant d'un épisode de "Charlie et ses drôles de dames" !

    "Un film explosif, qui vous fera mourir de rire", nous assure la sémillante voix-off !

    [A REVOIR POUR LE NOTER, LES SOUVENIRS D'ENFANCE ONT FAIT LEUR TEMPS]
  • Bande-annonce

    Les Fils de l'homme (2006)

    Children of Men

    1 h 49 min. Sortie : . Drame, science-fiction, thriller et action.

    Film de Alfonso Cuarón avec Clive Owen, Julianne Moore, Clare-Hope Ashitey

    -> https://www.youtube.com/watch?v=2VT2apoX90o

    Les films dont la bande-annonce récupère la voix-off, il en existe pas mal. Celle des "Fils de l'homme" va jusqu'à créer une voix-off pour ses propres besoins, Alfonso Cuarón n'usant pas de cette technique narrative au sein du long-métrage.

    Bien entendu, le distributeur choisit la parole du personnage de Clive Owen pour faire pénétrer le public dans cette dystopie où, faute de naissances depuis bientôt 20 ans, l'humanité attend sa fin. Un vrai post-apo dans l'âme, mais Universal n'a pas exagéré cet aspect.

    Il est même très surprenant que la boîte se soit passée des images les plus spectaculaires du film, notamment l'incroyable plan-séquence en pleine guerilla urbaine. Intelligemment, cette bande-annonce se focalise sur les enjeux humains du récit.

    Du coup, on laisse également la parole à Michael Caine (ici en sidekick comique et vieil ami irrésistible), à Julianne Moore (malgré un court temps de présence dans le long-métrage), et le montage a la bonne idée d'accumuler les divers décors du récit, donnant une idée de ce qu'est vraiment "Les Fils de l'homme" : un road-movie crépusculaire.
  • Bande-annonce

    Godzilla Final Wars (2004)

    2 h 05 min. Sortie : . Action, science-fiction, aventure, fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Ryûhei Kitamura avec Masahiro Matsuoka, Rei Kikukawa, Akira Takarada

    -> https://youtu.be/_aZKHsha3Ek

    Pour trouver plus généreux, bon courage !

    Que le morceau de Sum 41 qui accompagne les images ne fasse hurler personne à la haute trahison : la chanson est présente dans le film et c'est Kitamura lui-même qui a approuvé ce choix, le groupe étant selon lui le seul à pourvoir suivre le rythme dément du générique d'ouverture. Générique qui, en 2mn, résume 50 ans de Godzilla, "Final Wars" étant l'occasion de célébrer ce demi-siècle.

    Aucune concession commerciale donc, et il convient de s'agenouiller devant le distributeur français assez suicidaire pour avoir osé sortir un tel truc sur les écrans ! Même remarque pour les quelques exploitants qui ont accepté la bête dans leurs salles. Sans blague, qui va aller voir ça à part les cinéphages de quartiers, les amateurs de nanars, les adorateurs du kitsch et les amoureux de Godzi ?

    Aucun espoir d'attirer un autre public, et pas un plan du film qui puisse servir de faux-semblant. Le réalisateur Ryuhei Kitamura y est allé à fond les ballons, et ce jusque dans la partie américaine du récit, où l'hilarant et moustachu Don Frye balance de la punchline à tout va. On calme le jeu dans la bande-annonce histoire de couvrir un peu le bordel ambiant ? Que dalle, tous derrière Kitamura !

    On se lance des duels à moto avec un flingue en main, on ricane diaboliquement, on court dans tous les sens, le tout cerné par des tas de bestioles aux effets spéciaux ultra old school qui se mettent sur la tronche... Irrésistible, on vous dit ! Délire total donc, pour cette bande-annonce récréative qui entend bien faire remuer tous les cailloux du monde avec une innocence enfantine.

    Prière de rester jusqu'à la fin de la bande-annonce, où une voix de mâle exagérément sentencieuse lit le titre avec un aplomb tout droit sorti d'un sketch des Nuls !
  • Bande-annonce

    Gozu (2004)

    Gokudô kyôfu dai-gekijô: Gozu

    2 h 09 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Takashi Miike avec Yûta Sone, Kimika Yoshino, Shôhei Hino (1)

    -> https://youtu.be/xpUrsEati20

    Génie !

    Takashi Miike étant connu pour partir dans tous les sens, pas difficile d'en faire des caisses afin d'attirer les curieux. Très intelligents, le petits gars de Pretty Pictures font le choix de condenser tout l'esprit du film en une scène clé : garde du corps trop zélé, le héros commence à inquiéter ses collègues yakuza.

    Opposant son sérieux imperturbable à la mine ahurie de son boss, ce trailer montre le bodyguard persuadé qu'un pauvre petit chien est "anti-yakuza", et s'en va l'exploser contre une vitrine ! Hilarant d'humour noir, et annonciateur des dernières secondes où s'étale, par bribes, le reste de ce film cinglé. Qui peut le plus peut le moins.
  • Bande-annonce

    La Grande Vadrouille (1966)

    2 h 12 min. Sortie : . Comédie et guerre.

    Film de Gérard Oury avec Bourvil, Louis de Funès, Claudio Brook

    Séances de cinéma (1 salle)
    -> https://youtu.be/3tEimFwDhNA

    Ce n'est pas précisé mais ça se sent à plein nez : on tient sans doute là une bande-annonce composée pour la sortie du film en DVD.

    Amusant d'observer comment StudioCanal s'y pend pour vendre le produit : comment faire pour (re)mettre sur le marché un film déjà adoré par plusieurs générations ? C'est tout simple, en se focalisant sur le coeur du sujet, à savoir le génial duo Bourvil/De Funès !

    Du coup, pas un seul dialogue à l'horizon (si ce n'est la chanson anglophone fredonnée aux bains turcs), mais une avalanche de cartons qui nous rappellent, presque à chaque plan, que les deux comédiens jouent toujours dans le film à l'heure actuelle. Sans blague !

    Bon, on charrie mais l'air de rien, normal que le distributeur n'ait pas besoin de faire plus que de repasser quelques grands moments du film, la démarche de Bourvil et les mimiques de son compère suffisant à assurer les ventes malgré les rediffusions télé. Bonne blague, néanmoins, que de penser à citer le nom du comédien british à la toute fin, histoire de rappeler que le duo central n'était pas seul à l'oeuvre !
  • Bande-annonce

    H2G2 : Le Guide du voyageur galactique (2005)

    The Hitchhiker's Guide to the Galaxy

    1 h 49 min. Sortie : . Aventure, comédie et science-fiction.

    Film de Garth Jennings avec Martin Freeman, Mos Def, Zooey Deschanel

    -> https://youtu.be/8TQIvdFl4aU

    L'art de la déstructuration !

    On nous explique par le menu comment faire une bande-annonce, en tournant en dérision ses mécanismes, ses principes et ses objectifs. Approche plus que payante : la voix-off qui cimente ce gag de 2mn en vient à se moquer d'elle-même, l'approche métatextuelle de l'objet-trailer entrant en parfaite adéquation avec l'esprit du film, comédie de SF non-sensique où tout peut arriver.

    Un petit régal, et une démonstration de marketing à la fois intelligent et léger.

    (merci à @Johndeuf pour la suggestion)
  • Bande-annonce

    Hostel : Chapitre II (2007)

    Hostel : Part II

    1 h 34 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Eli Roth avec Bijou Phillips, Richard Burgi, Vera Jordanova

    Teaser puis trailer, double éclair d'ingéniosité pour cette promo américaine.

    1) Teaser : https://youtu.be/NdslA-6YO7g

    Film gore qui ne s'en cache pas, "Hostel 2" a eu la chance de tomber sur un distributeur très malin. Alors que le film est nettement moins "léger" que son prédécesseur (on y découvre, cette fois, l'envers de ce commerce inhumain), LionsGate s'amuse de cette radicalité en jouant la carte de l'humour noir.

    Quelques gros plans sur des instruments entrecoupés de fondus au noir, pendant qu'une voix-off ténébreuse rit sous cape en se moquant des chiffres alarmants de morts par balles/armes blanches aux USA : "Ces américains n'ont aucune imagination !". Le film ne manquant pas d'ironie malgré son discours radical, c'est très bien joué.

    2) Trailer : https://youtu.be/bq_Xc8h5PHw

    La bande-annonce étend plus ou moins ce même principe au film entier : quelques fondus au noir et beaucoup de mystère quant aux nouveaux personnages de cette suite. Puis, idée géniale, une voix off polyglotte qui hiérarchise les tarifs des personnes à torturer selon leurs nationalité, indiquant sans la surligner l'ambition de cette suite, où l'on fréquente à la fois bourreaux et victimes avant d'en venir au coeur du sujet. Cohérent et très efficace.
  • Bande-annonce

    Hugo Cabret (2011)

    Hugo

    2 h 08 min. Sortie : . Aventure et drame.

    Film de Martin Scorsese avec Asa Butterfield, Chloë Grace Moretz, Ben Kingsley

    -> https://youtu.be/ZfX6NJ2aSU0

    Là, on touche presque au cas d'école.

    Le film a été intégralement vendu en faisant abstraction de son réel sujet. Soit la découverte du cinéma, au début du XXème siècle, par un orphelin via sa rencontre avec Georges Méliès. Sauf pour le cinéphile averti ou le lecteur du roman original, impossible de deviner qu'il ne s'agit pas là d'une énième production tablant sur les bons sentiments familiaux en période de fêtes. Chose d'autant plus sidérante que la production met en avant le nom de Martin Scorsese, qui s'essayait pour la première fois au film pour enfants.

    On comprend vite ce qui a motivé le cinéaste dans ce défi, et l'on comprend d'autant moins que la production n'ait pas cru bon de relayer la thématique centrale de l'oeuvre, y compris au public français. Reste que pour une fois, l'argument avancé de la 3D est valable, "Hugo Cabret" restant l'un des travaux les plus virtuoses dans ce domaine. Très réussie en termes de montage (on a le temps d'y apprécier la superbe direction artistique), cette bande-annonce semble avoir oublié la moitié des personnes à cibler.
  • Bande-annonce

    Hunger Games (2012)

    The Hunger Games

    2 h 22 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Gary Ross avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth

    https://www.youtube.com/watch?v=mfmrPu43DF8

    Le film déçoit, mais j'avais oublié cette excellente bande-annonce.

    Cela fait des années que ça dure donc pas de surprise : en bon bulldozer orgueilleux tous prêts à montrer qu'ils ont la plus grosse, les blockbuster nous gratifient de bandes-annonces longues comme le bras. Avec 2 minutes 30 au compteur, pourquoi Hunger Games échapperait-il à la règle ?

    Parce qu'il évite justement le piège tendu par les longues durées : la tentation d'en montrer trop. Etonnant car malgré le succès littéraire de la saga, il s'agit quand même d'attirer un nouveau public dans cette dystopie à la Battle Royale. Intelligemment, les distributeurs ont tablé sur l'invisible.

    Ainsi, on ne verra aucune image du jeu en lui-même ! Uniquement la famille de Katniss, puis son sacrifice pour préserver sa soeur des Hunger Games, et enfin tous les préparatifs de la cérémonie. La compétition en elle-même ? Rien du tout, si ce n'est les adolescents qui courent une fois sur le champ de bataille en guise de conclusion.

    Pur crescendo qui n'offre rien de concret à l'arrivée en dehors de ce cliffhanger, voilà qui remplit parfaitement le contrat de ce que devrait être toute bande-annonce : donner envie de voir un film sans dévoiler l'essentiel de ce qu'il contient. Bien joué !